Région de Bruxelles-Capitale
Typologie(s)
Intervenant(s)
René AERTS – architecte – 1958
Paul RAMON – architecte – 1958
Pierre MAJERUS – (maître) verrier – 1976
HERPAIN – entrepreneur, promoteur immobilier – 1962-1967
Statut juridique
Inscrit à l’inventaire légal le 19 août 2024
Styles
Inventaire(s)
- Actualisation de l'inventaire d'urgence (Sint-Lukasarchief - 1993-1994)
- Actualisation du projet d'inventaire régional du patrimoine architectural (DMS-DML - 1995-1998)
- Inventaire du patrimoine architectural 1939-1999 (ULB)
- Le patrimoine monumental de la Belgique. Woluwe-Saint-Pierre (DMS-DML - 2002-2009, 2014)
Ce bien présente l’(es) intérêt(s) suivant(s)
- Artistique La signature d’un bien immeuble (bâtiment) par un architecte de renom ne peut pas être considérée comme un critère absolu. Pour évaluer la place qu’un bien occupe dans l’œuvre d’un architecte, ce critère doit être modulé avec la qualité architecturale (composition et structure interne) du bien, sa mise en œuvre (matériaux, maîtrise technique) et la place qu’il occupe dans l’histoire de l’architecture, ces trois éléments pouvant témoigner d’une phase ou d’un aspect de l’architecture urbaine ou paysagère du passé. Les critères suivants s’appliquent alors pour évaluer l’intérêt artistique : la rareté (typologie, style, utilisation des matériaux, sources), la représentativité (idem), l’authenticité (idem + qualité d’exécution) et l’intégrité (état de conservation, éléments d’origine). Un bien possède également un intérêt artistique s’il intègre des œuvres d’art (sculptures, reliefs conçus pour le bien, etc.) ou des éléments décoratifs originaux ou particulièrement qualitatifs (vitraux signés, sgraffites, claire-voie, etc.).
- Historique Le bien présente un intérêt historique : - s’il témoigne d’une période particulière de l’histoire de la région ou de la commune ; - s’il représente un témoignage d’une période particulière du passé et/ou d’une évolution rare pour une période (par exemple, une cité-jardin représentative d’un mode de construction utilisé lors des grandes campagnes d’urbanisation après la Seconde Guerre mondiale, les noyaux villageois illustrant les premiers bâtiments groupés des communes de la Seconde couronne, la Porte de Hal comme vestige de la deuxième enceinte, etc.) ; - s’il témoigne d’un développement urbain (et/ou paysager) particulier de la ville (par exemple, les immeubles des boulevards centraux ou du quartier Léopold) ; - s’il présente un lien avec un personnage historique important, y compris les maisons personnelles d’architectes et les ateliers d’artistes (par exemple, la maison natale de Constantin Meunier, la maison de Magritte) ; - s’il peut être associé à un événement historique important (par exemple, les maisons datant de la reconstruction de Bruxelles suite au bombardement de 1695, la colonne du Congrès) ; - s’il possède une représentativité typologique caractéristique d’une activité commerciale ou culturelle (par exemple, les églises, les cinémas, l’architecture industrielle, les pharmacies) ; - s’il est représentatif de l’œuvre d’un architecte important dans l’histoire de l’architecture à l’échelle internationale, nationale, régionale ou locale (cela concerne à la fois des architectes connus comme V. Horta, V. Bourgeois, M. Polak mais aussi des architectes secondaires, liés localement à une commune, notamment Fernand Lefever à Koekelberg ou Emile Hoebeke à Berchem-Sainte-Agathe).
- Social Cet intérêt est difficile à distinguer de l’intérêt folklorique et généralement insuffisante pour justifier une sélection à elle seule. Il peut s’agir d’un : - lieu de mémoire d’une communauté ou d’un groupe social (par exemple, la chapelle de pèlerinage située place de l’Église à Berchem-Sainte-Agathe, le Vieux Tilleul de Boondael à Ixelles) ; - lieu relevant d’une symbolique populaire (par exemple, le café «?La Fleur en Papier Doré?» situé rue des Alexiens) ; - lieu de regroupement ou de structuration d’un quartier (par exemple, les immeubles du Fer à Cheval dans la cité du Floréal) ; - bien faisant partie ou comprenant des équipements collectifs (écoles, crèches, salles communales/paroissiales, salles de sport, stades, etc.) ; - bien ou ensemble (de logements sociaux ou non) conçu de manière à stimuler les interactions sociales, l’entraide et la cohésion de quartier (par exemple les quartiers résidentiels construits après la Seconde Guerre mondiale à Ganshoren ou les quartiers spécifiquement destinés aux aînés) ; - bien faisant partie d’un complexe industriel ayant engendré une activité importante au sein de la commune où il se situe ou pour la Région.
