Typologie(s)

hôpital/clinique

Intervenant(s)

Pierre THEUNISsculpteur1935

Alfred HOCHarchitecte1933-1935

Michel POLAKarchitecte1933-1935

Styles

Art Déco

Inventaire(s)

  • Actualisation de l'inventaire d'urgence (Sint-Lukasarchief - 1993-1994)
  • Actualisation du projet d'inventaire régional du patrimoine architectural (DMS-DML - 1995-1998)
  • Actualisation permanente de l'inventaire régional du patrimoine architectural (DPC-DCE)

Ce bien présente l’(es) intérêt(s) suivant(s)

  • Artistique
  • Esthétique
  • Historique
  • Urbanistique

Recherches et rédaction

2013

id

Urban : 36941
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Description

Ancienne clinique dentaire, mêlant les styles Art Déco et moderniste, construit grâce au mécénat de l’industriel américain George Eastman, sur les plans de l’architecte Michel Polak, avec la collaboration de Alfred Hoch, 1933-1935.
L’Institut dentaire occupe l’emplacement de l’ancien Institut d’Hygiène et de Thérapeutique (1893), démoli à cette occasion (voir notice de voirie Parc Léopold).

Historique
À la suite du transfert de l’Université Libre de Bruxelles vers la plaine du Solbosch dès 1920, il est question de transformer l’ancien Institut d’Hygiène en école normale. L’architecte H. Derée signe un projet en ce sens en 1929. Mais, en 1931, intervient le don de George Eastman à la Commission d’Assistance Publique de Bruxelles, afin d’ériger une clinique dentaire modèle en faveur des enfants défavorisés. Cet industriel philanthrope avait déjà doté Rochester et Rome de ce type d’équipement et, finalement, six cliniques dentaires sont construites en Europe et aux USA. À Bruxelles, Michel Polak est choisi comme maître d’œuvre, en collaboration avec Alfred Hoch et l’ingénieur Alexandre Sarrasin. Après la démolition de l’ancien institut d’Hygiène, le nouveau bâtiment est érigé dès 1934 et inauguré un an plus tard.

L’institut Eastman : élévation de la façade principale, par M. Polak, 1932, AAM / fonds des architectes / fonds Polak.

Dans les années 1980, l’Institut dentaire (qui n’était déjà plus utilisé comme tel) est réaffecté en bureaux pour les institutions européennes. Dès 2007, l’idée d’ériger une «Maison de l’Histoire européenne» est lancée et, fin 2008, un bail emphytéotique de 99 ans est signé par le Parlement européen et le CPAS de Bruxelles. Suite au concours international d’architecture de 2009, le groupement Atelier d’architecture Chaix & Morel et associés, JSWD Architekten et TPF Engineering est désigné lauréat en 2011. Pour le projet, l’édifice a été complètement vidé à l’intérieur et seules les façades sont maintenues. Il est prévu de construire un volume dans la cour et de rehausser le bâtiment de trois étages vitrés pour doubler la superficie du bâtiment.

Description
De composition symétriqueDans l'inventaire, une façade est dite de composition symétrique lorsqu’elle compte trois travées égales. À Bruxelles, ce type de façade s’élève souvent sur trois niveaux de hauteur dégressive. La travée axiale est d’ordinaire mise en évidence par un ressaut, par un ou plusieurs balcons et par un décor plus élaboré. et imposante, le bâtiment se compose d’une aile centrale et d’ailes latérales débordantes, formant une cour à l’arrière. Au-dessus du soubassementPartie massive d’un bâtiment construite au sol et constituant l’assise du bâtiment. À Bruxelles, le soubassement est d’ordinaire en pierre bleue., l’aile principale s’organise en un rez-de-chaussée et un étage, séparés d’un entresol. Les ailes latérales, plus basses, comptent cependant trois niveaux. Ossature en béton armé, façade pierre blanche sur soubassement en pierre bleue. Façade arrière mêlant brique et pierre blanche.

L’élévation de l’aile principale est rythmée par des pilastresÉlément vertical plat en ressaut qui évoque un support (un pilier engagé). Il peut être muni d’une base et d’un chapiteau. entre les baiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement.. L’entrée, monumentale, est traitée telle un porche: imposant escalier, porte en retrait insérée dans un grand panneau décoratif en fer forgéFer façonné à chaud sur l’enclume, utilisé pour réaliser des éléments architecturaux comme des garde-corps, des ancres, des grilles, des épis de faîtage., sous une frise sculptée en bas-relief par Theunis, en hommage à Eastman décédé en 1932.

Rue Belliard 133, ancien Institut dentaire Eastman, détail (photo 2015).

Quelques décors, tels médaillonsCartouche rond ou ovale., nom de l’institut, friseBande horizontale, décorée ou non, située au milieu de l’entablement. Par extension, suite d’ornements en bande horizontale. de modillonsÉléments décoratifs de forme quelconque, répétés sous une corniche. sous corniche, rehaussent la façade principale, mais l’accent est mis principalement sur la volumétrie du bâtiment et le souci du détail.

Sources

Archives

AULB, photo 20: «Institut d’Hygiène, de bactériologie et de thérapeutique».
AVB/Bulletin Communal de Bruxelles, 1893, I, pp. 288-289.
AVB/TP 42 817 (1933).
AVB CP 24-26 mon. Civils I, Parc Léopold 2.
AAM, Fonds Polak

Ouvrages
BRAUMAN, A., DEMANET, M., Le Parc Léopold 1850-1950. Le zoo, la cité scientifique et la ville, AAM, Bruxelles, 1985.

Périodiques
DELETANG, M.,«Grandeur de la philanthropie. L’institut dentaire G. Eastman», Bâtir, 35, 1935, pp. 396-402.
«Institut dentaire G. Eastman», Bâtir, 18, 1934, p. 700.
MAILLARD, R., «L’Institut Dentaire Georges Eastman», Clarté, 11, 1935, pp. 8-10.