Voir les biens de ce lieu repris à l'inventaire
Artère caractérisée par un tracé droit depuis la ch. de Louvain jusqu'à la r. des Moissons, interrompue par la r. Verbist et la r. de la Ferme.

Anc. appelée r. du Four à Chaux, elle fut tracée sur l'impasse du même nom et faisait partie du nouveau quartier, dit «Quartier de l'Est» projeté en 1864. L'impasse qui abritait sur son côté dr. des maisons ouvrières surpeuplées et insalubres fut assainie en 1868.

Le dern. tronçon, à partir de la r. de la Ferme, passe au-dessus du Koningsbeek, ruisseau provenant du grand étang de Saint-Josse, «voûté» v. 1865. Entre ce ruisseau et la r. Saint-Josse, un autre étang de superficie assez importante persista jusqu'à la fin du XVIIIe s.

En 1870, la rue fut rebaptisée du nom de J.-P. BRAEMT (1796-1864), médailleur, graveur en chef de l'Hôtel des monnaies à Bruxelles, qui possédait une demeure r. des Moissons et une vaste propriété sur laquelle la rue fut en partie tracée. Sur ce domaine, dit au XIXe s. «Campagne de M. Braemt», se trouvait une construction déjà indiquée sur un plan de 1786.

Première partie de la rue caractérisée par des maisons d'inspiration néoclassique, certaines conservant leur enduit d'origine et leur décor caractéristique (nos 3, 35), de nombreuses autres banalisées par un revêtement de briquettes et le renouvellement des châssis, la plupart des r.d.ch. modifiés. Aux nos 2 à 10 et 14, 22, 24 : deux entrées de part et d'autre d'une vitrine commerciale aujourd'hui condamnée pour usage de logement.
Deuxième tronçon caractérisé par des maisons de style néoclassique tardif davantage modifiées. Côté pair, prédominent les bâtiments industriels de l'anc. brasserie Aerts (Nos 60 à 80) qui s'étendent jusqu'à la r. des Deux-Tours, formant un L irrégulier à l'intérieur de l'îlot ; côté impair, des nos 53 à 59, s'étend l'imposante façade en béton et parement de briquettes de l'école Henri Frick, construite en 1952 à l'emplacement de maisons anc. similaires à celles toujours en place dans la rue.
Dernier tronçon caractérisé par des constructions bourgeoises de style éclectique d'inspiration néoclassique ou à réminiscences néo-Renaissance flamande (No 116 de 1890, no 123 de 1896 par l'arch. L. DUWAERTS). Au croisement des r. Verbist et de la Ferme, édifices d'angle correspondant à ceux des autres carrefours du même axe, à l'exception du no 41 modernisé.

Le bâti act. est en majorité constitué d'ensembles de maisons unifamiliales ou de rapport, les plus anc., construites v. 1865 (nos 3 à 19), la plupart datant du dern. quart du XIXe s., (nos 2 à 52, nos 45 à 51, nos 61 à 69, nos 73 à 125), quelques-unes du début du XXe s. (No 122 1902, nos 84 à 88 : 1904, no 37 : 1911). Jadis la rue avait un caractère industriel plus marqué. A l'emplacement des nos 3 à 13, ensemble de 1864, se trouvait une brasserie. Des écuries s'élevaient aux nos 15-17 et l'on observait la présence d'un atelier à l'arrière du no 23, d'une maison de rapport et d'un atelier de ferronnerie construit en 1890 au no 46, de la quincaillerie «Au piquet d'or» au no 86 (1874) et de la brasserie Aerts aux nos 60 à 80.

Sources

Archives

ACSJ/Urb./TP 1233 (1872), 1464, 1522 (1874), 1911 (1876), 2206 (1878), 3088 (1885), 3805, 3824 (1890), 5103 (1896), 6262 (1902), 6593, 6594 (1904), 10095 (1926), 12004 (1933), 12222 (1934).
CC 18.03.1864, 21.06.1867, 23.11.1870;

Ouvrages
Inventaire visuel de l'architecture industrielle à Bruxelles, Saint-Josse-ten-Noode, AAM, Bruxelles, 1980-1982, fiches 1, 12, 13.
WAUTERS, A., Histoire des environs de Bruxelles, Culture et Civilisation, Bruxelles, 1973, p.64.