Région de Bruxelles-Capitale
Eglise Notre-Dame des Grâces
Parvis des Franciscains 2
Avenue des Franciscains 3a
Typologie(s)
orgue
Intervenant(s)
Camille DAMMAN – architecte – 1949
Fernand CRICKX – (maître) verrier – 1949
Detlef KLEUKER – facteur d'orgues – 1981
Statut juridique
Inscrit à l’inventaire légal le 19 août 2024
Styles
Inventaire(s)
- Actualisation du projet d'inventaire régional du patrimoine architectural (DMS-DML - 1995-1998)
- Actualisation permanente de l'inventaire régional du patrimoine architectural (DPC-DCE)
- Inventaire des orgues en Région de Bruxelles-Capitale (DMS-DML - 2000)
Ce bien présente l’(es) intérêt(s) suivant(s)
- Artistique La signature d’un bien immeuble (bâtiment) par un architecte de renom ne peut pas être considérée comme un critère absolu. Pour évaluer la place qu’un bien occupe dans l’œuvre d’un architecte, ce critère doit être modulé avec la qualité architecturale (composition et structure interne) du bien, sa mise en œuvre (matériaux, maîtrise technique) et la place qu’il occupe dans l’histoire de l’architecture, ces trois éléments pouvant témoigner d’une phase ou d’un aspect de l’architecture urbaine ou paysagère du passé. Les critères suivants s’appliquent alors pour évaluer l’intérêt artistique : la rareté (typologie, style, utilisation des matériaux, sources), la représentativité (idem), l’authenticité (idem + qualité d’exécution) et l’intégrité (état de conservation, éléments d’origine). Un bien possède également un intérêt artistique s’il intègre des œuvres d’art (sculptures, reliefs conçus pour le bien, etc.) ou des éléments décoratifs originaux ou particulièrement qualitatifs (vitraux signés, sgraffites, claire-voie, etc.).
- Esthétique Historiquement, cet intérêt était utilisé pour désigner des espaces verts de valeur et des zones naturelles ou semi-naturelles de grande valeur. Mais elle peut également s’appliquer à de grands ensembles de bâtiments dans une zone urbaine, avec ou sans éléments naturels, ou à des monuments qui marquent le paysage urbain. Une prise en compte d’autres intérêts s’impose : l’intérêt artistique, l’intérêt paysager (intégration de l’œuvre dans le paysage urbain et/ou naturel, les panoramas) et l’intérêt urbanistique (ensembles urbains spontanés ou organisés). Les critères de sélection suivants lui sont généralement associés : la valeur d’ensemble et la valeur contextuelle.
- Historique Le bien présente un intérêt historique : - s’il témoigne d’une période particulière de l’histoire de la région ou de la commune ; - s’il représente un témoignage d’une période particulière du passé et/ou d’une évolution rare pour une période (par exemple, une cité-jardin représentative d’un mode de construction utilisé lors des grandes campagnes d’urbanisation après la Seconde Guerre mondiale, les noyaux villageois illustrant les premiers bâtiments groupés des communes de la Seconde couronne, la Porte de Hal comme vestige de la deuxième enceinte, etc.) ; - s’il témoigne d’un développement urbain (et/ou paysager) particulier de la ville (par exemple, les immeubles des boulevards centraux ou du quartier Léopold) ; - s’il présente un lien avec un personnage historique important, y compris les maisons personnelles d’architectes et les ateliers d’artistes (par exemple, la maison natale de Constantin Meunier, la maison de Magritte) ; - s’il peut être associé à un événement historique important (par exemple, les maisons datant de la reconstruction de Bruxelles suite au bombardement de 1695, la colonne du Congrès) ; - s’il possède une représentativité typologique caractéristique d’une activité commerciale ou culturelle (par exemple, les églises, les cinémas, l’architecture industrielle, les pharmacies) ; - s’il est représentatif de l’œuvre d’un architecte important dans l’histoire de l’architecture à l’échelle internationale, nationale, régionale ou locale (cela concerne à la fois des architectes connus comme V. Horta, V. Bourgeois, M. Polak mais aussi des architectes secondaires, liés localement à une commune, notamment Fernand Lefever à Koekelberg ou Emile Hoebeke à Berchem-Sainte-Agathe).
- Social Cet intérêt est difficile à distinguer de l’intérêt folklorique et généralement insuffisante pour justifier une sélection à elle seule. Il peut s’agir d’un : - lieu de mémoire d’une communauté ou d’un groupe social (par exemple, la chapelle de pèlerinage située place de l’Église à Berchem-Sainte-Agathe, le Vieux Tilleul de Boondael à Ixelles) ; - lieu relevant d’une symbolique populaire (par exemple, le café «?La Fleur en Papier Doré?» situé rue des Alexiens) ; - lieu de regroupement ou de structuration d’un quartier (par exemple, les immeubles du Fer à Cheval dans la cité du Floréal) ; - bien faisant partie ou comprenant des équipements collectifs (écoles, crèches, salles communales/paroissiales, salles de sport, stades, etc.) ; - bien ou ensemble (de logements sociaux ou non) conçu de manière à stimuler les interactions sociales, l’entraide et la cohésion de quartier (par exemple les quartiers résidentiels construits après la Seconde Guerre mondiale à Ganshoren ou les quartiers spécifiquement destinés aux aînés) ; - bien faisant partie d’un complexe industriel ayant engendré une activité importante au sein de la commune où il se situe ou pour la Région.
- Urbanistique Certains biens architecturaux ont historiquement joué un rôle prépondérant dans l’aménagement de l’espace bâti et urbain. Ils définissent généralement d’autres formes d’urbanisme (plan) de manière à créer une interaction entre l’espace bâti et l’espace non bâti (ou ouvert). Cet aménagement inclut également la cohérence entre les différentes échelles. Un bien immobilier a un intérêt urbanistique lorsqu’il y joue un rôle, par exemple : - les immeubles d'angle, - les places cohérentes et les enfilades d’immeubles (suite de façades formant un ensemble homogène de même style, même époque et/ou même gabarit), - les cités-jardins, - les tours (immeubles de grande hauteur) et la qualité de leur relation avec leur environnement immédiat, qui peut être cohérent mais aussi contrasté, - les vestiges de concepts urbanistiques et la façon dont ils sont ou ont été remplis architecturalement (et typologiquement), comme, par exemple, les palais urbains éclectiques et/ou les hôtels particuliers du quartier Léopold qui sont encore préservés.
Recherches et rédaction
id
Description
Eglise Notre-Dame des Grâces du Chant d’Oiseau et presbytère
de style néo-romanLe style néo-roman fait partie des premières
manifestations de l'historicisme du XIXe siècle en Belgique. Il a
connu son apogée entre 1840 et 1900, avec un regain d'intérêt pendant
l'entre-deux-guerres (cf. l'œuvre de l'architecte Chrétien Veraart). Ce style
s'inspire de l'architecture de la période romane (XIe-XIIe
siècles).
