Typologie(s)
crèche
établissement scolaire
établissement scolaire
Intervenant(s)
Fernand SYMONS – architecte – 1911
Fernand SYMONS – architecte – 1934
Styles
Architecture pittoresque
Inventaire(s)
- Actualisation de l'inventaire d'urgence (Sint-Lukasarchief - 1993-1994)
- Actualisation du projet d'inventaire régional du patrimoine architectural (DMS-DML - 1995-1998)
- Le patrimoine monumental de la Belgique. Ixelles (DMS-DML - 2005-2015)
Ce bien présente l’(es) intérêt(s) suivant(s)
- Artistique La signature d’un bien immeuble (bâtiment) par un architecte de renom ne peut pas être considérée comme un critère absolu. Pour évaluer la place qu’un bien occupe dans l’œuvre d’un architecte, ce critère doit être modulé avec la qualité architecturale (composition et structure interne) du bien, sa mise en œuvre (matériaux, maîtrise technique) et la place qu’il occupe dans l’histoire de l’architecture, ces trois éléments pouvant témoigner d’une phase ou d’un aspect de l’architecture urbaine ou paysagère du passé. Les critères suivants s’appliquent alors pour évaluer l’intérêt artistique : la rareté (typologie, style, utilisation des matériaux, sources), la représentativité (idem), l’authenticité (idem + qualité d’exécution) et l’intégrité (état de conservation, éléments d’origine). Un bien possède également un intérêt artistique s’il intègre des œuvres d’art (sculptures, reliefs conçus pour le bien, etc.) ou des éléments décoratifs originaux ou particulièrement qualitatifs (vitraux signés, sgraffites, claire-voie, etc.).
- Esthétique Historiquement, cet intérêt était utilisé pour désigner des espaces verts de valeur et des zones naturelles ou semi-naturelles de grande valeur. Mais elle peut également s’appliquer à de grands ensembles de bâtiments dans une zone urbaine, avec ou sans éléments naturels, ou à des monuments qui marquent le paysage urbain. Une prise en compte d’autres intérêts s’impose : l’intérêt artistique, l’intérêt paysager (intégration de l’œuvre dans le paysage urbain et/ou naturel, les panoramas) et l’intérêt urbanistique (ensembles urbains spontanés ou organisés). Les critères de sélection suivants lui sont généralement associés : la valeur d’ensemble et la valeur contextuelle.
- Historique Le bien présente un intérêt historique : - s’il témoigne d’une période particulière de l’histoire de la région ou de la commune ; - s’il représente un témoignage d’une période particulière du passé et/ou d’une évolution rare pour une période (par exemple, une cité-jardin représentative d’un mode de construction utilisé lors des grandes campagnes d’urbanisation après la Seconde Guerre mondiale, les noyaux villageois illustrant les premiers bâtiments groupés des communes de la Seconde couronne, la Porte de Hal comme vestige de la deuxième enceinte, etc.) ; - s’il témoigne d’un développement urbain (et/ou paysager) particulier de la ville (par exemple, les immeubles des boulevards centraux ou du quartier Léopold) ; - s’il présente un lien avec un personnage historique important, y compris les maisons personnelles d’architectes et les ateliers d’artistes (par exemple, la maison natale de Constantin Meunier, la maison de Magritte) ; - s’il peut être associé à un événement historique important (par exemple, les maisons datant de la reconstruction de Bruxelles suite au bombardement de 1695, la colonne du Congrès) ; - s’il possède une représentativité typologique caractéristique d’une activité commerciale ou culturelle (par exemple, les églises, les cinémas, l’architecture industrielle, les pharmacies) ; - s’il est représentatif de l’œuvre d’un architecte important dans l’histoire de l’architecture à l’échelle internationale, nationale, régionale ou locale (cela concerne à la fois des architectes connus comme V. Horta, V. Bourgeois, M. Polak mais aussi des architectes secondaires, liés localement à une commune, notamment Fernand Lefever à Koekelberg ou Emile Hoebeke à Berchem-Sainte-Agathe).
- Urbanistique Certains biens architecturaux ont historiquement joué un rôle prépondérant dans l’aménagement de l’espace bâti et urbain. Ils définissent généralement d’autres formes d’urbanisme (plan) de manière à créer une interaction entre l’espace bâti et l’espace non bâti (ou ouvert). Cet aménagement inclut également la cohérence entre les différentes échelles. Un bien immobilier a un intérêt urbanistique lorsqu’il y joue un rôle, par exemple : - les immeubles d'angle, - les places cohérentes et les enfilades d’immeubles (suite de façades formant un ensemble homogène de même style, même époque et/ou même gabarit), - les cités-jardins, - les tours (immeubles de grande hauteur) et la qualité de leur relation avec leur environnement immédiat, qui peut être cohérent mais aussi contrasté, - les vestiges de concepts urbanistiques et la façon dont ils sont ou ont été remplis architecturalement (et typologiquement), comme, par exemple, les palais urbains éclectiques et/ou les hôtels particuliers du quartier Léopold qui sont encore préservés.
Recherches et rédaction
2009-2011
id
Urban : 19520
Description
Crèche et garderie de style éclectiquePériode : env.
1840-1914.
L’éclectisme est un courant architectural caractérisé par la combinaison de
styles issus de différentes époques et de différents lieux. Les architectes
mêlent les références historiques pour créer de nouvelles compositions. Cette
tendance se développe à Bruxelles peu après l’indépendance de la Belgique, dans
le cadre des grands programmes d’urbanisation. En effet, durant les années 1840
et 1850, alors que jusque-là la ville a mis à l’honneur le néoclassicisme avec
des ensembles urbains symétriques, ordonnés et rationnels, pointe le besoin
d’une architecture nationale. Alors que des architectes font le choix de
l’unité de style comme le néogothique ou le néo-Renaissance flamande, une
tendance à mélanger les grammaires issues du passé va se développer, tout en
utilisant les matériaux locaux et des techniques nouvelles (issues notamment de
la révolution industrielle). Cet éclectisme permet de répondre plus souplement
à une multitude de typologies et d’équipements urbains. En effet, la ville est
en pleine expansion : l’éclectisme s’adapte tant aux églises qu’aux grands
magasins, aux hôtels, aux gares, aux écoles, aux usines,… mais également à
l’architecture résidentielle. C’est pourquoi l’éclectisme est la tendance architecturale
dominante dans la première couronne de Bruxelles (les faubourgs de Bruxelles).
