Région de Bruxelles-Capitale
Typologie(s)
maison d’architecte
Intervenant(s)
INCONNU - ONBEKEND – 1895
Antoine POMPE – architecte – 1937
Styles
Modernisme
Inventaire(s)
- Actualisation de l'inventaire d'urgence (Sint-Lukasarchief - 1993-1994)
- Actualisation du projet d'inventaire régional du patrimoine architectural (DMS-DML - 1995-1998)
- Le patrimoine monumental de la Belgique. Ixelles (DMS-DML - 2005-2015)
Ce bien présente l’(es) intérêt(s) suivant(s)
- Artistique La signature d’un bien immeuble (bâtiment) par un architecte de renom ne peut pas être considérée comme un critère absolu. Pour évaluer la place qu’un bien occupe dans l’œuvre d’un architecte, ce critère doit être modulé avec la qualité architecturale (composition et structure interne) du bien, sa mise en œuvre (matériaux, maîtrise technique) et la place qu’il occupe dans l’histoire de l’architecture, ces trois éléments pouvant témoigner d’une phase ou d’un aspect de l’architecture urbaine ou paysagère du passé. Les critères suivants s’appliquent alors pour évaluer l’intérêt artistique : la rareté (typologie, style, utilisation des matériaux, sources), la représentativité (idem), l’authenticité (idem + qualité d’exécution) et l’intégrité (état de conservation, éléments d’origine). Un bien possède également un intérêt artistique s’il intègre des œuvres d’art (sculptures, reliefs conçus pour le bien, etc.) ou des éléments décoratifs originaux ou particulièrement qualitatifs (vitraux signés, sgraffites, claire-voie, etc.).
- Esthétique Historiquement, cet intérêt était utilisé pour désigner des espaces verts de valeur et des zones naturelles ou semi-naturelles de grande valeur. Mais elle peut également s’appliquer à de grands ensembles de bâtiments dans une zone urbaine, avec ou sans éléments naturels, ou à des monuments qui marquent le paysage urbain. Une prise en compte d’autres intérêts s’impose : l’intérêt artistique, l’intérêt paysager (intégration de l’œuvre dans le paysage urbain et/ou naturel, les panoramas) et l’intérêt urbanistique (ensembles urbains spontanés ou organisés). Les critères de sélection suivants lui sont généralement associés : la valeur d’ensemble et la valeur contextuelle.
- Historique Le bien présente un intérêt historique : - s’il témoigne d’une période particulière de l’histoire de la région ou de la commune ; - s’il représente un témoignage d’une période particulière du passé et/ou d’une évolution rare pour une période (par exemple, une cité-jardin représentative d’un mode de construction utilisé lors des grandes campagnes d’urbanisation après la Seconde Guerre mondiale, les noyaux villageois illustrant les premiers bâtiments groupés des communes de la Seconde couronne, la Porte de Hal comme vestige de la deuxième enceinte, etc.) ; - s’il témoigne d’un développement urbain (et/ou paysager) particulier de la ville (par exemple, les immeubles des boulevards centraux ou du quartier Léopold) ; - s’il présente un lien avec un personnage historique important, y compris les maisons personnelles d’architectes et les ateliers d’artistes (par exemple, la maison natale de Constantin Meunier, la maison de Magritte) ; - s’il peut être associé à un événement historique important (par exemple, les maisons datant de la reconstruction de Bruxelles suite au bombardement de 1695, la colonne du Congrès) ; - s’il possède une représentativité typologique caractéristique d’une activité commerciale ou culturelle (par exemple, les églises, les cinémas, l’architecture industrielle, les pharmacies) ; - s’il est représentatif de l’œuvre d’un architecte important dans l’histoire de l’architecture à l’échelle internationale, nationale, régionale ou locale (cela concerne à la fois des architectes connus comme V. Horta, V. Bourgeois, M. Polak mais aussi des architectes secondaires, liés localement à une commune, notamment Fernand Lefever à Koekelberg ou Emile Hoebeke à Berchem-Sainte-Agathe).
- Urbanistique Certains biens architecturaux ont historiquement joué un rôle prépondérant dans l’aménagement de l’espace bâti et urbain. Ils définissent généralement d’autres formes d’urbanisme (plan) de manière à créer une interaction entre l’espace bâti et l’espace non bâti (ou ouvert). Cet aménagement inclut également la cohérence entre les différentes échelles. Un bien immobilier a un intérêt urbanistique lorsqu’il y joue un rôle, par exemple : - les immeubles d'angle, - les places cohérentes et les enfilades d’immeubles (suite de façades formant un ensemble homogène de même style, même époque et/ou même gabarit), - les cités-jardins, - les tours (immeubles de grande hauteur) et la qualité de leur relation avec leur environnement immédiat, qui peut être cohérent mais aussi contrasté, - les vestiges de concepts urbanistiques et la façon dont ils sont ou ont été remplis architecturalement (et typologiquement), comme, par exemple, les palais urbains éclectiques et/ou les hôtels particuliers du quartier Léopold qui sont encore préservés.