Bien que le style néogothique soit rapidement devenu le style religieux
dominant, le style néo-roman est resté présent à Bruxelles dans les bâtiments
religieux, éducatifs et institutionnels, souvent en combinaison avec d'autres
styles « néo » dans le cadre de l'éclectisme.
Le style néo-roman se distingue par son architecture massive, sobre et définie
de manière plastique, dans laquelle la construction et la décoration forment
une unité claire. Il se caractérise notamment par l'utilisation d'arcs en plein
cintre pour les fenêtres, des portails et arcades, de lourds piliers et
colonnes à chapiteau simple, des compositions de façade symétriques et fermées,
des tours cylindriques ou des tours occidentales carrées avec un toit en
croupe, de petites baies qui assurent la robustesse des murs et des façades en
pierre naturelle ou en brique, souvent combinées avec des éléments en pierre
blanche, des bandes décoratives en brique ou en mosaïque, rappelant les
traditions romanes lombardes ou rhénanes.
Ce style évoque un sentiment de solidité, de tranquillité et de concentration
spirituelle, ce qui le rendait particulièrement adapté à l'architecture
religieuse et aux institutions à vocation morale ou éducative.
À Bruxelles, le style néo-roman doit être compris dans le cadre idéologique
plus large du renouveau catholique du XIXe siècle. Au lendemain de
l'indépendance de la Belgique (1830), on assiste à un regain d'intérêt pour le
patrimoine chrétien du Moyen Âge, considéré comme une source de stabilité
morale et de continuité nationale.
Le style néo-roman était vu comme une architecture originale et sobre,
exprimant une spiritualité authentique, contrairement au style gothique plus
émotionnel..
En outre, ce style a également été utilisé dans des contextes éclectiques,
notamment les écoles, les casernes, les hôpitaux et les monastères. Il y fait
référence à la discipline, l'ordre et la simplicité, qui correspondaient bien
aux valeurs de la société bourgeoise du XIXe siècle. et éclectiquePériode : env.
1840-1914.
L’éclectisme est un courant architectural caractérisé par la combinaison de
styles issus de différentes époques et de différents lieux. Les architectes
mêlent les références historiques pour créer de nouvelles compositions. Cette
tendance se développe à Bruxelles peu après l’indépendance de la Belgique, dans
le cadre des grands programmes d’urbanisation. En effet, durant les années 1840
et 1850, alors que jusque-là la ville a mis à l’honneur le néoclassicisme avec
des ensembles urbains symétriques, ordonnés et rationnels, pointe le besoin
d’une architecture nationale. Alors que des architectes font le choix de
l’unité de style comme le néogothique ou le néo-Renaissance flamande, une
tendance à mélanger les grammaires issues du passé va se développer, tout en
utilisant les matériaux locaux et des techniques nouvelles (issues notamment de
la révolution industrielle). Cet éclectisme permet de répondre plus souplement
à une multitude de typologies et d’équipements urbains. En effet, la ville est
en pleine expansion : l’éclectisme s’adapte tant aux églises qu’aux grands
magasins, aux hôtels, aux gares, aux écoles, aux usines,… mais également à
l’architecture résidentielle. C’est pourquoi l’éclectisme est la tendance architecturale
dominante dans la première couronne de Bruxelles (les faubourgs de Bruxelles).
Dans l’architecture publique, ce mélange n’est pas arbitraire : chaque
style est choisi pour transmettre une idée. Par exemple, le néogothique peut
évoquer l’histoire médiévale de la ville ou la spiritualité d’un édifice
religieux ; le néoclassicisme suggère l’ordre et l’autorité pour un palais
de justice ou un bâtiment administratif ; la Renaissance symbolise le
prestige civique ou culturel. L’architecture devient ainsi un langage visuel,
conçu pour représenter les valeurs d’une institution.
Dans l’architecture résidentielle, l’éclectisme est l’apanage de la bourgeoisie
et se reconnaît par une façade variée et dynamique où les architectes jouent
avec les formes, les matériaux et les couleurs. Brique, pierre, fer forgé,
céramique ou sgraffites s’y mêlent pour créer un décor riche et personnalisé.
Chaque détail — balcon, corniche, linteau sculpté, lucarne, logette, porte
d’entrée — devient une occasion d’exprimer le goût du propriétaire, d’afficher
son statut ou ses aspirations culturelles. Ce style s’inscrit dans une période
où Bruxelles valorise la modernité tout en célébrant son histoire. L’éclectisme
traduit donc un compromis : une architecture contemporaine inspirée du
passé, adaptée à la vie bourgeoise, urbaine et moderne. Derrière la façade, les
intérieurs sont pensés pour le confort : distribution plus pratique,
escalier décoratif, pièces spécialisées (salon, fumoir, salle à manger), et
parfois innovations techniques (chauffage amélioré, eau, gaz).
La période de l’éclectisme met en place le modèle type de la maison
bourgeoise : une façade de composition symétrique (trois travées égales
sur trois niveaux) ou asymétrique (deux travées – une étroite et une large –
sur trois niveaux) ; un plan reprenant un couloir menant à l’escalier en
travée d’entrée et deux ou trois pièces en enfilade, correspondant à la largeur
(de la ou) des autres travées. La façade se développe également en trois
dimensions par l’ajout de balcons, de logettes ou de bow-windows.
Durant la seconde moitié du XIXe siècle et le début du XXe
siècle, le développement urbanistique est tel qu’il n’est pas rare de voir des
pans de rue entiers sortir de terre en quelques années. Il en résulte des
ensembles urbanistiques particulièrement homogènes et cohérents : les
enfilades. Cette cohérence est parfois due au travail d’un architecte dans le
cadre d’une petite promotion immobilière. Mais le plus souvent, les maisons
sont réalisées par des architectes différents, pour des propriétaires
différents : elles sont alors toutes différentes mais forment des
enfilades homogènes de bâtiments de même style, mêmes matériaux et/ou de même
gabarit.
Les éléments représentatifs de l’architecture résidentielle de style éclectique
sont : le gabarit (composition asymétrique ou symétrique), la polychromie
des matériaux (pierre bleue, pierre blanche, briques de couleurs variées,
enduits), l’usage d’éléments en ferronnerie, d’éléments en surplomb (balcons,
logettes, bow-windows), de lucarnes et les enfilades urbanistiques. Ces façades
sont souvent accentuées d’éléments d’inspirations diverses : néoclassique
(enduit, sobriété), néogothique (baies en ogive ou trilobées, croisées en
pierre), néo-Renaissance flamande (lucarne-pignon à gradins, ancres), Art
nouveau (sgraffites, carreaux de céramique, éléments reprenant la courbe
« coup de fouet », vitraux floraux), pittoresque (toiture à croupe ou
croupette, tourelle, éléments en bois ou faux bois : garde-corps,
colombages, fermes apparentes), etc.