- Technique Par intérêt technique d’un bien, on entend l’utilisation précoce d’un matériau ou d’une technique particulière (ingénierie) ; les bâtiments d’importance structurelle ou technologique ; une prouesse d’ingénierie ou une innovation technologique ; les témoignages de méthodes de construction obsolètes (archéologie industrielle). Dans certains cas, cet intérêt peut être lié à l’intérêt scientifique (par exemple des vestiges archéologiques).
- Urbanistique Certains biens architecturaux ont historiquement joué un rôle prépondérant dans l’aménagement de l’espace bâti et urbain. Ils définissent généralement d’autres formes d’urbanisme (plan) de manière à créer une interaction entre l’espace bâti et l’espace non bâti (ou ouvert). Cet aménagement inclut également la cohérence entre les différentes échelles. Un bien immobilier a un intérêt urbanistique lorsqu’il y joue un rôle, par exemple : - les immeubles d'angle, - les places cohérentes et les enfilades d’immeubles (suite de façades formant un ensemble homogène de même style, même époque et/ou même gabarit), - les cités-jardins, - les tours (immeubles de grande hauteur) et la qualité de leur relation avec leur environnement immédiat, qui peut être cohérent mais aussi contrasté, - les vestiges de concepts urbanistiques et la façon dont ils sont ou ont été remplis architecturalement (et typologiquement), comme, par exemple, les palais urbains éclectiques et/ou les hôtels particuliers du quartier Léopold qui sont encore préservés.
Recherches et rédaction
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Description
Historique
La chapelle Notre-Dame, ou de la Visitation, est mentionnée dans les textes dès 1326. Le hameau se développe autour d'elle probablement à partir de cette époque. Elle se présentait à l'origine sous la forme d'un petit oratoire de style gothiqueLe style néogothique à Bruxelles constitue un chapitre essentiel de l'histoire de l'éclectisme belge et du renouveau catholique après 1830. Ce style reprend et réinterprète les formes, les principes de construction et la symbolique du gothique médiéval, acquérant à Bruxelles une dimension à la fois religieuse, idéologique et nationale. Le néogothique est apparu en Belgique dans le contexte du nationalisme romantique et de la restauration de l'architecture religieuse, inspiré par des exemples anglais (Pugin, Ruskin) et français (Viollet-le-Duc). À Bruxelles, ce style a trouvé un terrain fertile grâce à la collaboration entre l'Église catholique, les administrations publiques et des architectes influents qui considéraient le gothique comme le véritable style architectural chrétien de l'Europe médiévale. Entre 1830 et 1914, le néogothique bruxellois est passé d'un style de restauration à un courant créatif à part entière, appliqué aux églises, aux écoles, aux monastères et même aux bâtiments civils. Le néogothique bruxellois reprend les principes structurels et esthétiques du gothique original, mais les traduit avec les moyens et les matériaux du XIXe siècle. Ses caractéristiques sont le verticalisme avec une forte dynamique ascendante, les arcs brisés, voûtes sur croisée d'ogives et pinacles, l'utilisation de la pierre naturelle et de la brique, parfois combinées en des motifs polychromes, les remplages richement travaillés, l'application de programmes iconographiques (sculptures, vitraux) à caractère religieux ou symbolique, l'accent étant mis sur les détails artisanaux et le caractère expressif de la construction. Par ailleurs, de nombreux intérieurs, autels, vitraux et meubles de style néogothique ont été conçus par des artistes et des ateliers tels que celui de Jean-Baptiste Bethune, qui a contribué à la diffusion de ce style depuis la Flandre vers Bruxelles. Le néogothique à Bruxelles comprend différentes variantes : une phase initiale d'inspiration romantique, une orientation scientifique et constructive sous l'influence de Viollet-le-Duc (par exemple la Maison du Roi, l'église Notre-Dame du Sablon), parallèlement à un style créatif (par exemple l'église Saint-Boniface), et une phase éclectique tardive dans laquelle les motifs gothiques sont combinés avec des éléments néo-romans ou néo-Renaissance (par exemple le couvent des Rédemptoristes et l'église Sainte-Madeleine, à Jette). À Bruxelles, le style néogothique ne représente pas seulement un renouveau historique, mais aussi un programme culturel qui a contribué à façonner l'identité de la capitale. Il a influencé la morphologie urbaine, le langage visuel de l'architecture religieuse et même les arts décoratifs (vitraux, mobilier, ferronnerie). où l'on invoquait la Sainte Vierge contre les hernies. Le petit édifice devint ainsi l'église du modeste village. Elle fut restaurée et agrandie en 1778 par l'adjonction d'une nouvelle nef, terminée par un pignonPartie supérieure d’un mur-pignon, parallèle aux fermes de charpenterie, correspondant à la hauteur du comble. Il possède des rampants de formes variées : droits, chantournés, etc. surmonté d'une tourellePetite tour engagée dans un bâtiment, généralement sur un de ses angles. à haute toiture en flèche. Les parties de la chapelle primitive – le chœur, la sacristie et la nef à croiséeBaie à croisée. Baie divisée par des meneau(x) et traverse(s) se croisant à angle droit. d'ogiveUn élément est dit brisé, en ogive ou ogival lorsqu’il est composé de deux arcs de cercle se rejoignant en pointe. – furent reconstruites dans la seconde moitié du XIXe siècle (ACWSP/TP 8016), sous le pastorat de l'abbé Blockmans, en 1884 (JANSEGERS, J., 1963, p. 28) ou en 1886 (FALKENBACK, P., 1992, p. 62). L'église comportait deux autels latéraux en marbre, du XVIIe siècle, acquis en 1785 lors de la vente des biens de l'église des Riches-Claires à Bruxelles. Ces autels furent vendus en 1963 à l'église Sainte-Anne à Auderghem (Eigen schoon en de Brabander, 9-12, 1970, pp. 343-360).
