De la rue des Poissonniers à la rencontre de la rue de Flandre et du boulevard Barthélémy, large artère dans le prolongement de la rue A. Orts. Tronçon Est créé, dans une première phase, en 1890-1891, et débouchant rue du Vieux Marché aux Grains où le nouveau tracé rejoignait la rue de Jéricho menant à la place du Nouveau Marché aux Grains et à la rue de la Cuillère. Le pâté de maisons compact, entre les rues des Poissonniers, du Vieux Marché aux Grains, des Chartreux et Sainte-Catherine, traversé de ruelles et impasses miséreuses, fut à cette occasion tronçonné et assaini. Antoine Dansaert (1818-1890), conseiller communal, donna son nom à la nouvelle artère.

Le tronçon Ouest, au départ de la rue Rempart des Moines, fut réalisé dans une deuxième phase en 1898-1899, au travers du quartier de Brummel et primitivement appelé rue de l’Éducation. Les rues de Jéricho et de la Cuillère, tracées en 1787 dans les propriétés de l’ancien couvent de Jéricho (voir place du Nouveau Marché aux Grains), furent d’abord incorporées au nouvel axe en conservant leurs alignement et dénomination d’origine. Les blocs de maisons, au Nord, en saillie de l’alignement, furent rectifiés sur celui des tronçons Est et Ouest lors de la création de la rue Léon Lepage à partir de 1912. L’appellation fut unifiée après 1918.
La création de cette importante artère de communication et de commerce, orientée Est-Ouest et menant des boulevards du centre, à hauteur de la Bourse, à la porte de Flandre, fit perdre son importance à l’ancienne voie empruntant la rue de Flandre.
Les tronçons Est et Ouest furent bâtis, immédiatement après la création de la rue, par un alignement d’importants immeubles à appartements et de commerce en style marqué par l’éclectisme et l’Art nouveau, caractérisés par un jeu de balcons à garde-corps en ferronnerie, souvent continus, et de bow-windows, se répétant et animant ainsi les façades. De hauteur particulièrement élevée, celles-ci sont généralement couvertes d’un enduit imitant un parement de pierre blanche, au-dessus d’un rez-de-chaussée en pierre bleue, à fonction commerciale. À ce type se rattachent les maisons mitoyennes nos 7-9 (1891), 39-41 (1891), 40-42 (1892), 45 à 57 (1891), 52-54 (1892), 69 (1892), 122-124 (1899, architecte H. De Kock), 134-138 (1898, architecte H. De Kock), 137 à 143 (1898, architecte L. Depuits), 163-165 (1903, architecte O. Simon), 164 (1898), 166-168 (1899, H. de Kock), 167-169 (1901, architecte L. Sauvage), 177-181 (1902), 189 (1899, architecte J. Vranckx), 191 à 197 (1899), 199-201 (1898, H. De Kock), ainsi que les immeubles d’angle nos 56-58 (1891), 176-180 (1899, H. De Kock). S’ajoutent à ces bâtiments, un certain nombre de maisons bourgeoises, entre autres avec rez-de-chaussée élevé, généralement transformé actuellement et employant généreusement la pierre blanche, comme les nos 27 (1891), 35-37 (1892), 71 (1892), 130-132 et 146-148 (1898, H. De Kock), 142-144 (1898, H. De Kock), 183-185 (1899, H. De Kock). Il convient de souligner la remarquable contribution de l’architecte H. De Kock dans l’édification du tronçon Ouest de la rue. Les tronçons médians conservent encore, du côté Sud, quelques façades du début du XIXe siècle en style néoclassique, appartenant à l’ancien rue de Jéricho, comme les nos 66, 78 et 88. Par contre, le côté Nord fut reconstruit dans les années 1925-1930, par des immeubles à appartements, dont le complexe à l’angle de la rue du Vieux Marché aux Grains, nos 7-11 et celui à l’angle de la rue Léon Lepage, n° 2. Le nouveau bâtiment de l’Église Évangélique Réformée néerlandaise (1962-1971, bureau d’architecte Dingemans) forme l’angle de la place du Nouveau Marché aux Grains.

Voir les biens de ce lieu repris à l'inventaire

Sources

Archives
AVB/TP 1456 et 26248-26263 (1890-1891), 1527 et 18834-18840 (1898-1899), 4451 (1891), 1269 (1891), 868 (1892), 900 (1891), 886 (1892), 906 (1892), 3004 (1899), 10544 (1898), 10528 (1898), 10532 (1903), 10550 (1898), 10551 (1899), 10533 (1901), 10535 (1902), 10537 (1899), 10538 (1899), 140 (1898), 890 (1891), 10553 (1899), 444 (1891), 862-863 (1892), 910 (1892), 10543 (1898), 10546 (1898), 10536 (1899).