Région de Bruxelles-Capitale
Typologie(s)
Intervenant(s)
Willy VAN DER MEEREN – architecte – 1968-1973
Anita VAN DAMME – peintre – 1968-1973
Statut juridique
Inscrit à l’inventaire légal le 19 août 2024
Styles
Inventaire(s)
- Actualisation de l'inventaire d'urgence (Sint-Lukasarchief - 1993-1994)
- Inventaire du patrimoine contemporain (Urbat - 1994)
- Actualisation permanente de l'inventaire régional du patrimoine architectural (DPC-DCE)
- Inventaire du patrimoine architectural 1939-1999 (ULB)
Ce bien présente l’(es) intérêt(s) suivant(s)
- Artistique La signature d’un bien immeuble (bâtiment) par un architecte de renom ne peut pas être considérée comme un critère absolu. Pour évaluer la place qu’un bien occupe dans l’œuvre d’un architecte, ce critère doit être modulé avec la qualité architecturale (composition et structure interne) du bien, sa mise en œuvre (matériaux, maîtrise technique) et la place qu’il occupe dans l’histoire de l’architecture, ces trois éléments pouvant témoigner d’une phase ou d’un aspect de l’architecture urbaine ou paysagère du passé. Les critères suivants s’appliquent alors pour évaluer l’intérêt artistique : la rareté (typologie, style, utilisation des matériaux, sources), la représentativité (idem), l’authenticité (idem + qualité d’exécution) et l’intégrité (état de conservation, éléments d’origine). Un bien possède également un intérêt artistique s’il intègre des œuvres d’art (sculptures, reliefs conçus pour le bien, etc.) ou des éléments décoratifs originaux ou particulièrement qualitatifs (vitraux signés, sgraffites, claire-voie, etc.).
- Historique Le bien présente un intérêt historique : - s’il témoigne d’une période particulière de l’histoire de la région ou de la commune ; - s’il représente un témoignage d’une période particulière du passé et/ou d’une évolution rare pour une période (par exemple, une cité-jardin représentative d’un mode de construction utilisé lors des grandes campagnes d’urbanisation après la Seconde Guerre mondiale, les noyaux villageois illustrant les premiers bâtiments groupés des communes de la Seconde couronne, la Porte de Hal comme vestige de la deuxième enceinte, etc.) ; - s’il témoigne d’un développement urbain (et/ou paysager) particulier de la ville (par exemple, les immeubles des boulevards centraux ou du quartier Léopold) ; - s’il présente un lien avec un personnage historique important, y compris les maisons personnelles d’architectes et les ateliers d’artistes (par exemple, la maison natale de Constantin Meunier, la maison de Magritte) ; - s’il peut être associé à un événement historique important (par exemple, les maisons datant de la reconstruction de Bruxelles suite au bombardement de 1695, la colonne du Congrès) ; - s’il possède une représentativité typologique caractéristique d’une activité commerciale ou culturelle (par exemple, les églises, les cinémas, l’architecture industrielle, les pharmacies) ; - s’il est représentatif de l’œuvre d’un architecte important dans l’histoire de l’architecture à l’échelle internationale, nationale, régionale ou locale (cela concerne à la fois des architectes connus comme V. Horta, V. Bourgeois, M. Polak mais aussi des architectes secondaires, liés localement à une commune, notamment Fernand Lefever à Koekelberg ou Emile Hoebeke à Berchem-Sainte-Agathe).
- Social Cet intérêt est difficile à distinguer de l’intérêt folklorique et généralement insuffisante pour justifier une sélection à elle seule. Il peut s’agir d’un : - lieu de mémoire d’une communauté ou d’un groupe social (par exemple, la chapelle de pèlerinage située place de l’Église à Berchem-Sainte-Agathe, le Vieux Tilleul de Boondael à Ixelles) ; - lieu relevant d’une symbolique populaire (par exemple, le café «?La Fleur en Papier Doré?» situé rue des Alexiens) ; - lieu de regroupement ou de structuration d’un quartier (par exemple, les immeubles du Fer à Cheval dans la cité du Floréal) ; - bien faisant partie ou comprenant des équipements collectifs (écoles, crèches, salles communales/paroissiales, salles de sport, stades, etc.) ; - bien ou ensemble (de logements sociaux ou non) conçu de manière à stimuler les interactions sociales, l’entraide et la cohésion de quartier (par exemple les quartiers résidentiels construits après la Seconde Guerre mondiale à Ganshoren ou les quartiers spécifiquement destinés aux aînés) ; - bien faisant partie d’un complexe industriel ayant engendré une activité importante au sein de la commune où il se situe ou pour la Région.
