L'avenue Ernest Cambier débute au rond-point des avenues Chazal et Général Eisenhower, enjambe la ligne de chemin de fer Schaerbeek-Hal et aboutit à la place Général Meiser. Son côté impair est interrompu par la rue des Chardons, puis elle est traversée par la rue des Pavots.

L'artère se situe dans le quartier dit de la Vallée Josaphat, dont le plan de voiries dressé par l'ingénieur communal des Travaux Octave Houssa est approuvé par l'arrêté royal du 10.02.1902 puis définitivement par celui du 21.04.1906, en même temps que ceux des trois autres nouveaux quartiers de Schaerbeek – Monrose, de Linthout et Monplaisir-Helmet. Les travaux d'aménagement de l'avenue sont réalisés en 1911-1912. À l'origine, les îlots situés du côté pair devaient former la pointe est du parc Josaphat. Le premier îlot, délimité par le chemin de fer, sera finalement aménagé en plaine des sports en 1924, avec stade de football le long de l'avenue. Les deux suivants seront revendus par la Commune comme terrains à bâtir, en vertu d'une convention passée le 14.07.1914 avec l'État belge. Cette zone devra revêtir le caractère de «parc habité avec maisons d'agrément», isolées ou groupées par trois au maximum. Aucun établissement industriel ou commercial ne pourra être installé dans ce périmètre. Les constructions de l'avenue Cambier seront édifiées à au moins six mètres de l'alignement. La zone de recul sera aménagée en jardinet, clôturé de grilles. Cette dernière disposition est modifiée en séance du Collège du 27.04.1922: à la place des grilles seront placées des haies, moins coûteuses pour les nouveaux bâtisseurs.

Baptisée avenue des Hortensias en séance du Collège communal du 19.06.1908, tout comme l'avenue Général Eisenhower, dont elle constitue le prolongement, l'artère reçoit en 1912 ou 1913 le nom d'Ernest Cambier (Ath, 1844 – Watermael-Boitsfort, 1909), militaire connu pour avoir contribué à l'expansion belge outre-mer, principalement au Congo. Un monument en son honneur, dû au sculpteur Claus Cito et remis à la Commune en janvier 1920, prend place avenue Eisenhower, côté parc.

Avenue Ernest Cambier, vue du côté impair depuis la place Général Meiser (photo 2013).

Résidentielle, l'artère est bâtie en deux phases. La première, qui ne débute qu'en 1922 pour s'achever en 1938, voit s'élever, côté impair, des maisons bourgeoises et immeubles de rapport de styles Art Déco ou Beaux-Arts, telle l'enfilade des nos99 à 107 (voir ces numéros). Pointons également l'immeuble de rapport moderniste du no159 (architecte Henri Mostinckx, 1936). Côté pair, sont érigées des habitations plus cossues, villas isolées ou maisons groupées par deux ou trois. De ce type, citons les nos6 à 10, 26 et 28, ainsi que 30 à 34 (voir ces numéros), qui forment des enfilades particulièrement homogènes. Durant la seconde phase, entre 1952 et 1966, le côté impair se complète de quelques maisons et plusieurs vastes immeubles à appartements modernistes. Les architectes Prosper de Meyst, Gustave Leemans et Robert Schaepherders conçoivent plusieurs maisons de l'avenue, dont certaines pour eux-mêmes. Le sculpteur Georges Vandevoorde fit construire le no26 (voir ce numéro).
Voir les biens de ce lieu repris à l'inventaire

Sources

Archives
ACS/Urb. 81-/; 159: 81-159.
ACS/TP Infrastructure 409.
ACS/Bulletin communal de Schaerbeek, 1914, t. I, pp. 244-247, 1922, pp. 690-691; 1924, pp. 883-887.

Ouvrages
DEKOSTER, J.-A., Les rues de Schaerbeek, Bruxelles, 1981, p. 20.
DEROM, P. (dir.), Les sculptures de Bruxelles, Galerie Patrick Derom, Bruxelles, Éditions Pandora, Anvers, 2000, pp. 139, 216.
DEROM, P., Les sculptures de Bruxelles. Catalogue raisonné, Galerie Patrick Derom, Bruxelles, 2002, p. 113.
FISCHER, F., Notice sur les grands travaux de Schaerbeek (Premier Congrès international et Exposition comparée des Villes), Bruxelles, Imprimerie Ferdinand Denis, 1913, p. 8 in: Bulletin communal de Schaerbeek, 1913, p. 438.

Périodiques
«Le Monument Ernest Cambier», Scarenbeka, juin 2000, p. 22.

Sites internet
Petites histoires des rues de Schaerbeek.