Il est communément admis que la période de l’éclectisme s’achève avec la
Première Guerre mondiale, néanmoins le modèle type de la maison bourgeoise
perdure bien après la guerre. Les communes et quartiers urbanisés plus
tardivement, durant l’entre-deux-guerres, sur base de plans d’aménagement
tracés au XIXe siècle, reproduisent le modèle de l’éclectisme :
des enfilades de maisons de gabarit similaire. Ces maisons sont qualifiées de
style éclectique tardif. Elles reprennent toutes les caractéristiques de
l’architecture résidentielle éclectique, mais sont le plus souvent accentuées
d’éléments d’inspiration Beaux-Arts, Art Déco, Art nouveau, pittoresque ou
régionaliste (voir éclectisme tardif). tardif, conçu pour les pères Franciscains et
par l'architecte Camille Damman, 1949.
Forme un ensemble imposant avec le couvent des Franciscains du Chant d’Oiseau
(voir n°3), datant de 1934, construit pour le même maître d'ouvrage et par le
même architecte.
Historique
En 1933, les ordres des franciscains ou
frères mineurs wallons et flamands sont séparés et chaque province se voit
attribuer un nouveau couvent provincial ou chapiteauCouronnement orné ou mouluré, d’une colonne, d’un pilier ou d’un pilastre. principal. Les frères
mineurs wallons s'installent sur un terrain situé sur le plateau du Chant d’Oiseau,
une zone encore ruralePériode : XVIIIe
-XIXe-début du XXe siècles
L’architecture rurale désigne un mode de construction caractéristique
regroupant essentiellement des fermes et des maisons rurales édifiées entre le
XVIII? siècle et le début du XX? siècle. Jusqu’au milieu du XIX? siècle, ce
type de bâti est largement répandu dans les faubourgs de Bruxelles, alors
marqués par un paysage à dominante rurale. Les implantations se concentrent
principalement autour des églises paroissiales, au sein de hameaux, ainsi que
le long des axes de circulation principaux.
Ce bâti, que l’on peut inscrire dans le courant de l’architecture vernaculaire,
présente des caractéristiques architecturales et matérielles spécifiques,
témoignant des ressources locales et des savoir-faire traditionnels.
Les fermes correspondent généralement à des exploitations agricoles de
dimension modeste. Elles se composent d’un logis rectangulaire, bas et sans
étage, implanté parallèlement ou perpendiculairement à la voirie. L’espace
entre la voirie et la ferme fait office de cour. Jusqu’à la fin du XIX? siècle,
l’étable est directement reliée à l’habitation, constituant un ensemble
unitaire. Des dépendances (grange, remise, atelier, fenil) peuvent compléter
cet ensemble selon les ressources du propriétaire.
La ferme en carré est une variante de cette typologie, organisée en
quadrilatère fermé ou en U autour d’une cour centrale. Celle-ci accueille une
fosse à fumier, un puits, un abreuvoir ou un colombier. Parfois, l’aile à front
de rue est marquée de manière monumentale par un porche.
La technique constructive privilégie l’emploi de matériaux locaux :
brique, mortier de chaux, enduit et pierre (principalement réservée aux
soubassements et encadrements de baies). Les toitures, reposant sur une
charpente en bois, sont couvertes de chaume, de tuiles ou parfois d’ardoises.
Les ouvertures, si elles n’ont pas été rectifiées ultérieurement, sont rarement
alignées et souvent de tailles différentes. Certaines conservent leur linteau
en bois d’origine. On note également la présence d’ancres en fer à cheval, en I
ou en X dans les pignons et/ou en façade.
Les maisons rurales (souvent liées au maraîchage) reprennent
une typologie facilement identifiable : un volume simple et compact en
briques, une façade enduite ou peinte, une organisation en travées sur un
niveau avec attique, ainsi qu’une porte cochère donnant accès à une remise
arrière. à Woluwe-Saint-Pierre. Comme condition pour pouvoir
construire sur ce terrain, il leur est demandé de créer, à côté du couvent, une
nouvelle paroisse pour le quartier du Chant d’Oiseau, qui s'urbanise peu à peu.
Le terrain, d'une superficie d'environ 2 hectares, est situé à l'angle de l’avenue
du Chant d’Oiseau et de la future avenue des Franciscains. L'architecte
bruxellois Camille Damman est chargé en 1933 de concevoir le couvent, l'église
paroissiale et le presbytère.
Pour des raisons pratiques, il est toutefois décidé de diviser les travaux en
deux parties, la priorité étant donnée au couvent. La création de la paroisse
est rendue possible dès le début grâce à des espaces provisoires dans le
couvent dédiés à une chapelle et une sacristie.
Le premier permis de construire pour le couvent est approuvé en juin 1934 et
les travaux sont réalisés à un rythme soutenu. À peine 17 mois plus tard, le 21
novembre 1935, le couvent est officiellement consacré par le cardinal Van Roey.
Le bâtiment religieux se distingue par ses dimensions imposantes, son grand
jardin et sa double fonction : il sert à la fois de couvent pour les frères
franciscains et de centre d'études destiné à la formation des franciscains
wallons en vue de leur ordination sacerdotale.
Le couvent des Franciscains reçoit le nom de Notre-Dame du Chant d’Oiseau en
référence à une statue médiévaleLe style néogothique à Bruxelles constitue un chapitre
essentiel de l'histoire de l'éclectisme belge et du renouveau catholique après
1830. Ce style reprend et réinterprète les formes, les principes de
construction et la symbolique du gothique médiéval, acquérant à Bruxelles une
dimension à la fois religieuse, idéologique et nationale.
Le néogothique est apparu en Belgique dans le contexte du nationalisme
romantique et de la restauration de l'architecture religieuse, inspiré par des
exemples anglais (Pugin, Ruskin) et français (Viollet-le-Duc). À Bruxelles, ce
style a trouvé un terrain fertile grâce à la collaboration entre l'Église
catholique, les administrations publiques et des architectes influents qui
considéraient le gothique comme le véritable style architectural chrétien de
l'Europe médiévale.
Entre 1830 et 1914, le néogothique bruxellois est passé d'un style de
restauration à un courant créatif à part entière, appliqué aux églises, aux
écoles, aux monastères et même aux bâtiments civils.
Le néogothique bruxellois reprend les principes structurels et esthétiques du
gothique original, mais les traduit avec les moyens et les matériaux du XIXe
siècle. Ses caractéristiques sont le verticalisme avec une forte dynamique
ascendante, les arcs brisés, voûtes sur croisée d'ogives et pinacles,
l'utilisation de la pierre naturelle et de la brique, parfois combinées en des
motifs polychromes, les remplages richement travaillés, l'application de
programmes iconographiques (sculptures, vitraux) à caractère religieux ou
symbolique, l'accent étant mis sur les détails artisanaux et le caractère
expressif de la construction.