Notre-Dame de Stockel fut annexée en 1808 à la paroisse de Woluwe-Saint-Pierre, chargée de gérer ses biens. Après différentes requêtes des notables de Stockel, la chapellenie éponyme est promue paroisse indépendante, par arrêté royal du 05.06.1863. Une cure est bâtie à proximité de l'église en 1868 (voir rue Henri Vandermaelen no 25).

L' église était entourée d'un cimetière, qui fut agrandi en 1866. Il fut désaffecté par arrêté royal du 17.09.1928.
Après la Seconde Guerre mondiale, Stockel connaît une importante augmentation démographique. On considère alors que l'église ne répond plus aux besoins de la population d'un quartier encore en plein développement. La décision est prise en 1958 de remplacer l'ancien bâtiment par une vaste église moderne. À cette époque, la paroisse comptait 6.500 âmes et son église ne pouvait abriter que 360 personnes.
Le terrain de l'ancien cimetière est cédé gratuitement vers 1958 par la commune à la fabrique d'église, afin de bâtir le nouvel édifice (ACWSP/TP 8016, 8018). Les ossements sont déménagés après juin 1961 vers le nouveau cimetière.
Les 1ers plans des architectes Aerts et Ramon portent la date de 1958. Ceux-ci prévoient une toiture en pyramide à quatre versants ainsi qu'une tour indépendante, un baptistère et une galerieUne galerie est un espace couvert dévolu au passage, d'ordinaire rythmé de supports. Un portique désigne plus particulièrement une galerie ouverte sur l’extérieur par un rang d’arcades ou de colonnes. Le portique se situe au rez-de-chaussée d’un bâtiment. Il peut également être indépendant. extérieure. Ces éléments ne virent cependant jamais le jour1. Ouverture vitrée dans une menuiserie ou baie de petite dimension; 2. Vide autour duquel se développent certains escaliers tournants..

Les travaux débutent par la pose de la 1re pierre, le 1er septembre 1962. De septembre à octobre 1962, on creuse puis bétonne les fondations. On travaille ensuite principalement au r.d.ch., jusqu'en mai 1963. En août de la même année, les murs de l'étage ont atteint leur hauteur définitive et une partie de la toiture est réalisée.
De sérieuses difficultés surviennent en septembre 1963. On s'aperçoit alors qu'une erreur de calcul d'ingénieur entache la conception du gros-œuvre : les fondations sont insuffisantes pour porter le poids du bâtiment, et surtout de sa lourde toiture pyramidale en béton armé. Les travaux sur la toiture sont alors arrêtés et, jusqu'à décembre, on ne travaille quasiment plus qu'à la petite sacristie, construite à l'extérieur du bâtiment. Le chantier connaît ensuite un arrêt complet.
Les architectes, en collaboration avec un nouvel ingénieur, remettent le projet initial sur le métier. Par souci d'économie, on renonce à construire la tour, le baptistère et la galerieUne galerie est un espace couvert dévolu au passage, d'ordinaire rythmé de supports. Un portique désigne plus particulièrement une galerie ouverte sur l’extérieur par un rang d’arcades ou de colonnes. Le portique se situe au rez-de-chaussée d’un bâtiment. Il peut également être indépendant. extérieure. Le modèle de la toiture est modifié. Les architectes signent d'abord un projet de nouvelle toiture pyramidale en aluminium le 14 septembre 1964. Ils élaborent ensuite le projet de la toiture actuelle, en poutraison de béton armé, dont les plans portent la date du 27 janvier 1965. Toutes ces modifications sont approuvées le 4 avril 1965.
