Typologie(s)
maison d’architecte
Intervenant(s)
Raphaël ÉVALDRE – (maître) verrier – 1897
INCONNU - ONBEKEND – 1872
Paul SAINTENOY – architecte – 1897
Styles
Inventaire(s)
- Actualisation de l'inventaire d'urgence (Sint-Lukasarchief - 1993-1994)
- Actualisation du projet d'inventaire régional du patrimoine architectural (DMS-DML - 1995-1998)
- Le patrimoine monumental de la Belgique. Ixelles (DMS-DML - 2005-2015)
Ce bien présente l’(es) intérêt(s) suivant(s)
- Artistique La signature d’un bien immeuble (bâtiment) par un architecte de renom ne peut pas être considérée comme un critère absolu. Pour évaluer la place qu’un bien occupe dans l’œuvre d’un architecte, ce critère doit être modulé avec la qualité architecturale (composition et structure interne) du bien, sa mise en œuvre (matériaux, maîtrise technique) et la place qu’il occupe dans l’histoire de l’architecture, ces trois éléments pouvant témoigner d’une phase ou d’un aspect de l’architecture urbaine ou paysagère du passé. Les critères suivants s’appliquent alors pour évaluer l’intérêt artistique : la rareté (typologie, style, utilisation des matériaux, sources), la représentativité (idem), l’authenticité (idem + qualité d’exécution) et l’intégrité (état de conservation, éléments d’origine). Un bien possède également un intérêt artistique s’il intègre des œuvres d’art (sculptures, reliefs conçus pour le bien, etc.) ou des éléments décoratifs originaux ou particulièrement qualitatifs (vitraux signés, sgraffites, claire-voie, etc.).
- Esthétique Historiquement, cet intérêt était utilisé pour désigner des espaces verts de valeur et des zones naturelles ou semi-naturelles de grande valeur. Mais elle peut également s’appliquer à de grands ensembles de bâtiments dans une zone urbaine, avec ou sans éléments naturels, ou à des monuments qui marquent le paysage urbain. Une prise en compte d’autres intérêts s’impose : l’intérêt artistique, l’intérêt paysager (intégration de l’œuvre dans le paysage urbain et/ou naturel, les panoramas) et l’intérêt urbanistique (ensembles urbains spontanés ou organisés). Les critères de sélection suivants lui sont généralement associés : la valeur d’ensemble et la valeur contextuelle.
- Historique Le bien présente un intérêt historique : - s’il témoigne d’une période particulière de l’histoire de la région ou de la commune ; - s’il représente un témoignage d’une période particulière du passé et/ou d’une évolution rare pour une période (par exemple, une cité-jardin représentative d’un mode de construction utilisé lors des grandes campagnes d’urbanisation après la Seconde Guerre mondiale, les noyaux villageois illustrant les premiers bâtiments groupés des communes de la Seconde couronne, la Porte de Hal comme vestige de la deuxième enceinte, etc.) ; - s’il témoigne d’un développement urbain (et/ou paysager) particulier de la ville (par exemple, les immeubles des boulevards centraux ou du quartier Léopold) ; - s’il présente un lien avec un personnage historique important, y compris les maisons personnelles d’architectes et les ateliers d’artistes (par exemple, la maison natale de Constantin Meunier, la maison de Magritte) ; - s’il peut être associé à un événement historique important (par exemple, les maisons datant de la reconstruction de Bruxelles suite au bombardement de 1695, la colonne du Congrès) ; - s’il possède une représentativité typologique caractéristique d’une activité commerciale ou culturelle (par exemple, les églises, les cinémas, l’architecture industrielle, les pharmacies) ; - s’il est représentatif de l’œuvre d’un architecte important dans l’histoire de l’architecture à l’échelle internationale, nationale, régionale ou locale (cela concerne à la fois des architectes connus comme V. Horta, V. Bourgeois, M. Polak mais aussi des architectes secondaires, liés localement à une commune, notamment Fernand Lefever à Koekelberg ou Emile Hoebeke à Berchem-Sainte-Agathe).