Par ailleurs, de nombreux intérieurs, autels, vitraux et meubles de style
néogothique ont été conçus par des artistes et des ateliers tels que celui de
Jean-Baptiste Bethune, qui a contribué à la diffusion de ce style depuis la
Flandre vers Bruxelles.
Le néogothique à Bruxelles comprend différentes variantes : une phase
initiale d'inspiration romantique, une orientation scientifique et constructive
sous l'influence de Viollet-le-Duc (par exemple la Maison du Roi, l'église
Notre-Dame du Sablon), parallèlement à un style créatif (par exemple l'église
Saint-Boniface), et une phase éclectique tardive dans laquelle les motifs
gothiques sont combinés avec des éléments néo-romans ou néo-Renaissance (par
exemple le couvent des Rédemptoristes et l'église Sainte-Madeleine, à Jette).
À Bruxelles, le style néogothique ne représente pas seulement un renouveau
historique, mais aussi un programme culturel qui a contribué à façonner
l'identité de la capitale. Il a influencé la morphologie urbaine, le langage
visuel de l'architecture religieuse et même les arts décoratifs (vitraux,
mobilier, ferronnerie). de la Vierge à l'Enfant qui se trouvait près
d'une chapelle Saint-Nicolas aujourd'hui disparue, dans la zone marécageuse de l'actuel
quartier du Chant d’Oiseau. Le nom du quartier ferait référence à la présence de
nombreux oiseaux. Une copie de cette statue de la Vierge Marie se trouve encore
aujourd'hui dans l'église paroissiale.
Le deuxième permis de construire, pour l'église et le presbytère, est approuvé
peu après la Seconde Guerre mondiale, en 1948. Le 2 juillet 1949, l'église
paroissiale est officiellement inaugurée par le cardinal Van Roey. La chapelle
et la sacristie provisoires, qui avaient été aménagées dans l’aile est du
cloître, en attendant la construction de l'église définitive, sont transformées
en sacristie et salle capitulaire au rez-de-chaussée et en bibliothèque avec
salle de lecture aux premier et deuxième étages.
Parallèlement à la construction de l'église et du presbytère, le cloître ouest
du couvent est agrandi d'un volume de plain-pied de 8 travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. qui s'étend
pratiquement jusqu'au presbytère.
En 1968, le couvent est en partie transformé en centre de congrès religieux
ouvert à un public plus large. En effet, le nombre de frères franciscains et
d'étudiants dans le couvent diminue considérablement, ce qui rend nécessaire
une nouvelle fonction pour le site. Plusieurs espaces sont réaménagés : le
réfectoire et la bibliothèque sont ainsi rénovés pour devenir les plus grandes
salles de réunion.
En 1986, le troisième étage du cloître est, qui n'était pas encore aménagé, est
transformé en cellules monastiques pour une communauté de pères âgés.
Parallèlement, un volume rectangulaire est ajouté au côté sud-est de la tour
centrale, dans lequel un ascenseur est installé.
En septembre 2025, les derniers frères franciscains quitteront le couvent et le
site sera vendu en trois lots : l'église et le presbytère constitueront le
premier lot, tandis que le couvent et le jardin seront divisés en deux lots et réaffectés
en immeubles à appartements pour personnes à mobilité réduite et seniors.

Description
Eglise
Extérieur
Plan basilical avec nef principale de quinze travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. flanquée de deux
étroits bas-côtés, transept et chœur circulaire avec déambulatoire. Tour
rectangulaire à l'ouest. Transept coiffé de trois pignonsPartie supérieure d’un mur-pignon, parallèle aux fermes de charpenterie, correspondant à la hauteur du comble. Il possède des rampants de formes variées : droits, chantournés, etc. à rampantsAdjectif indiquant qu’un élément d’élévation n’est ni horizontal ni vertical. Par extension, nom donné aux éléments situés de biais d’un pignon ou d’un fronton.. Façades
en moellonsPierres grossièrement équarries mises en œuvre dans une maçonnerie. rehaussées d’éléments en pierre bleue et pierre blanche. BaiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. en
anse de panierUn élément est dit en anse de panier lorsqu’il est cintré en demi-ovale. en tripletGroupement de trois baies. Les deux latérales, identiques, sont différentes de la baie centrale, d’ordinaire plus vaste., celles des nefs latérales prévues de meneauxÉlément vertical de pierre ou de métal divisant une baie. à
colonnettesUne colonne est un support vertical formé d’un fût de plan circulaire ou polygonal et souvent d’un chapiteau et d’une base. Une colonnette désigne une petite colonne.. EntablementsCouronnement horizontal qui se compose d’une architrave, d’une frise puis d’une corniche. Les façades sont d’ordinaire coiffées d’un entablement. On peut également trouver un petit entablement au-dessus d’une baie ou d’une lucarne. garnis de friseBande horizontale, décorée ou non, située au milieu de l’entablement. Par extension, suite d’ornements en bande horizontale. d’arceaux.
Façade principale le long du parvis sous un frontonCouronnement de forme triangulaire ou courbe, à tympan et cadre mouluré formé de corniches. avec un avant-corps prévu
de trois portailsPorche. Hall d’entrée en avant-corps d’un bâtiment ou espace couvert devançant une porte en renfoncement. Portail. Porte monumentale à embrasure profonde. sous pignonsPartie supérieure d’un mur-pignon, parallèle aux fermes de charpenterie, correspondant à la hauteur du comble. Il possède des rampants de formes variées : droits, chantournés, etc. à rampantsAdjectif indiquant qu’un élément d’élévation n’est ni horizontal ni vertical. Par extension, nom donné aux éléments situés de biais d’un pignon ou d’un fronton.. BaiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. continuesUn élément est dit continu s’il règne sur toute la largeur de l’élévation ou sur plusieurs travées. en anse de panierUn élément est dit en anse de panier lorsqu’il est cintré en demi-ovale. et
meneauxÉlément vertical de pierre ou de métal divisant une baie. à colonnettesUne colonne est un support vertical formé d’un fût de plan circulaire ou polygonal et souvent d’un chapiteau et d’une base. Une colonnette désigne une petite colonne. surmontées d'une rosaceRosace. Ornement symétrique circulaire évoquant une fleur stylisée ou d’autres végétaux. Se dit également d’une baie circulaire à remplage et/ou vitrail, analogue à cet ornement. La rosette est une rosace de petite taille. monumentale.
Tour rectangulaire avec des baiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. murales étroites en anse de panierUn élément est dit en anse de panier lorsqu’il est cintré en demi-ovale. dans des
arcadesBaie aveugle ou non, coiffée d'un arc, souvent en répétition et allant jusqu’au sol. communes, surmontée d'une horloge monumentale et d'un clocher avec un
toit en flèche.
