Région de Bruxelles-Capitale
Typologie(s)
immeuble de bureaux
Intervenant(s)
Jean HENDRICKX-VAN DEN BOSCH – architecte – 1948-1950
A. TENGBOM – architecte – 1948-1950
Statut juridique
Inscrit à l’inventaire légal le 19 août 2024
Styles
Modernisme
Inventaire(s)
- Actualisation permanente de l'inventaire régional du patrimoine architectural (DPC-DCE)
- Inventaire du patrimoine monumental de la Belgique. Bruxelles Pentagone (1989-1993)
Ce bien présente l’(es) intérêt(s) suivant(s)
- Artistique La signature d’un bien immeuble (bâtiment) par un architecte de renom ne peut pas être considérée comme un critère absolu. Pour évaluer la place qu’un bien occupe dans l’œuvre d’un architecte, ce critère doit être modulé avec la qualité architecturale (composition et structure interne) du bien, sa mise en œuvre (matériaux, maîtrise technique) et la place qu’il occupe dans l’histoire de l’architecture, ces trois éléments pouvant témoigner d’une phase ou d’un aspect de l’architecture urbaine ou paysagère du passé. Les critères suivants s’appliquent alors pour évaluer l’intérêt artistique : la rareté (typologie, style, utilisation des matériaux, sources), la représentativité (idem), l’authenticité (idem + qualité d’exécution) et l’intégrité (état de conservation, éléments d’origine). Un bien possède également un intérêt artistique s’il intègre des œuvres d’art (sculptures, reliefs conçus pour le bien, etc.) ou des éléments décoratifs originaux ou particulièrement qualitatifs (vitraux signés, sgraffites, claire-voie, etc.).
- Esthétique Historiquement, cet intérêt était utilisé pour désigner des espaces verts de valeur et des zones naturelles ou semi-naturelles de grande valeur. Mais elle peut également s’appliquer à de grands ensembles de bâtiments dans une zone urbaine, avec ou sans éléments naturels, ou à des monuments qui marquent le paysage urbain. Une prise en compte d’autres intérêts s’impose : l’intérêt artistique, l’intérêt paysager (intégration de l’œuvre dans le paysage urbain et/ou naturel, les panoramas) et l’intérêt urbanistique (ensembles urbains spontanés ou organisés). Les critères de sélection suivants lui sont généralement associés : la valeur d’ensemble et la valeur contextuelle.
- Historique Le bien présente un intérêt historique : - s’il témoigne d’une période particulière de l’histoire de la région ou de la commune ; - s’il représente un témoignage d’une période particulière du passé et/ou d’une évolution rare pour une période (par exemple, une cité-jardin représentative d’un mode de construction utilisé lors des grandes campagnes d’urbanisation après la Seconde Guerre mondiale, les noyaux villageois illustrant les premiers bâtiments groupés des communes de la Seconde couronne, la Porte de Hal comme vestige de la deuxième enceinte, etc.) ; - s’il témoigne d’un développement urbain (et/ou paysager) particulier de la ville (par exemple, les immeubles des boulevards centraux ou du quartier Léopold) ; - s’il présente un lien avec un personnage historique important, y compris les maisons personnelles d’architectes et les ateliers d’artistes (par exemple, la maison natale de Constantin Meunier, la maison de Magritte) ; - s’il peut être associé à un événement historique important (par exemple, les maisons datant de la reconstruction de Bruxelles suite au bombardement de 1695, la colonne du Congrès) ; - s’il possède une représentativité typologique caractéristique d’une activité commerciale ou culturelle (par exemple, les églises, les cinémas, l’architecture industrielle, les pharmacies) ; - s’il est représentatif de l’œuvre d’un architecte important dans l’histoire de l’architecture à l’échelle internationale, nationale, régionale ou locale (cela concerne à la fois des architectes connus comme V. Horta, V. Bourgeois, M. Polak mais aussi des architectes secondaires, liés localement à une commune, notamment Fernand Lefever à Koekelberg ou Emile Hoebeke à Berchem-Sainte-Agathe).
- Urbanistique Certains biens architecturaux ont historiquement joué un rôle prépondérant dans l’aménagement de l’espace bâti et urbain. Ils définissent généralement d’autres formes d’urbanisme (plan) de manière à créer une interaction entre l’espace bâti et l’espace non bâti (ou ouvert). Cet aménagement inclut également la cohérence entre les différentes échelles. Un bien immobilier a un intérêt urbanistique lorsqu’il y joue un rôle, par exemple : - les immeubles d'angle, - les places cohérentes et les enfilades d’immeubles (suite de façades formant un ensemble homogène de même style, même époque et/ou même gabarit), - les cités-jardins, - les tours (immeubles de grande hauteur) et la qualité de leur relation avec leur environnement immédiat, qui peut être cohérent mais aussi contrasté, - les vestiges de concepts urbanistiques et la façon dont ils sont ou ont été remplis architecturalement (et typologiquement), comme, par exemple, les palais urbains éclectiques et/ou les hôtels particuliers du quartier Léopold qui sont encore préservés.