- Urbanistique Certains biens architecturaux ont historiquement joué un rôle prépondérant dans l’aménagement de l’espace bâti et urbain. Ils définissent généralement d’autres formes d’urbanisme (plan) de manière à créer une interaction entre l’espace bâti et l’espace non bâti (ou ouvert). Cet aménagement inclut également la cohérence entre les différentes échelles. Un bien immobilier a un intérêt urbanistique lorsqu’il y joue un rôle, par exemple : - les immeubles d'angle, - les places cohérentes et les enfilades d’immeubles (suite de façades formant un ensemble homogène de même style, même époque et/ou même gabarit), - les cités-jardins, - les tours (immeubles de grande hauteur) et la qualité de leur relation avec leur environnement immédiat, qui peut être cohérent mais aussi contrasté, - les vestiges de concepts urbanistiques et la façon dont ils sont ou ont été remplis architecturalement (et typologiquement), comme, par exemple, les palais urbains éclectiques et/ou les hôtels particuliers du quartier Léopold qui sont encore préservés.
Recherches et rédaction
id
Description
Maison de retraite de style fonctionnaliste conçue par l’architecte Willy Van Der Meeren, à l’initiative de la Commission d’Assistance Publique (C.A.P.) d’Evere, 1960.
Construite en 1968-1973 sur un terrain acquis par celle-ci à la Société Coopérative (S.C.) de logements sociaux Ieder Zijn Huis, la résidence est dédiée à un ancien échevin everois, Roger Decamps, président de la C.A.P. aux côtés de Maurice Eechout et Eugène Moreau.
Plusieurs années s’écoulent entre la conception du projet et le début du chantier en octobre 1968. Le chantier connait diverses difficultés (faillite de l’entrepreneur, incompétence des chefs de chantier, etc.) et n’est achevé qu’en 1973.
W. Van Der Meeren conçoit un bâtiment reprenant un plan en T annexé d’un patio en U permettant l’aménagement d’un petit jardin. Dès 1969, il complète ce volume par un logement de fonction à droite de l’entrée principale, ainsi que par un second patio.
Description
Bâtiment occupant une parcelle triangulaire cernée par la rue de Zaventem, l’avenue du Gibet et le clos des Lauriers Roses.
Plan en T formé de deux ailes décalées interrompues par un bloc de services disposé perpendiculairement. Dressé sur cinq niveaux (+ un sous-sol), immeuble construit sur base d’une ossature en béton, dont les façades avant et arrière ont chacune reçu un traitement différent lié à la distribution et à la fonction des espaces intérieurs. Tenant compte du contexte environnant, l’architecte a décidé d’orienter toutes les pièces de vie (les chambres) largement ouvertes vers le sud-est, avec vue sur le jardin, et de placer les espaces de circulation et les pièces de service, beaucoup plus fermées, du côté de la rue de Zaventem avec vue sur le cimetière de la Ville de Bruxelles.
Extérieur :
Côté rue de Zaventem, façades de part et d’autre du bloc de services marquées de bandeauxÉlément horizontal, soit en saillie et de section rectangulaire, soit dans le plan de la façade. horizontaux revêtus d’un bardage en aluminium de ton gris que séparent de minces bandes de baiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. vitrées. Au rez-de-chaussée, entrée principale sous auventPetit toit couvrant un espace devant une porte ou une vitrine. située sur la droite (pas de traitement particulier).
Façades du bloc de service et façades latérales en briques rouges montrant clairement l’ossature apparente en béton. Bandes de fenêtres hautes.
Côté clos des Lauriers Roses, alternance de travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. composées sur toute la hauteur de panneauxLe terme panneau désigne un élément de menuiserie rectangulaire ou carré, enserré dans la structure d’une porte ou d’un lambris. de fenêtres – dont la partie inférieure du châssisPartie en menuiserie d'une fenêtre. était initialement opaque (vitrage blanc), selon les plans d’élévation d’origine – avec des travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. en briques ajourées d’étroites fenêtres rectangulaires à encadrement en béton en relief (meurtrières). Au rez-de-chaussée et au dernier niveau, éléments en saillie : volumes rectangulaires dans un cadreSystème de sécurité suspendu sous la cabine. Il déclenche la commande de parachute qui arrête la cabine en cas de rencontre d’un obstacle à la descente. en béton brut). À chaque extrémité de l’aile, à hauteur des cages d’escalier, travée1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. en béton brut aux découpes fantaisistes intégrant pour certaines des vitraux aux formes géométriques de couleurs vives, très vraisemblablement de l’artiste belge Anita Van Damme (1933 – 2014) pour qui Van Der Meeren dessine un atelier en 1962.