Intérieur
Nefs centrale et latérales sous voûtes en berceau, séparées par une arcadeStructure métallique suspendue aux câbles de traction portant la cabine ou le contrepoids.
et un triforium. Intérieur entièrement peint en blanc, en partie paré de simili
pierre blanche. ChapiteauxCouronnement orné ou mouluré, d’une colonne, d’un pilier ou d’un pilastre. sculptés présentant des motifs végétaux et
figuratifs. Dans le chœur, ils représentent des scènes de la vie de François
d'AssiseRang d’éléments de même hauteur posés de niveau dans une maçonnerie. L’assise désigne également la plate-forme d’un balcon ou d'une logette, portée d’ordinaire par des consoles et sur laquelle repose le garde-corps., d'après un dessin de Gaston et Michel Annaert. Les nefs latérales
comportent des vitraux aux représentations abstraites, réalisés par Fernand
Crickx d'après un dessin de J. de Meester, 1965. L'orgue monumental moderne a
été fabriqué en 1981 par le facteur d'orgues Detlef Kleuker.
Le baptistère se situe du côté sud du narthex. L'ancienne sacristie,
aujourd'hui aménagée en chapelle hebdomadaire, est à l'angle de la tour et du
presbytère, et est reliée au cloître.
L'église conserve de nombreux objets de valeur, dont un tabernacle en céramique
de Max van der Linden représentant des scènes de la vie de François d'AssiseRang d’éléments de même hauteur posés de niveau dans une maçonnerie. L’assise désigne également la plate-forme d’un balcon ou d'une logette, portée d’ordinaire par des consoles et sur laquelle repose le garde-corps.,
et une statue de Notre-Dame des Grâces.
Presbytère
Bâtiment de deux niveaux et cinq travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. sous toit en bâtièreToit à deux versants..
Avant-corps central de plain-pied sous toit en bâtièreToit à deux versants.. Façades en moellonsPierres grossièrement équarries mises en œuvre dans une maçonnerie. réhaussées
d’éléments en pierre bleue et en pierre blanche sur soubassementPartie massive d’un bâtiment construite au sol et constituant l’assise du bâtiment. À Bruxelles, le soubassement est d’ordinaire en pierre bleue. en pierre bleue.
BaiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. en anse de panierUn élément est dit en anse de panier lorsqu’il est cintré en demi-ovale. au rez-de-chaussée, rectangulaire à l'étage, jumeléesDes éléments sont dits jumeaux, jumelés ou géminés lorsqu’ils sont répétés de manière identique. Ces éléments peuvent être plus nombreux que deux. par
deux ou trois. Entrée principale centrale avec escalier en pierre. EntablementCouronnement horizontal qui se compose d’une architrave, d’une frise puis d’une corniche. Les façades sont d’ordinaire coiffées d’un entablement. On peut également trouver un petit entablement au-dessus d’une baie ou d’une lucarne.
garni de friseBande horizontale, décorée ou non, située au milieu de l’entablement. Par extension, suite d’ornements en bande horizontale. d’arceaux. Sept lucarnesOuvrage construit sur un toit et permettant d’éclairer le comble par une ou plusieurs fenêtres.. MenuiserieÉléments de bois relevant de l’art du menuisier. Pour une façade, le mot peut désigner les portes, les châssis, les éventuelles logettes et la corniche. Par extension, le terme désigne également l'huisserie métallique et en PVC. remplacée à l'exception de
la double porte.
Petite chapelle encastrée entre le presbytère et l'église sous un frontonCouronnement de forme triangulaire ou courbe, à tympan et cadre mouluré formé de corniches..
Façade en pierre blanche prévue de doubles colonnettesUne colonne est un support vertical formé d’un fût de plan circulaire ou polygonal et souvent d’un chapiteau et d’une base. Une colonnette désigne une petite colonne. et chapiteauxCouronnement orné ou mouluré, d’une colonne, d’un pilier ou d’un pilastre. sculptés.
Statue de la Vierge à l'Enfant.
Valeur patrimoniale
Valeur artistique: les bâtiments sont représentatifs du
style éclectiquePériode : env.
1840-1914.
L’éclectisme est un courant architectural caractérisé par la combinaison de
styles issus de différentes époques et de différents lieux. Les architectes
mêlent les références historiques pour créer de nouvelles compositions. Cette
tendance se développe à Bruxelles peu après l’indépendance de la Belgique, dans
le cadre des grands programmes d’urbanisation. En effet, durant les années 1840
et 1850, alors que jusque-là la ville a mis à l’honneur le néoclassicisme avec
des ensembles urbains symétriques, ordonnés et rationnels, pointe le besoin
d’une architecture nationale. Alors que des architectes font le choix de
l’unité de style comme le néogothique ou le néo-Renaissance flamande, une
tendance à mélanger les grammaires issues du passé va se développer, tout en
utilisant les matériaux locaux et des techniques nouvelles (issues notamment de
la révolution industrielle). Cet éclectisme permet de répondre plus souplement
à une multitude de typologies et d’équipements urbains. En effet, la ville est
en pleine expansion : l’éclectisme s’adapte tant aux églises qu’aux grands
magasins, aux hôtels, aux gares, aux écoles, aux usines,… mais également à
l’architecture résidentielle. C’est pourquoi l’éclectisme est la tendance architecturale
dominante dans la première couronne de Bruxelles (les faubourgs de Bruxelles).
Dans l’architecture publique, ce mélange n’est pas arbitraire : chaque
style est choisi pour transmettre une idée. Par exemple, le néogothique peut
évoquer l’histoire médiévale de la ville ou la spiritualité d’un édifice
religieux ; le néoclassicisme suggère l’ordre et l’autorité pour un palais
de justice ou un bâtiment administratif ; la Renaissance symbolise le
prestige civique ou culturel. L’architecture devient ainsi un langage visuel,
conçu pour représenter les valeurs d’une institution.
Dans l’architecture résidentielle, l’éclectisme est l’apanage de la bourgeoisie
et se reconnaît par une façade variée et dynamique où les architectes jouent
avec les formes, les matériaux et les couleurs. Brique, pierre, fer forgé,
céramique ou sgraffites s’y mêlent pour créer un décor riche et personnalisé.
Chaque détail — balcon, corniche, linteau sculpté, lucarne, logette, porte
d’entrée — devient une occasion d’exprimer le goût du propriétaire, d’afficher
son statut ou ses aspirations culturelles. Ce style s’inscrit dans une période
où Bruxelles valorise la modernité tout en célébrant son histoire. L’éclectisme
traduit donc un compromis : une architecture contemporaine inspirée du
passé, adaptée à la vie bourgeoise, urbaine et moderne. Derrière la façade, les
intérieurs sont pensés pour le confort : distribution plus pratique,
escalier décoratif, pièces spécialisées (salon, fumoir, salle à manger), et
parfois innovations techniques (chauffage amélioré, eau, gaz).
