Cette artère rectiligne s’inscrivant dans la prolongation de la rue Longue Vie débute à hauteur de la rue de la Tulipe. Elle croise les rues du Conseil et du Viaduc et mène aux rues de la Cité et Jean Van Volsem. À hauteur du croisement avec la rue de la Cité, elle descend vers la rue Malibran dans laquelle elle débouche.

Avant qu’elle ne soit élargie dans le cadre du Plan d’ensemble des rues du Collège, Sans Souci, de la Tulipe, de Venise et du Viaduc sanctionné par l’arrêté royal du 04.11.1844, il s’agissait d’une route de campagne qui reliait la rue du Viaduc à la rue Clémentine et de là, se prolongeait jusqu’au croisement de la rue Kerckx et la rue Gray.

Elle doit son nom à un ancien relais, ultérieurement transformé en villa (voir École communale no1). En face de l’Hospice Van Aa (voir École communale no2) situé un peu plus loin, se trouvait également une ferme dénommée Sans Souci. À partir de 1850, le quartier fait l’objet d’une urbanisation progressive qui, dans les années 1870, aura définitivement raison de son caractère rural.

Rue Sans Souci 109, encadrement de porte en pierre bleue datant du XVIIIe siècle (photo 2011).

Les plus anciennes demandes de permis de bâtir remontent à 1853. Le bâti des années 1850-1870, composé de maisons (bourgeoises) symétriques de style néoclassique, est en grande partie conservé même s’il a subi de nombreuses transformations (pose d’un parement de briquettes ou d’un nouvel enduit, suppression de certains éléments, ajout d’un niveau, etc.). Mais la rue compte aussi des vestiges plus anciens, comme l’encadrement de porte en pierre bleue du no107-109 qui date du XVIIIe siècle.
La première maison du côté impair porte le no25. Les bâtiments précédents faisaient partie des anciennes Halles d’Ixelles qui ont aujourd’hui fait place au square de Châtelaillon Plage. Les nos71 à 81 faisaient quant à eux partie de la cité Gomand, l’une des premières cités ouvrières de la région bruxelloise. Plus loin, se dressent encore d’autres maisons de ce type.

Rue Sans Souci 93, devanture commerciale datant des envions de 1910 (photo 2011).

À l’instar de l’ensemble du quartier, la rue Sans Souci attira de petits indépendants comme des entrepreneurs, des menuisiers, des plombiers, des marchands de charbon, des peintres en bâtiment ou encore des imprimeurs. Nombre d’entre eux aménagèrent le rez-de-chaussée de leur maison en commerce (voir par exemple la belle devanture commerciale en bois du no93 ou la vitrine à pilastres et entablement à lambrequin en bois du no100, 1889). La plupart de leurs ateliers aménagés en fond de parcelle sont à ce jour reconvertis en unités de logement.

Rue Sans Souci 132, ancienne [i]Maison des ouvriers, La Paix[/i], élévation, ACI/Urb. 270-132 (1889).

C’est dans ce quartier populaire qu’en 1889, l’association des ouvriers chrétiens La Paix choisit de bâtir au no132 sa Maison des ouvriers doublée d’une grande salle des fêtes (Belgisch Tijdschrift voor Nieuwste Geschiedenis, VIII, 1977, p.514). Cette maison a été probablement démolie vers 1900.
L’immeuble à appartements de style moderniste situé au no129 abritait quant à lui un magasin de petit électroménager avec show room et atelier, conçu en 1933 par l’architecte M. Colard dont les plans n’ont finalement pas été exécutés. Transformé en 2004, il accueille depuis la bibliothèque communale néerlandophone d’Ixelles.
Voir les biens de ce lieu repris à l'inventaire

Sources

Archives
ACI/Urb. 100: 270-100; 107-109: 270-107-109; 129: 270-129; 132: 270-132.
ACI/TP 270.
ACI/TP Historique des rues (1925).

Périodiques
132: CONTENT, A.-C., «L’Habitat ouvrier à Bruxelles au XIXesiècle», Belgisch Tijdschrift voor Nieuwste Geschiedenis, VIII, 1977, pp.501-518.