Imprimerie de la Banque Nationale
Boulevard de Berlaimont 56
Rue Saint-Laurent 1-1a-1b
Typologie(s)
imprimerie
Intervenant(s)
Marcel VAN GOETHEM – architecte – 1950
Statut juridique
Inscrit à l’inventaire légal le 19 août 2024
Styles
Modernisme
Inventaire(s)
- Inventaire du patrimoine d'ingénierie (2011)
- Actualisation permanente de l'inventaire régional du patrimoine architectural (DPC-DCE)
- Inventaire du patrimoine monumental de la Belgique. Bruxelles Pentagone (1989-1993)
Ce bien présente l’(es) intérêt(s) suivant(s)
- Artistique La signature d’un bien immeuble (bâtiment) par un architecte de renom ne peut pas être considérée comme un critère absolu. Pour évaluer la place qu’un bien occupe dans l’œuvre d’un architecte, ce critère doit être modulé avec la qualité architecturale (composition et structure interne) du bien, sa mise en œuvre (matériaux, maîtrise technique) et la place qu’il occupe dans l’histoire de l’architecture, ces trois éléments pouvant témoigner d’une phase ou d’un aspect de l’architecture urbaine ou paysagère du passé. Les critères suivants s’appliquent alors pour évaluer l’intérêt artistique : la rareté (typologie, style, utilisation des matériaux, sources), la représentativité (idem), l’authenticité (idem + qualité d’exécution) et l’intégrité (état de conservation, éléments d’origine). Un bien possède également un intérêt artistique s’il intègre des œuvres d’art (sculptures, reliefs conçus pour le bien, etc.) ou des éléments décoratifs originaux ou particulièrement qualitatifs (vitraux signés, sgraffites, claire-voie, etc.).
- Esthétique Historiquement, cet intérêt était utilisé pour désigner des espaces verts de valeur et des zones naturelles ou semi-naturelles de grande valeur. Mais elle peut également s’appliquer à de grands ensembles de bâtiments dans une zone urbaine, avec ou sans éléments naturels, ou à des monuments qui marquent le paysage urbain. Une prise en compte d’autres intérêts s’impose : l’intérêt artistique, l’intérêt paysager (intégration de l’œuvre dans le paysage urbain et/ou naturel, les panoramas) et l’intérêt urbanistique (ensembles urbains spontanés ou organisés). Les critères de sélection suivants lui sont généralement associés : la valeur d’ensemble et la valeur contextuelle.
- Historique Le bien présente un intérêt historique : - s’il témoigne d’une période particulière de l’histoire de la région ou de la commune ; - s’il représente un témoignage d’une période particulière du passé et/ou d’une évolution rare pour une période (par exemple, une cité-jardin représentative d’un mode de construction utilisé lors des grandes campagnes d’urbanisation après la Seconde Guerre mondiale, les noyaux villageois illustrant les premiers bâtiments groupés des communes de la Seconde couronne, la Porte de Hal comme vestige de la deuxième enceinte, etc.) ; - s’il témoigne d’un développement urbain (et/ou paysager) particulier de la ville (par exemple, les immeubles des boulevards centraux ou du quartier Léopold) ; - s’il présente un lien avec un personnage historique important, y compris les maisons personnelles d’architectes et les ateliers d’artistes (par exemple, la maison natale de Constantin Meunier, la maison de Magritte) ; - s’il peut être associé à un événement historique important (par exemple, les maisons datant de la reconstruction de Bruxelles suite au bombardement de 1695, la colonne du Congrès) ; - s’il possède une représentativité typologique caractéristique d’une activité commerciale ou culturelle (par exemple, les églises, les cinémas, l’architecture industrielle, les pharmacies) ; - s’il est représentatif de l’œuvre d’un architecte important dans l’histoire de l’architecture à l’échelle internationale, nationale, régionale ou locale (cela concerne à la fois des architectes connus comme V. Horta, V. Bourgeois, M. Polak mais aussi des architectes secondaires, liés localement à une commune, notamment Fernand Lefever à Koekelberg ou Emile Hoebeke à Berchem-Sainte-Agathe).