Dans l’architecture publique, ce mélange n’est pas arbitraire : chaque
style est choisi pour transmettre une idée. Par exemple, le néogothique peut
évoquer l’histoire médiévale de la ville ou la spiritualité d’un édifice
religieux ; le néoclassicisme suggère l’ordre et l’autorité pour un palais
de justice ou un bâtiment administratif ; la Renaissance symbolise le
prestige civique ou culturel. L’architecture devient ainsi un langage visuel,
conçu pour représenter les valeurs d’une institution.
Dans l’architecture résidentielle, l’éclectisme est l’apanage de la bourgeoisie
et se reconnaît par une façade variée et dynamique où les architectes jouent
avec les formes, les matériaux et les couleurs. Brique, pierre, fer forgé,
céramique ou sgraffites s’y mêlent pour créer un décor riche et personnalisé.
Chaque détail — balcon, corniche, linteau sculpté, lucarne, logette, porte
d’entrée — devient une occasion d’exprimer le goût du propriétaire, d’afficher
son statut ou ses aspirations culturelles. Ce style s’inscrit dans une période
où Bruxelles valorise la modernité tout en célébrant son histoire. L’éclectisme
traduit donc un compromis : une architecture contemporaine inspirée du
passé, adaptée à la vie bourgeoise, urbaine et moderne. Derrière la façade, les
intérieurs sont pensés pour le confort : distribution plus pratique,
escalier décoratif, pièces spécialisées (salon, fumoir, salle à manger), et
parfois innovations techniques (chauffage amélioré, eau, gaz).
La période de l’éclectisme met en place le modèle type de la maison
bourgeoise : une façade de composition symétrique (trois travées égales
sur trois niveaux) ou asymétrique (deux travées – une étroite et une large –
sur trois niveaux) ; un plan reprenant un couloir menant à l’escalier en
travée d’entrée et deux ou trois pièces en enfilade, correspondant à la largeur
(de la ou) des autres travées. La façade se développe également en trois
dimensions par l’ajout de balcons, de logettes ou de bow-windows.
Durant la seconde moitié du XIXe siècle et le début du XXe
siècle, le développement urbanistique est tel qu’il n’est pas rare de voir des
pans de rue entiers sortir de terre en quelques années. Il en résulte des
ensembles urbanistiques particulièrement homogènes et cohérents : les
enfilades. Cette cohérence est parfois due au travail d’un architecte dans le
cadre d’une petite promotion immobilière. Mais le plus souvent, les maisons
sont réalisées par des architectes différents, pour des propriétaires
différents : elles sont alors toutes différentes mais forment des
enfilades homogènes de bâtiments de même style, mêmes matériaux et/ou de même
gabarit.
Les éléments représentatifs de l’architecture résidentielle de style éclectique
sont : le gabarit (composition asymétrique ou symétrique), la polychromie
des matériaux (pierre bleue, pierre blanche, briques de couleurs variées,
enduits), l’usage d’éléments en ferronnerie, d’éléments en surplomb (balcons,
logettes, bow-windows), de lucarnes et les enfilades urbanistiques. Ces façades
sont souvent accentuées d’éléments d’inspirations diverses : néoclassique
(enduit, sobriété), néogothique (baies en ogive ou trilobées, croisées en
pierre), néo-Renaissance flamande (lucarne-pignon à gradins, ancres), Art
nouveau (sgraffites, carreaux de céramique, éléments reprenant la courbe
« coup de fouet », vitraux floraux), pittoresque (toiture à croupe ou
croupette, tourelle, éléments en bois ou faux bois : garde-corps,
colombages, fermes apparentes), etc.
Il est communément admis que la période de l’éclectisme s’achève avec la
Première Guerre mondiale, néanmoins le modèle type de la maison bourgeoise
perdure bien après la guerre. Les communes et quartiers urbanisés plus
tardivement, durant l’entre-deux-guerres, sur base de plans d’aménagement
tracés au XIXe siècle, reproduisent le modèle de l’éclectisme :
des enfilades de maisons de gabarit similaire. Ces maisons sont qualifiées de
style éclectique tardif. Elles reprennent toutes les caractéristiques de
l’architecture résidentielle éclectique, mais sont le plus souvent accentuées
d’éléments d’inspiration Beaux-Arts, Art Déco, Art nouveau, pittoresque ou
régionaliste (voir éclectisme tardif)., d'inspiration pittoresquePériode : vers
1850-1930.
Née en Angleterre dans le contexte du mouvement romantique, l’architecture
pittoresque s’inspire souvent de différents styles historiques qu’elle combine
librement.
L’architecture pittoresque désigne une manière de concevoir les bâtiments qui
cherche avant tout à créer une impression visuelle variée, surprenante et
évocatrice. Plutôt que de suivre des règles strictes de symétrie ou de
composition, ce style privilégie la liberté, le jeu des formes et la diversité
des matériaux pour offrir un aspect vivant, presque narratif.
En Belgique, cette tendance apparaît avec le XXe siècle dans le
prolongement de l’Art nouveau, sous diverses influences vernaculaires, pour la
plupart anglo-normandes ou alpines. C’est un style que l’on retrouve dans les
parcs, villes balnéaires, villes d’eau et en périphérie des grandes villes (les
villas de villégiature). Le bâtiment et son jardin (ou parc parfois) sont
conçus comme un ensemble formant un tableau, une mise en scène qui doit
surprendre le spectateur. Le terme « style cottage » est également
parfois employé, notamment en milieu rural, pour désigner des architectures
mettant l’accent sur l’usage de matériaux et de techniques traditionnels, à
l’image des cottages des villages anglais.