Recherches et rédaction
2016
id
Urban : 36924
Description
Immeuble
de bureaux modernisteLe modernisme désigne toute architecture qui témoigne d'une volonté d’innovation par un langage formel épuré. La forme la plus pure, souvent appelée style international, se caractérise par un plan rationnel, des formes géométriques simples, une ossature portante (souvent en béton) avec un toit plat, des cloisons légères et l’usage de matériaux modernes (matériaux industriels comme le béton armé, l’acier, le verre). Bien que peu de bâtiments atteignent la pureté du style international, beaucoup expriment une volonté claire de rationalisation. Les caractéristiques incluent des parements en briques régulières, des volumes sobres et une décoration fortement réduite. Le modernisme va influencer divers courants architecturaux à travers le monde.Modernisme de l’entre-deux-guerresPériode : ca. 1920 – 1940À Bruxelles, le modernisme de l’entre-deux-guerres se distingue parfois difficilement de l’Art Déco (voir style paquebot), surtout à l’époque où débute ce courant : bien que de nouvelles formes architecturales soient expérimentées, on reste encore attaché à l’utilisation ornementale des matériaux traditionnels. Le fil conducteur du modernisme consiste en la sobriété des formes, l’usage de fenêtres en bandeau ou en rectangle couché, et en l’absence de décoration. Les joints horizontaux accentués, les toits plats, les fenêtres à fleur de parement sont autant de caractéristiques de ce style. Modernisme d’après-guerrePériode : ca. 1940 – 1960Lemodernisme d’après-guerre (années 1940-1960) se reconnait au travers de plusieurs éléments caractéristiques : une ordonnance de la façade à l’esthétique sobre (lignes simples, sans ornements), de grandes baies vitrées accentuant la lumière naturelle et l’idée d’ouverture, le choix et la mise en œuvre des matériaux dont la brique apparente, les moellons en pierre naturelle, le métal. C’est une architecture qui intègre dans certains cas des détails subtils comme des jeux de relief dans la brique, des encadrements de baies en pierre et/ou traités en ressauts, des cordons en pierre soulignant les étages, quelque fois un bas-relief décoratif. Les baies sont très souvent traitées en bandeau, certaines étant munies d’un garde-corps ou d’une barre d’appui métallique (design sobre et fonctionnel, sans détails superflus, mettant en avant la praticité). Pour les habitations unifamiliales, la typologie du bel étage est souvent choisie : en effet durant cette période, l’accès à la voiture se démocratise.Modernisme ludique dit aussi style Expo 58Période : ca. 1950 – 1965Baptisé en référence à l’année de sa consécration à l’Exposition universelle de 1958 qui s’est tenue à Bruxelles, le modernisme ludique est une tendance éphémère du modernisme qui se développe vers la fin des années 1950 pour disparaître au début des années 1960. Reflet de l’optimisme ambiant de l’époque, il humanise le fonctionnalisme par l’introduction d’un nouveau répertoire formel qui se décline de la manière suivante : piliers en V, corniches et auvents en casquette, poignées de porte en boomerang, garde-corps en zigzag, motifs étoilés, glasal coloré, claire-voie décorative, ... Il fait la part belle aux lignes obliques, aux formes irrégulières, anguleuses ou sinueuses. Les structures qu’il met en œuvre sont légères (la structure portante est souvent mise en évidence), les couleurs sont souvent vives et contrastées. On privilégie les matériaux modernes comme le béton, le métal et de vastes surfaces vitrées. À Bruxelles, cette tendance connait un franc succès dans les quartiers périphériques urbanisés à la fin des années 1950.Modernisme tardif Période : ca. 1970-1980Durant les années 1970 et 1980, l’architecture résidentielle se nourrit des différentes tendances de l’époque. On retrouve alors dans ce modernisme tardif les principes de base du modernisme (rationalité, volumes simples, peu d’ornementation, organisation fonctionnelle de l’espace) mais également ceux du brutalisme (lisibilité des structures et mise en avant des matériaux bruts). Néanmoins ces principes sont adoucis par des concessions reflétant une volonté de concilier modernité et attentes des classes moyennes, soucieuses de confort et d’intégration dans le tissu urbain existant. Ces réalisations sont dominées par la brique apparente (brute), des jeux de pleins et vides (murs aveugles et surfaces vitrées), des jeux de retraits et ressauts et des volumes cubiques sobres. Certains éléments de contextualisation sont intégrés, comme des toitures inclinées en tuiles dans les quartiers résidentiels. Ces toitures peuvent également faire l’objet de jeux de retraits et ressauts et de pleins et vides. Dans les immeubles à appartements, les façades sont rythmées de larges balcons, à garde-corps métalliques et vitrés (verre fumé), et de modules préfabriqués.Le modernisme tardif bruxellois des années 1970–1980 peut ainsi être vu comme une phase de rationalisation et de diffusion du mouvement moderniste, appliqué à une large gamme de typologies résidentielles. Il témoigne d’une époque où l’architecture se voulait à la fois pratique, économique et moderne, tout en s’ancrant dans une matérialité locale et dans des formes adaptées aux usages domestiques. Peu spectaculaire, parfois jugé austère, ce patrimoine incarne néanmoins une étape essentielle dans l’évolution du paysage urbain bruxellois, marquant la transition entre le modernisme classique d’après-guerre et l’essor du postmodernisme des années 1980., construit pour le compte de la société suédoise
Electrolux d'après les plans de l'architecte suédois Anders Tengbom, en
collaboration avec l'architecte belge Jean Hendrickx-Vanden Bosch, 1948-1950.
Situé à l'angle du boulevard Bischoffsheim et de la Petite rue de Nord, il a été construit entre 1948 et 1950. Le projet est l'œuvre de l'architecte suédois Anders Tengbom ; les études complémentaires et la réalisation ont été menées en collaboration avec l'architecte belge Jean Hendrickx-Vanden Bosch.