- Urbanistique Certains biens architecturaux ont historiquement joué un rôle prépondérant dans l’aménagement de l’espace bâti et urbain. Ils définissent généralement d’autres formes d’urbanisme (plan) de manière à créer une interaction entre l’espace bâti et l’espace non bâti (ou ouvert). Cet aménagement inclut également la cohérence entre les différentes échelles. Un bien immobilier a un intérêt urbanistique lorsqu’il y joue un rôle, par exemple : - les immeubles d'angle, - les places cohérentes et les enfilades d’immeubles (suite de façades formant un ensemble homogène de même style, même époque et/ou même gabarit), - les cités-jardins, - les tours (immeubles de grande hauteur) et la qualité de leur relation avec leur environnement immédiat, qui peut être cohérent mais aussi contrasté, - les vestiges de concepts urbanistiques et la façon dont ils sont ou ont été remplis architecturalement (et typologiquement), comme, par exemple, les palais urbains éclectiques et/ou les hôtels particuliers du quartier Léopold qui sont encore préservés.
Recherches et rédaction
id
Description
Hôtel de maître de style éclectiqueStyle éclectique (de 1850 à 1914 environ). Courant architectural original puisant librement son inspiration dans plusieurs styles., teintée de références à la RenaissanceLe style néo-Renaissance à Bruxelles est une
expression de l'éclectisme du XIXe siècle, qui a atteint son apogée
entre 1850 et 1910. Ce style s'inspire des formes, des proportions et de
l'ornementation de la Renaissance italienne du XVIe siècle et a été
utilisé à Bruxelles dans des projets de construction publics et privés.
Il constitue une réaction au néoclassicisme, jugé trop rigide et dogmatique, et
se développe parallèlement au néo-baroque et au néogothique.
Le néo-Renaissance bruxellois est donc un style historicisant mais chargé
idéologiquement, où se mêlent représentation urbaine, fierté bourgeoise et
évocation historique.
Le style néo-Renaissance se distingue par une construction rationnelle des
façades et une ornementation basée sur les ordres classiques et les motifs
Renaissance. Il allie clarté structurelle et riches accents décoratifs. Parmi
ses caractéristiques typiques, on peut citer : une articulation
horizontale grâce à des corniches et des cordons, des compositions symétriques
avec des travées régulières, l'utilisation d'arcs en plein cintre, de
pilastres, de colonnes et de balustrades, des façades en pierre naturelle ou en
brique avec des éléments en pierre blanche, une ornementation reprenant des
grotesques, des médaillons, des guirlandes, des cartouches et de hauts attiques
ou lucarnes sous fronton. italienne, 1872-1897; maison personnelle de l'architecte Paul Saintenoy (1862-1952).
En 1897, l'architecte acheta la maison, datant de 1872, à l'agent de change Ferdinand Grosjean. À cette date, Paul Saintenoy rénove la façade et agrandit la maison à l'arrière d'une annexe. Le jardin se prolongeait à l'origine jusqu'à la rue Mercelis, mais fut en 1954 divisé et construit (rue Mercelis nos56 et 58). La famille Saintenoy habita la maison jusqu'à la mort de Paul Saintenoy en 1952. Depuis 1956, elle est la propriété de la Mission catholique hongroise.