En région bruxelloise, la tendance pittoresque s’exprime dans des villas
souvent conçues à l’imitation de petits manoirs campagnards, typiques
d’ailleurs de nombre de banlieues aisées et de lotissements en Belgique, ainsi
que comme source d’inspiration dans des maisons bourgeoises de style éclectique
ou éclectique tardif, souvent dans des quartiers ayant une certaine valeur
paysagère (parc, square, étang, ou simplement voirie jalonnée d’arbres ou de
zones de non-bâtisse aménagées en jardinets). Ses éléments caractéristiques
sont l’asymétrie et la variété de formes (tourelle, lucarne, avant-corps,
bow-window, pignon(s), imposantes toitures à plusieurs pans et/ou à croupe ou
croupettes, etc.), variété des matériaux (variété de couleurs et textures),
décor abondant (ferronnerie, menuiserie, vitraux, moellons, garde-corps en
bois, (faux) colombages, corniche à lambrequin, etc.), relation forte avec le
paysage, le jardin(et) ou la rue (notamment avec des espaces de transition
intérieur-extérieur : avant-corps, auvent, porche, véranda), liberté de
composition tant dans la façade que dans le plan., architecte Fernand Symons, millésimée «1911» à hauteur du pignonPartie supérieure d’un mur-pignon, parallèle aux fermes de charpenterie, correspondant à la hauteur du comble. Il possède des rampants de formes variées : droits, chantournés, etc. axial (n°9-11-13). Elle fut agrandie en 1934 d'une école ménagère, par le même architecte (n°5-7).
La crèche Le Nid répond dès l'origine à un programme architectural spécifiquement adapté à la petite enfance, comme en attestent le choix des matériaux et l'organisation interne du bâtiment. L'ensemble, esthétique et fonctionnel, présente une architecture éclectiquePériode : env. 1840-1914. L’éclectisme est un courant architectural caractérisé par la combinaison de styles issus de différentes époques et de différents lieux. Les architectes mêlent les références historiques pour créer de nouvelles compositions. Cette tendance se développe à Bruxelles peu après l’indépendance de la Belgique, dans le cadre des grands programmes d’urbanisation. En effet, durant les années 1840 et 1850, alors que jusque-là la ville a mis à l’honneur le néoclassicisme avec des ensembles urbains symétriques, ordonnés et rationnels, pointe le besoin d’une architecture nationale. Alors que des architectes font le choix de l’unité de style comme le néogothique ou le néo-Renaissance flamande, une tendance à mélanger les grammaires issues du passé va se développer, tout en utilisant les matériaux locaux et des techniques nouvelles (issues notamment de la révolution industrielle). Cet éclectisme permet de répondre plus souplement à une multitude de typologies et d’équipements urbains. En effet, la ville est en pleine expansion : l’éclectisme s’adapte tant aux églises qu’aux grands magasins, aux hôtels, aux gares, aux écoles, aux usines,… mais également à l’architecture résidentielle. C’est pourquoi l’éclectisme est la tendance architecturale dominante dans la première couronne de Bruxelles (les faubourgs de Bruxelles). Dans l’architecture publique, ce mélange n’est pas arbitraire : chaque style est choisi pour transmettre une idée. Par exemple, le néogothique peut évoquer l’histoire médiévale de la ville ou la spiritualité d’un édifice religieux ; le néoclassicisme suggère l’ordre et l’autorité pour un palais de justice ou un bâtiment administratif ; la Renaissance symbolise le prestige civique ou culturel. L’architecture devient ainsi un langage visuel, conçu pour représenter les valeurs d’une institution. Dans l’architecture résidentielle, l’éclectisme est l’apanage de la bourgeoisie et se reconnaît par une façade variée et dynamique où les architectes jouent avec les formes, les matériaux et les couleurs. Brique, pierre, fer forgé, céramique ou sgraffites s’y mêlent pour créer un décor riche et personnalisé. Chaque détail — balcon, corniche, linteau sculpté, lucarne, logette, porte d’entrée — devient une occasion d’exprimer le goût du propriétaire, d’afficher son statut ou ses aspirations culturelles. Ce style s’inscrit dans une période où Bruxelles valorise la modernité tout en célébrant son histoire. L’éclectisme traduit donc un compromis : une architecture contemporaine inspirée du passé, adaptée à la vie bourgeoise, urbaine et moderne. Derrière la façade, les intérieurs sont pensés pour le confort : distribution plus pratique, escalier décoratif, pièces spécialisées (salon, fumoir, salle à manger), et parfois innovations techniques (chauffage amélioré, eau, gaz). La période de l’éclectisme met en place le modèle type de la maison bourgeoise : une façade de composition symétrique (trois travées égales sur trois niveaux) ou asymétrique (deux travées – une étroite et une large – sur trois niveaux) ; un plan reprenant un couloir menant à l’escalier en travée d’entrée et deux ou trois pièces en enfilade, correspondant à la largeur (de la ou) des autres travées. La façade se développe également en trois dimensions par l’ajout de balcons, de logettes ou de bow-windows. Durant la seconde moitié du XIXe siècle et le début du XXe siècle, le développement urbanistique est tel qu’il n’est pas rare de voir des pans de rue entiers sortir de terre en quelques années. Il en résulte des ensembles urbanistiques particulièrement homogènes et cohérents : les enfilades. Cette cohérence est parfois due au travail d’un architecte dans le cadre d’une petite promotion immobilière. Mais le plus souvent, les maisons sont réalisées par des architectes différents, pour des propriétaires différents : elles sont alors toutes différentes mais forment des enfilades homogènes de bâtiments de même style, mêmes matériaux et/ou de même gabarit. Les éléments représentatifs de l’architecture résidentielle de style éclectique sont : le gabarit (composition asymétrique ou symétrique), la polychromie des matériaux (pierre bleue, pierre blanche, briques de couleurs variées, enduits), l’usage d’éléments en ferronnerie, d’éléments en surplomb (balcons, logettes, bow-windows), de lucarnes et les enfilades urbanistiques. Ces façades sont souvent accentuées d’éléments d’inspirations diverses : néoclassique (enduit, sobriété), néogothique (baies en ogive ou trilobées, croisées en pierre), néo-Renaissance flamande (lucarne-pignon à gradins, ancres), Art nouveau (sgraffites, carreaux de céramique, éléments reprenant la courbe « coup de fouet », vitraux floraux), pittoresque (toiture à croupe ou croupette, tourelle, éléments en bois ou faux bois : garde-corps, colombages, fermes