Recherches et rédaction
2005-2007
id
Urban : 16676
Description
Maison de style modernisteLe modernisme désigne toute architecture qui témoigne d'une volonté d’innovation par un langage formel épuré. La forme la plus pure, souvent appelée style international, se caractérise par un plan rationnel, des formes géométriques simples, une ossature portante (souvent en béton) avec un toit plat, des cloisons légères et l’usage de matériaux modernes (matériaux industriels comme le béton armé, l’acier, le verre). Bien que peu de bâtiments atteignent la pureté du style international, beaucoup expriment une volonté claire de rationalisation. Les caractéristiques incluent des parements en briques régulières, des volumes sobres et une décoration fortement réduite. Le modernisme va influencer divers courants architecturaux à travers le monde.Modernisme de l’entre-deux-guerresPériode : ca. 1920 – 1940À Bruxelles, le modernisme de l’entre-deux-guerres se distingue parfois difficilement de l’Art Déco (voir style paquebot), surtout à l’époque où débute ce courant : bien que de nouvelles formes architecturales soient expérimentées, on reste encore attaché à l’utilisation ornementale des matériaux traditionnels. Le fil conducteur du modernisme consiste en la sobriété des formes, l’usage de fenêtres en bandeau ou en rectangle couché, et en l’absence de décoration. Les joints horizontaux accentués, les toits plats, les fenêtres à fleur de parement sont autant de caractéristiques de ce style. Modernisme d’après-guerrePériode : ca. 1940 – 1960Lemodernisme d’après-guerre (années 1940-1960) se reconnait au travers de plusieurs éléments caractéristiques : une ordonnance de la façade à l’esthétique sobre (lignes simples, sans ornements), de grandes baies vitrées accentuant la lumière naturelle et l’idée d’ouverture, le choix et la mise en œuvre des matériaux dont la brique apparente, les moellons en pierre naturelle, le métal. C’est une architecture qui intègre dans certains cas des détails subtils comme des jeux de relief dans la brique, des encadrements de baies en pierre et/ou traités en ressauts, des cordons en pierre soulignant les étages, quelque fois un bas-relief décoratif. Les baies sont très souvent traitées en bandeau, certaines étant munies d’un garde-corps ou d’une barre d’appui métallique (design sobre et fonctionnel, sans détails superflus, mettant en avant la praticité). Pour les habitations unifamiliales, la typologie du bel étage est souvent choisie : en effet durant cette période, l’accès à la voiture se démocratise.Modernisme ludique dit aussi style Expo 58Période : ca. 1950 – 1965Baptisé en référence à l’année de sa consécration à l’Exposition universelle de 1958 qui s’est tenue à Bruxelles, le modernisme ludique est une tendance éphémère du modernisme qui se développe vers la fin des années 1950 pour disparaître au début des années 1960. Reflet de l’optimisme ambiant de l’époque, il humanise le fonctionnalisme par l’introduction d’un nouveau répertoire formel qui se décline de la manière suivante : piliers en V, corniches et auvents en casquette, poignées de porte en boomerang, garde-corps en zigzag, motifs étoilés, glasal coloré, claire-voie décorative, ... Il fait la part belle aux lignes obliques, aux formes irrégulières, anguleuses ou sinueuses. Les structures qu’il met en œuvre sont légères (la structure portante est souvent mise en évidence), les couleurs sont souvent vives et contrastées. On privilégie les matériaux modernes comme le béton, le métal et de vastes surfaces vitrées. À Bruxelles, cette tendance connait un franc succès dans les quartiers périphériques urbanisés à la fin des années 1950.Modernisme tardif Période : ca. 1970-1980Durant les années 1970 et 1980, l’architecture résidentielle se nourrit des différentes tendances de l’époque. On retrouve alors dans ce modernisme tardif les principes de base du modernisme (rationalité, volumes simples, peu d’ornementation, organisation fonctionnelle de l’espace) mais également ceux du brutalisme (lisibilité des structures et mise en avant des matériaux bruts). Néanmoins ces principes sont adoucis par des concessions reflétant une volonté de concilier modernité et attentes des classes moyennes, soucieuses de confort et d’intégration dans le tissu urbain existant. Ces réalisations sont dominées par la brique apparente (brute), des jeux de pleins et vides (murs aveugles et surfaces vitrées), des jeux de retraits et ressauts et des volumes cubiques sobres. Certains éléments de contextualisation sont intégrés, comme des toitures inclinées en tuiles dans les quartiers résidentiels. Ces toitures peuvent également faire l’objet de jeux de retraits et ressauts et de pleins et vides. Dans les immeubles à appartements, les façades sont rythmées de larges balcons, à garde-corps métalliques et vitrés (verre fumé), et de modules préfabriqués.Le modernisme tardif bruxellois des années 1970–1980 peut ainsi être vu comme une phase de rationalisation et de diffusion du mouvement moderniste, appliqué à une large gamme de typologies résidentielles. Il témoigne d’une époque où l’architecture se voulait à la fois pratique, économique et moderne, tout en s’ancrant dans une matérialité locale et dans des formes adaptées aux usages domestiques. Peu spectaculaire, parfois jugé austère, ce patrimoine incarne néanmoins une étape essentielle dans l’évolution du paysage urbain bruxellois, marquant la transition entre le modernisme classique d’après-guerre et l’essor du postmodernisme des années 1980., conçue en 1937 par l'architecte Antoine Pompe pour lui servir d'habitation et de bureau. Elle résulte de la transformation d'une maison de style néoclassiqueDe 1775 aux années 1840.
Le néoclassicisme - également appelé style Louis XVI en décoration intérieure,
en référence à Louis XVI - apparaît en France au cours de la seconde moitié du
XVIIIe siècle et se répand rapidement à travers l'Europe. À
Bruxelles, ce style couvre principalement la période allant de 1775 aux années
1840, même s'il continue de faire des apparitions jusqu'à la veille de la
Première Guerre mondiale.
Sur le plan typologique, le bâti du XVIIIe siècle se voit remplacé
par une façade qui compte trois à quatre niveaux à part entière. Outre les
extensions urbaines à grande échelle, les maisons existantes sont souvent
transformées en hôtels de maître néoclassiques que l’on dote d’une nouvelle
façade symétrique sous corniche. Ces façades répondent aux règles de proportion
de l'architecture antique et font parfois office de façade-écran, l’ancienne
structure portante intérieure étant conservée.
Le néoclassicisme trouve son fondement théorique dans un regain d'intérêt pour
l'Antiquité grecque et romaine, stimulé par les fouilles de Pompéi et
d'Herculanum et par la pratique culturelle du Grand Tour. Pendant le Siècle des
Lumières, on aspire à l'harmonie, à la simplicité, à la rationalité et à une
ornementation sobre, en réaction au baroque et au rococo.