Entre août 1964 et août 1965, on procède à d'importants remaniements en sous-œuvre du bâtiment : les fondations sont renforcées, on allonge les colonnesUne colonne est un support vertical formé d’un fût de plan circulaire ou polygonal et souvent d’un chapiteau et d’une base. Une colonnette désigne une petite colonne. rondes de l'étage, on démolit une partie des voiles en béton. Le nouveau couronnement de l'église est terminé à la fin de l'année 1965.
L'ancienne église, qui subsistait à côté de la nouvelle pour assurer l'exercice du culte, est démolie d'avril à juin 1966 laissant la place au parvis actuel, bâti dans la seconde moitié de l'année. Parallèlement, le parachèvement de l'église a lieu en 1966 et au début de l'année 1967 ; le mobilier n'est placé qu'à partir de 1967 et le nouveau lieu de culte est inauguré le 22 avril de cette même année.
Les vitraux colorés du maître verrier Pierre Majerus, qui ornent la chapelle de semaine et les verrières éclairant l'autel, sont réalisées sur base d'un devis du 02.02.1976 (ACWSP/TP 8022, 8023).

Description
L'implantation de l'église sur un terrain en dénivelé, de superficie réduite, est intelligemment exploitée dans l'organisation du bâtiment. Celui-ci s'étage sur deux niveaux : un r.d.ch. relativement bas, haut d'un peu plus de quatre mètres, avec entrée de plain-pied rue Henri Vandermaelen ; un haut étage abritant l'église proprement dite, dont le plafond culmine à près de neuf mètres. L'étage s'avance en surplombSaillie portant une partie haute en avant d’une partie basse. rue Henri Vandermaelen, conférant au bâtiment l'allure d'un vaste volume cubique reposant sur un socleMassif surélevant un support ou une statue. plus étroit. Vers la rue de l'église, un parvis à emmarchement monumental s'étale sur près de 25 mètres. Il mène directement de la rue au vaste étage, rachetant la différence de niveau de quatre mètres entre l'église et la rue.
![Église Notre-Dame, coupe ([i]La Technique des Travaux[/i], 7-8, 1968, p. 206).](/medias/500/buildings/11500087_A001_W11.jpg)
Les matériaux mis en œuvre sont typiques de la modernité de l'époque. L'architecture exploite leurs caractéristiques décoratives en les laissant à nu. Le béton armé en cimentEnduit de mortier de ciment type Portland, un matériau gris et très dur qui entre dans la composition du béton et du mortier moderne. Portland blanc, formant l'ossature, les voiles et les dalles, est tantôt lissé, tantôt brut de décoffrage. Les châssisPartie en menuiserie d'une fenêtre. métalliques (en acier peint au r.d.ch., en aluminium à l'étage), garnis de larges vitrages en thermopane, occupent des pans entiers de façade. À côté de ces matériaux modernes, la pierre reste exploitée. Le soubassementPartie massive d’un bâtiment construite au sol et constituant l’assise du bâtiment. À Bruxelles, le soubassement est d’ordinaire en pierre bleue. extérieur se pare de moellonsPierres grossièrement équarries mises en œuvre dans une maçonnerie. de grèsTerre cuite de texture serrée, légèrement vitrifiée, glaçurée ou non. Le grès désigne également une famille de pierres composées de silice. colorés, un matériau en vogue à l'époque. Les dallages extérieurs sont en pierre bleue.
À l'étage, l'église est conçue pour accueillir 800 fidèles. Son plan reflète, par sa grande simplicité, les préceptes de la nouvelle liturgie du Concile de Vatican II (1962-1965). L'entièreté de l'église s'inscrit dans un unique espace carré de 33 mètres de côté. Les divisions de l'espace se veulent discrètes : le chœur se marque par un simple podium de marbre blanc. Il fait face à une tribune précédant les sas d'entrée, résumée à une simple dalle de béton à garde-corpsOuvrage de clôture qui ferme un balcon, une terrasse, une porte-fenêtre, une gaine d'ascenseur... léger. Les murs extérieurs se composent soit de voiles en béton plein, soit de verrières subdivisées par des profilés portants en acier. La judicieuse disposition des pans vitrés assure un abondant éclairage naturel. Les façades latérales s'ajourent sur leur 1er quart, côté chœur, garantissant un éclairage latéral à l'autel. Opposée au chœur, la façade vers la rue de l'Église est entièrement vitrée et diffuse une abondante lumière derrière les fidèles. Le pourtour du vaste espace carré de l'église est marqué par vingt colonnesUne colonne est un support vertical formé d’un fût de plan circulaire ou polygonal et souvent d’un chapiteau et d’une base. Une colonnette désigne une petite colonne. en béton, formant une sorte de déambulatoire. Le plafond s'étage sur deux hauteurs différentes. À l'aplomb du déambulatoire, il est plat et en béton lisse. Dans la partie centrale du bâtiment, le plafond s'élève, reposant sur de hautes poutres en béton brut disposées en quadrillage. Au droit des colonnesUne colonne est un support vertical formé d’un fût de plan circulaire ou polygonal et souvent d’un chapiteau et d’une base. Une colonnette désigne une petite colonne., les pans verticaux résultant de la différence de hauteur des plafonds, sont vitrés, assurant un éclairage zénithal diffus.

