Typologie(s)

maison de campagne
chapelle
hôpital/clinique

Intervenant(s)

INCONNU - ONBEKEND1800-1830

Statut juridique

Classé depuis le 28 avril 1999

Styles

Néoclassicisme
Néogothique

Inventaire(s)

  • Actualisation de l'inventaire d'urgence (Sint-Lukasarchief - 1993-1994)
  • Actualisation du projet d'inventaire régional du patrimoine architectural (DMS-DML - 1995-1998)
  • Inventaire d'urgence du patrimoine architectural de l'agglomération bruxelloise (Sint-Lukasarchief 1979)
  • Le patrimoine monumental de la Belgique. Ixelles (DMS-DML - 2005-2015)

Ce bien présente l’(es) intérêt(s) suivant(s)

  • Artistique
  • Esthétique
  • Historique
  • Urbanistique

Recherches et rédaction

2009-2011

id

Urban : 19738
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Description

Cette ancienne propriété comporte plusieurs bâtiments: une ancienne maison de campagne de style néoclassique (première moitié du XIXesiècle), une conciergerie (1889), un ancien hôpital ainsi qu'une chapelle conventuelle de style néogothiqueLe style néogothique (à partir de 1860 environ) est une tendance architecturale mettant à l’honneur les formes ogivales et verticales issues du moyen-âge gothique. Le style néo-Tudor s’inspire plus particulièrement du style gothique teinté de Renaissance qui fleurit en Angleterre sous le règne des Tudors. (1890).

Historique
Située au sommet d'un jardin en pente, la vaste demeure néoclassique autour de laquelle sont venues s'ajouter toutes les autres constructions à la fin du XIXe siècle, figure clairement sur le plan de Bruxelles de Ph. Vandermaelen publié en 1844, ainsi que sur celui de P. C. Popp réalisé vers 1858. Sa construction peut donc être située au début du XIXe siècle. Cette demeure est, avec le pavillonLe toit en pavillon est un toit à quatre versants droits couvrant un corps de bâtiment de plan sensiblement carré. La lucarne en pavillon est une lucarne dont le toit est en pavillon. Malibran (actuelle maison communale) et la maison Solvay (voir rue des Champs Élysées nos43, 58, 58A, 61, 63), la dernière maison de campagne du XIXesiècle conservée à Ixelles. Elle est connue pour être l'ancienne maison de campagne nommée L'Ermitage de Jean-Jacques Coché-Mommens, qui l'avait lui-même achetée au comte Carton de Winnezeel (Le Folklore Brabançon, p.285). Éditeur du Courrier des Pays-Bas sous le régime hollandais, passé à l'opposition par la suite et ayant participé à la Révolution, J.-J. Coché-Mommens lia également son nom à la création de la manufacture de porcelaine dont les bâtiments existent toujours au n°143 de la chaussée de Wavre (voir ce numéro).

Fondée à Lyon le 08.12.1842 à l'initiative de Jeanne-Françoise Garnier, l'œuvre du Calvaire réunit des veuves ayant décidé de consacrer le reste de leur vie au soin de personnes atteintes de maladies incurables. Au fil des années, l'œuvre se développe et ouvre plusieurs maisons (Paris en 1874, Saint-Etienne en 1875, Marseille en 1881, New York en 1899, Bordeaux en 1905) dont une à Bruxelles sous l'impulsion du père jésuite Adolphe Petit. L'institution s'installe chaussée de Wavre, dans une propriété acquise en 1886 grâce à la générosité de la baronne de Monin-Rendeux. Créée pour soigner des cancéreux incurables, l'institution réunissait des veuves vivant en communauté, aidées par quelques dames bénévoles issues de la bourgeoisie et de la noblesse de Bruxelles. En 1889-1890, l'institution fait construire autour de l'ancienne maison de campagne une habitation pour concierge, une chapelle et, à l'arrière et accolée à celle-ci, une aile accueillant la salle des malades.

Chaussée de Wavre 249, L’Œuvre du Calvaire, plan d’implantation des bâtiments de 1889-1890, élévation et plan de l’aile accueillant l’hôpital, ACI/Urb. 317-249 (1889).

En 1922, l'œuvre se constitue en asbl sous le nom de «Hospice du Calvaire», dénomination remplacée plus tard par l'appellation «œuvre du Calvaire».