L’ensemble des façades est surligné d’une large bande béton qui renforce l’unité plastique des parois en briques.
Châssis à l’origine pour la plupart en bois, sauf certains situés en hauteur qui sont métalliques. Remplacés pour la grande majorité d’entre eux par de nouveaux en PVC (2014-2015), selon le dessin des châssisPartie en menuiserie d'une fenêtre. dessinés par W. Van Der Meeren. Des châssisPartie en menuiserie d'une fenêtre. d’origine ont été maintenus au rez-de-chaussée, notamment à hauteur du hall d’entrée principal.
À droite de l’entrée principale, ancien logement de fonction (1969) : petit volume rectangulaire de plain-pied sous toiture plate, en briques rouges et surligné d’une bande en béton, de même esprit que le bâtiment principal. Claustra en béton préservant l’intimité du logement depuis l’entrée de la résidence.
Intérieur :
Dans les couloirs, paroi entre les deux bandes de fenêtres en hauteur et au niveau du sol occupée par deux bandes de panneauxLe terme panneau désigne un élément de menuiserie rectangulaire ou carré, enserré dans la structure d’une porte ou d’un lambris. en aluminium dont l’une masque les radiateurs. Sols couverts d’un pavement en granitoMatériau composé de mortier et de pierres colorées concassées présentant, après polissage, l’aspect d’un granit.. Murs de séparation entre le couloir et les chambres en briques rouges. Structure portante apparente.
Chambres aux premier, deuxième et troisième étages tandis que le quatrième devait à l’origine accueillir un cabinet médical, une infirmerie et l’appartement du directeur. Au rez-de-chaussée, quatre appartements avec toilettes, destinés aux couples, un réfectoire, une salle de séjour, un salon de coiffure, etc. LambrisLe lambris est un revêtement de menuiserie, de marbre ou de stuc couvrant la partie inférieure ou l'entièreté des murs d’une pièce. en bois (disparus) à l’origine prévus dans toutes les chambres.
À hauteur de bloc central et dans les parties latérales, sculpturaux escaliers en béton et en granitoMatériau composé de mortier et de pierres colorées concassées présentant, après polissage, l’aspect d’un granit. munis d’une main courantePièce supérieure d’une rampe d’escalier ou d’un garde-corps, sur laquelle on peut prendre appui en métal et en bois (typiques des années 1960-1970). Dans le bloc de services : escalier, salles de bains et ascenseurs.
Depuis le rez-de-chaussée, accès aux patios : deux volumes de plan en U sous toiture plate abritant un jardin. Façades en briques rouges et cadreSystème de sécurité suspendu sous la cabine. Il déclenche la commande de parachute qui arrête la cabine en cas de rencontre d’un obstacle à la descente. en béton brut. Grandes baiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. vitrées dont les châssisPartie en menuiserie d'une fenêtre. d’origine en bois ont été récemment remplacés en PVC ; dans les pans en briques, meurtrières à encadrement en béton en relief similaires à celles qui marquent la façade sud-est.
Équipement mobilier d’origine disparu. Dans certaines chambres, armoires fixes préfabriquées en bois (intégrant un lavabo et une penderie) fermées de portes coulissantes conservées. Très vraisemblablement dessinées par W. Van Der Meeren qui était également connu comme designer.
Motivation de la sélection à l’inventaire
Intérêt artistique
Le bien est un témoin particulièrement représentatif et abouti du courant de l’architecture fonctionnaliste, caractérisée par une conception guidée par l’aspect fonctionnel (la forme est l’expression de sa fonction), en rupture totale avec les styles historiques et/ou les ornements superflus, et par l’usage du béton (matériau offrant une résistance‚ une durabilité et une facilité d’entretien supérieures aux matériaux traditionnels).