Le style est plus qu'un langage des formes : il s'accompagne d'un
réaménagement rationnel de la ville (embellissement), où se conjuguent aspects
esthétiques, hygiéniques et pratiques. Le paysage urbain est caractérisé par
des rues droites, des perspectives et des façades uniformes. À Bruxelles, cela
conduit à une uniformisation poussée des façades crépies et peintes. À partir
de 1812, seules les teintes claires sont autorisées et à partir de 1818, la
ville impose l'utilisation de la couleur dite « pierre de France »,
contribuant ainsi à l'image de la ville « blanche » du XIXe
siècle.
La façade sous corniche enduite et peinte, souvent blanche ou de couleur
claire, parfois combinée avec de la pierre bleue ou blanche, est
caractéristique. Sa composition est strictement symétrique. Les baies sont
généralement rectangulaires, parfois sous arc surbaissé. Les arcs en plein
cintre sont utilisés pour mettre en valeur certains éléments, par exemple dans
une travée d'entrée. La façade est articulée horizontalement par des cordons et
surmontée d'une corniche en saillie, souvent pourvue de modillons et/ou de
moulures à redents. Avec la frise et l'architrave, cela forme l'entablement
d'inspiration classique.
Les éléments décoratifs, lorsqu'ils sont présents, font référence au langage
formel antique : pilastres, colonnes, frontons, triglyphes, médaillons,
guirlandes ou urnes. Néanmoins, de nombreuses façades, surtout au début du XIXe
siècle, sont remarquablement sobres. Les demeures les plus prestigieuses sont
dotées d'un balcon, initialement avec un garde-corps en fer forgé puis, à
partir du milieu du XIXe siècle, de plus en plus souvent en fonte.
À Bruxelles, le néoclassicisme est présent tant dans les projets urbanistiques
à grande échelle que dans les habitations particulières, les bâtiments publics
et l'architecture religieuse. Il contribue fortement à la cohérence et à
l'homogénéité du paysage urbain. Parmi les exemples de tels projets, citons la
place des Martyrs (anciennement place Saint-Michel, 1774-1776), le quartier
royal (1774-1782), la Place du Nouveau Marché aux Grains (1787), le quartier de
La Monnaie (1817-1822), la Place des Barricades (anciennement place d'Orange,
1825) et le Grand Hospice avec le quartier environnant (1827), ainsi que le
réaménagement des environs des anciennes portes de la ville.
Outre les maisons ordinaires et les hôtels de maître, ce style se prête
parfaitement aux bâtiments monumentaux et représentatifs, tels que les
institutions publiques et religieuses, les châteaux, les palais et les
académies. À Bruxelles, de nombreuses maisons anciennes sont également remises
au goût du jour : leur pignon est remplacé par une façade sous corniche
sobre et symétrique. Dans les centres des villages périphériques, le
néoclassicisme s'avère également particulièrement adapté à la construction ou à
la rénovation des habitations modestes, grâce à sa structure claire et à son
langage formel sobre.
Notons que dans la langue néerlandaise, on distingue le classicisme du XVIIIe
siècle (né sous l'Ancien Régime) et le néoclassicisme du début du XIXe
siècle, qui en découle progressivement. En français, le terme néoclassicisme
couvre les XVIIIe et XIXe siècles, le classicisme faisant
référence à l’architecture française des XVIe et XVIIe
siècles, puisant ses origines dans la Renaissance. de 1895, de composition symétriqueDans l'inventaire, une façade est dite de composition symétrique lorsqu’elle compte trois travées égales. À Bruxelles, ce type de façade s’élève souvent sur trois niveaux de hauteur dégressive. La travée axiale est d’ordinaire mise en évidence par un ressaut, par un ou plusieurs balcons et par un décor plus élaboré., similaire au no 45 (voir ce numéro).
L'architecte occupe la maison, héritée de ses beaux-parents, de 1938 à 1970. N'ayant pas d'enfant, Antoine Pompe vend la maison en viager en 1952. Il meurt en 1980 à l'âge de 107 ans.
L'architecte, qui revoit entièrement le plan intérieur, réalise lui-même une grande partie des travaux en plusieurs années, avec la volonté de récupérer un maximum d'éléments d'origine qu'il démonte, déplace et parfois réutilise à l'envers ou pour tout autre chose. Ses principes d'économie de moyens et de fonctionnalismePériode : ca. 1920 – 1980 Le fonctionnalisme est un courant architectural qui apparait dès les années 1920. Il repose sur un principe simple : la forme d’un bâtiment doit découler directement de sa fonction. Ce principe de base est appliqué dans l’architecture moderniste dès l’entre-deux-guerres. En Belgique, l’architecture purement fonctionnaliste se développe après la Seconde Guerre mondiale, principalement dans le cadre de grands projets urbains aux impacts architecturaux et sociaux importants, grâce à son aspect économique et à sa capacité à répondre aux besoins de reconstruction. Ce courant se caractérise par une conception guidée par l’aspect fonctionnel (la forme est exclusivement l’expression de son usage ou sa fonction), des constructions hautes et épurées visant une efficacité spatiale et matérielle maximale, en rupture totale avec les styles historiques et/ou les ornements superflus. Ces interventions ont façonné le phénomène de « bruxellisation » : une rénovation urbaine à grande échelle, avec des tours et de larges boulevards. L’usage du béton est également une caractéristique du fonctionnalisme car c’est un matériau qui offre une résistance‚ une durabilité et une facilité d’entretien supérieures aux matériaux traditionnels. Il permet également de réaliser des structures plus légères et plus économiques, notamment en rendant possible la préfabrication et la standardisation des éléments de construction. On retrouve le fonctionnalisme dans l’architecture d’entreprise, des ensembles de tours de logements, des bâtiments publics (écoles, commissariat), … Dès la fin des années 1970, le postmodernisme se développe en réaction au fonctionnalisme et réintroduit les matériaux traditionnels comme le marbre ou la pierre et une touche décorative. se voient pleinement réalisés dans cette maison où l'aspect décoratif n'est cependant pas négligé. Les transformations permettent de façon générale un gain de place et un aménagement adéquat au mode de vie de l'entre-deux-guerres.

