Voir les biens de ce lieu repris à l'inventaireReliant la rue du Fossé aux Loups au boulevard du Jardin Botanique, cette longue artère, importante dès l’origine, fut créée par phases successives en 1617, 1620 et 1839 à l’occasion d’opérations urbanistiques plus larges.

En 1617, Jérôme de Meester lotit le «Quartier du Marais», étendue de potagers, de prés à blanchir et de prairies comprise entre la Senne et la rue du Marais et traversée seulement par la rue aux Choux. La rue Neuve, la rue du Damier, le tronçon de la rue du Pont Neuf jusqu’à la Senne, et la partie de la rue de la Blanchisserie joignant la rue Neuve sont tracées. Les rues aux Choux, du Finistère et Saint-Pierre sont élargies. En 1620, la rue Neuve est prolongée, depuis son croisement avec la rue de la Blanchisserie jusqu’à la porte de Laeken, par un tronçon coudé, l’actuelle rue de Malines. Le nouveau quartier fut encore modifié par le prolongement, en 1632, de la rue du Pont Neuf jusqu’à la rue de Laeken et, en 1639, par celui de la rue de la Blanchisserie jusqu’à la rue du Marais; sa partie sud-ouest est bordée, depuis 1774-1776, par la place des Martyrs. Enfin, en 1839, la rue Neuve est continuée en ligne droite, sur les plans de l’ingénieur J.-B. Vifquain, depuis le croisement de la rue de la Blanchisserie et de l’actuelle rue de Malines jusqu’au boulevard du Jardin Botanique, en direction de la gare du Nord de l’époque (1841-1846, architecte F. Coppens).

D’abord appelée rue Neuve Notre-Dame, d’après la chapelle Notre-Dame du Finistère, puis Longue rue Neuve, elle porte à la fin du XVIIIe siècle, le nom de Van der Noot, protagoniste de la Révolution brabançonne, qui habita à l’angle de la rue Saint-Michel. Au coin de l’actuelle rue de Malines se trouvait, depuis 1620, une fontaine, ornée en 1776 d’une statue de Neptune par F.-J. Janssens; endommagée sous le Régime français, elle fut démolie en 1840.

Rue Neuve, numéros pairs, depuis la rue du Fossé aux Loups (photo 1980).

À l’origine, cette rue à caractère essentiellement résidentiel présentait surtout de vastes hôtels particuliers et des maisons traditionnelles ou baroques du XVIIe siècle — desquelles ne subsistent que le no 39-43 (voir ce numéro) — adaptés ou reconstruits en style néoclassique au début du XIXe siècle. Au cours des années 1840 à 1850, on borda encore la partie prolongée de la rue de maisons de maître et bourgeoises. Vers la même époque, la proximité de la gare du Nord entraîne la construction d’hôtels pour voyageurs, tels le «Grand Hôtel de Saxe», I’«Hôtel de l’Univers», et I’«Hôtel de Russie». L’importance de la fonction commerciale s’accrût à partir du milieu du XIXe siècle et s’intensifia après le prolongement de la rue du Midi (1861-1862), qui établit un premier axe de pénétration nord-sud, liaison directe entre la gare du Nord et celle du Midi. L’évolution se poursuivit après la création des boulevards centraux (1867-1871) et de deux galeries commerçantes, la galerie du Commerce (1871-1872) et le passage du Nord (1881-1882). Au tournant du siècle s’implantent les grands magasins tels «À l’Innovation» de l’architecte Victor Horta en 1901 et les «Grands Magasins Leonhard Tietz» de l’architecte J. Hertogs en 1908, incendiés en 1967. Des cinémas, comme le «Métropole» au n° 30, s’installent dans l’entre-deux-guerres. La rue, piétonne depuis 1976, reste l’artère la plus commerçante de la ville.

Vers le milieu, la rue s’élargit en placette devant l’église du Finistère, qui témoigne encore du bâti ancien, avec le no 39-43 et quelques noyaux anciens à peine discernables, tels les nos4, à ordonnance de pilastres colossaux, et 104.

Rue Neuve 111. 'Innovation' (photo 1979).

Du milieu du XIXe siècle datent un grand nombre de maisons de tradition néoclassique, de trois ou quatre niveaux et deux ou trois travées en moyenne, dont la façade est, dans bien des cas, éventrée jusqu’à mi-hauteur par des vitrines ou masquée par des enseignes publicitaires comme aux nos 3, 6, 12, 34, 37, 65-67 (1864), 78 (1841, architecte P.J. Peeters), 82, 90 et 98-102. Dans sa dernière partie, la rue présente un ensemble homogène de façades à décors variés, des environs de 1840, actuellement très défigurées par des transformations, tels les nos110 dont le noyau date du XVIIIe siècle, 112 (1840), 114-116 (1840), 118 (1840), 122 (1840), 124 (1840), 126 (1840), 128 (1840), 130-132, 134-136-138 et 165-167. Le même phénomène frappe une série d’immeubles à riche décor stuqué des années 1870, comme les nos49-51 (1870) et 66 (1872). À signaler parmi les grandes constructions récentes, les grands magasins en béton et à façade-écran tels «C & A» (1964, architecte L. Stynen) et «Innovation» (1970, architecte R. Stapels et A. et J. Polak). Entre la rue de la Blanchisserie et le boulevard du Jardin Botanique, s’est implantée la galerie commerçante «City 2», ouverte en 1978, qui groupe 130 magasins sur trois niveaux, autour de deux atria vitrés.

Sources

Archives
AVB/TP 17705 (1901), 17695 (1908), 17660 (1864), 19636 (1841), 17612 (1840), 17615 (1840), 17608 (1840), 17616 (1840), 17614 (1840), 17611 (1840), 17655 (1870), 9298 (1872).