Cette rue au nom géographique relie la pl. Morichar à la r. Moris en coupant, à angle droit, la r. Saint-Bernard et la r. Maurice Wilmotte. Tracée selon un plan d'alignement approuvé par AR du 08.06.1892, la rue est entièrement bâtie entre 1890 et 1908. Ce bâti est resté très homogène, à l'exception de quelques interventions plus récentes, dont le no 26 (1890), intégralement transformé en 1958, et le no 46, immeuble à appartements de style moderniste (arch. Léopold Huybrechts, 1948). La rue présente des maisons illustrant diverses tendances de l'architecture privée au tournant du XXe s.

Les maisons de style éclectique à façade polychrome dominent dans la rue. La plupart sont de composition asymétrique de deux ou trois niveaux. Il s'agit le plus souvent d'élévations en briques rouges, rehaussées de pierre bleue ou blanche et parfois ponctuées de pointes de diamant : no 7 (1892), 9 (1891), 22 (1891) avec petit pignon à gradins couronnant la travée d'entrée, 24 (1891), 40 (arch. L. Hubin, 1902) et 72 (1895). Le no 15 (1891) est quant à lui de composition symétrique, rythmé de pilastres. Au no 55 se dresse une maison d'angle de 1902, au coin de la r. Maurice Wilmotte où elle porte le no 52. La maison no 31 (1890) forme un ensemble avec la maison d'angle du no 137 r. Saint-Bernard, toutes deux de style éclectique à façade polychrome act. peintes en blanc. Le no 21 (Félix Ducamp, 1908), de composition asymétrique, présente une élévation en briques claires, rehaussée de pierre bleue et de tympans garnis de carreaux de ciment colorés.

On note aussi la présence de nombreuses façades d'inspiration néoclassique, de composition asymétrique, comme aux nos 6 (1892), 23 (1891), 28 (1891), 30 (arch. Lobet, 1894), 35 (1898), 53 (1896), 62 (1902), 68 (1896), 76 (1895) act. dérochée et 78 (1895). La rue présente quelques ensembles homogènes, dont celui formé par les nos 8 à 14 (1892), quatre maisons similaires d'inspiration néoclassique, de deux niveaux de composition asymétrique, conçues sur schéma répétitif pour un même propriétaire. L'ensemble est act. déparé par le revêtement de briquettes du no 8 et l'exhaussement d'un niveau du no 12 en 1951. Les frères Pierre et Joachim Vuy, « entrepreneurs de travaux publics », conçoivent de nombreuses maisons dans la rue, dont les nos 5 (1891), 11 (1891) et 18 (1891), surélevé en 1931. Les nos 1 et 3 (1892) ont également été conçus par les frères Vuy, en ensemble avec les nos 22, 23 et 24 pl. Morichar. À noter aussi le rôle non négligeable de l'arch. Hubert De Kock, auteur de plusieurs maisons de la rue, dont le no 49 (1896), de style éclectique à façade polychrome, de composition asymétrique.
Voir les biens de ce lieu repris à l'inventaire

Sources

Archives
ACSG/Urb. 1, 3 : 2974 (1892) ; 5 : 2858 (1891) ; 6 : 2970 (1892) ; 7 : 3050 (1892) ; 8 à 14 : 721 (1896), 88 (1951) ; 9 : 2773 (1891) ; 11 : 2812 (1891) ; 15 : 2747 (1891) ; 18 : 2714 (1891), 117 (1931) ; 21 : 7 (1908) ; 22 : 2856 (1891) ; 23 : 2837 (1891) ; 24 : 2916 (1891) ; 26 : 2581 (1890), 59 (1958) ; 28 : 2692 (1891) ; 30 : 3662 (1894) ; 31 : 1890 (1890) ; 35 : 1316 (1898) ; 40 : 10 (1902) ; 46 : 14 (1948) ; 49 : 445 (1896) ; 53 : 664 (1896) ; 55 : voir r. Maurice Wilmotte 52 : 324 (1902) ; 62 : 89 (1902) ; 68 : 620 (1896) ; 72 : 203 (1895) ; 76 : 170 (1895) ; 78 : 129 (1895).

Ouvrages
Inventaire des sgraffites. Saint-Gilles, fiche 13, GERPM – SC ASBL, s.l., s.d., fiche 13.