À l'origine, le bâtiment était destiné à accueillir les bureaux de diverses entreprises suédo-belges ainsi que les services du consulat de Suède. Le rez-de-chaussée abritait des services commerciaux et deux salles d'exposition, situées de part et d'autre de l'entrée centrale donnant sur le boulevard Bischoffsheim. Les sous-sols étaient aménagés pour accueillir des services généraux et servir d'entrepôt ou de dépôt.
Immeuble rénové en 1999, avec un agrandissement limité du rez-de-chaussée et du huitième étage. La façade du rez-de-chaussée a été rénovée : l'angle d'origine en retrait graduel, a été transformé en un angle à part entière et l'entrée centrale a été déplacée vers la droite. Au huitième étage, une nouvelle paroi extérieure entièrement vitrée a été installée sur les côtés est et sud. La façade arrière en briques a été enduiteL'enduit est un revêtement de plâtre, de mortier, de stuc, de ciment, de lait de chaux, de simili-pierre, etc. et plusieurs ouvertures de fenêtres ont été modifiées ; les menuiseriesÉléments de bois relevant de l’art du menuisier. Pour une façade, le mot peut désigner les portes, les châssis, les éventuelles logettes et la corniche. Par extension, le terme désigne également l'huisserie métallique et en PVC. extérieures ont été entièrement renouvelées.
L'intérieur a également été réaménagé. Les blocs sanitaires ont été déplacés, la cage d'ascenseur élargie et les installations techniques renouvelées. Deux cages d'escalierEspace à l'intérieur duquel se développe un escalier. d'origine ont été conservées.
Description
Immeuble de bureaux de neuf niveaux, construit selon une structure en béton armé, surmonté d’un toit plat. Façades composées de volumes en saillie et en retrait, couronnées de terrasses et, aux étages supérieurs, de niveaux en retrait en escalier. Rangées de fenêtres disposées de manière régulière.
Les façades des étages sont revêtues de pierre calcaire française lisse, probablement de la pierre de Senonville ou de Massangis. Les fenêtres basculantes à double vitrage d’origine ont été remplacées par des fenêtres fixes.
À partir des étages, les espaces de bureaux s’organisent autour d’un plan en forme de U, avec, du côté nord, face à la cour intérieure, un vide.
L'intérieur comporte encore deux cages d'escalierEspace à l'intérieur duquel se développe un escalier. d'origine : un escalier en colimaçon secondaire en granitoMatériau composé de mortier et de pierres colorées concassées présentant, après polissage, l’aspect d’un granit. et un autre escalier central, situé le long de la mezzanine, qui sert d'escalier principal. Cet escalier en colimaçon, en marbre vert suédois avec des motifs sur les paliersPalier ou repos d'escalier. Plate-forme qui sépare deux volées d'escalier., doté d'une rampe en fer et d'une main courantePièce supérieure d’une rampe d’escalier ou d’un garde-corps, sur laquelle on peut prendre appui en bois, est éclairé par un mur continuUn élément est dit continu s’il règne sur toute la largeur de l’élévation ou sur plusieurs travées. de briques de verre.
Motivation de la sélection à l’inventaire
Intérêt artistique
Immeuble de bureaux qui, par son plan rationnel, ses formes géométriques simples, sa structure porteuse en béton, son toit plat et son parementRevêtement de la face extérieure d’un mur. de façade en pierre naturelle, est représentatif du modernismeLe modernisme désigne toute architecture qui témoigne d'une volonté d’innovation par un langage formel épuré. La forme la plus pure, souvent appelée style international, se caractérise par un plan rationnel, des formes géométriques simples, une ossature portante (souvent en béton) avec un toit plat, des cloisons légères et l’usage de matériaux modernes (matériaux industriels comme le béton armé, l’acier, le verre). Bien que peu de bâtiments atteignent la pureté du style international, beaucoup expriment une volonté claire de rationalisation. Les caractéristiques incluent des parements en briques régulières, des volumes sobres et une décoration fortement réduite. Le modernisme va influencer divers courants architecturaux à travers le monde.Modernisme de l’entre-deux-guerresPériode : ca. 1920 – 1940À Bruxelles, le modernisme de l’entre-deux-guerres se distingue parfois difficilement de l’Art Déco (voir style paquebot), surtout à l’époque où débute ce courant : bien que de nouvelles formes architecturales soient expérimentées, on reste encore attaché à l’utilisation ornementale des matériaux traditionnels. Le fil conducteur du modernisme consiste en la sobriété des formes, l’usage de fenêtres en bandeau ou en rectangle couché, et en l’absence de décoration. Les joints horizontaux accentués, les toits plats, les fenêtres à fleur de parement sont autant de caractéristiques de ce style. Modernisme d’après-guerrePériode : ca. 1940 – 1960Lemodernisme d’après-guerre (années 1940-1960) se