La façade,comptant trois niveaux sous mansardeUne toiture est dite mansardée lorsqu'elle présente deux pentes différentes sur le même versant. Le brisis est le pan inférieur de la toiture mansardée. Le pan supérieur se nomme le terrasson. et trois travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade., est couverte de crépiLe crépi est un enduit non lissé de plâtre ou de mortier. Il est rugueux, ce qui le distingue des autres enduits. jaune, sur soubassementPartie massive d’un bâtiment construite au sol et constituant l’assise du bâtiment. À Bruxelles, le soubassement est d’ordinaire en pierre bleue. en pierre bleue martelée. BaiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. rectangulaires, celles du rez-de-chaussée ayant leur partie supérieure décorée de verres plombés qui reprennent, à hauteur de la porte d'entrée, le motif de l'équerre et du té, symboles de l'architecture. Le premier étage est marqué, dans l'axe, par un petit bow-windowDe l’anglais bow (arc dans le sens d’arqué, courbé) et window (fenêtre). Le bow-window apparaît avec l’Art nouveau. Il s’agit d’un élément en surplomb qui s’intègre par son plan cintré à la façade. Il se différencie de la logette, d’ordinaire de plan rectangulaire et qui paraît appliquée sur la façade. Le bow-window peut occuper plusieurs niveaux. de plan triangulaire qui remplace le balcon d'origine. Les fenêtres, séparées les unes des autres par des trumeauxPan de mur compris entre deux travées ou entre deux baies d'un même niveau. en bois cannelésLes cannelures sont des canaux longs, parallèles et en répétition, ornant des pilastres ou des colonnes. peints en rouge, sont surmontées de trois petites baiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. d'imposteUn élément dit en imposte se situe à hauteur du sommet des piédroits. Imposte de menuiserie ou jour d’imposte. Ouverture dans la partie supérieure du dormant d’une menuiserie.. ComblesEspace intérieur de la toiture. éclairés par une imposante lucarneOuvrage construit sur un toit et permettant d’éclairer le comble par une ou plusieurs fenêtres.. Au rez-de-chaussée, garage de plain-pied et garde-corpsOuvrage de clôture qui ferme un balcon, une terrasse, une porte-fenêtre, une gaine d'ascenseur... en pierre bleue protégeant les fenêtres. ChâssisPartie en menuiserie d'une fenêtre. métalliques conservés.
Intérieur. Certains aménagements intérieurs réalisés par A. Pompe ont un impact sur la façade. Le soubassementPartie massive d’un bâtiment construite au sol et constituant l’assise du bâtiment. À Bruxelles, le soubassement est d’ordinaire en pierre bleue. est exhaussé afin d'aménager un garage de plain-pied. L'architecte récupère l'ancien plancher du sous-sol pour réaliser la porte du garage ; une fosse de graissage et, à l'arrière, une salle de gymnastique sont prévues. À droite, le seuilPièce horizontale inférieure de l'encadrement d'une porte. de la porte d'entrée est rabaissé au niveau du trottoir et remplace les trois marches d'accès d'origine. Le but est de descendre le niveau de l'entrée afin de récupérer la partie supérieure du vaste hall, d'agrandir la surface du rez-de-chaussée et y placer un nouveau plancher. L'imposteUn élément dit en imposte se situe à hauteur du sommet des piédroits. Imposte de menuiserie ou jour d’imposte. Ouverture dans la partie supérieure du dormant d’une menuiserie. de la porte éclaire donc à la fois le hall d'entrée et le rez-de-chaussée.

La cuisine est déplacée de l'entresolEntresol ou étage entresolé. Demi-niveau qui surmonte généralement un rez-de-chaussée. au rez-de-chaussée ; elle est également accessible depuis le jardin par une porte-fenêtre. En façade avant, le rez-de-chaussée accueille un petit bureau-bibliothèque à droite – au-dessus du vestibule – et un salon à gauche. Celui-ci s'ouvre sur la salle à manger. Ces trois pièces sont « modernisées » par la transformation ou l'élimination des cheminées et par l'installation de colonnesUne colonne est un support vertical formé d’un fût de plan circulaire ou polygonal et souvent d’un chapiteau et d’une base. Une colonnette désigne une petite colonne. permettant la circulation de l'air. Dans ce sens, les faux plafonds en célotex cachent les moulures néoclassiquesDe 1775 aux années 1840. Le néoclassicisme - également appelé style Louis XVI en décoration intérieure, en référence à Louis XVI - apparaît en France au cours de la seconde moitié du XVIIIe siècle et se répand rapidement à travers l'Europe. À Bruxelles, ce style couvre principalement la période allant de 1775 aux années 1840, même s'il continue de faire des apparitions jusqu'à la veille de la Première Guerre mondiale. Sur le plan typologique, le bâti du XVIIIe siècle se voit remplacé par une façade qui compte trois à quatre niveaux à part entière. Outre les extensions urbaines à grande échelle, les maisons existantes sont souvent transformées en hôtels de maître néoclassiques que l’on dote d’une nouvelle façade symétrique sous corniche. Ces façades répondent aux règles de proportion de l'architecture antique et font parfois office de façade-écran, l’ancienne structure portante intérieure étant conservée. Le néoclassicisme trouve son fondement théorique dans un regain