La période de l’éclectisme met en place le modèle type de la maison
bourgeoise : une façade de composition symétrique (trois travées égales
sur trois niveaux) ou asymétrique (deux travées – une étroite et une large –
sur trois niveaux) ; un plan reprenant un couloir menant à l’escalier en
travée d’entrée et deux ou trois pièces en enfilade, correspondant à la largeur
(de la ou) des autres travées. La façade se développe également en trois
dimensions par l’ajout de balcons, de logettes ou de bow-windows.
Durant la seconde moitié du XIXe siècle et le début du XXe
siècle, le développement urbanistique est tel qu’il n’est pas rare de voir des
pans de rue entiers sortir de terre en quelques années. Il en résulte des
ensembles urbanistiques particulièrement homogènes et cohérents : les
enfilades. Cette cohérence est parfois due au travail d’un architecte dans le
cadre d’une petite promotion immobilière. Mais le plus souvent, les maisons
sont réalisées par des architectes différents, pour des propriétaires
différents : elles sont alors toutes différentes mais forment des
enfilades homogènes de bâtiments de même style, mêmes matériaux et/ou de même
gabarit.
Les éléments représentatifs de l’architecture résidentielle de style éclectique
sont : le gabarit (composition asymétrique ou symétrique), la polychromie
des matériaux (pierre bleue, pierre blanche, briques de couleurs variées,
enduits), l’usage d’éléments en ferronnerie, d’éléments en surplomb (balcons,
logettes, bow-windows), de lucarnes et les enfilades urbanistiques. Ces façades
sont souvent accentuées d’éléments d’inspirations diverses : néoclassique
(enduit, sobriété), néogothique (baies en ogive ou trilobées, croisées en
pierre), néo-Renaissance flamande (lucarne-pignon à gradins, ancres), Art
nouveau (sgraffites, carreaux de céramique, éléments reprenant la courbe
« coup de fouet », vitraux floraux), pittoresque (toiture à croupe ou
croupette, tourelle, éléments en bois ou faux bois : garde-corps,
colombages, fermes apparentes), etc.
Il est communément admis que la période de l’éclectisme s’achève avec la
Première Guerre mondiale, néanmoins le modèle type de la maison bourgeoise
perdure bien après la guerre. Les communes et quartiers urbanisés plus
tardivement, durant l’entre-deux-guerres, sur base de plans d’aménagement
tracés au XIXe siècle, reproduisent le modèle de l’éclectisme :
des enfilades de maisons de gabarit similaire. Ces maisons sont qualifiées de
style éclectique tardif. Elles reprennent toutes les caractéristiques de
l’architecture résidentielle éclectique, mais sont le plus souvent accentuées
d’éléments d’inspiration Beaux-Arts, Art Déco, Art nouveau, pittoresque ou
régionaliste (voir éclectisme tardif). tardif avec des éléments néo-romanLe style néo-roman fait partie des premières
manifestations de l'historicisme du XIXe siècle en Belgique. Il a
connu son apogée entre 1840 et 1900, avec un regain d'intérêt pendant
l'entre-deux-guerres (cf. l'œuvre de l'architecte Chrétien Veraart). Ce style
s'inspire de l'architecture de la période romane (XIe-XIIe
siècles).
Bien que le style néogothique soit rapidement devenu le style religieux
dominant, le style néo-roman est resté présent à Bruxelles dans les bâtiments
religieux, éducatifs et institutionnels, souvent en combinaison avec d'autres
styles « néo » dans le cadre de l'éclectisme.
Le style néo-roman se distingue par son architecture massive, sobre et définie
de manière plastique, dans laquelle la construction et la décoration forment
une unité claire. Il se caractérise notamment par l'utilisation d'arcs en plein
cintre pour les fenêtres, des portails et arcades, de lourds piliers et
colonnes à chapiteau simple, des compositions de façade symétriques et fermées,
des tours cylindriques ou des tours occidentales carrées avec un toit en
croupe, de petites baies qui assurent la robustesse des murs et des façades en
pierre naturelle ou en brique, souvent combinées avec des éléments en pierre
blanche, des bandes décoratives en brique ou en mosaïque, rappelant les
traditions romanes lombardes ou rhénanes.
Ce style évoque un sentiment de solidité, de tranquillité et de concentration
spirituelle, ce qui le rendait particulièrement adapté à l'architecture
religieuse et aux institutions à vocation morale ou éducative.
À Bruxelles, le style néo-roman doit être compris dans le cadre idéologique
plus large du renouveau catholique du XIXe siècle. Au lendemain de
l'indépendance de la Belgique (1830), on assiste à un regain d'intérêt pour le
patrimoine chrétien du Moyen Âge, considéré comme une source de stabilité
morale et de continuité nationale.
Le style néo-roman était vu comme une architecture originale et sobre,
exprimant une spiritualité authentique, contrairement au style gothique plus
émotionnel..
En outre, ce style a également été utilisé dans des contextes éclectiques,
notamment les écoles, les casernes, les hôpitaux et les monastères. Il y fait
référence à la discipline, l'ordre et la simplicité, qui correspondaient bien
aux valeurs de la société bourgeoise du XIXe siècle. et Art décoPériode : 1920-1940
Le style Art Déco émerge au lendemain de la Première Guerre mondiale et
s’inscrit dans le prolongement de la tendance géométrique de l’Art nouveau. Il
tire son nom de l’Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels
modernes, tenue à Paris en 1925.
Ses principales caractéristiques se traduisent par la géométrisation des lignes
et des volumes, la sobriété et la symétrie tout en conservant un goût prononcé
pour l’ornementation dont les formes tendent, elles aussi, à une géométrisation.
Les sources d’inspiration de cette ornementation sont puisées dans les
traditions artistiques exotiques ou anciennes (Orient, Afrique, arts
précolombiens, égyptien, antiquité gréco-romaine). L’intégration de motifs
végétaux d’inspiration africaine illustre l’impact stylistique de la période
coloniale sur l’architecture bruxelloise.
L’Art Déco manifeste un grand intérêt pour les matériaux de parement
traditionnels (brique et enduit) disparates qui offrent une diversité de
couleur ou de textures. Il marque une prédilection pour le béton armé dont la
plasticité permet de réaliser des formes sculpturales et des volumes imposants,
caractéristiques de ce style, et de concevoir de vastes espaces intérieurs
dégagés, idéaux pour les halls d’entrée monumentaux et les salles de spectacle.
Le goût pour la couleur s’exprime aussi parfois dans les châssis ou les
éléments métalliques. C’est une architecture qui privilégie également l’usage
de grandes baies vitrées (prenant parfois la forme de bow-windows) et les
toitures plates (comprenant parfois un dôme stylisé).
En plan, les espaces intérieurs des habitations sont davantage différenciés
(séjour, salle à manger, chambres) tandis que l’escalier se déplace parfois au
centre ou l’avant de l’habitation de manière à libérer la façade arrière et le
contact avec le jardin. De nouveaux lieux de confort sont intégrés (salle de
bain, WC, cuisine, dispositif d’entrée fonctionnel). Les matériaux raffinés
comme le marbre, la marbrite, le granito, les mosaïques, les verres colorés
sont prisés.
