Typologie(s)

établissement scolaire
établissement universitaire

Intervenant(s)

Henri VANDEVELDarchitecte1903

Constant BOSMANSarchitecte1903

Statut juridique

Inscrit à l’inventaire légal le 19 août 2024

Styles

Éclectisme
Art nouveau

Inventaire(s)

Ce bien présente l’(es) intérêt(s) suivant(s)

Recherches et rédaction

2013

id

Urban : 36938
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Description

Établissement scolaire de style éclectiquePériode : env. 1840-1914. L’éclectisme est un courant architectural caractérisé par la combinaison de styles issus de différentes époques et de différents lieux. Les architectes mêlent les références historiques pour créer de nouvelles compositions. Cette tendance se développe à Bruxelles peu après l’indépendance de la Belgique, dans le cadre des grands programmes d’urbanisation. En effet, durant les années 1840 et 1850, alors que jusque-là la ville a mis à l’honneur le néoclassicisme avec des ensembles urbains symétriques, ordonnés et rationnels, pointe le besoin d’une architecture nationale. Alors que des architectes font le choix de l’unité de style comme le néogothique ou le néo-Renaissance flamande, une tendance à mélanger les grammaires issues du passé va se développer, tout en utilisant les matériaux locaux et des techniques nouvelles (issues notamment de la révolution industrielle). Cet éclectisme permet de répondre plus souplement à une multitude de typologies et d’équipements urbains. En effet, la ville est en pleine expansion : l’éclectisme s’adapte tant aux églises qu’aux grands magasins, aux hôtels, aux gares, aux écoles, aux usines,… mais également à l’architecture résidentielle. C’est pourquoi l’éclectisme est la tendance architecturale dominante dans la première couronne de Bruxelles (les faubourgs de Bruxelles). Dans l’architecture publique, ce mélange n’est pas arbitraire : chaque style est choisi pour transmettre une idée. Par exemple, le néogothique peut évoquer l’histoire médiévale de la ville ou la spiritualité d’un édifice religieux ; le néoclassicisme suggère l’ordre et l’autorité pour un palais de justice ou un bâtiment administratif ; la Renaissance symbolise le prestige civique ou culturel. L’architecture devient ainsi un langage visuel, conçu pour représenter les valeurs d’une institution. Dans l’architecture résidentielle, l’éclectisme est l’apanage de la bourgeoisie et se reconnaît par une façade variée et dynamique où les architectes jouent avec les formes, les matériaux et les couleurs. Brique, pierre, fer forgé, céramique ou sgraffites s’y mêlent pour créer un décor riche et personnalisé. Chaque détail — balcon, corniche, linteau sculpté, lucarne, logette, porte d’entrée — devient une occasion d’exprimer le goût du propriétaire, d’afficher son statut ou ses aspirations culturelles. Ce style s’inscrit dans une période où Bruxelles valorise la modernité tout en célébrant son histoire. L’éclectisme traduit donc un compromis : une architecture contemporaine inspirée du passé, adaptée à la vie bourgeoise, urbaine et moderne. Derrière la façade, les intérieurs sont pensés pour le confort : distribution plus pratique, escalier décoratif, pièces spécialisées (salon, fumoir, salle à manger), et parfois innovations techniques (chauffage amélioré, eau, gaz). La période de l’éclectisme met en place le modèle type de la maison bourgeoise : une façade de composition symétrique (trois travées égales sur trois niveaux) ou asymétrique (deux travées – une étroite et une large – sur trois niveaux) ; un plan reprenant un couloir menant à l’escalier en travée d’entrée et deux ou trois pièces en enfilade, correspondant à la largeur (de la ou) des autres travées. La façade se développe également en trois dimensions par l’ajout de balcons, de logettes ou de bow-windows. Durant la seconde moitié du XIXe siècle et le début du XXe siècle, le développement urbanistique est tel qu’il n’est pas rare de voir des pans de rue entiers sortir de terre en quelques années. Il en résulte des ensembles urbanistiques particulièrement homogènes et cohérents : les enfilades. Cette cohérence est parfois due au travail d’un architecte dans le cadre d’une petite promotion immobilière. Mais le plus souvent, les maisons sont réalisées par des architectes différents, pour des propriétaires différents : elles sont alors toutes différentes mais forment des enfilades homogènes de bâtiments de même style, mêmes matériaux et/ou de même gabarit. Les éléments représentatifs de l’architecture résidentielle de style éclectique sont : le gabarit (composition asymétrique ou symétrique), la polychromie des matériaux (pierre bleue, pierre blanche, briques de couleurs variées, enduits), l’usage d’éléments en ferronnerie, d’éléments en surplomb (balcons, logettes, bow-windows), de lucarnes et les enfilades urbanistiques. Ces façades sont souvent accentuées d’éléments d’inspirations diverses : néoclassique (enduit, sobriété), néogothique (baies en ogive ou trilobées, croisées en pierre), néo-Renaissance flamande (lucarne-pignon à gradins, ancres), Art nouveau (sgraffites, carreaux de céramique, éléments reprenant la courbe « coup de fouet », vitraux floraux), pittoresque (toiture à croupe ou croupette, tourelle, éléments en bois ou faux bois : garde-corps, colombages, fermes apparentes), etc. Il est communément admis que la période de l’éclectisme s’achève avec la Première Guerre mondiale, néanmoins le modèle type de la maison bourgeoise perdure bien après la guerre. Les communes et quartiers urbanisés plus tardivement, durant l’entre-deux-guerres, sur base de plans d’aménagement tracés au XIXe siècle, reproduisent le modèle de l’éclectisme : des enfilades de maisons de gabarit similaire. Ces maisons sont qualifiées de style éclectique tardif. Elles reprennent toutes les caractéristiques de l’architecture résidentielle éclectique, mais sont le plus souvent accentuées d’éléments d’inspiration Beaux-Arts, Art Déco, Art nouveau, pittoresque ou régionaliste (voir éclectisme tardif). teinté d’Art nouveau, construit en 1903 par les architectes Constant Bosmans et Henri Vandeveld. L’édifice constitue l’un des cinq instituts construits pour la cité scientifique du Parc Léopold à la fin du XIXe – début du XXe siècle.