d'intérêt pour l'Antiquité grecque et romaine, stimulé par les fouilles de Pompéi et d'Herculanum et par la pratique culturelle du Grand Tour. Pendant le Siècle des Lumières, on aspire à l'harmonie, à la simplicité, à la rationalité et à une ornementation sobre, en réaction au baroque et au rococo. Le style est plus qu'un langage des formes : il s'accompagne d'un réaménagement rationnel de la ville (embellissement), où se conjuguent aspects esthétiques, hygiéniques et pratiques. Le paysage urbain est caractérisé par des rues droites, des perspectives et des façades uniformes. À Bruxelles, cela conduit à une uniformisation poussée des façades crépies et peintes. À partir de 1812, seules les teintes claires sont autorisées et à partir de 1818, la ville impose l'utilisation de la couleur dite « pierre de France », contribuant ainsi à l'image de la ville « blanche » du XIXe siècle. La façade sous corniche enduite et peinte, souvent blanche ou de couleur claire, parfois combinée avec de la pierre bleue ou blanche, est caractéristique. Sa composition est strictement symétrique. Les baies sont généralement rectangulaires, parfois sous arc surbaissé. Les arcs en plein cintre sont utilisés pour mettre en valeur certains éléments, par exemple dans une travée d'entrée. La façade est articulée horizontalement par des cordons et surmontée d'une corniche en saillie, souvent pourvue de modillons et/ou de moulures à redents. Avec la frise et l'architrave, cela forme l'entablement d'inspiration classique. Les éléments décoratifs, lorsqu'ils sont présents, font référence au langage formel antique : pilastres, colonnes, frontons, triglyphes, médaillons, guirlandes ou urnes. Néanmoins, de nombreuses façades, surtout au début du XIXe siècle, sont remarquablement sobres. Les demeures les plus prestigieuses sont dotées d'un balcon, initialement avec un garde-corps en fer forgé puis, à partir du milieu du XIXe siècle, de plus en plus souvent en fonte. À Bruxelles, le néoclassicisme est présent tant dans les projets urbanistiques à grande échelle que dans les habitations particulières, les bâtiments publics et l'architecture religieuse. Il contribue fortement à la cohérence et à l'homogénéité du paysage urbain. Parmi les exemples de tels projets, citons la place des Martyrs (anciennement place Saint-Michel, 1774-1776), le quartier royal (1774-1782), la Place du Nouveau Marché aux Grains (1787), le quartier de La Monnaie (1817-1822), la Place des Barricades (anciennement place d'Orange, 1825) et le Grand Hospice avec le quartier environnant (1827), ainsi que le réaménagement des environs des anciennes portes de la ville. Outre les maisons ordinaires et les hôtels de maître, ce style se prête parfaitement aux bâtiments monumentaux et représentatifs, tels que les institutions publiques et religieuses, les châteaux, les palais et les académies. À Bruxelles, de nombreuses maisons anciennes sont également remises au goût du jour : leur pignon est remplacé par une façade sous corniche sobre et symétrique. Dans les centres des villages périphériques, le néoclassicisme s'avère également particulièrement adapté à la construction ou à la rénovation des habitations modestes, grâce à sa structure claire et à son langage formel sobre. Notons que dans la langue néerlandaise, on distingue le classicisme du XVIIIe siècle (né sous l'Ancien Régime) et le néoclassicisme du début du XIXe siècle, qui en découle progressivement. En français, le terme néoclassicisme couvre les XVIIIe et XIXe siècles, le classicisme faisant référence à l’architecture française des XVIe et XVIIe siècles, puisant ses origines dans la Renaissance. et permettent une économie de chauffage. Parquet de chêne à bâtons rompus.
Pour accéder à la vérandaJardin d’hiver ou véranda. Largement vitré, adossé à la façade arrière d’un bâtiment, le jardin d’hiver constitue une pièce d’agrément où l’on profite l’hiver des rayons du soleil dans une atmosphère de plantes vertes. Contrairement à la serre dont il dérive, le jardin d’hiver est une pièce de vie. depuis la salle à manger, on traverseÉlément horizontal divisant une baie ou pièce horizontale d'une menuiserie. une porte-fenêtre vitrée dont le châssisPartie en menuiserie d'une fenêtre. provient de l'ancienne porte-fenêtre s'ouvrant à l'origine vers le balcon. La vérandaJardin d’hiver ou véranda. Largement vitré, adossé à la façade arrière d’un bâtiment, le jardin d’hiver constitue une pièce d’agrément où l’on profite l’hiver des rayons du soleil dans une atmosphère de plantes vertes. Contrairement à la serre dont il dérive, le jardin d’hiver est une pièce de vie. donne accès au jardin par quelques marches en pierre bleue, récupérées de l'entrée principale.
Le premier étage, accueillant trois chambres, est peu modifié. Aménagement d'un coin lavabo dans la chambre arrière et création d'un petit vestibule avant de pénétrer dans la chambre à front de rue à droite.
Avant d'arriver au bureau et à l'atelier de l'architecte, situés dans les comblesEspace intérieur de la toiture., la salle d'attente est accessible par une volée d'escaliers, située plus bas, à hauteur de l'entresolEntresol ou étage entresolé. Demi-niveau qui surmonte généralement un rez-de-chaussée..
