L'avenue porte le nom du sculpteur Jef Lambeaux (1852-1908), qui vécut à Saint-Gilles. Son atelier, d'abord établi r. de Savoie (détruit en 1898), déménage au no 104 de la r. Antoine Bréart (détruit en 1977). Lambeaux est en outre l'auteur de quelques statues ornant l'hôtel de ville et les espaces publics de la commune.

Établie suivant le plan d'alignement de l'AR du 27.04.1892, l'avenue assure la liaison directe entre les deux bâtiments majeurs du quartier Sud : l'hôtel de ville et l'entrée de la prison. Préservée de toute construction récente, cette artère présente un magnifique panel des principales tendances architecturales du tournant du XXe s., depuis les façades encore marquées par la fin du néoclassicisme jusqu'à celles influencées par le style Beaux-Arts, en passant par l'éclectisme et l'Art nouveau, concrétisés dans cette avenue par des réalisations excellentes, voire majeures.

D'inspiration néoclassique, on retient le no 16 de 1899. À classer parmi les façades éclectiques, citons le no 4, caractérisé par une allège garnie de carreaux de grès figurant des tulipes, le no 6, d'une mise en œuvre assez modeste et percé d'un garage à une date indéterminée, tous deux de 1902. À remarquer d'un point de vue urbanistique, les trois immeubles aux angles de l'av. Antoine Bréart se répondant formellement par leur tourelle engagée de plan circulaire.

Outre l'intérêt patrimonial de l'avenue, il est intéressant de constater que plusieurs architectes y établirent leur habitation personnelle. C'est le cas de Georges Peereboom (voir no 12), de Joseph Van Neck (voir nos 21-23), des frères Hamesse (voir no 25) et d'Alfred Malchair (voir no 36). L'av. Jef Lambeaux s'ouvre par un ensemble de deux immeubles modernistes identiques (arch. François Verdonck, 1954) se faisant face, aux nos 2 (et r. de Savoie no 48) et 1 (et r. de Savoie no 50).

Voir les biens de ce lieu repris à l'inventaire

Sources

Archives
ACSG/Urb. : 356 (1902) ; : 355 (1902), 192 (1989) ; 16 : 194 (1899).
Collection cartes postales Dexia Banque.

Ouvrages
VANDEWATTYNE, C. (dir.), Saint-Gilles : de la porte de Hal à la prison, Service des Monuments et Sites de la Région de Bruxelles-Capitale, Bruxelles, 1997 (Bruxelles, ville d'art et d'histoire, 21), p. 46.