Le couronnement de l'église se compose d'une structure de poutres en béton, entièrement ouverte au vent. Ces poutres constituent les arrêtes de deux volumes en forme de parallélépipède rectangle étagés en gradins. Remplissant le rôle du clocher traditionnelPériode : XVIIe-XVIIIe siècles À Bruxelles, architecture traditionnelle désigne une manière de construire particulière durant la période couvrant le XVIIe siècle et la première moitié du XVIIIe siècle. Il s’agit d’une technique constructive associant des maçonneries en briques liées au mortier de chaux à la pierre naturelle (soubassement, croisée, corniche, etc.) sur une structure portante composée d’un assemblage de poutres maîtresses apparentes et de solives en bois solidarisant entre eux les pans de murs au moyen d’ancrages métalliques, visibles en façades (ancres droites ou en fleur de lys). Les planchers sont composés d’ais assez larges et les pièces distribuées par un escalier en bois en colimaçon à noyau central. La charpente de toiture est de type « comble à surcroît » (fermes numérotées). Sous l’immeuble, la cave en briques liaisonnées au mortier de chaux est couverte d’une grande voute en berceau surbaissé, disposée perpendiculairement par rapport à la rue. Cette technique utilisée pour construire les maisons d’habitation se rencontre pour l’essentiel dans le centre historique de Bruxelles. Étant donné la densité de l’habitat et l’exiguïté des parcelles, le type le plus répandu est la maison en long (diephuis) de plan rectangulaire composée de trois corps successifs : une maison avant reliée à l’annexe arrière (achterhuis) par une aile de liaison éclairée par une cour intérieure. Des maisons en large, à bâtière parallèle à la rue, se trouvent en dehors des zones de forte densité ou le long des artères de pénétration. En façade, la maison reste fidèle à la formule médiévale du pignon dont le prototype apparait à Bruxelles au XVe siècle. Il présente alors des rampants à gradins et, plus rarement, des versants continus. Le pignon intègre au cours du XVIIe siècle des formules décoratives empruntées aux variantes locales des styles Renaissance et baroque (courbes, volutes, consoles droites ou renversées). Le fronton ne sera couramment employé qu’à partir des années 1730-1740. , cette structure est sommée d'une croix et supporte des cloches, fondues par Fr. Sergeys vers 1966. La toiture de l'église est plate.
Le parvis assure un ample recul à l'édifice depuis la rue de l'Église. Il compte trente marches entrecoupées de paliersPalier ou repos d'escalier. Plate-forme qui sépare deux volées d'escalier.. Deux massifs bacs à plantes en moellonsPierres grossièrement équarries mises en œuvre dans une maçonnerie. limitent latéralement l'emmarchement monumental.
![Église Notre-Dame, détail de la façade principale ([i]La Technique des Travaux[/i], 7-8, 1968, p. 204).](/medias/500/buildings/11500087_A001_W05.jpg)
Le r.d.ch. sert de socleMassif surélevant un support ou une statue. à l'église. Il se divise en divers locaux. La chapelle de semaine en constitue l'espace principal. Elle possède une entrée directe rue Henri Vandermaelen. Il s'agit d'une vaste salle rectangulaire de 25 mètres de longueur sur dix mètres de largeur, conçue pour accueillir 150 fidèles. Son organisation témoigne elle aussi d'une recherche de simplicité. Le chœur prend la forme d'un sobre piédestal. Le mur de droite est aménagé en nichesUne niche est un renfoncement dans l’épaisseur d’un mur, qui reçoit parfois un élément décoratif. Elle peut présenter un couvrement et un plan variés, droits ou cintrés. Un élément logé dans une niche sera dit niché. occupées par des confessionnaux. De fines poutrelles de béton nervurent le plafond. Le r.d.ch. abrite également d'autres locaux : une petite chapelle votive, la chapelle de congrégation avec bibliothèque liturgique attenante, la chaufferie, les installations sanitaires et une cave-remise.