A. Pompe crée un escalier escamotable donnant un accès plus aisé au grenier. Un brevet est déposé pour cette invention.
L'aménagement intérieur recèle de nombreuses astuces révélant un souci d'économie. A. Pompe réutilise par exemple toutes les anciennes portes du XIXe siècle qu'il ajoure et vitre partiellement. Les chambranles de porte sont rabotés et remontés à l'envers afin de cacher les moulures classiques. La cuisine a conservé ses armoires et passe-plats conçus par l'architecte qui démontre une fois de plus son sens aigu du fonctionnalismePériode : ca. 1920 – 1980 Le fonctionnalisme est un courant architectural qui apparait dès les années 1920. Il repose sur un principe simple : la forme d’un bâtiment doit découler directement de sa fonction. Ce principe de base est appliqué dans l’architecture moderniste dès l’entre-deux-guerres. En Belgique, l’architecture purement fonctionnaliste se développe après la Seconde Guerre mondiale, principalement dans le cadre de grands projets urbains aux impacts architecturaux et sociaux importants, grâce à son aspect économique et à sa capacité à répondre aux besoins de reconstruction. Ce courant se caractérise par une conception guidée par l’aspect fonctionnel (la forme est exclusivement l’expression de son usage ou sa fonction), des constructions hautes et épurées visant une efficacité spatiale et matérielle maximale, en rupture totale avec les styles historiques et/ou les ornements superflus. Ces interventions ont façonné le phénomène de « bruxellisation » : une rénovation urbaine à grande échelle, avec des tours et de larges boulevards. L’usage du béton est également une caractéristique du fonctionnalisme car c’est un matériau qui offre une résistance‚ une durabilité et une facilité d’entretien supérieures aux matériaux traditionnels. Il permet également de réaliser des structures plus légères et plus économiques, notamment en rendant possible la préfabrication et la standardisation des éléments de construction. On retrouve le fonctionnalisme dans l’architecture d’entreprise, des ensembles de tours de logements, des bâtiments publics (écoles, commissariat), … Dès la fin des années 1970, le postmodernisme se développe en réaction au fonctionnalisme et réintroduit les matériaux traditionnels comme le marbre ou la pierre et une touche décorative.. Il va jusqu'à récupérer les tringles de rideau pour en faire des rampes d'escalier.
Classement 05.06.1997
L'architecte occupe la maison, héritée de ses beaux-parents, de 1938 à 1970. N'ayant pas d'enfant, Antoine Pompe vend la maison en viager en 1952. Il meurt en 1980 à l'âge de 107 ans.
L'architecte, qui revoit entièrement le plan intérieur, réalise lui-même une grande partie des travaux en plusieurs années, avec la volonté de récupérer un maximum d'éléments d'origine qu'il démonte, déplace et parfois réutilise à l'envers ou pour tout autre chose. Ses principes d'économie de moyens et de fonctionnalismePériode : ca. 1920 – 1980 Le fonctionnalisme est un courant architectural qui apparait dès les années 1920. Il repose sur un principe simple : la forme d’un bâtiment doit découler directement de sa fonction. Ce principe de base est appliqué dans l’architecture moderniste dès l’entre-deux-guerres. En Belgique, l’architecture purement fonctionnaliste se développe après la Seconde Guerre mondiale, principalement dans le cadre de grands projets urbains aux impacts architecturaux et sociaux importants, grâce à son aspect économique et à sa capacité à répondre aux besoins de reconstruction. Ce courant se caractérise par une conception guidée par l’aspect fonctionnel (la forme est exclusivement l’expression de son usage ou sa fonction), des constructions hautes et épurées visant une efficacité spatiale et matérielle maximale, en rupture totale avec les styles historiques et/ou les ornements superflus. Ces interventions ont façonné le phénomène de « bruxellisation » : une rénovation urbaine à grande échelle, avec des tours et de larges boulevards. L’usage du béton est également une caractéristique du fonctionnalisme car c’est un matériau qui offre une résistance‚ une durabilité et une facilité d’entretien supérieures aux matériaux traditionnels. Il permet également de réaliser des structures plus légères et plus économiques, notamment en rendant possible la préfabrication et la standardisation des éléments de construction. On retrouve le fonctionnalisme dans l’architecture d’entreprise, des ensembles de tours de logements, des bâtiments publics (écoles, commissariat), … Dès la fin des années 1970, le postmodernisme se développe en réaction au fonctionnalisme et réintroduit les matériaux traditionnels comme le marbre ou la pierre et une touche décorative. se voient pleinement réalisés dans cette maison où l'aspect décoratif n'est cependant pas négligé. Les transformations permettent de façon générale un gain de place et un aménagement adéquat au mode de vie de l'entre-deux-guerres.

La façade,comptant trois niveaux sous mansardeUne toiture est dite mansardée lorsqu'elle présente deux pentes différentes sur le même versant. Le brisis est le pan inférieur de la toiture mansardée. Le pan supérieur se nomme le terrasson. et trois travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade., est couverte de crépiLe crépi est un enduit non lissé de plâtre ou de mortier. Il est rugueux, ce qui le distingue des autres enduits. jaune, sur soubassementPartie massive d’un bâtiment construite au sol et constituant l’assise du bâtiment. À Bruxelles, le soubassement est d’ordinaire en pierre bleue. en pierre bleue martelée. BaiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. rectangulaires, celles du rez-de-chaussée ayant leur partie supérieure décorée de verres plombés qui reprennent, à hauteur de la porte d'entrée, le motif de l'équerre et du té, symboles de l'architecture. Le premier étage est marqué, dans l'axe, par un petit bow-windowDe l’anglais bow (arc dans le sens d’arqué, courbé) et window (fenêtre). Le bow-window apparaît avec l’Art nouveau. Il s’agit d’un élément en surplomb qui s’intègre par son plan cintré à la façade. Il se différencie de la logette, d’ordinaire de plan rectangulaire et qui paraît appliquée sur la façade. Le bow-window peut occuper plusieurs niveaux. de plan triangulaire qui remplace le balcon d'origine. Les fenêtres, séparées les unes des autres par des trumeauxPan de mur compris entre deux travées ou entre deux baies d'un même niveau. en bois cannelésLes cannelures sont des canaux longs, parallèles et en répétition, ornant des pilastres ou des colonnes. peints en rouge, sont surmontées de trois petites baiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. d'imposteUn élément dit en imposte se situe à hauteur du sommet des piédroits. Imposte de menuiserie ou jour d’imposte. Ouverture dans la partie supérieure du dormant d’une menuiserie.. ComblesEspace intérieur de la toiture. éclairés par une imposante lucarneOuvrage construit sur un toit et permettant d’éclairer le comble par une ou plusieurs fenêtres.. Au rez-de-chaussée, garage de plain-pied et garde-corpsOuvrage de clôture qui ferme un balcon, une terrasse, une porte-fenêtre, une gaine d'ascenseur... en pierre bleue protégeant les fenêtres. ChâssisPartie en menuiserie d'une fenêtre. métalliques conservés.