Façade avant, de 24 mètres de long, en pierre blanche, de deux niveaux et de quatre travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade.. Les trois premières travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. sont couvertes d'un toit mansardéUne toiture est dite mansardée lorsqu'elle présente deux pentes différentes sur le même versant. Le brisis est le pan inférieur de la toiture mansardée. Le pan supérieur se nomme le terrasson. en ardoises, percé d'œils-de-bœufPetite lucarne à fenêtre circulaire ou ovale, d'ordinaire en zinc.. Troisième travée1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. prise entre pilastreset couronnée d'un toit en pavillonLe toit en pavillon est un toit à quatre versants droits couvrant un corps de bâtiment de plan sensiblement carré. La lucarne en pavillon est une lucarne dont le toit est en pavillon., percé d'une lucarneOuvrage construit sur un toit et permettant d’éclairer le comble par une ou plusieurs fenêtres. à décor éclectiqueStyle éclectique (de 1850 à 1914 environ). Courant architectural original puisant librement son inspiration dans plusieurs styles. et d'une fenêtre d'atelier côté nord. Influence italienne perceptible dans le traitement des encadrements des baiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement.. Quatrième travée1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade., plus sobre, percée de fenêtres rectangulaires et coiffée d'un toit plat. MenuiserieÉléments de bois relevant de l’art du menuisier. Pour une façade, le mot peut désigner les portes, les châssis, les éventuelles logettes et la corniche. Par extension, le terme désigne également l'huisserie métallique et en PVC. conservée; châssisPartie en menuiserie d'une fenêtre. à petits-boisPetit-bois, petit-fer. Petit élément en bois ou en fer subdivisant le vitrage d’un châssis. parfois garnis de verre coloré. En travée d'accèsTravée percée de la porte d’entrée., barre d'appuiPetit garde-corps de faible hauteur et non saillant, compris dans l’embrasure d’une fenêtre. en fer forgéFer façonné à chaud sur l’enclume, utilisé pour réaliser des éléments architecturaux comme des garde-corps, des ancres, des grilles, des épis de faîtage., probablement récupérée et datant du XVIIIe siècle.
Façade arrière de deux niveaux et de quatre travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. sous toiture mansardéeUne toiture est dite mansardée lorsqu'elle présente deux pentes différentes sur le même versant. Le brisis est le pan inférieur de la toiture mansardée. Le pan supérieur se nomme le terrasson. à lucarnesOuvrage construit sur un toit et permettant d’éclairer le comble par une ou plusieurs fenêtres.. À gauche, avant-corps de deux travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. et d'une travée1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. sur le retour. À la deuxième travée1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade., large balcon à garde-corpsOuvrage de clôture qui ferme un balcon, une terrasse, une porte-fenêtre, une gaine d'ascenseur... pansuUn garde-corps est dit pansu lorsqu'il se cintre en doucine en élévation. en fonteFer riche en carbone, moulé pour réaliser des éléments architecturaux comme des garde-corps, des colonnettes, des cache-boulins. Contrairement au fer forgé, la fonte est cassante et résiste mal à la flexion.. Décor de la façade arrière comparable à celui de la façade à rue. Avant-corps en briques scandé de bandeauxÉlément horizontal, soit en saillie et de section rectangulaire, soit dans le plan de la façade. en simili-pierreEnduit dont la couleur et la texture imitent la pierre de manière très convaincante, avec généralement des joints factices remplis de mortier gris. et autres travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. en simili. MenuiserieÉléments de bois relevant de l’art du menuisier. Pour une façade, le mot peut désigner les portes, les châssis, les éventuelles logettes et la corniche. Par extension, le terme désigne également l'huisserie métallique et en PVC. conservée; porte vitrée au rez-de-chaussée. Petite terrasse agrémentée de chapiteauxCouronnement orné ou mouluré, d’une colonne, d’un pilier ou d’un pilastre. corinthiens (récupération).