Le bien est particulièrement représentatif de l’architecture de Willy Van Der Meeren qui se qualifiait de fonctionnaliste. Le bâtiment reprend une structure simplifiée dont le plan, en forme de T est relativement compact de façon à ce que les circulations horizontales soient les plus courtes possibles compte tenu des exigences du programme. Chaque matériau remplit une fonction : la brique pour l’essentiel des parois ; le béton pour les éléments horizontaux et les portiquesUne galerie est un espace couvert dévolu au passage, d'ordinaire rythmé de supports. Un portique désigne plus particulièrement une galerie ouverte sur l’extérieur par un rang d’arcades ou de colonnes. Le portique se situe au rez-de-chaussée d’un bâtiment. Il peut également être indépendant. (structure) ; le verre pour les fenêtres en longueur le long des espaces de circulation et en carré pour les chambres, le bois pour les châssisPartie en menuiserie d'une fenêtre. (remplacés pour la plupart depuis). L’enveloppe, ramenée à quelques lignes maîtresses verticales et parois horizontales, reflète l’organisation intérieure et participe pleinement au caractère architectural de l’ensemble. L’immeuble produit ainsi un effet particulièrement intéressant par son esthétique minimaliste exploitant les caractéristiques décoratives des matériaux mis en œuvre.
Fidèle à la vision modernisteLe modernisme désigne toute architecture qui témoigne d'une volonté d’innovation par un langage formel épuré. La forme la plus pure, souvent appelée style international, se caractérise par un plan rationnel, des formes géométriques simples, une ossature portante (souvent en béton) avec un toit plat, des cloisons légères et l’usage de matériaux modernes (matériaux industriels comme le béton armé, l’acier, le verre). Bien que peu de bâtiments atteignent la pureté du style international, beaucoup expriment une volonté claire de rationalisation. Les caractéristiques incluent des parements en briques régulières, des volumes sobres et une décoration fortement réduite. Le modernisme va influencer divers courants architecturaux à travers le monde.Modernisme de l’entre-deux-guerresPériode : ca. 1920 – 1940À Bruxelles, le modernisme de l’entre-deux-guerres se distingue parfois difficilement de l’Art Déco (voir style paquebot), surtout à l’époque où débute ce courant : bien que de nouvelles formes architecturales soient expérimentées, on reste encore attaché à l’utilisation ornementale des matériaux traditionnels. Le fil conducteur du modernisme consiste en la sobriété des formes, l’usage de fenêtres en bandeau ou en rectangle couché, et en l’absence de décoration. Les joints horizontaux accentués, les toits plats, les fenêtres à fleur de parement sont autant de caractéristiques de ce style. Modernisme d’après-guerrePériode : ca. 1940 – 1960Lemodernisme d’après-guerre (années 1940-1960) se reconnait au travers de plusieurs éléments caractéristiques : une ordonnance de la façade à l’esthétique sobre (lignes simples, sans ornements), de grandes baies vitrées accentuant la lumière naturelle et l’idée d’ouverture, le choix et la mise en œuvre des matériaux dont la brique apparente, les moellons en pierre naturelle, le métal. C’est une architecture qui intègre dans certains cas des détails subtils comme des jeux de relief dans la brique, des encadrements de baies en pierre et/ou traités en ressauts, des cordons en pierre soulignant les étages, quelque fois un bas-relief décoratif. Les baies sont très souvent traitées en bandeau, certaines étant munies d’un garde-corps ou d’une barre d’appui métallique (design sobre et fonctionnel, sans détails superflus, mettant en avant la praticité). Pour les habitations unifamiliales, la typologie du bel étage est souvent choisie : en effet durant cette période, l’accès à la voiture se démocratise.Modernisme ludique dit aussi style Expo 58Période : ca. 1950 – 1965Baptisé en référence à l’année de sa consécration à l’Exposition universelle de 1958 qui s’est tenue à Bruxelles, le modernisme ludique est une tendance éphémère du modernisme qui se développe vers la fin des années 1950 pour disparaître au début des années 1960. Reflet de l’optimisme ambiant de l’époque, il humanise le fonctionnalisme par l’introduction d’un nouveau répertoire formel qui se décline de la manière suivante : piliers en V, corniches et auvents en casquette, poignées de porte en boomerang, garde-corps en zigzag, motifs étoilés, glasal coloré, claire-voie décorative, ... Il fait la part belle aux lignes obliques, aux formes irrégulières, anguleuses ou sinueuses. Les structures qu’il met en œuvre sont légères (la structure portante est souvent mise en évidence), les couleurs sont souvent vives et contrastées. On privilégie les matériaux modernes comme le