apparentes), etc. Il est communément admis que la période de l’éclectisme s’achève avec la Première Guerre mondiale, néanmoins le modèle type de la maison bourgeoise perdure bien après la guerre. Les communes et quartiers urbanisés plus tardivement, durant l’entre-deux-guerres, sur base de plans d’aménagement tracés au XIXe siècle, reproduisent le modèle de l’éclectisme : des enfilades de maisons de gabarit similaire. Ces maisons sont qualifiées de style éclectique tardif. Elles reprennent toutes les caractéristiques de l’architecture résidentielle éclectique, mais sont le plus souvent accentuées d’éléments d’inspiration Beaux-Arts, Art Déco, Art nouveau, pittoresque ou régionaliste (voir éclectisme tardif). empruntant des éléments au style cottagePériode : vers 1850-1930. Née en Angleterre dans le contexte du mouvement romantique, l’architecture pittoresque s’inspire souvent de différents styles historiques qu’elle combine librement. L’architecture pittoresque désigne une manière de concevoir les bâtiments qui cherche avant tout à créer une impression visuelle variée, surprenante et évocatrice. Plutôt que de suivre des règles strictes de symétrie ou de composition, ce style privilégie la liberté, le jeu des formes et la diversité des matériaux pour offrir un aspect vivant, presque narratif. En Belgique, cette tendance apparaît avec le XXe siècle dans le prolongement de l’Art nouveau, sous diverses influences vernaculaires, pour la plupart anglo-normandes ou alpines. C’est un style que l’on retrouve dans les parcs, villes balnéaires, villes d’eau et en périphérie des grandes villes (les villas de villégiature). Le bâtiment et son jardin (ou parc parfois) sont conçus comme un ensemble formant un tableau, une mise en scène qui doit surprendre le spectateur. Le terme « style cottage » est également parfois employé, notamment en milieu rural, pour désigner des architectures mettant l’accent sur l’usage de matériaux et de techniques traditionnels, à l’image des cottages des villages anglais. En région bruxelloise, la tendance pittoresque s’exprime dans des villas souvent conçues à l’imitation de petits manoirs campagnards, typiques d’ailleurs de nombre de banlieues aisées et de lotissements en Belgique, ainsi que comme source d’inspiration dans des maisons bourgeoises de style éclectique ou éclectique tardif, souvent dans des quartiers ayant une certaine valeur paysagère (parc, square, étang, ou simplement voirie jalonnée d’arbres ou de zones de non-bâtisse aménagées en jardinets). Ses éléments caractéristiques sont l’asymétrie et la variété de formes (tourelle, lucarne, avant-corps, bow-window, pignon(s), imposantes toitures à plusieurs pans et/ou à croupe ou croupettes, etc.), variété des matériaux (variété de couleurs et textures), décor abondant (ferronnerie, menuiserie, vitraux, moellons, garde-corps en bois, (faux) colombages, corniche à lambrequin, etc.), relation forte avec le paysage, le jardin(et) ou la rue (notamment avec des espaces de transition intérieur-extérieur : avant-corps, auvent, porche, véranda), liberté de composition tant dans la façade que dans le plan. (boiseries, portique) et à la Renaissance flamandefin XVe siècle - début XVIIe siècle. Le style Renaissance flamande s'est développé dans les Pays-Bas méridionaux à l'époque des Habsbourg. Elle apparaît à une période de prospérité économique et de renouveau artistique et combine l'architecture médiévale traditionnelle avec des éléments novateurs issus de la Renaissance italienne. D'une part, ce style se caractérise par des constructions en brique et en grès locaux, souvent dotées de pignons à gradins, de fenêtres à croisées et de bandeaux. D'autre part, il intègre un riche répertoire décoratif italien avec des frontons, des arabesques, des colonnes et des pilastres. Le style Renaissance flamande est surtout connu pour ses imposants hôtels de ville en Flandre : celui d'Anvers, construit entre 1561 et 1564 par Cornelis Floris De Vriendt, étant un parfait exemple. À Bruxelles, seuls quelques bâtiments de cette période ont été conservés. Il s'agit principalement de bâtiments résidentiels situés dans le centre-ville, construits à la demande de la cour, de la noblesse et de la haute bourgeoisie. Cependant, bon nombre de ces bâtiments ont fait l'objet de rénovations ou de reconstructions importantes. Au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, le style Renaissance flamande a connu un regain d'intérêt à Bruxelles sous la forme d'un style « néo », faisant référence à l'âge d'or de l'art et du commerce flamands au XVIIe siècle (voir néo-Renaissance flamande). (pignon, lucarnesOuvrage construit sur un toit et permettant d’éclairer le comble par une ou plusieurs fenêtres., …). L'ornementation résulte essentiellement de la polychromie des matériaux.
L'architecte Fernand Symons, à l'activité professionnelle prolifique, s'était également engagéUn élément est dit engagé lorsqu’il paraît en partie noyé dans un pan de mur. dans la politique communale d'Ixelles et s'occupa activement d'œuvres de bienfaisances comme la crèche Le Nid –il en fut le président– ou encore L'Adoption qui aidait les victimes de la guerre.
Description
Au n°9-11-13, bâtiment adoptant un plan original en hémicycle, articulé autour d'un petit jardin en pente, clos d'un muret et d'une grille. ÉlévationDessin à l'échelle d'une des faces verticales d’un édifice. Par extension, façade d'un bâtiment ou ensemble de ses façades. en briques rouges rehaussée d'éléments en pierre bleue et décorée de briques blanches.
Construite sur caves hautesSous-sol à demi enterré, surélevant le rez-de-chaussée., crèche composée d'un corps central de deux niveaux sous pignonPartie supérieure d’un mur-pignon, parallèle aux fermes de charpenterie, correspondant à la hauteur du comble. Il possède des rampants de formes variées : droits, chantournés, etc., flanqué de deux ailes concaves d'un seul niveau s'avançant jusqu'à hauteur de l'alignement de la rue. Hautes toitures à croupeUne croupe est un versant de toit qui réunit les deux pans principaux d’un toit à leur extrémité. Contrairement à la croupette, la croupe descend aussi bas que les pans principaux. percées, vers le jardin, de petites lucarnesOuvrage construit sur un toit et permettant d’éclairer le comble par une ou plusieurs fenêtres. sous toiture en pavillonLe toit en pavillon est un toit à quatre versants droits couvrant un corps de bâtiment de plan sensiblement carré. La lucarne en pavillon est une lucarne dont le toit est en pavillon..