Intérieur. Certains aménagements intérieurs réalisés par A. Pompe ont un impact sur la façade. Le soubassementPartie massive d’un bâtiment construite au sol et constituant l’assise du bâtiment. À Bruxelles, le soubassement est d’ordinaire en pierre bleue. est exhaussé afin d'aménager un garage de plain-pied. L'architecte récupère l'ancien plancher du sous-sol pour réaliser la porte du garage ; une fosse de graissage et, à l'arrière, une salle de gymnastique sont prévues. À droite, le seuilPièce horizontale inférieure de l'encadrement d'une porte. de la porte d'entrée est rabaissé au niveau du trottoir et remplace les trois marches d'accès d'origine. Le but est de descendre le niveau de l'entrée afin de récupérer la partie supérieure du vaste hall, d'agrandir la surface du rez-de-chaussée et y placer un nouveau plancher. L'imposteUn élément dit en imposte se situe à hauteur du sommet des piédroits. Imposte de menuiserie ou jour d’imposte. Ouverture dans la partie supérieure du dormant d’une menuiserie. de la porte éclaire donc à la fois le hall d'entrée et le rez-de-chaussée.

La cuisine est déplacée de l'entresolEntresol ou étage entresolé. Demi-niveau qui surmonte généralement un rez-de-chaussée. au rez-de-chaussée ; elle est également accessible depuis le jardin par une porte-fenêtre. En façade avant, le rez-de-chaussée accueille un petit bureau-bibliothèque à droite – au-dessus du vestibule – et un salon à gauche. Celui-ci s'ouvre sur la salle à manger. Ces trois pièces sont « modernisées » par la transformation ou l'élimination des cheminées et par l'installation de colonnesUne colonne est un support vertical formé d’un fût de plan circulaire ou polygonal et souvent d’un chapiteau et d’une base. Une colonnette désigne une petite colonne. permettant la circulation de l'air. Dans ce sens, les faux plafonds en célotex cachent les moulures néoclassiquesDe 1775 aux années 1840. Le néoclassicisme - également appelé style Louis XVI en décoration intérieure, en référence à Louis XVI - apparaît en France au cours de la seconde moitié du XVIIIe siècle et se répand rapidement à travers l'Europe. À Bruxelles, ce style couvre principalement la période allant de 1775 aux années 1840, même s'il continue de faire des apparitions jusqu'à la veille de la Première Guerre mondiale. Sur le plan typologique, le bâti du XVIIIe siècle se voit remplacé par une façade qui compte trois à quatre niveaux à part entière. Outre les extensions urbaines à grande échelle, les maisons existantes sont souvent transformées en hôtels de maître néoclassiques que l’on dote d’une nouvelle façade symétrique sous corniche. Ces façades répondent aux règles de proportion de l'architecture antique et font parfois office de façade-écran, l’ancienne structure portante intérieure étant conservée. Le néoclassicisme trouve son fondement théorique dans un regain d'intérêt pour l'Antiquité grecque et romaine, stimulé par les fouilles de Pompéi et d'Herculanum et par la pratique culturelle du Grand Tour. Pendant le Siècle des Lumières, on aspire à l'harmonie, à la simplicité, à la rationalité et à une ornementation sobre, en réaction au baroque et au rococo. Le style est plus qu'un langage des formes : il s'accompagne d'un réaménagement rationnel de la ville (embellissement), où se conjuguent aspects esthétiques, hygiéniques et pratiques. Le paysage urbain est caractérisé par des rues droites, des perspectives et des façades uniformes. À Bruxelles, cela conduit à une uniformisation poussée des façades crépies et peintes. À partir de 1812, seules les teintes claires sont autorisées et à partir de 1818, la ville impose l'utilisation de la couleur dite « pierre de France », contribuant ainsi à l'image de la ville « blanche » du XIXe siècle. La façade sous corniche enduite et peinte, souvent blanche ou de couleur claire, parfois combinée avec de la pierre bleue ou blanche, est caractéristique. Sa composition est strictement symétrique. Les baies sont généralement rectangulaires, parfois sous arc surbaissé. Les arcs en plein cintre sont utilisés pour mettre en valeur certains éléments, par exemple dans une travée d'entrée. La façade est articulée horizontalement par des cordons et surmontée d'une corniche en saillie, souvent pourvue de modillons et/ou de moulures à redents. Avec la frise et l'architrave, cela forme l'entablement d'inspiration classique. Les éléments décoratifs, lorsqu'ils sont présents, font référence au langage formel antique : pilastres, colonnes, frontons, triglyphes, médaillons, guirlandes ou urnes. Néanmoins, de nombreuses façades, surtout au début du XIXe siècle, sont remarquablement sobres. Les demeures les plus prestigieuses sont dotées d'un balcon, initialement avec un garde-corps en fer forgé puis, à partir du milieu du XIXe siècle, de plus en plus souvent en fonte. À Bruxelles, le néoclassicisme est présent tant dans les projets urbanistiques à grande échelle que dans les habitations particulières, les bâtiments publics et l'architecture religieuse. Il contribue fortement à la cohérence et à l'homogénéité du paysage urbain. Parmi les exemples de tels projets, citons la place des Martyrs (anciennement place Saint-Michel, 1774-1776), le quartier royal (1774-1782), la Place du Nouveau Marché aux Grains (1787), le quartier de La Monnaie (1817-1822), la Place des Barricades (anciennement place d'Orange, 1825) et le Grand Hospice avec le quartier environnant (1827), ainsi que le réaménagement des environs des anciennes portes de la ville. Outre les maisons ordinaires et les hôtels de maître, ce style se prête parfaitement aux bâtiments monumentaux et représentatifs, tels que les institutions publiques et religieuses, les châteaux, les palais et les académies. À Bruxelles, de nombreuses maisons anciennes sont également remises au goût du jour : leur pignon est remplacé par une façade sous corniche sobre et symétrique. Dans les centres des villages périphériques, le néoclassicisme s'avère également particulièrement adapté à la construction ou à la rénovation des habitations modestes, grâce à sa structure claire et à son langage formel sobre. Notons que dans la langue néerlandaise, on distingue le classicisme du XVIIIe siècle (né sous l'Ancien Régime) et le néoclassicisme du début du XIXe siècle, qui en découle progressivement. En français, le terme néoclassicisme couvre les XVIIIe et XIXe siècles, le classicisme faisant référence à l’architecture française des XVIe et XVIIe siècles, puisant ses origines dans la Renaissance. et permettent une économie de chauffage. Parquet de chêne à bâtons rompus.
