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Prolongeant l'axe des squares vers l'est, la rue des Patriotes relie le square Marguerite à la rue du Noyer, à hauteur de la place de Jamblinne de Meux, située sur Schaerbeek. Les rues Bordiau et Le Titien y débutent. Elle traverse la place des Gueux aux deux tiers de son parcours.

L'artère est ouverte suivant le plan d'aménagement du quartier Nord-Est, dessiné par l'architecte Gédéon Bordiau et approuvé par l'arrêté royal du 20.12.1875. Sur ce plan, la dernière portion de l'artère, entre la place des Gueux et la rue du Noyer, n'est qu'ébauchée. Elle devait en effet traverser la propriété d'un orphelinat de filles édifié un an auparavant, par l'Administration des Hospices et Secours de la Ville de Bruxelles (voir rue du Noyer).

Projet de prolongation de la rue des Patriotes à travers la propriété de l’orphelinat de filles, AVB/TP 16767 (1899).

Si l'entièreté de la rue est encore indiquée en pointillés sur le plan de Bruxelles réalisé par l'Institut cartographique militaire en 1881, ses deux premières portions apparaissent bel et bien tracées sur le plan dressé par le même institut en 1894. Ce n'est que quelques années plus tard, suivant un plan adopté par le Conseil communal du 02.10.1899, que l'artère est prolongée jusqu'à la rue du Noyer. Le home se voit alors amputé d'environ un tiers de son terrain, qui se retrouve loti.

Désaffectée à la fin des années 1970, l'institution laisse place à un complexe de bureaux conçu en 1985 par les architectes De Smet et Whalley ; il porte le no 81 de la rue des Patriotes. Le jardin du home est alors reconverti en parc.

La rue porte un nom historique, tout comme la plupart des artères du quartier, baptisées en lien avec l'histoire du jeune État belge ou celle, plus ancienne, des régions dans lesquelles il se situe. Attribuée par arrêtés du Collège de la Ville de Bruxelles des 14.04 et 15.05.1877, sa dénomination rend vraisemblablement hommage à ceux qui luttèrent pour l'indépendance de la Belgique.

Très homogène, l'artère est bâtie de maisons unifamiliales de style éclectique ou d'inspiration néoclassique, la grande majorité dessinée entre 1893 et 1903. Quelques unes sont conçues avec un rez-de-chaussée commercial, d'autres en ont été dotées ultérieurement.

La rue des Patriotes depuis le square Marguerite (Collection de Dexia Banque, s.d.).

Parmi les réalisations éclectiques, une maison de 1896 présente une originale façade abondamment rehaussée de sgraffites (voir no 56). Au no 10, une habitation conçue en 1897 par l'architecte Henry Piron affichait à l'origine une inspiration néo-Renaissance flamande. Elle est aujourd'hui surhaussée et dépourvue de sa logette.

Rue des Patriotes 10, maison conçue par l’architecte Henry Piron et aujourd’hui modifiée, élévation, AVB/TP 18676 (1897).

L'éclectisme se teinte d'Art nouveau sous le crayon des architectes Pierre Van Beesen (voir no 32) et Louis Berden (voir no 39). La fin de la rue s'enrichit d'une maison de style Beaux-Arts, dessinée en 1903 par l'architecte Arthur Verhelle (voir no 82).

Rue des Patriotes 55, maison de 1893 rhabillée en 1939 par l’architecte Max Peeters (photo 2008).

Au no 55, une habitation de 1893 est rhabillée en 1939 dans le goût moderniste par l'architecte Max Peeters. Côté pair, les deux premiers numéros de la rue, à l'angle du square Marguerite, ont laissé place à la Résidence Europe (architectes H. Peremans et J. Vande Velde, 1965).

Sources

Archives
AVB/TP 16767 (1898-1902) ; 10 : 18676 (1897) ; 55 : 18667 (1893), 50284 (1939) ; 14-15 square Marguerite : 89082 (1965).
AVB/Bulletin communal de Bruxelles, 1877, t. I, p. 316 ; 1899, t. II, p. 608.
AVB/PP 953 (1875), 956-957 (1879).
 
Cartes / plans
Bruxelles et ses environs, Institut cartographique militaire, 1881 (Bibliothèque royale de Belgique, Section Cartes et Plans).

Bruxelles et ses environs, Institut cartographique militaire, 1894 (AVB/TP 16767).