Voir les biens de ce lieu repris à l'inventaireRue rectiligne reliant l'avenue Roger Vandendriessche au boulevard Saint-Michel, croisant la rue André Fauchille et la rue Maurice Liétard. Son tracé fut réalisé d'après l'arrêté royal du 06.02.1896 relatif à la construction de l'avenue de Tervueren (voir cette avenue).

Elle porte le nom du Collège Saint-Michel, implanté en grande partie sur le territoire de la commune d'Etterbeek. Le mur d'enceinte de cette école constitue une grande partie du front bâti de la rue, côté pair. Il s'agit d'un mur en briques, rythmé par des lésènes et des arcatures aveugles.

La rue s'est développée principalement en deux phases : la première entre 1900 et 1910, la seconde après la guerre, dans les années 1950. En dehors de ces périodes, quelques bâtiments viennent s'implanter de-ci de-là, jusqu'à la fin des années 1990. La rue comporte donc un ensemble de constructions hétérogènes, constitué principalement de maisons de deux ou trois niveaux et de dépendances de maisons donnant sur l'avenue de Tervueren. On y trouve également de modestes immeubles à appartements de trois à six niveaux ainsi que des immeubles de bureaux.

Le style éclectique est bien représenté. De belles maisons aux parements polychromes marquent le bâti de la rue (voir les nos 36, 38, 40 et 42) présentant parfois une tendance Art nouveau comme le groupe de constructions de l'architecte Henri Van Leuven (voir les nos 29, 35 et 37) ou la maison-atelier du peintre symboliste Émile Fabry (1865-1966), conçue par l'architecte Émile Lambot en 1902 (voir no 6). Des maisons plus modestes façonnent également la physionomie de la rue. Notons le no 44, du début du siècle, caractérisé par des garde-corps pansus en fonte, par une logette en bois entre pilastres ainsi que par une porte d'entrée garnie d'une grande fenêtre d'imposte sous fronton ; le no 46, de 1903, avec un soubassement en moellons, un balcon au deuxième niveau et un entablement orné de carreaux de ciment à motifs d'inspiration égyptienne ; le no 48, une maison de l'architecte Breban, datant de 1904, dont la façade munie de balcons de taille dégressive était à l'origine en briques apparentes ; le no 50, une habitation avec rez-de-chaussée commercial (remplacé en 1981 par une large porte de garage) de l'architecte E. Vande Put, datant de 1905.

Le style Beaux-Arts est représenté aux nos 10 et 12 (voir ces no).  Notons également une porte cochère au no 53 à arc en anse de panier datant de 1911 et dépendant d'une maison de ce style, située rue Fauchille no 15.

Par ailleurs, quelques maisons donnent à voir une architecture de tendance néoclassique. Il en est ainsi du no 3 (1911), dont le rez-de-chaussée comporte un commerce avec, à gauche, une vitrine et, à droite, deux portes ; et du no 8 (1903) caractérisé par un garde-corps pansu en fonte et une lucarne à balconnet.

Quelques modestes constructions constituaient les dépendances de maison de maître construites sur l'avenue de Tervuren, parallèle à la rue du Collège Saint-Michel. Notons en particulier des anciens garages avec logement pour chauffeur à l'étage (ou aux étages) comme aux nos 31 et 33 (voir avenue de Tervuren no 245) et no 83-89 (voir avenue de Tervuren no 177).

En comparaison avec les rues avoisinantes, l'architecture de l'entre-deux-guerres est peu représentée dans cette rue. Les seuls témoins de l'architecture Art Déco sont le no 91, une habitation modeste de l'architecte J. Van Hove caractérisée par un bow-window, ainsi que l'immeuble à appartements implanté au no 55-57 (voir ce no).

L'architecture d'après-guerre est représentée aussi bien par des maisons que par des immeubles à appartements ou de bureaux :
Au no 51, maison moderniste de l'architecte Georges De Hens, 1951. Aux nos 59, 61, 63, 65 et 93, maisons de type bel-étage ou immeubles à appartements modestes, édifiés entre 1950 et 1952. Au début de la rue, deux immeubles, l'un à appartements et l'autre de bureaux se distinguent par leurs proportions inhabituelles. Le premier, situé au no 9-11-13, fut conçu par l'architecte Guy G.V. Daens en 1972. Ses six étages remplacent une maison de style éclectique de 1912. L'immeuble de bureaux attenant (no 17) est l'œuvre du bureau Atelier d'Architecture et d'Urbanisme. De 1973, il occupe l'extrémité d'une parcelle se prolongeant jusqu'au no 249-253-255 de l'avenue de Tervueren. Il s'agit d'un bâtiment de hauteur modeste mais qui se distingue du reste des constructions de la rue par ses matériaux. Il comporte cinq volumes recouverts de verre réfléchissant, rythmés verticalement par des pilastres en béton projeté. Sur la même parcelle, mais du côté de l'avenue de Tervueren, se trouve son « grand frère » : une construction aux caractéristiques similaires s'étageant cette fois sur neuf niveaux.

On retrouve une situation analogue, mais avec des qualités architecturales plus évidentes au siège principal de l’immeuble de bureau INAMI au no 67-69 (voir no 67-69), réalisation de 1968 des architectes René Aerts & Paul Ramon. Il s'agit d'un immeuble avec mur-rideau en aluminium qui s’étend sur une parcelle traversante jusqu’à l’avenue de Tervuren no  211 où se situe l’immeuble principal qui exploite le même langage architectural.

Depuis 1990, le front bâti côté pair de la rue est interrompu par l'Allée de la Minerva, à l'angle de laquelle se trouvent des immeubles à appartements et de bureaux, construits entre 1990 et 2001 (voir Allée de la Minerva).

Sources

Archives
ACWSP/SU : 8 (1911) ; : 96 (1903), 152 (1929) ; 9-13 : 39 (1912), 85 (1972) ; 14 : 336 (1922) ; 15 : 670 (1910), 157 (1973) ; 16 : 48 (1924) ; 22, 24, 26 : 158 (1998) ; 44 : 17 (1969) ; 46 : 97 (1903) ; 48 : 174 (1904), 425 (1907) ; 50 : 287 (1905), 253 (1934), 50 (1981) ; 51 : 109 (1951) ; 53 : 693 (1910), 121 (1921), 55 (1941), 5 (1948) ; 59 : 188 (1929), 4 (1947), 94 (1951) ; 61 : 174 (1950) ; 63 : 129 (1911), 819 (1950) ; 65 : 578 (1952) ;  83-89 : 5 (1925), 642 (1949) ; 91 : 305 (1922), 21 (1948), 367 (1966), 68 (1968) ; 93 : 5 (1951).

Ouvrages
Inventaire visuel de l'architecture industrielle à Bruxelles. Woluwe-Saint-Lambert/Woluwe-Saint-Pierre/Evere, Bruxelles, AAM, 2 vol., 1980-1982, fiche 43.