Corps central éclairé de tripletsGroupement de trois baies. Les deux latérales, identiques, sont différentes de la baie centrale, d’ordinaire plus vaste. à meneauxÉlément vertical de pierre ou de métal divisant une baie. en pierre, celui du rez-de-chaussée protégé d'un auventPetit toit couvrant un espace devant une porte ou une vitrine. (appentis). PignonPartie supérieure d’un mur-pignon, parallèle aux fermes de charpenterie, correspondant à la hauteur du comble. Il possède des rampants de formes variées : droits, chantournés, etc. décoré de sgraffitesTechnique de décoration murale consistant à recouvrir d’une mince couche d’enduit clair une première couche de ton sombre. Un dessin est ensuite créé en grattant partiellement l’enduit clair, alors qu’il est encore frais, pour mettre à jour l’enduit foncé sous-jacent. Les traits des dessins apparaissent ainsi en creux et en foncé. En outre, la couche d’enduit clair peut être mise en couleur. (femme nourrissant trois enfants évoquant la destination du bâtiment et millésime) et sommé d'un amortissementAmortissement. Élément décoratif placé au sommet d’une élévation.Amorti. Sommé d'un amortissement. garni d'un bas-relief représentant un aulne, symbole d'Ixelles.
Ailes latérales comptant chacune sept travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade., percées de larges fenêtres sous linteau métalliquePoutrelle métallique de profil en I, utilisée comme linteau, souvent agrémentée de rosettes en tôle découpée.. Ces ailes sont longées par un portiqueUne galerie est un espace couvert dévolu au passage, d'ordinaire rythmé de supports. Un portique désigne plus particulièrement une galerie ouverte sur l’extérieur par un rang d’arcades ou de colonnes. Le portique se situe au rez-de-chaussée d’un bâtiment. Il peut également être indépendant. à piliersSupport vertical de plan carré. en bois ouvragés soutenant un toit en appentisToit à un seul versant. et clôturé d'un garde-corpsOuvrage de clôture qui ferme un balcon, une terrasse, une porte-fenêtre, une gaine d'ascenseur... en bois.
Façades à rue des ailes latérales comptant trois travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. flanquées de lésènesLes lésènes sont des jambes saillantes en répétition sur un mur, réunies par un arc ou par une frise d’arceaux. Ce couronnement d’arc ou d’arceaux distingue la lésène du pilastre. réunies par une friseBande horizontale, décorée ou non, située au milieu de l’entablement. Par extension, suite d’ornements en bande horizontale. d'arceauxFrise d’arcatures ou d’arceaux. Suite de petits arcs décoratifs ou de petites baies aveugles couvertes d’un arc.. Dans l'axe, grande lucarne passanteUne lucarne est dite passante lorsqu'elle est située dans le plan de la façade et interrompt la corniche ou l’entablement terminal du bâtiment..
En façade arrière, cours anglaises permettent l'éclairage des sous-sols (baies à arcStructure appareillée de couvrement, cintrée selon un profil donné. surbaissé).
À l'arrière, bâtiment annexe de un niveau dévolu à la classe de garderie et précédé d'un préau aujourd'hui partiellement fermé. Façades en briques rouges, rehaussées d'éléments en pierre bleue et décorées de briques blanches. LucarnesOuvrage construit sur un toit et permettant d’éclairer le comble par une ou plusieurs fenêtres. sous toiture en pavillonLe toit en pavillon est un toit à quatre versants droits couvrant un corps de bâtiment de plan sensiblement carré. La lucarne en pavillon est une lucarne dont le toit est en pavillon. disparues.
Menuiserie et ferronnerieÉléments en fer d’une construction, qu’ils soient en fer forgé, en fonte ou dans un autre matériau ferreux. d'origine.

Intérieur
Dans le corps central, le rez-de-chaussée est occupé par le bureau de la directrice, la cuisine et le réfectoire du personnel, l'ensemble étant distribué par un hall; l'étage est réservé à l'appartement privé de la directrice. Les ailes sont destinées à l'accueil des enfants («salle des berceaux», salle de jeux, lingeries…); les comblesEspace intérieur de la toiture. étaient à l'origine aménagés en chambres pour les orphelins. Seul un sobre escalier en bois permet d'accéder à l'étage.
Le sol présente deux revêtements différents: carrelage rouge et blanc (réfectoire, cuisine, loggiaPetite pièce dans-œuvre, largement ouverte sur l’extérieur par une ou plusieurs larges baies non closes par des menuiseries., garderie, …) et parquet (bureau, «salle des berceaux», salle de bains,…). Le bas des murs est recouvert de lambrisLe lambris est un revêtement de menuiserie, de marbre ou de stuc couvrant la partie inférieure ou l'entièreté des murs d’une pièce. en céramique à friseBande horizontale, décorée ou non, située au milieu de l’entablement. Par extension, suite d’ornements en bande horizontale. ornée, selon les pièces, de motifs géométriques, floraux ou d'enfants (ce dernier motif retrouvé dans le portique).
Au n°5-7, bâtiment de 1934, construit par le même architecte. ÉlévationDessin à l'échelle d'une des faces verticales d’un édifice. Par extension, façade d'un bâtiment ou ensemble de ses façades. de six travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. en briques rouges, ponctuée d'éléments en pierre bleue et décorée de briques blanches. À l'étage, travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. aveuglesUn élément est dit aveugle lorsqu’il est dénué d’ouverture. Une baie aveugle est un élément construit sans ouverture, imitant une porte ou une fenêtre. scandées de pilastresÉlément vertical plat en ressaut qui évoque un support (un pilier engagé). Il peut être muni d’une base et d’un chapiteau. à amortissementAmortissement. Élément décoratif placé au sommet d’une élévation.Amorti. Sommé d'un amortissement. en pierre. Les quatre travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. centrales sont plus hautes et trois d'entre elles présentent l'inscription en pierre «CRÈCHE ROYALE "LE NID"». Au rez-de-chaussée, percé de baiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. rectangulaires, deux portes piétonnes, celle de gauche surmontée de l'inscription «ÉCOLE MÉNAGÈRE» et donnant sur un sas assurant la liaison avec le bâtiment principal. MenuiserieÉléments de bois relevant de l’art du menuisier. Pour une façade, le mot peut désigner les portes, les châssis, les éventuelles logettes et la corniche. Par extension, le terme désigne également l'huisserie métallique et en PVC. d'origine.
