La rue des Horticulteurs relie la drève Sainte-Anne au boulevard Émile Bockstael, croisant sur son parcours les rues Médori, Draps-Dom, des Chrysanthèmes et du Mont Saint-Alban.

La rue, dont l’alignement est décrété par arrêté royal du 18.02.1899, est une longue artère coudée établie partiellement sur l’assiette de trois anciennes voiries: le chemin des Jardiniers (Hoveniers Wegel), qui reliait la drève Sainte-Anne à la Grande rue des Aveugles (actuelle rue Médori), l’ancienne Blok Straet pour le tronçon jusqu’à la rue des Chrysanthèmes, puis une partie de ce qui était la rue de Vrière pour la portion aboutissant au boulevard Bockstael. C’est dès 1898 que les deux premières voies sont renommées rue des Horticulteurs, en même temps qu’est baptisée la rue des Chrysanthèmes. La dernière portion de la rue reçoit son nom en 1905. La dénomination renvoie aux jardiniers du Domaine royal, dont l’habitation et les serres se trouvaient en contre-haut de l’artère (voir rue Médori nos60 à 64).

En ce qui concerne le premier tronçon de la rue, l’alignement décrété en 1899 n’est pas mis en œuvre et la rue reste à l’état de chemin jusque vers 1950, lorsque sont enfin effectués les travaux d’élargissement. Des pans coupés sont alors établis aux angles avec la rue Médori.

Le premier tronçon de l’artère était jadis bordé, côté pair, par la résidence de plaisance de la famille de Cordes, déjà mentionnée au XVe siècle et rasée en 1820 pour laisser la place à une villa, disparue à son tour en 1935. Côté impair, dans le tronçon compris entre les rues Médori et du Mont Saint-Alban, deux accès mènent respectivement, au no89, au-delà d’un mur de clôture, au site des serres du Stuyvenberg (voir rue Médori nos60 à 64) et, entre les nos109 et 115, à un vaste terrain vague cédé en 1969 par la Donation royale au CPAS. Une école communale et des logements y sont prévus.

Dans le dernier tronçon côté pair, à l’angle de la rue des Chrysanthèmes – un coude anciennement dénommé rue de Vrière – se trouvait jadis la ferme dite des Peupliers (Abeelen Hof), une «campagne» remontant au moins à la fin du XVIIe siècle. La ferme fut remplacée par une résidence néoclassique vers 1785, qui fut la propriété de la veuve Carbon avant l’établissement dans l’îlot de la Rijksnormaalschool (voir rue Karel Bogaerd nos2, 4).

Seulement aménagé vers 1950, le premier tronçon de la rue se bâtit essentiellement dans les années 1950, de maisons de type bel-étage et de petits immeubles de rapport. À noter cependant, au no65 (architecte Edo. Draps), un immeuble de rapport d’angle à rez-de-chaussée commercial, conçu en 1935. Les tronçons médians présentent, quant à eux, des maisons néoclassiques ou des habitations bourgeoises ou de rapport de style éclectique, pour la plupart érigées entre 1907 et 1913. Parmi elles, deux maisons conçues par l’architecte E. Demarteau, les nos76 (1912) et 78 (1913), qui furent primées au concours de façades organisé par la Commune pour les années 1913 à 1915. Quant au dernier tronçon côté impair, il conserve une enfilade de maisons ouvrières de style néoclassique érigées dans les années 1870 ou 1880 le long de ce qui était alors la rue de Vrière.


Voir les biens de ce lieu repris à l'inventaire

Sources

Archives
AVB/AR rues, boite 54-63, cote 54, no12 (
23.11.1898); boite 54-63, cote 61, no17 (23.08.1905).
AVB/IP II 684 (1903-1915).
AVB/PP 3429 (1888).
AVB/TP 76391 (1949-1951), 76397 (1932-1952); 65: 45287 (1935); 76: Laeken 5109 (1912); 78: Laeken 1717 (1913).

Ouvrages
GUILLAUME, A., MEGANCK, M., Atlas du sous-sol archéologique de la région de Bruxelles. 24. Laeken, Direction des Monuments et des Sites – Musées royaux d’Art et d’Histoire, Bruxelles, 2012, pp. 69-70, 80.
PLATTON, R., Laeken. À propos de la drève Ste Anne, Bruxelles, 1988, pp. 40-42.
VAN KRIEKINGE, D., Essai de toponymie laekenoise, Laeken, 1995, s.p.
VAN NIEUWENHUYSEN, P., Toponymie van Laken (thèse de doctorat en Philologie germanique), UCL, Louvain-la-Neuve, 1998, p. 1802. 

Périodiques
Almanach du Commerce et de l’Industrie, «Horticulteurs (rue des)», 1901, 1906.