- Scientifique L’intérêt scientifique est souvent reconnu dans le cas des sites naturels et des arbres. Dans le contexte d’un bien immobilier, il peut s’agir de la présence d’un élément (de construction) (matériau particulier, matériau expérimental, processus de construction ou composant) ou du témoin d’un espace spatio-structurel (urbanistique) dont la préservation devrait être envisagée à des fins de recherche scientifique. Dans le cas des sites et vestiges archéologiques, l’intérêt scientifique est reconnu en fonction du caractère exceptionnel des vestiges en termes d’ancienneté (par exemple la villa romaine de Jette), des conditions de conservation exceptionnelles (par exemple le site de l’ancien village d’Auderghem) ou de l’unicité des éléments (par exemple une charpente entièrement conservée) et constitue donc, à cet égard, une contribution scientifique exceptionnelle et de premier plan à la connaissance de notre passé urbain et préurbain.
- Technique Par intérêt technique d’un bien, on entend l’utilisation précoce d’un matériau ou d’une technique particulière (ingénierie) ; les bâtiments d’importance structurelle ou technologique ; une prouesse d’ingénierie ou une innovation technologique ; les témoignages de méthodes de construction obsolètes (archéologie industrielle). Dans certains cas, cet intérêt peut être lié à l’intérêt scientifique (par exemple des vestiges archéologiques).
- Urbanistique Certains biens architecturaux ont historiquement joué un rôle prépondérant dans l’aménagement de l’espace bâti et urbain. Ils définissent généralement d’autres formes d’urbanisme (plan) de manière à créer une interaction entre l’espace bâti et l’espace non bâti (ou ouvert). Cet aménagement inclut également la cohérence entre les différentes échelles. Un bien immobilier a un intérêt urbanistique lorsqu’il y joue un rôle, par exemple : - les immeubles d'angle, - les places cohérentes et les enfilades d’immeubles (suite de façades formant un ensemble homogène de même style, même époque et/ou même gabarit), - les cités-jardins, - les tours (immeubles de grande hauteur) et la qualité de leur relation avec leur environnement immédiat, qui peut être cohérent mais aussi contrasté, - les vestiges de concepts urbanistiques et la façon dont ils sont ou ont été remplis architecturalement (et typologiquement), comme, par exemple, les palais urbains éclectiques et/ou les hôtels particuliers du quartier Léopold qui sont encore préservés.
Recherches et rédaction
2016
id
Urban : 33446
Description
Imprimerie
moderniste conçue par Marcel Van Goethem en 1950.
Le siège de la Banque Nationale (voir boulevard de Berlaimont 1-3-5) a été conçu par le même architecte, au service de la Banque, au-dessus de la nouvelle jonction nord-midi.
Situé entre le boulevard de Berlaimont et, plus bas, la rue Saint-Laurent, et flanqué des deux côtés des escaliers de la rue des Sables et de la rue des Comédiens. Les deux escaliers font partie du projet de Van Goethem, qui visait à combler la différence de hauteur entre le boulevard de Berlaimont et la rue Saint-Laurent (ainsi qu’à séparer le site de l’imprimerie des anciens terrains de l’Office national de la Jonction). Hauteur du bâtiment (quatre niveaux + étage technique) déterminée par la vue panoramique depuis la place du Congrès.
Murs légèrement incurvés suivant le tracé et coins arrondis venant adoucir la monumentalité du bâtiment et donnant un plan presque plastique. À partir des étages, plan en forme de H dont les côtés longs sont situés le long du boulevard de Berlaimont et de la rue Saint-Laurent.
Deux niveaux au sous-sol se trouvent en partie sous le boulevard de Berlaimont ainsi que le long du bas de la rue Saint-Laurent, comme premier et deuxième niveaux. Rez-de-chaussée dédoublé sur le boulevard de Berlaimont: l’un enterré, l’autre entresolé. L’atelier proprement dit se trouve derrière, au niveau du rez-de-chaussée bas, le rez-de-chaussée haut faisant office d’espace vide. Rez-de-chaussée entresolé en porte à faux le long de la rue Saint-Laurent, reposant sur des colonnes. L’aile le long du boulevard de Berlaimont compte trois étages, celle de la rue Saint-Laurent un seul étage.
