Présentant un tracé sinueux, la rue de Vrière relie la rue des Chrysanthèmes à la drève Sainte-Anne, longeant au sud le square Prince Charles et croisant successivement les rues Draps-Dom, Médori et du Verdier.

L’actuelle rue de Vrière est établie sur l’assiette de voiries anciennes. Décrivant une courbe, ses deux premiers tronçons correspondent à l’ancienne Petite rue des Aveugles, qui se raccordait à la Grande rue des Aveugles, actuelle rue Médori. Le premier tronçon de cette dernière était à l’origine la rue du Verdier. Le coude que la rue Médori formait avant de continuer vers le nord est aujourd’hui englobé dans le dernier tiers de la rue de Vrière.

En 1885, le nom de rue de Vrière est attribué à différentes voies formant un parcours sinueux longeant au sud le Molenbeek, entre la drève Sainte-Anne et la rue Fransman – qui sera rebaptisée rue Alfred Stevens à cet endroit. La dénomination rend hommage au baron de Vrière, ministre d’État qui décéda à Laeken cette année-là. L’arrêté royal du 18.02.1899 prévoit le redressement et l’élargissement de l’artère, qui ne seront pas entièrement réalisés. C’est en 1905 que celle-ci est réduite à la longueur actuelle, sa partie ouest devenant l’extrémité de la rue des Chrysanthèmes, le dernier tronçon de la rue des Horticulteurs et, au-delà du boulevard Émile Bockstael, la rue Charles Ramaekers. Au sud de la rue, le square Prince Charles et son étang sont aménagés à la même époque.

L’artère était jadis bordée par de vastes propriétés, dont celle où résida la cantatrice Médori à l’angle de la rue du même nom (voir no39-45). Propriété de la veuve Carbon – dont la maison de campagne était jadis située dans la rue (voir rue des Chrysanthèmes nos24-26, 28) –, le premier tronçon côté impair a été bâti d’un bel ensemble de maisons éclectiques conçues par l’architecte François Van Stichel en 1913-1914 (voir nos1 à 23). L’une d’entre elles était l’habitation de l’architecte Ed. Serrure (voir no21). Quant au troisième tronçon côté impair, il n’a été bâti que tardivement, essentiellement dans les années 1930. Il était jadis occupé par la résidence de plaisance de la famille de Cordes, déjà mentionnée au XVe siècle et rasée en 1820 pour laisser la place à une villa, disparue à son tour en 1935. Pointons néanmoins, vers l’angle de la drève Sainte-Anne, une maison modeste néoclassique (no81) d’avant 1873.

Côté pair, les terrains de l’îlot compris entre le square Prince Charles et le rue du Verdier (anciennement rue Médori) appartenaient jadis à la famille Robyns. Celle-ci y fit construire plusieurs maisons, les nos2 à 6 (voir ces numéros), de style néoclassique, ainsi que le no8 (1900), éclectique. À leur gauche, implantés en retrait de l’alignement actuel, les nos10 et 12 sont des maisons néoclassiques jumelées en miroir, dont l’origine remonte vraisemblablement au deuxième quart du XIXe siècle.


Voir les biens de ce lieu repris à l'inventaire

Sources

Archives
AVB/AR rues, boite 38-53, cote 42, no7 (
23.07.1885); boite 54-63, cote 61, no17 (23.08.1905).
AVB/PP 3429 (1888).
AVB/TP 76397 (1932-1952); 8: Laeken 5432 (1900).

Ouvrages
COSYN, A., Laeken Ancien et Moderne, Imprimerie scientifique Charles Bulens, Bruxelles, 1904, p. 140.
GUILLAUME, A., MEGANCK, M., Atlas du sous-sol archéologique de la région de Bruxelles. 24. Laeken, Direction des Monuments et des Sites – Musées royaux d’Art et d’Histoire, Bruxelles, 2012, p. 69.
PLATTON, R., Laeken. À propos de la drève Ste Anne, Bruxelles, 1988, pp. 40-44.
VAN KRIEKINGE, D., Essai de toponymie laekenoise, Laeken, 1995, s.p.
VAN NIEUWENHUYSEN, P., Toponymie van Laken (thèse de doctorat en Philologie germanique), UCL, Louvain-la-Neuve, 1998, p. 695.

Périodiques
Almanach du Commerce et de l’Industrie, «de Vrière (rue)», 1887, 1905, 1906.

Cartes / plans
VANDERMAELEN, Ph., Atlas cadastral du Royaume de Belgique, plan parcellaire de la commune de Laeken avec les mutations jusqu’en 1836.
POPP, P. C., Atlas cadastral de Belgique, plan parcellaire de la commune de Laeken avec les mutations, 1866.