reconnait au travers de plusieurs éléments caractéristiques : une ordonnance de la façade à l’esthétique sobre (lignes simples, sans ornements), de grandes baies vitrées accentuant la lumière naturelle et l’idée d’ouverture, le choix et la mise en œuvre des matériaux dont la brique apparente, les moellons en pierre naturelle, le métal. C’est une architecture qui intègre dans certains cas des détails subtils comme des jeux de relief dans la brique, des encadrements de baies en pierre et/ou traités en ressauts, des cordons en pierre soulignant les étages, quelque fois un bas-relief décoratif. Les baies sont très souvent traitées en bandeau, certaines étant munies d’un garde-corps ou d’une barre d’appui métallique (design sobre et fonctionnel, sans détails superflus, mettant en avant la praticité). Pour les habitations unifamiliales, la typologie du bel étage est souvent choisie : en effet durant cette période, l’accès à la voiture se démocratise.Modernisme ludique dit aussi style Expo 58Période : ca. 1950 – 1965Baptisé en référence à l’année de sa consécration à l’Exposition universelle de 1958 qui s’est tenue à Bruxelles, le modernisme ludique est une tendance éphémère du modernisme qui se développe vers la fin des années 1950 pour disparaître au début des années 1960. Reflet de l’optimisme ambiant de l’époque, il humanise le fonctionnalisme par l’introduction d’un nouveau répertoire formel qui se décline de la manière suivante : piliers en V, corniches et auvents en casquette, poignées de porte en boomerang, garde-corps en zigzag, motifs étoilés, glasal coloré, claire-voie décorative, ... Il fait la part belle aux lignes obliques, aux formes irrégulières, anguleuses ou sinueuses. Les structures qu’il met en œuvre sont légères (la structure portante est souvent mise en évidence), les couleurs sont souvent vives et contrastées. On privilégie les matériaux modernes comme le béton, le métal et de vastes surfaces vitrées. À Bruxelles, cette tendance connait un franc succès dans les quartiers périphériques urbanisés à la fin des années 1950.Modernisme tardif Période : ca. 1970-1980Durant les années 1970 et 1980, l’architecture résidentielle se nourrit des différentes tendances de l’époque. On retrouve alors dans ce modernisme tardif les principes de base du modernisme (rationalité, volumes simples, peu d’ornementation, organisation fonctionnelle de l’espace) mais également ceux du brutalisme (lisibilité des structures et mise en avant des matériaux bruts). Néanmoins ces principes sont adoucis par des concessions reflétant une volonté de concilier modernité et attentes des classes moyennes, soucieuses de confort et d’intégration dans le tissu urbain existant. Ces réalisations sont dominées par la brique apparente (brute), des jeux de pleins et vides (murs aveugles et surfaces vitrées), des jeux de retraits et ressauts et des volumes cubiques sobres. Certains éléments de contextualisation sont intégrés, comme des toitures inclinées en tuiles dans les quartiers résidentiels. Ces toitures peuvent également faire l’objet de jeux de retraits et ressauts et de pleins et vides. Dans les immeubles à appartements, les façades sont rythmées de larges balcons, à garde-corps métalliques et vitrés (verre fumé), et de modules préfabriqués.Le modernisme tardif bruxellois des années 1970–1980 peut ainsi être vu comme une phase de rationalisation et de diffusion du mouvement moderniste, appliqué à une large gamme de typologies résidentielles. Il témoigne d’une époque où l’architecture se voulait à la fois pratique, économique et moderne, tout en s’ancrant dans une matérialité locale et dans des formes adaptées aux usages domestiques. Peu spectaculaire, parfois jugé austère, ce patrimoine incarne néanmoins une étape essentielle dans l’évolution du paysage urbain bruxellois, marquant la transition entre le modernisme classique d’après-guerre et l’essor du postmodernisme des années 1980. de l'immédiat après-guerre et a partiellement conservé son authenticité.
Cet immeuble de bureaux est représentatif de l’œuvre des architectes Anders Tengbom (1911-2009) et Jean Hendrickx-Vanden Bosch (1890-1961). Le Suédois Tengbom était surtout connu pour son architecture des années 1950-1960, dans laquelle il expérimentait de nouveaux matériaux et évitait toute esthétisation. Il a conçu des bâtiments célèbres entre les années 1950 et 1970, notamment les centres de formation et de conférences Skogshem (1958) et Wijk (1969) pour la Confédération suédoise des employeurs à Lidingö, la tour de bureaux Hötorg n° 2 (1960) à Stockholm, le bâtiment SvD pour le Svenska Dagbladet (1961) à Stockholm, l’ambassade de Suède à Moscou (1961), ainsi que de nombreux hôpitaux, immeubles de bureaux et bâtiments industriels tels que l’immeuble de bureaux Ingenjörs (1967) et le complexe immobilier Trygg-Hansa (1976), tous deux situés à Stockholm.