Toit plat avec les shedsCouverture de profil en dents de scie d’un bâtiment industriel, composée d’une succession de petits toits à deux versants d’inclinaison différente. Le versant du toit le plus pentu est d'ordinaire vitré. de l’atelier entre les jambes du H. Depuis les années 90, les shedsCouverture de profil en dents de scie d’un bâtiment industriel, composée d’une succession de petits toits à deux versants d’inclinaison différente. Le versant du toit le plus pentu est d'ordinaire vitré. du côté sud ont été recouverts pour davantage d’unités de ventilation.
Façade en pierre de Savonnières sauf les sous-sols, en pierre bleue.
En façade principale le long du boulevard de Berlaimont, porche d’entrée au centre d’un volume rectangulaire en saillie de neuf travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade., flanqué de deux ailes latérales de 16 travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. chacune arrondies aux extrémités. Ailes latérales — précédées d’une grille décorative — dotées de trumeauxPan de mur compris entre deux travées ou entre deux baies d'un même niveau. accentués en creux qui soulignent la verticalité. Sous un auventPetit toit couvrant un espace devant une porte ou une vitrine., porche d’entrée en verre de trois niveaux doté d’une grille et d’une porte en métal, au centre, sous un dessus-de-porte décoré d’un rouleau comme allégorie de l’imprimerie.
Façades latérales scandées des fenêtres de l’atelier et des gouttières en cuivre. Façade arrière avec deux sous-sols en surface revêtus de pierre bleue surmontés du rez-de-chaussée en saillie sur colonnes et du premier étage en retrait. Les deux étages supérieurs sont scandés de fenêtres et d’étroits trumeaux. Au sous-sol, ouvertures également scandées, mais plus petites. Façade interrompue par un bloc vertical du premier sous-sol au premier étage servant de monte-chargeAscenseur destiné principalement au transport d’objets. et de cage d’escalier.
Menuiserie préservée.
Intérieur. L’intérieur a été modifié régulièrement, mais l’agencement original demeure presque inchangé. Les étages supérieurs sont principalement occupés, le long du boulevard de Berlaimont, par l’administration — l’agencement a été adapté au fil du temps selon les besoins — et, le long de la rue Saint-Laurent, par les ateliers de préparation. L’atelier d’impression proprement dit se trouve au rez-de-chaussée. Au niveau de la rue Saint-Laurent, les sous-sols abritent les locaux techniques — chauffage, ventilation et autres ainsi que les entrepôts et garage — et le bunker de la Banque Nationale, qui date de 1939-1940 et ne fait pas partie de l’imprimerie. Des passages souterrains relient l’imprimerie aux bâtiments voisins de la Banque Nationale.
Hall d’entrée monumental entouré de hautes fenêtres avec grille en aluminium et en acier, colonnes engagées et sol en marbre préservés. Escaliers menant au rez-de-chaussée surélevé; balcon au deuxième étage.
Les cages d’escaliers carrelées ont été préservées.
Le siège de la Banque Nationale (voir boulevard de Berlaimont 1-3-5) a été conçu par le même architecte, au service de la Banque, au-dessus de la nouvelle jonction nord-midi.
Situé entre le boulevard de Berlaimont et, plus bas, la rue Saint-Laurent, et flanqué des deux côtés des escaliers de la rue des Sables et de la rue des Comédiens. Les deux escaliers font partie du projet de Van Goethem, qui visait à combler la différence de hauteur entre le boulevard de Berlaimont et la rue Saint-Laurent (ainsi qu’à séparer le site de l’imprimerie des anciens terrains de l’Office national de la Jonction). Hauteur du bâtiment (quatre niveaux + étage technique) déterminée par la vue panoramique depuis la place du Congrès.
Murs légèrement incurvés suivant le tracé et coins arrondis venant adoucir la monumentalité du bâtiment et donnant un plan presque plastique. À partir des étages, plan en forme de H dont les côtés longs sont situés le long du boulevard de Berlaimont et de la rue Saint-Laurent.