Historique
L’édifice est érigé peu après la construction de l’Institut de sociologie, lors de la seconde vague de construction de la cité scientifique. Dans le contexte économique et social belge où hommes d’affaires et commerçants sont prêts à défendre les intérêts économiques du pays, la nécessité de créer une école de commerce est bien réelle. L’industriel et homme d’affaires Ernest Solvay, en accord avec l’ULB, demande à la Ville de Bruxelles l’autorisation de construire un tel institut dans le parc Léopold, sur le terrain déjà concédé entre les Instituts de Physiologie et de Sociologie. Cette nouvelle école, annexe de la Faculté des Sciences politiques et sociales de l’ULB, est placée sous la direction d’Émile Waxweiler.

Pendant la Première Guerre mondiale, l’enseignement y est suspendu et l’armée allemande occupe les lieux. Dans l’entre-deux-guerres, contrairement aux autres instituts qui déménagent sur le site de l’ULB (plateau du Solbosch), l’École de commerce et l’Institut de sociologie restent en activité sur le site du Parc Léopold. Finalement, l’École de commerce rejoint le Solbosch dès 1955 et l’édifice est réaffecté comme annexe au Lycée Émile Jacqmain, déjà installé dans l’ancien Institut de physiologie depuis les années 1930.

Description
Grand bâtiment rectangulaire terminé par une abside semi-circulaire qui épouse le dénivelé du terrain, vers l’étang en contrebas. En briques et nombreux éléments de pierre blanche, façades mêlant classicisme et quelques élément Art nouveau. Le bâtiment compte deux niveaux en façade principale et trois en façades latérales et postérieure, le second niveau s’avançant en encorbellementUne partie d'élévation est dite en encorbellement lorsqu'elle s’avance en surplomb. au premier étage.