Le Belge Hendrickx-Vanden Bosch était membre du conseil d'administration de la SCAB (Société Centrale d'Architecture de Belgique), cofondateur et, à partir de 1932, directeur du CIMA (Centre d’Information en Matière Architecturale). Dans les années 1930, il a principalement construit dans le style Art DécoPériode : 1920-1940 Le style Art Déco émerge au lendemain de la Première Guerre mondiale et s’inscrit dans le prolongement de la tendance géométrique de l’Art nouveau. Il tire son nom de l’Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes, tenue à Paris en 1925. Ses principales caractéristiques se traduisent par la géométrisation des lignes et des volumes, la sobriété et la symétrie tout en conservant un goût prononcé pour l’ornementation dont les formes tendent, elles aussi, à une géométrisation. Les sources d’inspiration de cette ornementation sont puisées dans les traditions artistiques exotiques ou anciennes (Orient, Afrique, arts précolombiens, égyptien, antiquité gréco-romaine). L’intégration de motifs végétaux d’inspiration africaine illustre l’impact stylistique de la période coloniale sur l’architecture bruxelloise. L’Art Déco manifeste un grand intérêt pour les matériaux de parement traditionnels (brique et enduit) disparates qui offrent une diversité de couleur ou de textures. Il marque une prédilection pour le béton armé dont la plasticité permet de réaliser des formes sculpturales et des volumes imposants, caractéristiques de ce style, et de concevoir de vastes espaces intérieurs dégagés, idéaux pour les halls d’entrée monumentaux et les salles de spectacle. Le goût pour la couleur s’exprime aussi parfois dans les châssis ou les éléments métalliques. C’est une architecture qui privilégie également l’usage de grandes baies vitrées (prenant parfois la forme de bow-windows) et les toitures plates (comprenant parfois un dôme stylisé). En plan, les espaces intérieurs des habitations sont davantage différenciés (séjour, salle à manger, chambres) tandis que l’escalier se déplace parfois au centre ou l’avant de l’habitation de manière à libérer la façade arrière et le contact avec le jardin. De nouveaux lieux de confort sont intégrés (salle de bain, WC, cuisine, dispositif d’entrée fonctionnel). Les matériaux raffinés comme le marbre, la marbrite, le granito, les mosaïques, les verres colorés sont prisés. À Bruxelles comme ailleurs, l’esthétique Art Déco s’adapte parfaitement aux exigences de décorum et de confort des bâtiments dédiés aux loisirs et au luxe (hôtels, cinémas, grands magasins, théâtres) ainsi qu’à celles des immeubles à appartements de haut standing, dont la construction stimulée par la loi de 1924 sur la copropriété s’inspire des modèles parisiens. Si dans un premier temps le mouvement repose sur l’élitisme, il devient rapidement un succès populaire, au point de devenir une architecture courante. Dans les années 1930, l’Art Déco évolue en intégrant de manière décorative des éléments du modernisme et notamment de l’architecture navale (mâts de pavillon, hublots, formes aérodynamiques) (voir style paquebot)., allant d’un style artisanal décoratif à un style classique sobre, qui s’est simplifié après la Seconde Guerre mondiale, période durant laquelle il a surtout recherché la monumentalité et s’est rapproché du classicisme modernePériode : ca. 1930 – 1960. Style architectural monumental, le classicisme moderne cherche à concilier des principes modernes, tels qu’une organisation fonctionnelle du plan et l’emploi de techniques constructives récentes, avec une apparence d’inspiration plus classique. C’est un courant qui puise dans les codes de l’architecture classique et reflète la pensée architecturale au service des nationalismes européens qui s’impose dans l’entre-deux-guerres, tant au sein des régimes autoritaires que dans les pays démocratiques. Cette tendance se caractérise par ses références néoclassiques, qu’elle actualise en les simplifiant. En résulte une monumentalité accrue, magnifiée par l’accentuation des lignes horizontales (corniches, muret d’attique,…). C’est une architecture dépouillée, où l’on recourt peu à la sculpture décorative. Lorsqu’elle est utilisée, elle vient adoucir l’aspect quelque peu austère du bâtiment. À Bruxelles, le classicisme moderne prend la forme d’ensembles monumentaux et s’exprime principalement dans l’architecture publique et les immeubles de bureaux durant les années 1930, puis les années 1950. Quand le classicisme moderne s’applique au logement, il perd son caractère monumental (parfois jusqu’à la banalisation) et s’exprime à travers divers éléments tels que les baies à arc en plein cintre répétitives (formant une arcade), des colonnes engagées, des corniches, des entablements, des frontons triangulaires, etc..
À l’intérieur, l’escalier principal témoigne de l’attention portée par l’architecte suédois aux finitions raffinées et de grande qualité.
Intérêt esthétique
L'immeuble de bureaux, avec ses volumes en saillie et en retrait sur la façade, présente une valeur contextuelle en raison de sa contribution à l'effet visuellement harmonieux du quartier.
Intérêt historique
Immeuble de bureaux représentatif et présentant une valeur contextuelle dans le cadreSystème de sécurité suspendu sous la cabine. Il déclenche la commande de parachute qui arrête la cabine en cas de rencontre d’un obstacle à la descente. historique du développement de la ville. Situé sur une large avenue du périphérique intérieur de Bruxelles et relativement proche du centre du pouvoir belge. Après la Seconde Guerre mondiale, Bruxelles a connu une période durant laquelle les logements ont principalement dû céder la place à de grands immeubles de bureaux, un phénomène connu sous le nom de « bruxellisation », dont cet immeuble de bureaux est un exemple.
Cet immeuble de bureaux est représentatif de l'œuvre des architectes Anders Tengbom et Jean Hendrickx-Vanden Bosch, qui occupent une place importante dans l'histoire de l'architecture.
Intérêt urbanistique
Immeuble de bureaux présentant une valeur contextuelle, car il s'intègre, tant par son style que par son échelle, au contexte urbain existant. La conception témoigne d'une volonté d'intégrer le bâtiment dans le paysage urbain existant. Les différents volumes de la façade visaient à atténuer le contraste avec les constructions voisines (de l'époque). Les étages supérieurs sont en retrait afin de ne pas paraître trop imposants pour le quartier et d’apporter davantage d’espace et de lumière à la rue. De même, l’angle en retrait en escalier d’origine visait à adoucir la jonction entre le boulevard Bischoffsheim et la Petite rue du Nord.
Situé à l'angle du boulevard Bischoffsheim et de la Petite rue de Nord, il a été construit entre 1948 et 1950. Le projet est l'œuvre de l'architecte suédois Anders Tengbom ; les études complémentaires et la réalisation ont été menées en collaboration avec l'architecte belge Jean Hendrickx-Vanden Bosch.