![Église Notre-Dame, passage couvert rue Henri Vandermaelen ([i]La Technique des Travaux[/i], 7-8, 1968, p. 204).](/medias/500/buildings/11500087_A001_W07.jpg)
La sacristie est un petit bâtiment indépendant relié à l'église par un passage couvert. Elle comporte elle aussi deux niveaux : en bas, des salles de réunion et de catéchisme ; en haut, la sacristie proprement dite. L'étage adopte une structure particulière qui fait songer à l'étui d'une boîte d'allumette : le plafond, le sol, ainsi que les pignonsPartie supérieure d’un mur-pignon, parallèle aux fermes de charpenterie, correspondant à la hauteur du comble. Il possède des rampants de formes variées : droits, chantournés, etc., se composent de dalles en béton lisse. La dalle du plafond est portée par des poutrelles métalliques Grey, disposées à l'intérieur du bâtiment. Les façades longitudinales ont ainsi pu être conçues suivant le principe du mur-rideauParoi extérieure non portante d’un bâtiment d’architecture moderne, le mur-rideau est généralement en grande partie ou entièrement vitré., c'est-à-dire comme des pans non portants, ajourés d'un bandeauÉlément horizontal, soit en saillie et de section rectangulaire, soit dans le plan de la façade. de fenêtres dans leur partie supérieure.
![Église Notre-Dame, coupe de la sacristie ([i]La Technique des Travaux[/i], 7-8, 1968, p. 206).](/medias/500/buildings/11500087_A001_W15.jpg)
Le mobilier de l'église est particulièrement peu abondant. Il témoigne d'un même goût pour les formes épurées. L'intérieur de l'édifice fait aujourd'hui l'objet d'un aménagement qui dépare l'architecture de l'ensemble : un podium servant de tribune au prêtre a été placé au milieu de la nef, entouré des chaises des fidèles agencées en cercle. Le mobilier d'origine en aluminium subsiste toutefois : un remarquable autel à piétement en forme d'oméga, des candélabres, un bénitier, un tabernacle en forme de parallélépipède rectangle avec ambons assortis, trois chaises de chœur conçues par les architectes. Également dessinés par ces derniers, en 1958, les sobres confessionnaux existent toujours. En revanche, diverses pièces de mobilier prévues en 1958 – un banc de communion, un maître-autel – semblent ne jamais avoir été construites, vraisemblablement en raison de l'évolution de la liturgie décidée par le Concile de Vatican II, contemporain de la construction. Dans la chapelle de semaine, un autel monolithique en béton blanc bouchardéUn parement de pierre est dit bouchardé lorqu'il est dressé au moyen d'une boucharde, une sorte de marteau dont les extrémités sont hérissées de petites têtes en forme de pointe de diamant. La surface ainsi travaillée apparaît criblée de petits points. a aujourd'hui disparu.

Quelques pièces de mobilier de l'église précédente subsistent en outre, inventoriées par l'Institut royal du Patrimoine artistique à Bruxelles (COEKELBERGHS, D., et al., 1980, pp. 17-18). La plus admirable est une Vierge à l'Enfant du XIVe siècle en bois polychrome.
Motivation de la sélection
à l’inventaire
Intérêt artistique
L'église Notre-Dame de Stockel occupe une place particulière dans l'œuvre des
célèbres architectes belges d'après-guerre René Aerts et Paul Ramon. Le
bâtiment constitue un exemple représentatif de leur vision
architecturale et témoigne d'une intégration réfléchie de l'art et de
l'architecture.
L’église intègre des éléments décoratifs originaux et particulièrement
qualitatifs. Les vitraux du maître verrier Pierre Majerus ne sont pas purement
décoratifs, mais essentiels à l'expérience de l'espace : les riches aplats de
couleur filtrent la lumière qui pénètre à l'intérieur et créent une atmosphère
résolument mystique.