En façade principale, rez-de-chaussée ouvert de petites fenêtres jumeléesDes éléments sont dits jumeaux, jumelés ou géminés lorsqu’ils sont répétés de manière identique. Ces éléments peuvent être plus nombreux que deux., organisées en bandeauÉlément horizontal, soit en saillie et de section rectangulaire, soit dans le plan de la façade., entre la porte d’entrée axiale en ressautSaillie d'une partie de mur par rapport à l’alignement général. et les deux fenêtres latérales. Étage ouvert par cinq fenêtres rectangulaires aux piédroitsLes piédroits sont les éléments verticaux latéraux de l’encadrement d’une baie, portant son couvrement. chaînés. Sous la cornicheCorniche. Élément de couronnement d’un entablement, d’une élévation ou d’un élément d’élévation comme une baie ou une lucarne. La corniche se compose de moulures en surplomb les unes par rapport aux autres. La cimaise est la moulure supérieure de la corniche, située au-dessus du larmier. débordante, large entablementCouronnement horizontal qui se compose d’une architrave, d’une frise puis d’une corniche. Les façades sont d’ordinaire coiffées d’un entablement. On peut également trouver un petit entablement au-dessus d’une baie ou d’une lucarne. avec aisseliersEn menuiserie, pièce de bois disposée de biais, portant le débordant d’un toit ou d’un auvent. En charpenterie, lien disposé en oblique, soulageant une pièce horizontale et portant sur une pièce verticale. métalliques et décors en céramique. Le vocabulaire décoratif reste classique: pilastresÉlément vertical plat en ressaut qui évoque un support (un pilier engagé). Il peut être muni d’une base et d’un chapiteau., friseBande horizontale, décorée ou non, située au milieu de l’entablement. Par extension, suite d’ornements en bande horizontale. dentée, cartouchesDécor composé d’une table plane ou bombée, aux contours généralement sinueux, bordée d’un décor sculpté et/ou d’une mouluration, et sur laquelle prend parfois place un blason ou une inscription. Le médaillon est un cartouche rond ou ovale., rosacesRosace. Ornement symétrique circulaire évoquant une fleur stylisée ou d’autres végétaux. Se dit également d’une baie circulaire à remplage et/ou vitrail, analogue à cet ornement. La rosette est une rosace de petite taille., friseBande horizontale, décorée ou non, située au milieu de l’entablement. Par extension, suite d’ornements en bande horizontale. tressée, … Les deux bas-reliefs du premier étage représentent des caducées, évoquant le négoce et le voyage. Deux cartouchesDécor composé d’une table plane ou bombée, aux contours généralement sinueux, bordée d’un décor sculpté et/ou d’une mouluration, et sur laquelle prend parfois place un blason ou une inscription. Le médaillon est un cartouche rond ou ovale. surmontent l’entrée principale «UNIVERSITÉ LIBRE» et «ÉCOLE DE COMMERCE / FONDÉE PAR ERNEST SOLVAY». Encadrée de quatre cheminées, une petite toiture en pavillonLe toit en pavillon est un toit à quatre versants droits couvrant un corps de bâtiment de plan sensiblement carré. La lucarne en pavillon est une lucarne dont le toit est en pavillon., éclairant la cage d’escalier centrale, surmonte la toiture peu élevée à quatre pans. SouchesPartie du conduit d’une cheminée émergeant du toit. de cheminée portant le millésime «ANNO» «1903».

Les façades latérales et postérieure, plus simples, s’ouvrent de petites fenêtres jumeléesDes éléments sont dits jumeaux, jumelés ou géminés lorsqu’ils sont répétés de manière identique. Ces éléments peuvent être plus nombreux que deux. au niveau inférieur et de grandes ouvertures rectangulaires aux niveaux supérieurs. Les façades sont rythmées de chaînages d’angle et de bandeauxÉlément horizontal, soit en saillie et de section rectangulaire, soit dans le plan de la façade. de pierre blanche.

Parc Léopold, ancienne École de Commerce, plans, [i]L’Émulation[/i], 1905, pl. 23.

Le plan s’organise selon un axe symétrique: au cœur du dispositif, un imposant hall suivi d’une cage d’escalier centrale (démolie) mènent à l’auditoire principal, au fond du bâtiment, et desservent latéralement des locaux d’études, des salles de cours, des bureaux de professeurs, la bibliothèque.

Sources

Archives
AVB/CP 24-26 Mon. Civils I/ Parc Léopold 4; AVB/CP Espaces Verts/ Parc Léopold.
AULB/2Y2 293; AULB/2Y3 153; AULB/2Y2 297; AULB/2Y3 151.
IRPA/b102655.

Ouvrages
BRAUMAN, A., DEMANET, M., Le Parc Léopold 1850-1950. Le zoo, la cité scientifique et la ville, Bruxelles, AAM, 1985, pp. 128-138.

Périodiques
L’Émulation, 1905, pl. 23-25.
VIRÉ L., «La Cité scientifique au Parc Léopold à Bruxelles. 1890-1920», Cahiers Bruxellois. Revue d’histoire urbaine, t. XIX, 1974, pp. 86-180.