Pour accéder à la vérandaJardin d’hiver ou véranda. Largement vitré, adossé à la façade arrière d’un bâtiment, le jardin d’hiver constitue une pièce d’agrément où l’on profite l’hiver des rayons du soleil dans une atmosphère de plantes vertes. Contrairement à la serre dont il dérive, le jardin d’hiver est une pièce de vie. depuis la salle à manger, on traverseÉlément horizontal divisant une baie ou pièce horizontale d'une menuiserie. une porte-fenêtre vitrée dont le châssisPartie en menuiserie d'une fenêtre. provient de l'ancienne porte-fenêtre s'ouvrant à l'origine vers le balcon. La vérandaJardin d’hiver ou véranda. Largement vitré, adossé à la façade arrière d’un bâtiment, le jardin d’hiver constitue une pièce d’agrément où l’on profite l’hiver des rayons du soleil dans une atmosphère de plantes vertes. Contrairement à la serre dont il dérive, le jardin d’hiver est une pièce de vie. donne accès au jardin par quelques marches en pierre bleue, récupérées de l'entrée principale.
Le premier étage, accueillant trois chambres, est peu modifié. Aménagement d'un coin lavabo dans la chambre arrière et création d'un petit vestibule avant de pénétrer dans la chambre à front de rue à droite.
Avant d'arriver au bureau et à l'atelier de l'architecte, situés dans les comblesEspace intérieur de la toiture., la salle d'attente est accessible par une volée d'escaliers, située plus bas, à hauteur de l'entresolEntresol ou étage entresolé. Demi-niveau qui surmonte généralement un rez-de-chaussée..
A. Pompe crée un escalier escamotable donnant un accès plus aisé au grenier. Un brevet est déposé pour cette invention.
L'aménagement intérieur recèle de nombreuses astuces révélant un souci d'économie. A. Pompe réutilise par exemple toutes les anciennes portes du XIXe siècle qu'il ajoure et vitre partiellement. Les chambranles de porte sont rabotés et remontés à l'envers afin de cacher les moulures classiques. La cuisine a conservé ses armoires et passe-plats conçus par l'architecte qui démontre une fois de plus son sens aigu du fonctionnalismePériode : ca. 1920 – 1980 Le fonctionnalisme est un courant architectural qui apparait dès les années 1920. Il repose sur un principe simple : la forme d’un bâtiment doit découler directement de sa fonction. Ce principe de base est appliqué dans l’architecture moderniste dès l’entre-deux-guerres. En Belgique, l’architecture purement fonctionnaliste se développe après la Seconde Guerre mondiale, principalement dans le cadre de grands projets urbains aux impacts architecturaux et sociaux importants, grâce à son aspect économique et à sa capacité à répondre aux besoins de reconstruction. Ce courant se caractérise par une conception guidée par l’aspect fonctionnel (la forme est exclusivement l’expression de son usage ou sa fonction), des constructions hautes et épurées visant une efficacité spatiale et matérielle maximale, en rupture totale avec les styles historiques et/ou les ornements superflus. Ces interventions ont façonné le phénomène de « bruxellisation » : une rénovation urbaine à grande échelle, avec des tours et de larges boulevards. L’usage du béton est également une caractéristique du fonctionnalisme car c’est un matériau qui offre une résistance‚ une durabilité et une facilité d’entretien supérieures aux matériaux traditionnels. Il permet également de réaliser des structures plus légères et plus économiques, notamment en rendant possible la préfabrication et la standardisation des éléments de construction. On retrouve le fonctionnalisme dans l’architecture d’entreprise, des ensembles de tours de logements, des bâtiments publics (écoles, commissariat), … Dès la fin des années 1970, le postmodernisme se développe en réaction au fonctionnalisme et réintroduit les matériaux traditionnels comme le marbre ou la pierre et une touche décorative.. Il va jusqu'à récupérer les tringles de rideau pour en faire des rampes d'escalier.
Classement 05.06.1997
Sources
Archives
ACI/Urb. 69-47.
AAM, fonds non classés.
Ouvrages
CULOT, M., TERLINDEN, F., Antoine Pompe et l'effort moderne en Belgique 1890-1940 (catalogue d'exposition), Musée d'Ixelles, Bruxelles, 1969, pp. 18-29.
CULOT, M., DELEVOY, R. L., Antoine Pompe ou l'architecture du sentiment (catalogue d'exposition), AAM, 1975, pp. 5, 6, 13-18.
CULOT, M., VAN LOO, A., Musée des Archives d'Architecture Moderne, AAM, Bruxelles, 1986, pp. 304-317.
Monument et sites protégés, éd. Mardaga, Région de Bruxelles-Capitale, 1999, pp. 165, 166.
Arbres remarquables à proximité




