Intérieur
L'intérieur reflète fidèlement les goûts éclectiquesStyle éclectique (de 1850 à 1914 environ). Courant architectural original puisant librement son inspiration dans plusieurs styles. du maître des lieux. Architecte et restaurateur, Paul Saintenoy s'affirme en effet vers 1900 comme l'un des représentants de l'Art nouveauStyle Art nouveau (de 1893 à 1914 environ). Mouvement international, avec de fortes variantes locales, né en réaction aux styles « néo ». En Belgique, ce courant connaît deux tendances : d’un côté, sous l’égide de Victor Horta, l'Art nouveau « floral », aux lignes organiques ; de l’autre, l'Art nouveau géométrique, influencé par l'art de Paul Hankar ou la Sécession viennoise. (voir Old England, 1899), tout en portant un grand intérêt à l'architecture historicisteStyle historiciste (de 1850 à 1914 environ). Reprise littérale d’un style du passé, tels le néogothique, le néo-Renaissance, le néo-baroque, etc. (voir Pharmacie Delacre, 1895). Défenseur de l'architecture ancienne de Bruxelles, il s'impose aussi comme restaurateur, notamment de la Ravensteinhof (1899). L'intérieur de sa maison renvoie non seulement à ces différents styles, mais met également en œuvre des matériaux récupérés de maisons bruxelloises démolies à l'époque.
Un grand hall à bossagesBossage. Saillie de la face d’un bloc de pierre par rapport au nu de la maçonnerie. Un bossage est dit un sur deux lorsqu’un parement présente une alternance d’assises de blocs en bossages et de blocs dont le parement reste au nu de la maçonnerie. Un bossage est dit rustique lorsque son parement est d’une taille grossière. Il est dit continu lorsqu'il se prolonge sur une assise entière. classiques mène dans l'axe au jardin et, à droite, à la cave voûtée (environ 150 m²) avec cuisine, espaces et escalier de service; plus loin, accès à un couloir situé un peu plus haut. Celui-ci s'ouvre vers l'escalier, la bibliothèque, le grand salon et la salle à manger, tous avec des parquets en bois et portes en chêne de Hongrie, rehaussées de ferrures en cuivre Art nouveauStyle Art nouveau (de 1893 à 1914 environ). Mouvement international, avec de fortes variantes locales, né en réaction aux styles « néo ». En Belgique, ce courant connaît deux tendances : d’un côté, sous l’égide de Victor Horta, l'Art nouveau « floral », aux lignes organiques ; de l’autre, l'Art nouveau géométrique, influencé par l'art de Paul Hankar ou la Sécession viennoise..
Couloir à lambrisLe lambris est un revêtement de menuiserie, de marbre ou de stuc couvrant la partie inférieure ou l'entièreté des murs d’une pièce., à frisesBande horizontale, décorée ou non, située au milieu de l’entablement. Par extension, suite d’ornements en bande horizontale. ornées de tapisseries mécaniques et plafond à caissons coloré.
Dégagement de l'escalier avec portiqueUne galerie est un espace couvert dévolu au passage, d'ordinaire rythmé de supports. Un portique désigne plus particulièrement une galerie ouverte sur l’extérieur par un rang d’arcades ou de colonnes. Le portique se situe au rez-de-chaussée d’un bâtiment. Il peut également être indépendant. à arcStructure appareillée de couvrement, cintrée selon un profil donné. en plein cintreUn élément est dit en plein cintre lorsqu’il est cintré en demi-cercle. et pilierSupport vertical de plan carré. central, de style néo-RenaissanceLe style néo-Renaissance à Bruxelles est une
expression de l'éclectisme du XIXe siècle, qui a atteint son apogée
entre 1850 et 1910. Ce style s'inspire des formes, des proportions et de
l'ornementation de la Renaissance italienne du XVIe siècle et a été
utilisé à Bruxelles dans des projets de construction publics et privés.
Il constitue une réaction au néoclassicisme, jugé trop rigide et dogmatique, et
se développe parallèlement au néo-baroque et au néogothique.
Le néo-Renaissance bruxellois est donc un style historicisant mais chargé
idéologiquement, où se mêlent représentation urbaine, fierté bourgeoise et
évocation historique.