À l'origine, le bâtiment était destiné à accueillir les bureaux de diverses entreprises suédo-belges ainsi que les services du consulat de Suède. Le rez-de-chaussée abritait des services commerciaux et deux salles d'exposition, situées de part et d'autre de l'entrée centrale donnant sur le boulevard Bischoffsheim. Les sous-sols étaient aménagés pour accueillir des services généraux et servir d'entrepôt ou de dépôt.
Immeuble rénové en 1999, avec un agrandissement limité du rez-de-chaussée et du huitième étage. La façade du rez-de-chaussée a été rénovée : l'angle d'origine en retrait graduel, a été transformé en un angle à part entière et l'entrée centrale a été déplacée vers la droite. Au huitième étage, une nouvelle paroi extérieure entièrement vitrée a été installée sur les côtés est et sud. La façade arrière en briques a été enduiteL'enduit est un revêtement de plâtre, de mortier, de stuc, de ciment, de lait de chaux, de simili-pierre, etc. et plusieurs ouvertures de fenêtres ont été modifiées ; les menuiseriesÉléments de bois relevant de l’art du menuisier. Pour une façade, le mot peut désigner les portes, les châssis, les éventuelles logettes et la corniche. Par extension, le terme désigne également l'huisserie métallique et en PVC. extérieures ont été entièrement renouvelées.
L'intérieur a également été réaménagé. Les blocs sanitaires ont été déplacés, la cage d'ascenseur élargie et les installations techniques renouvelées. Deux cages d'escalierEspace à l'intérieur duquel se développe un escalier. d'origine ont été conservées.
Description
Immeuble de bureaux de neuf niveaux, construit selon une structure en béton armé, surmonté d’un toit plat. Façades composées de volumes en saillie et en retrait, couronnées de terrasses et, aux étages supérieurs, de niveaux en retrait en escalier. Rangées de fenêtres disposées de manière régulière.
Les façades des étages sont revêtues de pierre calcaire française lisse, probablement de la pierre de Senonville ou de Massangis. Les fenêtres basculantes à double vitrage d’origine ont été remplacées par des fenêtres fixes.
À partir des étages, les espaces de bureaux s’organisent autour d’un plan en forme de U, avec, du côté nord, face à la cour intérieure, un vide.
L'intérieur comporte encore deux cages d'escalierEspace à l'intérieur duquel se développe un escalier. d'origine : un escalier en colimaçon secondaire en granitoMatériau composé de mortier et de pierres colorées concassées présentant, après polissage, l’aspect d’un granit. et un autre escalier central, situé le long de la mezzanine, qui sert d'escalier principal. Cet escalier en colimaçon, en marbre vert suédois avec des motifs sur les paliersPalier ou repos d'escalier. Plate-forme qui sépare deux volées d'escalier., doté d'une rampe en fer et d'une main courantePièce supérieure d’une rampe d’escalier ou d’un garde-corps, sur laquelle on peut prendre appui en bois, est éclairé par un mur continuUn élément est dit continu s’il règne sur toute la largeur de l’élévation ou sur plusieurs travées. de briques de verre.
Motivation de la sélection à l’inventaire
Intérêt artistique
Immeuble de bureaux qui, par son plan rationnel, ses formes géométriques simples, sa structure porteuse en béton, son toit plat et son parementRevêtement de la face extérieure d’un mur. de façade en pierre naturelle, est représentatif du modernismeLe modernisme désigne toute architecture qui témoigne d'une volonté d’innovation par un langage formel épuré. La forme la plus pure, souvent appelée style international, se caractérise par un plan rationnel, des formes géométriques simples, une ossature portante (souvent en béton) avec un toit plat, des cloisons légères et l’usage de matériaux modernes (matériaux industriels comme le béton armé, l’acier, le verre). Bien que peu de bâtiments atteignent la pureté du style international, beaucoup expriment une volonté claire de rationalisation. Les caractéristiques incluent des parements en briques régulières, des volumes sobres et une décoration fortement réduite. Le modernisme va influencer divers courants architecturaux à travers le monde.Modernisme de l’entre-deux-guerresPériode : ca. 1920 – 1940À Bruxelles, le modernisme de l’entre-deux-guerres se distingue parfois difficilement de l’Art Déco (voir style paquebot), surtout à l’époque où débute ce courant : bien que de nouvelles formes architecturales soient expérimentées, on reste encore attaché à l’utilisation ornementale des matériaux traditionnels. Le fil conducteur du modernisme consiste en la sobriété des formes, l’usage de fenêtres en bandeau ou en rectangle couché, et en l’absence de décoration. Les joints horizontaux accentués, les toits plats, les fenêtres à fleur de parement sont autant de caractéristiques de ce style. Modernisme d’après-guerrePériode : ca. 1940 – 1960Lemodernisme d’après-guerre (années 1940-1960) se