À Bruxelles comme ailleurs, l’esthétique Art Déco s’adapte parfaitement aux
exigences de décorum et de confort des bâtiments dédiés aux loisirs et au luxe
(hôtels, cinémas, grands magasins, théâtres) ainsi qu’à celles des immeubles à
appartements de haut standing, dont la construction stimulée par la loi de 1924
sur la copropriété s’inspire des modèles parisiens. Si dans un premier temps le
mouvement repose sur l’élitisme, il devient rapidement un succès populaire, au
point de devenir une architecture courante.
Dans les années 1930, l’Art Déco évolue en intégrant
de manière décorative des éléments du modernisme et notamment de l’architecture
navale (mâts de pavillon, hublots, formes aérodynamiques) (voir style paquebot). et ont conservé
leur intégrité. L'ensemble est représentatif du travail de
l'architecte bruxellois Camille Damman (1880, Saint-Gilles – 1969, Bruxelles)
qui a mené une carrière très active et polyvalente à Bruxelles et en Flandre.
Il a réalisé des projets variés, allant de maisons privées à des bâtiments de
grande envergure tels que des églises, des cinémas et des écoles, et a
travaillé dans différents styles, notamment l'éclectisme, l'Art nouveauPériode : 1890 – 1914
L’Art nouveau est un mouvement artistique qui se développe en Europe principalement
entre 1890 et 1910, et manifeste une volonté de rupture avec les styles
historiques et l’art académique du XIXe siècle.
En Belgique, on situe la naissance de l’Art nouveau à Bruxelles en 1893 avec la
construction de l’Hôtel Tassel de Victor Horta (1861-1947) et de la maison
personnelle de Paul Hankar (1859-1901). Abandonnant la typologie traditionnelle
des trois pièces en enfilade, Horta évide le centre de la maison pour y amener
la lumière du jour et, à partir de là, éclate l’espace intérieur. Il développe
une esthétique librement inspirée de la flore à laquelle Hankar répond par un
langage formel géométrique recherchant davantage les effets colorés procurés
par les matériaux et le traitement varié des matières. À partir de ces deux
exemples se déclineront deux courants : l’un inspiré du monde végétal avec
des lignes courbes et organiques ; l’autre d’inspiration géométrique, au
vocabulaire formel plus raide et répétitif. L’Art nouveau s’applique à des
programmes très variés (maisons bourgeoises et hôtels de maître, établissements
scolaires, logement social, commerces).
D’abord conçu pour une bourgeoisie aisée progressiste, le style Art nouveau se
démocratise rapidement et devient le vocabulaire à la mode d’une nouvelle
génération d’architectes qui met moins l’accent sur la complexité intérieure
que sur les façades. L’assouplissement de la structure intérieure de la maison
conduit à une organisation plus libre de la façade percée de fenêtres de formes
variées, rehaussée de bow-windows, de loggias, de balcons et dont l’aspect se
voit modifié par l’introduction de nouveaux matériaux : briques émaillées
colorées, mosaïques, céramiques décoratives, colonnettes et linteaux
métalliques. L’esprit Art nouveau se limite ainsi souvent à s’intégrer à l’éclectisme
au travers des détails décoratifs particulièrement soignés (sgraffites, vitraux,
ferronneries, dessin de châssis ou d’un arc de baie). et
l'Art décoPériode : 1920-1940
Le style Art Déco émerge au lendemain de la Première Guerre mondiale et
s’inscrit dans le prolongement de la tendance géométrique de l’Art nouveau. Il
tire son nom de l’Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels
modernes, tenue à Paris en 1925.
Ses principales caractéristiques se traduisent par la géométrisation des lignes
et des volumes, la sobriété et la symétrie tout en conservant un goût prononcé
pour l’ornementation dont les formes tendent, elles aussi, à une géométrisation.
Les sources d’inspiration de cette ornementation sont puisées dans les
traditions artistiques exotiques ou anciennes (Orient, Afrique, arts
précolombiens, égyptien, antiquité gréco-romaine). L’intégration de motifs
végétaux d’inspiration africaine illustre l’impact stylistique de la période
coloniale sur l’architecture bruxelloise.
L’Art Déco manifeste un grand intérêt pour les matériaux de parement
traditionnels (brique et enduit) disparates qui offrent une diversité de
couleur ou de textures. Il marque une prédilection pour le béton armé dont la
plasticité permet de réaliser des formes sculpturales et des volumes imposants,
caractéristiques de ce style, et de concevoir de vastes espaces intérieurs
dégagés, idéaux pour les halls d’entrée monumentaux et les salles de spectacle.
Le goût pour la couleur s’exprime aussi parfois dans les châssis ou les
éléments métalliques. C’est une architecture qui privilégie également l’usage
de grandes baies vitrées (prenant parfois la forme de bow-windows) et les
toitures plates (comprenant parfois un dôme stylisé).
En plan, les espaces intérieurs des habitations sont davantage différenciés
(séjour, salle à manger, chambres) tandis que l’escalier se déplace parfois au
centre ou l’avant de l’habitation de manière à libérer la façade arrière et le
contact avec le jardin. De nouveaux lieux de confort sont intégrés (salle de
bain, WC, cuisine, dispositif d’entrée fonctionnel). Les matériaux raffinés
comme le marbre, la marbrite, le granito, les mosaïques, les verres colorés
sont prisés.
À Bruxelles comme ailleurs, l’esthétique Art Déco s’adapte parfaitement aux
exigences de décorum et de confort des bâtiments dédiés aux loisirs et au luxe
(hôtels, cinémas, grands magasins, théâtres) ainsi qu’à celles des immeubles à
appartements de haut standing, dont la construction stimulée par la loi de 1924
sur la copropriété s’inspire des modèles parisiens. Si dans un premier temps le
mouvement repose sur l’élitisme, il devient rapidement un succès populaire, au
point de devenir une architecture courante.
Dans les années 1930, l’Art Déco évolue en intégrant
de manière décorative des éléments du modernisme et notamment de l’architecture
navale (mâts de pavillon, hublots, formes aérodynamiques) (voir style paquebot)..
Valeur esthétique: les bâtiments ont une valeur d'ensemble et font
partie d'un site monastique composé du couvent des Franciscains - avec cloître,
centre d'études et jardin pour les frères mineurs -, d'un presbytère et d'une
église, conçus entre 1934 et 1949 par C. Damman. Le site monastique se
distingue par sa sobriété, utilisant presque exclusivement la brique pour les
éléments techniques et décoratifs des façades. Le presbytère et l'église, en
revanche, sont construits à partir d’autres matériaux de construction, tels que
les moellonsPierres grossièrement équarries mises en œuvre dans une maçonnerie. et la pierre bleue, et se distinguent par leur architecture
néo-romaneLe style néo-roman fait partie des premières
manifestations de l'historicisme du XIXe siècle en Belgique. Il a
connu son apogée entre 1840 et 1900, avec un regain d'intérêt pendant
l'entre-deux-guerres (cf. l'œuvre de l'architecte Chrétien Veraart). Ce style
s'inspire de l'architecture de la période romane (XIe-XIIe
siècles).