Le style néo-Renaissance se distingue par une construction rationnelle des
façades et une ornementation basée sur les ordres classiques et les motifs
Renaissance. Il allie clarté structurelle et riches accents décoratifs. Parmi
ses caractéristiques typiques, on peut citer : une articulation
horizontale grâce à des corniches et des cordons, des compositions symétriques
avec des travées régulières, l'utilisation d'arcs en plein cintre, de
pilastres, de colonnes et de balustrades, des façades en pierre naturelle ou en
brique avec des éléments en pierre blanche, une ornementation reprenant des
grotesques, des médaillons, des guirlandes, des cartouches et de hauts attiques
ou lucarnes sous fronton., à gauche escalier de style Louis XIII avec départ d'esprit rococoEnv. 1730 - 1775.
Le rococo (env. 1730-1775) est un style originaire de France, également connu
sous le nom de style Louis XV. Dans les Pays-Bas autrichiens, cette période
coïncide en grande partie avec le règne de Marie-Thérèse (1740-1780).
Le style rococo est décoratif, élégant et raffiné, principalement utilisé dans
l'ameublement et la décoration intérieure, mais aussi dans l'architecture. Il
découle du baroque, mais est moins monumental : plus fluide, plus vivant
et avec une forte préférence pour la fantaisie, le mouvement et les lignes
asymétriques. Le terme « rococo » fait référence à la rocaille, le
motif asymétrique en forme de coquillage souvent utilisé comme motif décoratif.
Ce style se caractérise par des façades en pierre naturelle ou enduites
présentant des formes courbes ou fantaisistes, telles que des lignes ondulées,
convexes ou concaves. Des motifs naturels tels que des coquillages, des guirlandes
de fleurs, des palmettes, des feuilles d'acanthe et parfois des mascarons sont
fréquents. Dans la rocaille, les boucles en C et en S sont très présentes,
conférant une certaine élégance.
Les fenêtres sont généralement hautes, avec des menuiseries en bois et des
croisillons formant de petits carrés. À Bruxelles, ce style a souvent été
utilisé pour rénover des logements existants au rez-de-chaussée en y ajoutant
des encadrements de porte en pierre de taille ou en transformant entièrement
des devantures commerciales. Des familles aristocratiques ont également fait
transformer leurs maisons en hôtels de maître dans ce style élégant. représentant saint Michel, vraisemblablement récupérés d'une maison démolie rue des Sables. À droite, en dessous de la première volée, portes Renaissance flamande et encadrements de réemploi. Au premier palierPalier ou repos d'escalier. Plate-forme qui sépare deux volées d'escalier., panneauLe terme panneau désigne un élément de menuiserie rectangulaire ou carré, enserré dans la structure d’une porte ou d’un lambris. de porte du XVIe siècle partiellement récupéré, avec monogramme «P» et «F», et texte coupé (illisible). En haut de la deuxième volée, nicheUne niche est un renfoncement dans l’épaisseur d’un mur, qui reçoit parfois un élément décoratif. Elle peut présenter un couvrement et un plan variés, droits ou cintrés. Un élément logé dans une niche sera dit niché. néogothiqueLe style néogothique à Bruxelles constitue un chapitre
essentiel de l'histoire de l'éclectisme belge et du renouveau catholique après
1830. Ce style reprend et réinterprète les formes, les principes de
construction et la symbolique du gothique médiéval, acquérant à Bruxelles une
dimension à la fois religieuse, idéologique et nationale.
Le néogothique est apparu en Belgique dans le contexte du nationalisme
romantique et de la restauration de l'architecture religieuse, inspiré par des
exemples anglais (Pugin, Ruskin) et français (Viollet-le-Duc). À Bruxelles, ce
style a trouvé un terrain fertile grâce à la collaboration entre l'Église
catholique, les administrations publiques et des architectes influents qui
considéraient le gothique comme le véritable style architectural chrétien de
l'Europe médiévale.
Entre 1830 et 1914, le néogothique bruxellois est passé d'un style de
restauration à un courant créatif à part entière, appliqué aux églises, aux
écoles, aux monastères et même aux bâtiments civils.