Classement 28.04.2011
La crèche Le Nid répond dès l'origine à un programme architectural spécifiquement adapté à la petite enfance, comme en attestent le choix des matériaux et l'organisation interne du bâtiment. L'ensemble, esthétique et fonctionnel, présente une architecture éclectiquePériode : env. 1840-1914. L’éclectisme est un courant architectural caractérisé par la combinaison de styles issus de différentes époques et de différents lieux. Les architectes mêlent les références historiques pour créer de nouvelles compositions. Cette tendance se développe à Bruxelles peu après l’indépendance de la Belgique, dans le cadre des grands programmes d’urbanisation. En effet, durant les années 1840 et 1850, alors que jusque-là la ville a mis à l’honneur le néoclassicisme avec des ensembles urbains symétriques, ordonnés et rationnels, pointe le besoin d’une architecture nationale. Alors que des architectes font le choix de l’unité de style comme le néogothique ou le néo-Renaissance flamande, une tendance à mélanger les grammaires issues du passé va se développer, tout en utilisant les matériaux locaux et des techniques nouvelles (issues notamment de la révolution industrielle). Cet éclectisme permet de répondre plus souplement à une multitude de typologies et d’équipements urbains. En effet, la ville est en pleine expansion : l’éclectisme s’adapte tant aux églises qu’aux grands magasins, aux hôtels, aux gares, aux écoles, aux usines,… mais également à l’architecture résidentielle. C’est pourquoi l’éclectisme est la tendance architecturale dominante dans la première couronne de Bruxelles (les faubourgs de Bruxelles). Dans l’architecture publique, ce mélange n’est pas arbitraire : chaque style est choisi pour transmettre une idée. Par exemple, le néogothique peut évoquer l’histoire médiévale de la ville ou la spiritualité d’un édifice religieux ; le néoclassicisme suggère l’ordre et l’autorité pour un palais de justice ou un bâtiment administratif ; la Renaissance symbolise le prestige civique ou culturel. L’architecture devient ainsi un langage visuel, conçu pour représenter les valeurs d’une institution. Dans l’architecture résidentielle, l’éclectisme est l’apanage de la bourgeoisie et se reconnaît par une façade variée et dynamique où les architectes jouent avec les formes, les matériaux et les couleurs. Brique, pierre, fer forgé, céramique ou sgraffites s’y mêlent pour créer un décor riche et personnalisé. Chaque détail — balcon, corniche, linteau sculpté, lucarne, logette, porte d’entrée — devient une occasion d’exprimer le goût du propriétaire, d’afficher son statut ou ses aspirations culturelles. Ce style s’inscrit dans une période où Bruxelles valorise la modernité tout en célébrant son histoire. L’éclectisme traduit donc un compromis : une architecture contemporaine inspirée du passé, adaptée à la vie bourgeoise, urbaine et moderne. Derrière la façade, les intérieurs sont pensés pour le confort : distribution plus pratique, escalier décoratif, pièces spécialisées (salon, fumoir, salle à manger), et parfois innovations techniques (chauffage amélioré, eau, gaz). La période de l’éclectisme met en place le modèle type de la maison bourgeoise : une façade de composition symétrique (trois travées égales sur trois niveaux) ou asymétrique (deux travées – une étroite et une large – sur trois niveaux) ; un plan reprenant un couloir menant à l’escalier en travée d’entrée et deux ou trois pièces en enfilade, correspondant à la largeur (de la ou) des autres travées. La façade se développe également en trois dimensions par l’ajout de balcons, de logettes ou de bow-windows. Durant la seconde moitié du XIXe siècle et le début du XXe siècle, le développement urbanistique est tel qu’il n’est pas rare de voir des pans de rue entiers sortir de terre en quelques années. Il en résulte des ensembles urbanistiques particulièrement homogènes et cohérents : les enfilades. Cette cohérence est parfois due au travail d’un architecte dans le cadre d’une petite promotion immobilière. Mais le plus souvent, les maisons sont réalisées par des architectes différents, pour des propriétaires différents : elles sont alors toutes différentes mais forment des enfilades homogènes de bâtiments de même style, mêmes matériaux et/ou de même gabarit. Les éléments représentatifs de l’architecture résidentielle de style éclectique sont : le gabarit (composition asymétrique ou symétrique), la polychromie des matériaux (pierre bleue, pierre blanche, briques de couleurs variées, enduits), l’usage d’éléments en ferronnerie, d’éléments en surplomb (balcons, logettes, bow-windows), de lucarnes et les enfilades urbanistiques. Ces façades sont souvent accentuées d’éléments d’inspirations diverses : néoclassique (enduit, sobriété), néogothique (baies en ogive ou trilobées, croisées en pierre), néo-Renaissance flamande (lucarne-pignon à gradins, ancres), Art nouveau (sgraffites, carreaux de céramique, éléments reprenant la courbe « coup de fouet », vitraux floraux), pittoresque (toiture à croupe ou croupette, tourelle, éléments en bois ou faux bois : garde-corps, colombages, fermes apparentes), etc. Il est communément admis que la période de l’éclectisme s’achève avec la Première Guerre mondiale, néanmoins le modèle type de la maison bourgeoise perdure bien après la guerre. Les communes et quartiers urbanisés plus tardivement, durant l’entre-deux-guerres, sur base de plans d’aménagement tracés au XIXe siècle, reproduisent le modèle de l’éclectisme : des enfilades de maisons de gabarit similaire. Ces maisons sont qualifiées de style éclectique tardif. Elles reprennent toutes les caractéristiques de l’architecture résidentielle éclectique, mais sont le plus souvent accentuées d’éléments d’inspiration Beaux-Arts, Art Déco, Art nouveau, pittoresque ou régionaliste (voir éclectisme tardif). empruntant des éléments au style cottagePériode : vers 1850-1930. Née en Angleterre dans le contexte du mouvement romantique, l’architecture pittoresque s’inspire souvent de différents styles historiques qu’elle combine librement. L’architecture pittoresque désigne une manière de concevoir les bâtiments qui cherche avant tout à créer une impression visuelle variée, surprenante et évocatrice. Plutôt que de suivre des règles strictes de symétrie ou de composition, ce style privilégie la liberté, le jeu des formes et la diversité des matériaux pour offrir un aspect vivant, presque narratif. En