Deux niveaux au sous-sol se trouvent en partie sous le boulevard de Berlaimont ainsi que le long du bas de la rue Saint-Laurent, comme premier et deuxième niveaux. Rez-de-chaussée dédoublé sur le boulevard de Berlaimont: l’un enterré, l’autre entresolé. L’atelier proprement dit se trouve derrière, au niveau du rez-de-chaussée bas, le rez-de-chaussée haut faisant office d’espace vide. Rez-de-chaussée entresolé en porte à faux le long de la rue Saint-Laurent, reposant sur des colonnes. L’aile le long du boulevard de Berlaimont compte trois étages, celle de la rue Saint-Laurent un seul étage.
Toit plat avec les shedsCouverture de profil en dents de scie d’un bâtiment industriel, composée d’une succession de petits toits à deux versants d’inclinaison différente. Le versant du toit le plus pentu est d'ordinaire vitré. de l’atelier entre les jambes du H. Depuis les années 90, les shedsCouverture de profil en dents de scie d’un bâtiment industriel, composée d’une succession de petits toits à deux versants d’inclinaison différente. Le versant du toit le plus pentu est d'ordinaire vitré. du côté sud ont été recouverts pour davantage d’unités de ventilation.
Façade en pierre de Savonnières sauf les sous-sols, en pierre bleue.
En façade principale le long du boulevard de Berlaimont, porche d’entrée au centre d’un volume rectangulaire en saillie de neuf travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade., flanqué de deux ailes latérales de 16 travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. chacune arrondies aux extrémités. Ailes latérales — précédées d’une grille décorative — dotées de trumeauxPan de mur compris entre deux travées ou entre deux baies d'un même niveau. accentués en creux qui soulignent la verticalité. Sous un auventPetit toit couvrant un espace devant une porte ou une vitrine., porche d’entrée en verre de trois niveaux doté d’une grille et d’une porte en métal, au centre, sous un dessus-de-porte décoré d’un rouleau comme allégorie de l’imprimerie.
Façades latérales scandées des fenêtres de l’atelier et des gouttières en cuivre. Façade arrière avec deux sous-sols en surface revêtus de pierre bleue surmontés du rez-de-chaussée en saillie sur colonnes et du premier étage en retrait. Les deux étages supérieurs sont scandés de fenêtres et d’étroits trumeaux. Au sous-sol, ouvertures également scandées, mais plus petites. Façade interrompue par un bloc vertical du premier sous-sol au premier étage servant de monte-chargeAscenseur destiné principalement au transport d’objets. et de cage d’escalier.
Menuiserie préservée.
Intérieur. L’intérieur a été modifié régulièrement, mais l’agencement original demeure presque inchangé. Les étages supérieurs sont principalement occupés, le long du boulevard de Berlaimont, par l’administration — l’agencement a été adapté au fil du temps selon les besoins — et, le long de la rue Saint-Laurent, par les ateliers de préparation. L’atelier d’impression proprement dit se trouve au rez-de-chaussée. Au niveau de la rue Saint-Laurent, les sous-sols abritent les locaux techniques — chauffage, ventilation et autres ainsi que les entrepôts et garage — et le bunker de la Banque Nationale, qui date de 1939-1940 et ne fait pas partie de l’imprimerie. Des passages souterrains relient l’imprimerie aux bâtiments voisins de la Banque Nationale.
Hall d’entrée monumental entouré de hautes fenêtres avec grille en aluminium et en acier, colonnes engagées et sol en marbre préservés. Escaliers menant au rez-de-chaussée surélevé; balcon au deuxième étage.
Les cages d’escaliers carrelées ont été préservées.
Sources
Archives
AVB/TP 60481 a & b (1950)
Ouvrages
Marcel Van Goethem, architecte D.P.L.G.; œuvres & études, 1940-1959. Bruxelles, [1962].
Marcel Van Goethem, architecte D.P.L.G.; œuvres & études, 1940-1959. Bruxelles, [1962].
Périodiques
NOVGORODSKY L., «Les nouveaux bâtiments de la Banque Nationale de Belgique à Bruxelles», in: La technique des travaux, 29, 1953, nos 7-8, pp. 215-236.
Divers
Louer, acheter, déménager, construire... [brochure d’information de la Banque Nationale] s.l., s.d.