Le néogothique bruxellois reprend les principes structurels et esthétiques du
gothique original, mais les traduit avec les moyens et les matériaux du XIXe
siècle. Ses caractéristiques sont le verticalisme avec une forte dynamique
ascendante, les arcs brisés, voûtes sur croisée d'ogives et pinacles,
l'utilisation de la pierre naturelle et de la brique, parfois combinées en des
motifs polychromes, les remplages richement travaillés, l'application de
programmes iconographiques (sculptures, vitraux) à caractère religieux ou
symbolique, l'accent étant mis sur les détails artisanaux et le caractère
expressif de la construction.
Par ailleurs, de nombreux intérieurs, autels, vitraux et meubles de style
néogothique ont été conçus par des artistes et des ateliers tels que celui de
Jean-Baptiste Bethune, qui a contribué à la diffusion de ce style depuis la
Flandre vers Bruxelles.
Le néogothique à Bruxelles comprend différentes variantes : une phase
initiale d'inspiration romantique, une orientation scientifique et constructive
sous l'influence de Viollet-le-Duc (par exemple la Maison du Roi, l'église
Notre-Dame du Sablon), parallèlement à un style créatif (par exemple l'église
Saint-Boniface), et une phase éclectique tardive dans laquelle les motifs
gothiques sont combinés avec des éléments néo-romans ou néo-Renaissance (par
exemple le couvent des Rédemptoristes et l'église Sainte-Madeleine, à Jette).
À Bruxelles, le style néogothique ne représente pas seulement un renouveau
historique, mais aussi un programme culturel qui a contribué à façonner
l'identité de la capitale. Il a influencé la morphologie urbaine, le langage
visuel de l'architecture religieuse et même les arts décoratifs (vitraux,
mobilier, ferronnerie). abritant un plâtre représentant saint Michel et le dragon, esquisse de celui que l'architecte créa pour le Palais de la Ville de Bruxelles à l'Exposition universelle de Bruxelles de 1897. Fenêtre à arcStructure appareillée de couvrement, cintrée selon un profil donné. en plein cintreUn élément est dit en plein cintre lorsqu’il est cintré en demi-cercle. partiellement garnie d'un vitrail de style Art nouveauStyle Art nouveau (de 1893 à 1914 environ). Mouvement international, avec de fortes variantes locales, né en réaction aux styles « néo ». En Belgique, ce courant connaît deux tendances : d’un côté, sous l’égide de Victor Horta, l'Art nouveau « floral », aux lignes organiques ; de l’autre, l'Art nouveau géométrique, influencé par l'art de Paul Hankar ou la Sécession viennoise., signé «Evaldre, Bruxelles».
Salle à manger (à l'avant) garnie de hauts lambrisLe lambris est un revêtement de menuiserie, de marbre ou de stuc couvrant la partie inférieure ou l'entièreté des murs d’une pièce. et couverte d'un plafond à faux caissons peints de grisaillesDécor monochrome en camaïeu de gris. RenaissanceLe style néo-Renaissance à Bruxelles est une
expression de l'éclectisme du XIXe siècle, qui a atteint son apogée
entre 1850 et 1910. Ce style s'inspire des formes, des proportions et de
l'ornementation de la Renaissance italienne du XVIe siècle et a été
utilisé à Bruxelles dans des projets de construction publics et privés.
Il constitue une réaction au néoclassicisme, jugé trop rigide et dogmatique, et
se développe parallèlement au néo-baroque et au néogothique.
Le néo-Renaissance bruxellois est donc un style historicisant mais chargé
idéologiquement, où se mêlent représentation urbaine, fierté bourgeoise et
évocation historique.
Le style néo-Renaissance se distingue par une construction rationnelle des
façades et une ornementation basée sur les ordres classiques et les motifs
Renaissance. Il allie clarté structurelle et riches accents décoratifs. Parmi
ses caractéristiques typiques, on peut citer : une articulation
horizontale grâce à des corniches et des cordons, des compositions symétriques
avec des travées régulières, l'utilisation d'arcs en plein cintre, de
pilastres, de colonnes et de balustrades, des façades en pierre naturelle ou en
brique avec des éléments en pierre blanche, une ornementation reprenant des
grotesques, des médaillons, des guirlandes, des cartouches et de hauts attiques
ou lucarnes sous fronton. sur une imitation de cuir doré.