reconnait au travers de plusieurs éléments caractéristiques : une ordonnance de la façade à l’esthétique sobre (lignes simples, sans ornements), de grandes baies vitrées accentuant la lumière naturelle et l’idée d’ouverture, le choix et la mise en œuvre des matériaux dont la brique apparente, les moellons en pierre naturelle, le métal. C’est une architecture qui intègre dans certains cas des détails subtils comme des jeux de relief dans la brique, des encadrements de baies en pierre et/ou traités en ressauts, des cordons en pierre soulignant les étages, quelque fois un bas-relief décoratif. Les baies sont très souvent traitées en bandeau, certaines étant munies d’un garde-corps ou d’une barre d’appui métallique (design sobre et fonctionnel, sans détails superflus, mettant en avant la praticité). Pour les habitations unifamiliales, la typologie du bel étage est souvent choisie : en effet durant cette période, l’accès à la voiture se démocratise.Modernisme ludique dit aussi style Expo 58Période : ca. 1950 – 1965Baptisé en référence à l’année de sa consécration à l’Exposition universelle de 1958 qui s’est tenue à Bruxelles, le modernisme ludique est une tendance éphémère du modernisme qui se développe vers la fin des années 1950 pour disparaître au début des années 1960. Reflet de l’optimisme ambiant de l’époque, il humanise le fonctionnalisme par l’introduction d’un nouveau répertoire formel qui se décline de la manière suivante : piliers en V, corniches et auvents en casquette, poignées de porte en boomerang, garde-corps en zigzag, motifs étoilés, glasal coloré, claire-voie décorative, ... Il fait la part belle aux lignes obliques, aux formes irrégulières, anguleuses ou sinueuses. Les structures qu’il met en œuvre sont légères (la structure portante est souvent mise en évidence), les couleurs sont souvent vives et contrastées. On privilégie les matériaux modernes comme le béton, le métal et de vastes surfaces vitrées. À Bruxelles, cette tendance connait un franc succès dans les quartiers périphériques urbanisés à la fin des années 1950.Modernisme tardif Période : ca. 1970-1980Durant les années 1970 et 1980, l’architecture résidentielle se nourrit des différentes tendances de l’époque. On retrouve alors dans ce modernisme tardif les principes de base du modernisme (rationalité, volumes simples, peu d’ornementation, organisation fonctionnelle de l’espace) mais également ceux du brutalisme (lisibilité des structures et mise en avant des matériaux bruts). Néanmoins ces principes sont adoucis par des concessions reflétant une volonté de concilier modernité et attentes des classes moyennes, soucieuses de confort et d’intégration dans le tissu urbain existant. Ces réalisations sont dominées par la brique apparente (brute), des jeux de pleins et vides (murs aveugles et surfaces vitrées), des jeux de retraits et ressauts et des volumes cubiques sobres. Certains éléments de contextualisation sont intégrés, comme des toitures inclinées en tuiles dans les quartiers résidentiels. Ces toitures peuvent également faire l’objet de jeux de retraits et ressauts et de pleins et vides. Dans les immeubles à appartements, les façades sont rythmées de larges balcons, à garde-corps métalliques et vitrés (verre fumé), et de modules préfabriqués.Le modernisme tardif bruxellois des années 1970–1980 peut ainsi être vu comme une phase de rationalisation et de diffusion du mouvement moderniste, appliqué à une large gamme de typologies résidentielles. Il témoigne d’une époque où l’architecture se voulait à la fois pratique, économique et moderne, tout en s’ancrant dans une matérialité locale et dans des formes adaptées aux usages domestiques. Peu spectaculaire, parfois jugé austère, ce patrimoine incarne néanmoins une étape essentielle dans l’évolution du paysage urbain bruxellois, marquant la transition entre le modernisme classique d’après-guerre et l’essor du postmodernisme des années 1980. de l'immédiat après-guerre et a partiellement conservé son authenticité.
Cet immeuble de bureaux est représentatif de l’œuvre des architectes Anders Tengbom (1911-2009) et Jean Hendrickx-Vanden Bosch (1890-1961). Le Suédois Tengbom était surtout connu pour son architecture des années 1950-1960, dans laquelle il expérimentait de nouveaux matériaux et évitait toute esthétisation. Il a conçu des bâtiments célèbres entre les années 1950 et 1970, notamment les centres de formation et de conférences Skogshem (1958) et Wijk (1969) pour la Confédération suédoise des employeurs à Lidingö, la tour de bureaux Hötorg n° 2 (1960) à Stockholm, le bâtiment SvD pour le Svenska Dagbladet (1961) à Stockholm, l’ambassade de Suède à Moscou (1961), ainsi que de nombreux hôpitaux, immeubles de bureaux et bâtiments industriels tels que l’immeuble de bureaux Ingenjörs (1967) et le complexe immobilier Trygg-Hansa (1976), tous deux situés à Stockholm.