Belgique, cette tendance apparaît avec le XXe siècle dans le prolongement de l’Art nouveau, sous diverses influences vernaculaires, pour la plupart anglo-normandes ou alpines. C’est un style que l’on retrouve dans les parcs, villes balnéaires, villes d’eau et en périphérie des grandes villes (les villas de villégiature). Le bâtiment et son jardin (ou parc parfois) sont conçus comme un ensemble formant un tableau, une mise en scène qui doit surprendre le spectateur. Le terme « style cottage » est également parfois employé, notamment en milieu rural, pour désigner des architectures mettant l’accent sur l’usage de matériaux et de techniques traditionnels, à l’image des cottages des villages anglais. En région bruxelloise, la tendance pittoresque s’exprime dans des villas souvent conçues à l’imitation de petits manoirs campagnards, typiques d’ailleurs de nombre de banlieues aisées et de lotissements en Belgique, ainsi que comme source d’inspiration dans des maisons bourgeoises de style éclectique ou éclectique tardif, souvent dans des quartiers ayant une certaine valeur paysagère (parc, square, étang, ou simplement voirie jalonnée d’arbres ou de zones de non-bâtisse aménagées en jardinets). Ses éléments caractéristiques sont l’asymétrie et la variété de formes (tourelle, lucarne, avant-corps, bow-window, pignon(s), imposantes toitures à plusieurs pans et/ou à croupe ou croupettes, etc.), variété des matériaux (variété de couleurs et textures), décor abondant (ferronnerie, menuiserie, vitraux, moellons, garde-corps en bois, (faux) colombages, corniche à lambrequin, etc.), relation forte avec le paysage, le jardin(et) ou la rue (notamment avec des espaces de transition intérieur-extérieur : avant-corps, auvent, porche, véranda), liberté de composition tant dans la façade que dans le plan. (boiseries, portique) et à la Renaissance flamandefin XVe siècle - début XVIIe siècle. Le style Renaissance flamande s'est développé dans les Pays-Bas méridionaux à l'époque des Habsbourg. Elle apparaît à une période de prospérité économique et de renouveau artistique et combine l'architecture médiévale traditionnelle avec des éléments novateurs issus de la Renaissance italienne. D'une part, ce style se caractérise par des constructions en brique et en grès locaux, souvent dotées de pignons à gradins, de fenêtres à croisées et de bandeaux. D'autre part, il intègre un riche répertoire décoratif italien avec des frontons, des arabesques, des colonnes et des pilastres. Le style Renaissance flamande est surtout connu pour ses imposants hôtels de ville en Flandre : celui d'Anvers, construit entre 1561 et 1564 par Cornelis Floris De Vriendt, étant un parfait exemple. À Bruxelles, seuls quelques bâtiments de cette période ont été conservés. Il s'agit principalement de bâtiments résidentiels situés dans le centre-ville, construits à la demande de la cour, de la noblesse et de la haute bourgeoisie. Cependant, bon nombre de ces bâtiments ont fait l'objet de rénovations ou de reconstructions importantes. Au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, le style Renaissance flamande a connu un regain d'intérêt à Bruxelles sous la forme d'un style « néo », faisant référence à l'âge d'or de l'art et du commerce flamands au XVIIe siècle (voir néo-Renaissance flamande). (pignon, lucarnesOuvrage construit sur un toit et permettant d’éclairer le comble par une ou plusieurs fenêtres., …). L'ornementation résulte essentiellement de la polychromie des matériaux.
L'architecte Fernand Symons, à l'activité professionnelle prolifique, s'était également engagéUn élément est dit engagé lorsqu’il paraît en partie noyé dans un pan de mur. dans la politique communale d'Ixelles et s'occupa activement d'œuvres de bienfaisances comme la crèche Le Nid –il en fut le président– ou encore L'Adoption qui aidait les victimes de la guerre.
Description
Au n°9-11-13, bâtiment adoptant un plan original en hémicycle, articulé autour d'un petit jardin en pente, clos d'un muret et d'une grille. ÉlévationDessin à l'échelle d'une des faces verticales d’un édifice. Par extension, façade d'un bâtiment ou ensemble de ses façades. en briques rouges rehaussée d'éléments en pierre bleue et décorée de briques blanches.
Construite sur caves hautesSous-sol à demi enterré, surélevant le rez-de-chaussée., crèche composée d'un corps central de deux niveaux sous pignonPartie supérieure d’un mur-pignon, parallèle aux fermes de charpenterie, correspondant à la hauteur du comble. Il possède des rampants de formes variées : droits, chantournés, etc., flanqué de deux ailes concaves d'un seul niveau s'avançant jusqu'à hauteur de l'alignement de la rue. Hautes toitures à croupeUne croupe est un versant de toit qui réunit les deux pans principaux d’un toit à leur extrémité. Contrairement à la croupette, la croupe descend aussi bas que les pans principaux. percées, vers le jardin, de petites lucarnesOuvrage construit sur un toit et permettant d’éclairer le comble par une ou plusieurs fenêtres. sous toiture en pavillonLe toit en pavillon est un toit à quatre versants droits couvrant un corps de bâtiment de plan sensiblement carré. La lucarne en pavillon est une lucarne dont le toit est en pavillon..

Corps central éclairé de tripletsGroupement de trois baies. Les deux latérales, identiques, sont différentes de la baie centrale, d’ordinaire plus vaste. à meneauxÉlément vertical de pierre ou de métal divisant une baie. en pierre, celui du rez-de-chaussée protégé d'un auventPetit toit couvrant un espace devant une porte ou une vitrine. (appentis). PignonPartie supérieure d’un mur-pignon, parallèle aux fermes de charpenterie, correspondant à la hauteur du comble. Il possède des rampants de formes variées : droits, chantournés, etc. décoré de sgraffitesTechnique de décoration murale consistant à recouvrir d’une mince couche d’enduit clair une première couche de ton sombre. Un dessin est ensuite créé en grattant partiellement l’enduit clair, alors qu’il est encore frais, pour mettre à jour l’enduit foncé sous-jacent. Les traits des dessins apparaissent ainsi en creux et en foncé. En outre, la couche d’enduit clair peut être mise en couleur. (femme nourrissant trois enfants évoquant la destination du bâtiment et millésime) et sommé d'un amortissementAmortissement. Élément décoratif placé au sommet d’une élévation.Amorti. Sommé d'un amortissement. garni d'un bas-relief représentant un aulne, symbole d'Ixelles.