Bibliothèque (à l'arrière) sous plafond à poutres néogothiquesLe style néogothique à Bruxelles constitue un chapitre
essentiel de l'histoire de l'éclectisme belge et du renouveau catholique après
1830. Ce style reprend et réinterprète les formes, les principes de
construction et la symbolique du gothique médiéval, acquérant à Bruxelles une
dimension à la fois religieuse, idéologique et nationale.
Le néogothique est apparu en Belgique dans le contexte du nationalisme
romantique et de la restauration de l'architecture religieuse, inspiré par des
exemples anglais (Pugin, Ruskin) et français (Viollet-le-Duc). À Bruxelles, ce
style a trouvé un terrain fertile grâce à la collaboration entre l'Église
catholique, les administrations publiques et des architectes influents qui
considéraient le gothique comme le véritable style architectural chrétien de
l'Europe médiévale.
Entre 1830 et 1914, le néogothique bruxellois est passé d'un style de
restauration à un courant créatif à part entière, appliqué aux églises, aux
écoles, aux monastères et même aux bâtiments civils.
Le néogothique bruxellois reprend les principes structurels et esthétiques du
gothique original, mais les traduit avec les moyens et les matériaux du XIXe
siècle. Ses caractéristiques sont le verticalisme avec une forte dynamique
ascendante, les arcs brisés, voûtes sur croisée d'ogives et pinacles,
l'utilisation de la pierre naturelle et de la brique, parfois combinées en des
motifs polychromes, les remplages richement travaillés, l'application de
programmes iconographiques (sculptures, vitraux) à caractère religieux ou
symbolique, l'accent étant mis sur les détails artisanaux et le caractère
expressif de la construction.
Par ailleurs, de nombreux intérieurs, autels, vitraux et meubles de style
néogothique ont été conçus par des artistes et des ateliers tels que celui de
Jean-Baptiste Bethune, qui a contribué à la diffusion de ce style depuis la
Flandre vers Bruxelles.
Le néogothique à Bruxelles comprend différentes variantes : une phase
initiale d'inspiration romantique, une orientation scientifique et constructive
sous l'influence de Viollet-le-Duc (par exemple la Maison du Roi, l'église
Notre-Dame du Sablon), parallèlement à un style créatif (par exemple l'église
Saint-Boniface), et une phase éclectique tardive dans laquelle les motifs
gothiques sont combinés avec des éléments néo-romans ou néo-Renaissance (par
exemple le couvent des Rédemptoristes et l'église Sainte-Madeleine, à Jette).
À Bruxelles, le style néogothique ne représente pas seulement un renouveau
historique, mais aussi un programme culturel qui a contribué à façonner
l'identité de la capitale. Il a influencé la morphologie urbaine, le langage
visuel de l'architecture religieuse et même les arts décoratifs (vitraux,
mobilier, ferronnerie).; poutre maîtresse sur consolesPièce de pierre, de bois ou de métal partiellement engagée dans un mur et portant un élément en surplomb. La console se distingue du corbeau par ses dimensions plus grandes et par le fait qu’elle s’inscrit grosso modo dans un triangle rectangle. La console désigne également des éléments non porteurs, mais apparentés d’un point de vue formel à une console. sculptées en forme d'hommes assis. FriseBande horizontale, décorée ou non, située au milieu de l’entablement. Par extension, suite d’ornements en bande horizontale. Art nouveauStyle Art nouveau (de 1893 à 1914 environ). Mouvement international, avec de fortes variantes locales, né en réaction aux styles « néo ». En Belgique, ce courant connaît deux tendances : d’un côté, sous l’égide de Victor Horta, l'Art nouveau « floral », aux lignes organiques ; de l’autre, l'Art nouveau géométrique, influencé par l'art de Paul Hankar ou la Sécession viennoise. continueUn élément est dit continu s’il règne sur toute la largeur de l’élévation ou sur plusieurs travées., avec allusions au métier d'architecte (compas, triangle, plomb, ...) et dans un angle, représentation d'un forgeron.
