Voir les biens de ce lieu repris à l'inventaireLa rue Van Lint relie la place du Conseil, à hauteur de la rue Raphaël, au carrefour formé par la chaussée de Mons et les rues de l’Instruction et Chomé-Wyns.

L’artère s’inscrit dans le nouveau quartier résidentiel imaginé par l’inspecteur-voyer Victor Besme pour Cureghem, dont le projet fut accepté par le Conseil communal en séance du 09.11.1863. Comprise entre la chaussée de Mons au nord-ouest, la rue de l’Instruction (à créer) au sud-ouest et la nouvelle station du Midi au sud-est, la zone fit l’objet d’un projet définitif, dressé par Besme en décembre 1871 et janvier 1872, approuvé par le Conseil communal en séance du 21.03.1872 puis par l’arrêté royal du 01.05.1872. La mise en œuvre de ce plan géométrique, centré sur la rue de Fiennes et la place du Conseil, fut confiée à la Société immobilière de Cureghem, regroupant des propriétaires de terrains de la zone, qui s’engagea à réaliser les travaux de percement, égouts et pavage endéans les cinq ans.

Sur le plan définitif de Besme, la future rue Van Lint devait s’inscrire dans le prolongement, par-delà la place du Conseil, de l’axe formé par le boulevard Jamar et de la rue de Fiennes: depuis le centre du pan ouest de la place, elle rejoignait, en diagonale, le carrefour des chaussée de Mons et rue de l’Instruction. Cependant, afin d’accélérer l’urbanisation du quartier, la Société immobilière céda gratuitement à la Commune un terrain de 1.000 mètres carrés sur le côté ouest de la place, pour l’édification du nouvel hôtel communal. En conséquence, la future rue Van Lint fut légèrement déplacée vers le nord, pour débuter à l’angle nord-ouest de la place. Baptisée rue du Diplomate en 1874, elle fut renommée vers 1890, en hommage à Jérôme Van Lint, bourgmestre d’Anderlecht de 1872 à 1884.

La rue se bâtit de quelques habitations, de style néoclassique, entre 1876 et 1881. La construction reprend ensuite dans le courant des années 1890, jusqu’au milieu de la décennie suivante. Il s’agit alors de maisons d’inspiration néoclassique, comme les nos23 (1902) et 31 (1902), ou de style éclectique, tel le no40 (1898). Certaines présentent un rez-de-chaussée commercial, tandis que nombre d’entre elles s’accompagnent d’un magasin ou atelier arrière. Ces derniers sont particulièrement imposants dans la partie centrale du côté impair de la rue. Outre l’ancienne marbrerie Allard (voir no 33-35), on trouve là une série de bâtiments arrière parallèles à façades-pignons, certains à usage de magasin à bières, comme aux nos 37 et 39 (voir ces numéros), ainsi qu’au no43-45, où le magasin, conçu en 1897, a été devancé l’année suivante par une maison à rez-de-chaussée commercial. La plupart de ces constructions a aujourd’hui fait l’objet d’une reconversion en logements.

Pointons, à l’angle de la place du Conseil, trois maisons de style éclectique qui ont été annexées à l’hôtel communal et une imposante extension de celui-ci, construite entre 1898 et 1903 (voir nos 2, 4-8).

Sources

Archives
ACA/Urb. Registre des rues.
ACA/Urb. 23: 8949 (20.06.1902); 31: 9155 (21.11.1902); 40: 7632 (23.12.1898); 43-45: 7251 (27.11.1897), 7485 (12.08.1898).
AVB/Fonds des rues 3-5 (1874).

Ouvrages
VAN AUDENHOVE, J., Anderlecht au fil des siècles, Anderlechtensia-C.A.F.H.A, 1996, pp. 193-194.
VAN AUDENHOVE, J., Les rues d’Anderlecht, Commémoration du vingtième anniversaire de la fondation d’Anderlechtensia, C.A.F.H.A, 1995, p. 252.
VAN DEN BERGHE, G., Anderlecht door de eeuwen heen, Geschied- en Oudheidkundige kring van Westbrabant, Bruxelles, 1938, pp. 206-207.

Périodiques
Almanach du Commerce et de l’Industrie, «Diplomate (rue du)», 1890.
Almanach du Commerce et de l’Industrie, «Van Lint (rue)», 1891.

Cartes / plans
BESME, V., Plan d’ensemble du Quartier de Cureghem, 01.12.1871 et 30.01.1872.
Société immobilière de Cureghem. Plan de lotissement des terrains à vendre avec facilités de payement, vers 1872.