béton, le métal et de vastes surfaces vitrées. À Bruxelles, cette tendance connait un franc succès dans les quartiers périphériques urbanisés à la fin des années 1950.Modernisme tardif Période : ca. 1970-1980Durant les années 1970 et 1980, l’architecture résidentielle se nourrit des différentes tendances de l’époque. On retrouve alors dans ce modernisme tardif les principes de base du modernisme (rationalité, volumes simples, peu d’ornementation, organisation fonctionnelle de l’espace) mais également ceux du brutalisme (lisibilité des structures et mise en avant des matériaux bruts). Néanmoins ces principes sont adoucis par des concessions reflétant une volonté de concilier modernité et attentes des classes moyennes, soucieuses de confort et d’intégration dans le tissu urbain existant. Ces réalisations sont dominées par la brique apparente (brute), des jeux de pleins et vides (murs aveugles et surfaces vitrées), des jeux de retraits et ressauts et des volumes cubiques sobres. Certains éléments de contextualisation sont intégrés, comme des toitures inclinées en tuiles dans les quartiers résidentiels. Ces toitures peuvent également faire l’objet de jeux de retraits et ressauts et de pleins et vides. Dans les immeubles à appartements, les façades sont rythmées de larges balcons, à garde-corps métalliques et vitrés (verre fumé), et de modules préfabriqués.Le modernisme tardif bruxellois des années 1970–1980 peut ainsi être vu comme une phase de rationalisation et de diffusion du mouvement moderniste, appliqué à une large gamme de typologies résidentielles. Il témoigne d’une époque où l’architecture se voulait à la fois pratique, économique et moderne, tout en s’ancrant dans une matérialité locale et dans des formes adaptées aux usages domestiques. Peu spectaculaire, parfois jugé austère, ce patrimoine incarne néanmoins une étape essentielle dans l’évolution du paysage urbain bruxellois, marquant la transition entre le modernisme classique d’après-guerre et l’essor du postmodernisme des années 1980., Van Der Meeren n’est pas partisan des ornements, et cela transparaît clairement dans l’immeuble où les finitions intérieures sont très sobres et rudimentaires. Van Der Meeren étant créateur de mobilier, il est très probable qu’il ait lui-même dessiné les armoires fixes préfabriquées en bois dans les chambres, étudiées dans un souci d’esthétique mais aussi pour réduire au minimum les travaux de nettoyage et d’entretien.
Dans les cages d’escaliers, les baiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. aux formes libres intègrent pour certaines des vitraux aux formes géométriques de couleurs vives de l’artiste A. Van Damme, évoquant l’influence d’artistes abstraits des années 1950. L’usage de ces touches de couleurs vives ponctuelles sont typiques de l’architecture de Van Der Meeren.
Le bien conserve son authenticité, peu de modifications ayant été apportées depuis sa construction à la fin des années 1960.
Intérêt historique
Dans l’œuvre de W. Van Der Meeren, la construction de la Résidence R. Decamps s’inscrit parmi les projets des années 1960 qui sont considérés comme ses créations les plus inventives et les plus réussies (nombreux points communs dans l’architecture de ces différentes réalisations et celle de la résidence everoise : volume fonctionnel sous toit plat, en briques et à structure en béton, baiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. vitrées).
Intérêt social
L’architecte s’est montré particulièrement attentif à la dimension humaine du projet en créant des conditions confortables et rassurantes pour le bien-être physique et mental des résidents. Cet aspect est notamment favorisé par l’atmosphère intime des patios (jardins intérieurs). L’engagement social est également caractéristique de l’œuvre de W. Van Der Meeren.
Intérêt urbanistique
Le bien constitue un élément marquant et particulièrement qualitatif du paysage urbain.
Sources
Archives
ACE/Urb. 8139 (1960), 8496 (1969), 8511 (1969), 2015-26-10 (2014-2015).
Ouvrages
Basyn, J. -M. (dir.), Brutalisme, Bruxelles, CFC-Éditions, Bruxelles, 2026, pp. 38, 49.
Bekaert, G., Strauven, F., Bouwen in België 1945-1970, Bruxelles, 1971, pp. 360-363.
De Kooning, M., « Willy Van Der Meeren », Vlees en Beton, 21-24, s. l., 1993, s.p.
Habitat social, modernisme et vie communautaire. Exposition réalisée par SCL « Germinal », SCL « Le Home Familial Bruxellois », SC « Ieder zijn Huis », du 06.03 au 03.04.1998, Evere, un village, un quartier (coll.), Ed. resp. P. Muylle, 1998.
Périodiques
Philippon, J., Histoire des rues, places et lieux-dits d’Evere (26e partie) : la lettre « V » (suite et fin), les lettres « W » et « Z », Cercle d’histoire et de folklore d’Evere asbl, 57, 2012, p. 47
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