Grand salon présentant un plafond similaire, avec consolesPièce de pierre, de bois ou de métal partiellement engagée dans un mur et portant un élément en surplomb. La console se distingue du corbeau par ses dimensions plus grandes et par le fait qu’elle s’inscrit grosso modo dans un triangle rectangle. La console désigne également des éléments non porteurs, mais apparentés d’un point de vue formel à une console. sculptées, beaux parquets et un magnifique vitrail Art nouveauStyle Art nouveau (de 1893 à 1914 environ). Mouvement international, avec de fortes variantes locales, né en réaction aux styles « néo ». En Belgique, ce courant connaît deux tendances : d’un côté, sous l’égide de Victor Horta, l'Art nouveau « floral », aux lignes organiques ; de l’autre, l'Art nouveau géométrique, influencé par l'art de Paul Hankar ou la Sécession viennoise. intitulé L'ondine énigmatique, inspiré de La Vague de Privat Livemont et exécuté par Raphaël Evaldre.
À l'étage, chambre à coucher des parents et salle de bain (aujourd'hui transformées en chapelle et sacristie), salon néo-RenaissanceLe style néo-Renaissance à Bruxelles est une
expression de l'éclectisme du XIXe siècle, qui a atteint son apogée
entre 1850 et 1910. Ce style s'inspire des formes, des proportions et de
l'ornementation de la Renaissance italienne du XVIe siècle et a été
utilisé à Bruxelles dans des projets de construction publics et privés.
Il constitue une réaction au néoclassicisme, jugé trop rigide et dogmatique, et
se développe parallèlement au néo-baroque et au néogothique.
Le néo-Renaissance bruxellois est donc un style historicisant mais chargé
idéologiquement, où se mêlent représentation urbaine, fierté bourgeoise et
évocation historique.
Le style néo-Renaissance se distingue par une construction rationnelle des
façades et une ornementation basée sur les ordres classiques et les motifs
Renaissance. Il allie clarté structurelle et riches accents décoratifs. Parmi
ses caractéristiques typiques, on peut citer : une articulation
horizontale grâce à des corniches et des cordons, des compositions symétriques
avec des travées régulières, l'utilisation d'arcs en plein cintre, de
pilastres, de colonnes et de balustrades, des façades en pierre naturelle ou en
brique avec des éléments en pierre blanche, une ornementation reprenant des
grotesques, des médaillons, des guirlandes, des cartouches et de hauts attiques
ou lucarnes sous fronton. et chambres d'enfant.
Sous le toit, atelier orienté au nord et éclairé d'une large fenêtre, chambres du personnel et réservoir à eau.
Classement 02.07.1992
Sources
ACI/Urb. 21-123; 230-56; 230-58.
Ouvrages
DE KUN, N., Cahiers de l'hôtel Saintenoy, 4 tomes, 1994.
NÉMETH, F., The House of Paul Saintenoy, hotel Saintenoy, memoir M. SC. Degree in architecture, KUL, 1992.
Périodiques
DULIÈRE, C., «Het huis Saintenoy», De woonstede door de eeuwen heen, 76, Bruxelles, 1987, pp. 80-83.
KALLAY, O., «L'Hôtel Saintenoy – la Maison Hongroise», Maisons d'hier et d'aujourd'hui, 123, Bruxelles, 1999, pp. 31-36.
Divers
DULIÈRE, C., Classement éventuel de l'immeuble 123 rue de l'Arbre-Bénit, Commission royale des Monuments et Sites, Bruxelles, 1987.

