L'église a conservé son authenticité et son intégrité et est représentative
du style modernisteLe modernisme désigne toute architecture qui témoigne d'une volonté d’innovation par un langage formel épuré. La forme la plus pure, souvent appelée style international, se caractérise par un plan rationnel, des formes géométriques simples, une ossature portante (souvent en béton) avec un toit plat, des cloisons légères et l’usage de matériaux modernes (matériaux industriels comme le béton armé, l’acier, le verre). Bien que peu de bâtiments atteignent la pureté du style international, beaucoup expriment une volonté claire de rationalisation. Les caractéristiques incluent des parements en briques régulières, des volumes sobres et une décoration fortement réduite. Le modernisme va influencer divers courants architecturaux à travers le monde.Modernisme de l’entre-deux-guerresPériode : ca. 1920 – 1940À Bruxelles, le modernisme de l’entre-deux-guerres se distingue parfois difficilement de l’Art Déco (voir style paquebot), surtout à l’époque où débute ce courant : bien que de nouvelles formes architecturales soient expérimentées, on reste encore attaché à l’utilisation ornementale des matériaux traditionnels. Le fil conducteur du modernisme consiste en la sobriété des formes, l’usage de fenêtres en bandeau ou en rectangle couché, et en l’absence de décoration. Les joints horizontaux accentués, les toits plats, les fenêtres à fleur de parement sont autant de caractéristiques de ce style. Modernisme d’après-guerrePériode : ca. 1940 – 1960Lemodernisme d’après-guerre (années 1940-1960) se reconnait au travers de plusieurs éléments caractéristiques : une ordonnance de la façade à l’esthétique sobre (lignes simples, sans ornements), de grandes baies vitrées accentuant la lumière naturelle et l’idée d’ouverture, le choix et la mise en œuvre des matériaux dont la brique apparente, les moellons en pierre naturelle, le métal. C’est une architecture qui intègre dans certains cas des détails subtils comme des jeux de relief dans la brique, des encadrements de baies en pierre et/ou traités en ressauts, des cordons en pierre soulignant les étages, quelque fois un bas-relief décoratif. Les baies sont très souvent traitées en bandeau, certaines étant munies d’un garde-corps ou d’une barre d’appui métallique (design sobre et fonctionnel, sans détails superflus, mettant en avant la praticité). Pour les habitations unifamiliales, la typologie du bel étage est souvent choisie : en effet durant cette période, l’accès à la voiture se démocratise.Modernisme ludique dit aussi style Expo 58Période : ca. 1950 – 1965Baptisé en référence à l’année de sa consécration à l’Exposition universelle de 1958 qui s’est tenue à Bruxelles, le modernisme ludique est une tendance éphémère du modernisme qui se développe vers la fin des années 1950 pour disparaître au début des années 1960. Reflet de l’optimisme ambiant de l’époque, il humanise le fonctionnalisme par l’introduction d’un nouveau répertoire formel qui se décline de la manière suivante : piliers en V, corniches et auvents en casquette, poignées de porte en boomerang, garde-corps en zigzag, motifs étoilés, glasal coloré, claire-voie décorative, ... Il fait la part belle aux lignes obliques, aux formes irrégulières, anguleuses ou sinueuses. Les structures qu’il met en œuvre sont légères (la structure portante est souvent mise en évidence), les couleurs sont souvent vives et contrastées. On privilégie les matériaux modernes comme le béton, le métal et de vastes surfaces vitrées. À Bruxelles, cette tendance connait un franc succès dans les quartiers périphériques urbanisés à la fin des années 1950.Modernisme tardif Période : ca. 1970-1980Durant les années 1970 et 1980, l’architecture résidentielle se nourrit des différentes tendances de l’époque. On retrouve alors dans ce modernisme tardif les principes de base du modernisme (rationalité, volumes simples, peu d’ornementation, organisation fonctionnelle de l’espace) mais également ceux du brutalisme (lisibilité des structures et mise en avant des matériaux bruts). Néanmoins ces principes sont adoucis par des concessions reflétant une volonté de concilier modernité et attentes des classes moyennes, soucieuses de confort et d’intégration dans le tissu urbain existant. Ces réalisations sont dominées par la brique apparente (brute), des jeux de pleins et vides (murs aveugles et surfaces vitrées), des jeux de retraits et ressauts et des volumes cubiques sobres. Certains éléments de contextualisation sont intégrés, comme des toitures inclinées en tuiles dans les quartiers résidentiels. Ces toitures peuvent également faire l’objet de jeux de retraits et ressauts et de pleins et vides. Dans les immeubles à appartements, les façades sont rythmées de larges balcons, à garde-corps métalliques et vitrés (verre fumé), et de modules préfabriqués.Le modernisme tardif bruxellois des années 1970–1980 peut ainsi être vu comme une phase de rationalisation et de diffusion du mouvement moderniste, appliqué à une large gamme de typologies résidentielles. Il témoigne d’une époque où l’architecture se voulait à la fois pratique, économique et moderne, tout en s’ancrant dans une matérialité locale et dans des formes adaptées aux usages domestiques. Peu spectaculaire, parfois jugé austère, ce patrimoine incarne néanmoins une étape essentielle dans l’évolution du paysage urbain bruxellois, marquant la transition entre le modernisme classique d’après-guerre et l’essor du postmodernisme des années 1980. d’après-guerre, reconnaissable par ses lignes sobres et
rigoureuses, l’ossature en béton armé apparente, les châssisPartie en menuiserie d'une fenêtre. métalliques. Elle
a été conçue selon un programme clair et fonctionnel qui s'inscrit dans la
liturgie renouvelée du Concile Vatican II (1962-1965). L'espace de prière
central présente un plan carré, dans lequel vingt colonnesUne colonne est un support vertical formé d’un fût de plan circulaire ou polygonal et souvent d’un chapiteau et d’une base. Une colonnette désigne une petite colonne. en béton suggèrent
un déambulatoire. Le podium en marbre blanc délimite subtilement la partie du
chœur et souligne la simplicité et la lisibilité de l'espace.