Le Belge Hendrickx-Vanden Bosch était membre du conseil d'administration de la SCAB (Société Centrale d'Architecture de Belgique), cofondateur et, à partir de 1932, directeur du CIMA (Centre d’Information en Matière Architecturale). Dans les années 1930, il a principalement construit dans le style Art DécoPériode : 1920-1940 Le style Art Déco émerge au lendemain de la Première Guerre mondiale et s’inscrit dans le prolongement de la tendance géométrique de l’Art nouveau. Il tire son nom de l’Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes, tenue à Paris en 1925. Ses principales caractéristiques se traduisent par la géométrisation des lignes et des volumes, la sobriété et la symétrie tout en conservant un goût prononcé pour l’ornementation dont les formes tendent, elles aussi, à une géométrisation. Les sources d’inspiration de cette ornementation sont puisées dans les traditions artistiques exotiques ou anciennes (Orient, Afrique, arts précolombiens, égyptien, antiquité gréco-romaine). L’intégration de motifs végétaux d’inspiration africaine illustre l’impact stylistique de la période coloniale sur l’architecture bruxelloise. L’Art Déco manifeste un grand intérêt pour les matériaux de parement traditionnels (brique et enduit) disparates qui offrent une diversité de couleur ou de textures. Il marque une prédilection pour le béton armé dont la plasticité permet de réaliser des formes sculpturales et des volumes imposants, caractéristiques de ce style, et de concevoir de vastes espaces intérieurs dégagés, idéaux pour les halls d’entrée monumentaux et les salles de spectacle. Le goût pour la couleur s’exprime aussi parfois dans les châssis ou les éléments métalliques. C’est une architecture qui privilégie également l’usage de grandes baies vitrées (prenant parfois la forme de bow-windows) et les toitures plates (comprenant parfois un dôme stylisé). En plan, les espaces intérieurs des habitations sont davantage différenciés (séjour, salle à manger, chambres) tandis que l’escalier se déplace parfois au centre ou l’avant de l’habitation de manière à libérer la façade arrière et le contact avec le jardin. De nouveaux lieux de confort sont intégrés (salle de bain, WC, cuisine, dispositif d’entrée fonctionnel). Les matériaux raffinés comme le marbre, la marbrite, le granito, les mosaïques, les verres colorés sont prisés. À Bruxelles comme ailleurs, l’esthétique Art Déco s’adapte parfaitement aux exigences de décorum et de confort des bâtiments dédiés aux loisirs et au luxe (hôtels, cinémas, grands magasins, théâtres) ainsi qu’à celles des immeubles à appartements de haut standing, dont la construction stimulée par la loi de 1924 sur la copropriété s’inspire des modèles parisiens. Si dans un premier temps le mouvement repose sur l’élitisme, il devient rapidement un succès populaire, au point de devenir une architecture courante. Dans les années 1930, l’Art Déco évolue en intégrant de manière décorative des éléments du modernisme et notamment de l’architecture navale (mâts de pavillon, hublots, formes aérodynamiques) (voir style paquebot)., allant d’un style artisanal décoratif à un style classique sobre, qui s’est simplifié après la Seconde Guerre mondiale, période durant laquelle il a surtout recherché la monumentalité et s’est rapproché du classicisme modernePériode : ca. 1930 – 1960. Style architectural monumental, le classicisme moderne cherche à concilier des principes modernes, tels qu’une organisation fonctionnelle du plan et l’emploi de techniques constructives récentes, avec une apparence d’inspiration plus classique. C’est un courant qui puise dans les codes de l’architecture classique et reflète la pensée architecturale au service des nationalismes européens qui s’impose dans l’entre-deux-guerres, tant au sein des régimes autoritaires que dans les pays démocratiques. Cette tendance se caractérise par ses références néoclassiques, qu’elle actualise en les simplifiant. En résulte une monumentalité accrue, magnifiée par l’accentuation des lignes horizontales (corniches, muret d’attique,…). C’est une architecture dépouillée, où l’on recourt peu à la sculpture décorative. Lorsqu’elle est utilisée, elle vient adoucir l’aspect quelque peu austère du bâtiment. À Bruxelles, le classicisme moderne prend la forme d’ensembles monumentaux et s’exprime principalement dans l’architecture publique et les immeubles de bureaux durant les années 1930, puis les années 1950. Quand le classicisme moderne s’applique au logement, il perd son caractère monumental (parfois jusqu’à la banalisation) et s’exprime à travers divers éléments tels que les baies à arc en plein cintre répétitives (formant une arcade), des colonnes engagées, des corniches, des entablements, des frontons triangulaires, etc..
À l’intérieur, l’escalier principal témoigne de l’attention portée par l’architecte suédois aux finitions raffinées et de grande qualité.
Intérêt esthétique
L'immeuble de bureaux, avec ses volumes en saillie et en retrait sur la façade, présente une valeur contextuelle en raison de sa contribution à l'effet visuellement harmonieux du quartier.
Intérêt historique
Immeuble de bureaux représentatif et présentant une valeur contextuelle dans le cadreSystème de sécurité suspendu sous la cabine. Il déclenche la commande de parachute qui arrête la cabine en cas de rencontre d’un obstacle à la descente. historique du développement de la ville. Situé sur une large avenue du périphérique intérieur de Bruxelles et relativement proche du centre du pouvoir belge. Après la Seconde Guerre mondiale, Bruxelles a connu une période durant laquelle les logements ont principalement dû céder la place à de grands immeubles de bureaux, un phénomène connu sous le nom de « bruxellisation », dont cet immeuble de bureaux est un exemple.
Cet immeuble de bureaux est représentatif de l'œuvre des architectes Anders Tengbom et Jean Hendrickx-Vanden Bosch, qui occupent une place importante dans l'histoire de l'architecture.
Intérêt urbanistique
Immeuble de bureaux présentant une valeur contextuelle, car il s'intègre, tant par son style que par son échelle, au contexte urbain existant. La conception témoigne d'une volonté d'intégrer le bâtiment dans le paysage urbain existant. Les différents volumes de la façade visaient à atténuer le contraste avec les constructions voisines (de l'époque). Les étages supérieurs sont en retrait afin de ne pas paraître trop imposants pour le quartier et d’apporter davantage d’espace et de lumière à la rue. De même, l’angle en retrait en escalier d’origine visait à adoucir la jonction entre le boulevard Bischoffsheim et la Petite rue du Nord.
Sources
Archives
AVB/TP
59446 (1948), 109973 (1999)
Ouvrages
VAN LOO, A. Dictionnaire de l’architecture en Belgique de 1830 à nos jours. Fonds Mercator, Anvers, 2003, p. 345
Périodiques
“Immeuble ‘Bischoffsheim’ à Bruxelles”, Rythme, 1950, 7, pp. 27-29.
Arbres remarquables à proximité