Ailes latérales comptant chacune sept travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade., percées de larges fenêtres sous linteau métalliquePoutrelle métallique de profil en I, utilisée comme linteau, souvent agrémentée de rosettes en tôle découpée.. Ces ailes sont longées par un portiqueUne galerie est un espace couvert dévolu au passage, d'ordinaire rythmé de supports. Un portique désigne plus particulièrement une galerie ouverte sur l’extérieur par un rang d’arcades ou de colonnes. Le portique se situe au rez-de-chaussée d’un bâtiment. Il peut également être indépendant. à piliersSupport vertical de plan carré. en bois ouvragés soutenant un toit en appentisToit à un seul versant. et clôturé d'un garde-corpsOuvrage de clôture qui ferme un balcon, une terrasse, une porte-fenêtre, une gaine d'ascenseur... en bois.
Façades à rue des ailes latérales comptant trois travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. flanquées de lésènesLes lésènes sont des jambes saillantes en répétition sur un mur, réunies par un arc ou par une frise d’arceaux. Ce couronnement d’arc ou d’arceaux distingue la lésène du pilastre. réunies par une friseBande horizontale, décorée ou non, située au milieu de l’entablement. Par extension, suite d’ornements en bande horizontale. d'arceauxFrise d’arcatures ou d’arceaux. Suite de petits arcs décoratifs ou de petites baies aveugles couvertes d’un arc.. Dans l'axe, grande lucarne passanteUne lucarne est dite passante lorsqu'elle est située dans le plan de la façade et interrompt la corniche ou l’entablement terminal du bâtiment..
En façade arrière, cours anglaises permettent l'éclairage des sous-sols (baies à arcStructure appareillée de couvrement, cintrée selon un profil donné. surbaissé).
À l'arrière, bâtiment annexe de un niveau dévolu à la classe de garderie et précédé d'un préau aujourd'hui partiellement fermé. Façades en briques rouges, rehaussées d'éléments en pierre bleue et décorées de briques blanches. LucarnesOuvrage construit sur un toit et permettant d’éclairer le comble par une ou plusieurs fenêtres. sous toiture en pavillonLe toit en pavillon est un toit à quatre versants droits couvrant un corps de bâtiment de plan sensiblement carré. La lucarne en pavillon est une lucarne dont le toit est en pavillon. disparues.
Menuiserie et ferronnerieÉléments en fer d’une construction, qu’ils soient en fer forgé, en fonte ou dans un autre matériau ferreux. d'origine.

Intérieur
Dans le corps central, le rez-de-chaussée est occupé par le bureau de la directrice, la cuisine et le réfectoire du personnel, l'ensemble étant distribué par un hall; l'étage est réservé à l'appartement privé de la directrice. Les ailes sont destinées à l'accueil des enfants («salle des berceaux», salle de jeux, lingeries…); les comblesEspace intérieur de la toiture. étaient à l'origine aménagés en chambres pour les orphelins. Seul un sobre escalier en bois permet d'accéder à l'étage.
Le sol présente deux revêtements différents: carrelage rouge et blanc (réfectoire, cuisine, loggiaPetite pièce dans-œuvre, largement ouverte sur l’extérieur par une ou plusieurs larges baies non closes par des menuiseries., garderie, …) et parquet (bureau, «salle des berceaux», salle de bains,…). Le bas des murs est recouvert de lambrisLe lambris est un revêtement de menuiserie, de marbre ou de stuc couvrant la partie inférieure ou l'entièreté des murs d’une pièce. en céramique à friseBande horizontale, décorée ou non, située au milieu de l’entablement. Par extension, suite d’ornements en bande horizontale. ornée, selon les pièces, de motifs géométriques, floraux ou d'enfants (ce dernier motif retrouvé dans le portique).
Au n°5-7, bâtiment de 1934, construit par le même architecte. ÉlévationDessin à l'échelle d'une des faces verticales d’un édifice. Par extension, façade d'un bâtiment ou ensemble de ses façades. de six travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. en briques rouges, ponctuée d'éléments en pierre bleue et décorée de briques blanches. À l'étage, travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. aveuglesUn élément est dit aveugle lorsqu’il est dénué d’ouverture. Une baie aveugle est un élément construit sans ouverture, imitant une porte ou une fenêtre. scandées de pilastresÉlément vertical plat en ressaut qui évoque un support (un pilier engagé). Il peut être muni d’une base et d’un chapiteau. à amortissementAmortissement. Élément décoratif placé au sommet d’une élévation.Amorti. Sommé d'un amortissement. en pierre. Les quatre travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. centrales sont plus hautes et trois d'entre elles présentent l'inscription en pierre «CRÈCHE ROYALE "LE NID"». Au rez-de-chaussée, percé de baiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. rectangulaires, deux portes piétonnes, celle de gauche surmontée de l'inscription «ÉCOLE MÉNAGÈRE» et donnant sur un sas assurant la liaison avec le bâtiment principal. MenuiserieÉléments de bois relevant de l’art du menuisier. Pour une façade, le mot peut désigner les portes, les châssis, les éventuelles logettes et la corniche. Par extension, le terme désigne également l'huisserie métallique et en PVC. d'origine.
Classement 28.04.2011
Sources
Archives
ACI/TP 47 farde? Construction d'une crèche, d'une garderie et d'une école ménagère. Rues de l'Aunaie et du Presbytère = Rues du Nid et A. de Witte.
Ouvrages
AMAND, M., Fernand Symons (mémoire en architecture), La Cambre, Institut supérieur d'architecture de l'État, 1984-1985.
HAINAUT, M., BOVY, Ph., Ixelles-Village et le quartier des Étangs, Commune d'Ixelles, Bruxelles, 1998 (À la découverte de l'histoire d'Ixelles, 3).
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