À l'extérieur également, le bâtiment se distingue par un langage formel d'une
rareLa rareté d’un bien est déterminée à la fois sur le plan qualitatif (le caractère « exceptionnel ») et le
plan quantitatif (le caractère unique), en fonction du contexte géographique (local, régional, national),
chronologique et historique (la production globale dominante de l’époque : concept, style, matériaux,
etc.) ou par rapport à l’ensemble de la production du concepteur, et ce, tant d’un point de vue formel
que fonctionnel et constructif. Pour évaluer la rareté d’un bien, il convient de le comparer à d’autres
biens appartenant à la même catégorie (typologie, chronologie-âge [datation]/période ou partie de cette
période, aspect esthétique et/ou technique, fonction, impact social ou historique). expressivité. La façade se caractérise par une composition de volumes
cubistes, où alternent des surfaces murales fermées et ouvertes.
Intérêt historique
Elle présente en outre une valeur contextuelle : elle reflète l'évolution de la paroisse elle-même, où la croissance démographique après la Seconde Guerre mondiale a rendu nécessaire la construction d'une nouvelle église, plus grande.
Le bâtiment fait figure de projet de référence dans l'œuvre des architectes René Aerts et Paul Ramon; occupant une place importante dans l’histoire de l’architecture de la seconde moitié du XXe siècle en Belgique.
Enfin, l'église possède une valeur contextuelle en tant qu'élément significatif de son environnement, située au cœur du quartier et juste à côté de l'ancienne église qui a été démolie après la construction de la nouvelle: elle constitue un jalon de l’histoire du quartier.
Intérêt social
L'église est un exemple représentatif d'un lieu de culte d'après-guerre faisant partie des équipements collectifs locaux. Elle a joué un rôle important pour la communauté religieuse du quartier de Stockel.
Intérêt urbanistique
L'église possède une valeur contextuelle car elle marque de manière emphatique un angle du paysage urbain. C'est un point de repère surélevé dans le quartier, en retrait par rapport à la rue de l’Eglise, avec un parvis doté d'un escalier monumental, et en pente vers la rue Henri Vandermaelen avec un passage offrant plus d'espace aux piétons.
Intérêt technique
L'église est innovante sur le plan technique et représente ainsi une technique de construction avant-gardiste, avec une structure à ossature en béton dont les façades sont non porteuses.
Sources
Archives de la fabrique d'église (fonds non classé).
ACWSP/TP 8016, 8017, 8018, 8019, 8022, 8023.
ACWSP/Urb. 160 (2001).
Collection cartes postales Dexia Banque.
Ouvrages
COEKELBERGHS, D., JANSSENS, W., Répertoire photographique du mobilier des sanctuaires de Belgique, Province de Brabant, Canton de Woluwe-Saint-Pierre, Bruxelles, 1980.
FALKENBACK, P., Historique de Woluwe-Saint-Pierre, Administration Communale de Woluwe-Saint-Pierre, 1992, pp. 62 à 65.
JANSEGERS, J., Korte historiek over de Onze-Lieve-Vrouwparochie te Stockel, Tielt, Lannoo, 1963.
TEMMERMAN, C., D'HUART, T., 1897-1997. Les 100 ans de l'avenue de Tervueren, Bruxelles, 1997, p. 25.
Périodiques
Architecture, 80, 1967, page publicitaire.
VAN MEERBEEK, A., DE BROECK, M., « Groei en bloei van een gehucht: Stokkel », Brabant Toerisme, 1, 1981, pp. 30-31.
MAES, A., CNOPS, P., « De Herkomst van de zijaltaren van O.-L.-Vrouwkerk te Stokkel », Eigen Schoon en de Brabander, LIII, 9-12, 1970, pp. 343-360.
NOVGORODSKY, L., « L'église Notre-Dame de Stockel (Bruxelles) », La Technique des Travaux, 7-8, 1968, pp. 203-209.
Arbres remarquables à proximité
















