La rue Van Elewyck relie selon un tracé rectiligne la chaussée d'Ixelles à la rue Lesbroussart. Au-delà de cette dernière artère, la rue Van Elewyck rejoint l'avenue Louise via la rue Dautzenberg. Elle est également liée aux rues de Hennin et de l'Ermitage par la rue des Champs Élysées.

Cette rue est établie sur l'ancien chemin qui conduisait au manoir de l'Ermitage –situé sur l'emplacement des actuelles rues Gachard, Dautzenberg, Lesbroussart et Lens– dont les bâtiments, l'étang et les terres disparurent vers le milieu du XIXe siècle. Elle est ouverte dans le cadre de l'arrêté du 11.11.1863 stipulant l'ouverture de plusieurs rues dans le quartier de l'Ermitage, entre l'avenue du Bois de La Cambre et les chaussées de Vleurgat et d'Ixelles. En 1876, la rue compte seulement trois maisons.
La prolongation de la rue vers l'avenue Louise, projetée dès 1870, est finalement décrétée par les arrêtés royaux des 11.02.1884, 23.01.1886 et 25.06.1886, ce dernier donnant à l'artère son aspect actuel. Initialement dénommée rue Van Elewyck, cette prolongation – dont l'assiette est établie par les héritiers De Joncker – reçoit, en 1889, le nom de rue Dautzenberg.

Cette rue doit son nom à une importante famille de propriétaires ixellois, alliés à la famille Anoul a qui donné, elle aussi, son nom à une rue d'Ixelles. Notons que l'avocat Henri-Joseph Van Elewyck fut conseiller communal dès 1825 et bourgmestre d'Ixelles de 1828 à 1830.

La rue Van Elewyck se bâtit essentiellement entre 1880 et 1910 et forme un ensemble relativement homogène.

Rue Van Elewyck 8, détail de la ferme apparente (photo 2009).

Côté impair, on note deux longues enfilades d'immeubles (du n°13 au n°21 et du n°31 au n°45) de style éclectique, parfois teinté d'Art nouveau, datant de 1902 à 1911. De style éclectique également, les nos7 (1906) et 9 (architecte J. Decocq, 1907) présentent de belles ferronneries d'origine. On remarque également la présence, à l'angle de la rue Lesbroussart, des maisons de style néoclassique qui comptent parmi les plus anciennes de la rue (nos47, 49 et 51).

Côté pair, c'est l'ensemble des nos32 à 38 qui est le plus marquant. On notera également le n°8, de style éclectique d'inspiration pittoresque, avec sa ferme apparente en parfait état de conservation (architecte Émile Dupont, 1904). À remarquer aussi un ensemble de deux maisons de style néoclassique, plus anciennes, aux nos12 et 14 (architecte Jules Bernard, 1883).
Voir les biens de ce lieu repris à l'inventaire

Sources

Archives
ACI/TP Historique des rues (1925).
ACI/TP 298; 141.
ACI/TP Q14 Quartier de l'Ermitage (boîte n°37).
ACI/Urb. 7: 298-7; 8: 298-8; 9: 298-9; 12, 14: 298-12-14.
AEB Gouvernement provincial du Brabant, Service 12, 744.

Ouvrages
BOVY, Ph., Vers l'Ermitage, Commune d'Ixelles, Bruxelles, 2002 (À la découverte de l'histoire d'Ixelles, 9), pp.31-32.
GONTHIER, A., Histoire d'Ixelles, Le Folklore Brabançon, Impr. De Smedt, Bruxelles, 1960, pp.138-140, 144-146, 217.
Ixelles, Ensembles urbanistiques et architecturaux remarquables, ERU, Bruxelles, 1990, pp.75-80.
LE ROY, P., Monographie de la commune d'Ixelles, Imprimerie Générale, Bruxelles, 1885, pp.272-274.

Périodiques
HAINAUT, M., «Une rue d'Ixelles porte leur nom», Mémoire d'Ixelles, 29, 1988, p.41.
«Immeuble d'appartements rue Van Elewijck à Ixelles. Architecte Ch. Colassin», Perspectives, 1937, p. 43.