Bien que le style néogothique soit rapidement devenu le style religieux
dominant, le style néo-roman est resté présent à Bruxelles dans les bâtiments
religieux, éducatifs et institutionnels, souvent en combinaison avec d'autres
styles « néo » dans le cadre de l'éclectisme.
Le style néo-roman se distingue par son architecture massive, sobre et définie
de manière plastique, dans laquelle la construction et la décoration forment
une unité claire. Il se caractérise notamment par l'utilisation d'arcs en plein
cintre pour les fenêtres, des portails et arcades, de lourds piliers et
colonnes à chapiteau simple, des compositions de façade symétriques et fermées,
des tours cylindriques ou des tours occidentales carrées avec un toit en
croupe, de petites baies qui assurent la robustesse des murs et des façades en
pierre naturelle ou en brique, souvent combinées avec des éléments en pierre
blanche, des bandes décoratives en brique ou en mosaïque, rappelant les
traditions romanes lombardes ou rhénanes.
Ce style évoque un sentiment de solidité, de tranquillité et de concentration
spirituelle, ce qui le rendait particulièrement adapté à l'architecture
religieuse et aux institutions à vocation morale ou éducative.
À Bruxelles, le style néo-roman doit être compris dans le cadre idéologique
plus large du renouveau catholique du XIXe siècle. Au lendemain de
l'indépendance de la Belgique (1830), on assiste à un regain d'intérêt pour le
patrimoine chrétien du Moyen Âge, considéré comme une source de stabilité
morale et de continuité nationale.
Le style néo-roman était vu comme une architecture originale et sobre,
exprimant une spiritualité authentique, contrairement au style gothique plus
émotionnel..
En outre, ce style a également été utilisé dans des contextes éclectiques,
notamment les écoles, les casernes, les hôpitaux et les monastères. Il y fait
référence à la discipline, l'ordre et la simplicité, qui correspondaient bien
aux valeurs de la société bourgeoise du XIXe siècle..
Valeur historique: les bâtiments ont une valeur contextuelle, car
le couvent des Franciscains du Chant d’Oiseau est le couvent provincial ou
chapiteauCouronnement orné ou mouluré, d’une colonne, d’un pilier ou d’un pilastre. principal des frères mineurs wallons.
Valeur sociale: les bâtiments sont représentatifs de la typologie
religieuse, avec un parvis bordé d'une église paroissiale, d’un presbytère et
d'un couvent monumental comprenant un cloître qui dessert les principales
fonctions (réfectoire, bibliothèque, église) et une aile avec des cellules
monastiques et des salles d'études. Il est également doté d'un jardin cloîtré
et d'un grand jardin à vocation esthétique, méditative et fonctionnelle.
Valeur urbanistique: le bien a une valeur contextuelle en tant
que témoin du développement urbanistique du quartier du Chant d’Oiseau, qui, à
la création du couvent, était principalement constitué de terres ruralesPériode : XVIIIe
-XIXe-début du XXe siècles
L’architecture rurale désigne un mode de construction caractéristique
regroupant essentiellement des fermes et des maisons rurales édifiées entre le
XVIII? siècle et le début du XX? siècle. Jusqu’au milieu du XIX? siècle, ce
type de bâti est largement répandu dans les faubourgs de Bruxelles, alors
marqués par un paysage à dominante rurale. Les implantations se concentrent
principalement autour des églises paroissiales, au sein de hameaux, ainsi que
le long des axes de circulation principaux.
Ce bâti, que l’on peut inscrire dans le courant de l’architecture vernaculaire,
présente des caractéristiques architecturales et matérielles spécifiques,
témoignant des ressources locales et des savoir-faire traditionnels.
Les fermes correspondent généralement à des exploitations agricoles de
dimension modeste. Elles se composent d’un logis rectangulaire, bas et sans
étage, implanté parallèlement ou perpendiculairement à la voirie. L’espace
entre la voirie et la ferme fait office de cour. Jusqu’à la fin du XIX? siècle,
l’étable est directement reliée à l’habitation, constituant un ensemble
unitaire. Des dépendances (grange, remise, atelier, fenil) peuvent compléter
cet ensemble selon les ressources du propriétaire.
La ferme en carré est une variante de cette typologie, organisée en
quadrilatère fermé ou en U autour d’une cour centrale. Celle-ci accueille une
fosse à fumier, un puits, un abreuvoir ou un colombier. Parfois, l’aile à front
de rue est marquée de manière monumentale par un porche.
La technique constructive privilégie l’emploi de matériaux locaux :
brique, mortier de chaux, enduit et pierre (principalement réservée aux
soubassements et encadrements de baies). Les toitures, reposant sur une
charpente en bois, sont couvertes de chaume, de tuiles ou parfois d’ardoises.
Les ouvertures, si elles n’ont pas été rectifiées ultérieurement, sont rarement
alignées et souvent de tailles différentes. Certaines conservent leur linteau
en bois d’origine. On note également la présence d’ancres en fer à cheval, en I
ou en X dans les pignons et/ou en façade.
Les maisons rurales (souvent liées au maraîchage) reprennent
une typologie facilement identifiable : un volume simple et compact en
briques, une façade enduite ou peinte, une organisation en travées sur un
niveau avec attique, ainsi qu’une porte cochère donnant accès à une remise
arrière. et
s'est développé à partir de la fin de l'Entre-Deux-Guerres autour de la
paroisse et du monastère des Franciscains du Chant d’Oiseau.
Sources
Archives
ACWSP 173 (1934).
Archive Maison Notre-Dame du Chant-d’Oiseau, Woluwe-Saint-Pierre.
Ouvrages et périodiques
CAPELLE, P., Les églises à Bruxelles – Kerken te Brussel, Mechelen, 1995: p. 102.
COEKELBERGHS, D., Fotorepertorium van het meubilair van de Belgische bedehuizen, Provincie Brabant. Kanton Sint-Pieters-Woluwe, KIKIRPA, 1980, p. 18.
HEINE, C., Woluwe-Saint-Pierre. Jadis, hier et aujourd’hui, Bruxelles, 1991 : 100.
LACROIX, G., Woluwe-Saint-Pierre. Histoire et terroir, Bruxelles, 2012 : p. 271, 226-228.
TEMMERMAN, C., Si le Vogelenzang - Chant d’Oiseau m’était conté, Cercle d’histoire, d’archéologie et d’architecture des Woluwe, 1995 : pp. 21-24.
s.a. ‘Couvent du Vogelzang à Woluwe-Saint-Pierre, Camille Damman, architecte’, L’Emulation, 7, 1937, p. 112.
Arbres remarquables à proximité