Le 10.05.1935, l'œuvre achète, rue de la Vanne (ancien n°47, aujourd'hui démoli), l'hôtel particulier appartenant au comte d'Ursel pour y installer une institution destinée aux hommes. Cette dernière section, confiée à des Sœurs du Saint-Sauveur d'Oberbronn (Alsace), est baptisée «Institut Albert Ier», tandis que l'établissement de la chaussée de Wavre reçoit le nom de «Institut Reine Élisabeth». Les deux sections fusionnent peu après 1965, accueillies dans un nouveau bâtiment érigé par l'architecte Georges Pepermans rue Wayenberg n°9 (voir la notice de cette rue); l'immeuble de la rue de la Vanne est alors vendu. La gestion du nouvel établissement hospitalier, baptisé «Les Instituts Albert Ier et Reine Élisabeth», est confiée à la Congrégation des Sœurs du Saint-Sauveur jusqu'en 1979, lorsque celle-ci est rappelée en France. L'administration de l'œuvre est reprise par des bénévoles et, en 1995, elle fait appel à l'Association belge de l'Ordre de Malte qui prend une part active dans la gestion de la clinique et le bénévolat. En 1998, l'Institut fusionne avec les Cliniques universitaires Saint-Luc tout en conservant le soutien de l'œuvre du Calvaire et de l'Association belge de l'Ordre de Malte. En 2003, il emménage sur le site de Woluwe-Saint-Lambert.
Après avoir été laissé à l'abandon pendant des années, l'ensemble hospitalier de la chaussée de Wavre est racheté par l'Institut libre Marie Haps (enseignement supérieur) qui le réaffecte pour l'occuper aujourd'hui encore.


Description
Ancienne maison de campagne.
Grande bâtisse rectangulaire de style énoclassique ,couverte d'une toiture mansardée et dont les trois façades comptent tantôt cinq, tantôt trois travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade.. Elle s'élève sur quatre niveaux de hauteur dégressive du côté de la chaussée de Wavre, et sur seulement trois niveaux vers l'arrière.
Les façades avant et arrière, aujourd'hui enduites, sont surlignées d'une corniche de pierre interrompue par le cintre de la baieOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. centrale du deuxième étage. Au-dessus, attiqueUn élément est dit en attique lorsqu’il est situé au-dessus de l’entablement. avec pignonPartie supérieure d’un mur-pignon, parallèle aux fermes de charpenterie, correspondant à la hauteur du comble. Il possède des rampants de formes variées : droits, chantournés, etc. central coiffé d'un petit frontonCouronnement de forme triangulaire ou courbe, à tympan et cadre mouluré formé de corniches. à pans incurvés et percé d'une petite lucarneOuvrage construit sur un toit et permettant d’éclairer le comble par une ou plusieurs fenêtres.. À l'exception des baiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. axiales cintrées du deuxième étage, toutes les autres sont rectangulaires. Fenêtres de l'avant dernier niveau précédées d'un garde-corpsOuvrage de clôture qui ferme un balcon, une terrasse ou une porte-fenêtre. métallique orné de flèches entrecroisées.

Chaussée de Wavre 249, L’Œuvre du Calvaire, ancienne maison de campagne.

Ancienne conciergerie (1889).
Dos à la chaussée de Wavre, la conciergerie se trouve sur la gauche, adossée au mur mitoyen. Cette petite construction en briques rouges, construite en 1889, compte deux niveaux sous une toiture en bâtièreToit à deux versants.. Elle présente une façade principale de trois travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. ainsi qu'une petite façade latérale d'une seule travée1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. (ancres en fer). La travée1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. d'entrée, dans l'axe, est flanquée de jambes harpées et coiffée d'un petit frontonCouronnement de forme triangulaire ou courbe, à tympan et cadre mouluré formé de corniches. triangulaire.

Chaussée de Wavre 249, L’Œuvre du Calvaire, conciergerie.

Aile accueillant l'ancienne salle des malades ou hôpital (1890).
Actuellement affecté à l'enseignement, l'ancien hôpital est accolé à la demeure en 1890. Il compte treize travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. sur le grand côté et se développe sur trois niveaux. La façade côté jardin possède un parementRevêtement de la face extérieure d’un mur. de briques rouges tandis que le soubassementPartie massive d’un bâtiment construite au sol et constituant l’assise du bâtiment. À Bruxelles, le soubassement est d’ordinaire en pierre bleue., les panneaux décoratifs et le cordonCorps de moulure horizontal, à rôle purement décoratif, situé sur une partie quelconque d’une composition. sont en pierre blanche. Sur la partie droite sont apposées des plaques commémorant les divers donateurs de l'Œuvre du Calvaire. Au-dessus d'une des baiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement., une niche cintrée abritant une statue en pierre du Christ domine la plaque commémorative dédiée au père Petit, principal artisan de l'installation de l'Œuvre du Calvaire à Bruxelles.

Chaussée de Wavre 249, L’Œuvre du Calvaire, salle des malades, 1904 (Collection de Dexia Banque).

Chapelle conventuelle (1890)
 De style néogothiqueLe style néogothique (à partir de 1860 environ) est une tendance architecturale mettant à l’honneur les formes ogivales et verticales issues du moyen-âge gothique. Le style néo-Tudor s’inspire plus particulièrement du style gothique teinté de Renaissance qui fleurit en Angleterre sous le règne des Tudors. ,elle se compose de deux niveaux: la chapelle proprement dite se trouve à l'étage tandis que la partie inférieure était jadis destinée au dispensaire.
À l'extérieur, murs de briques rouges rythmés par des contreforts et percés de deux niveaux de baiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement.: une série de fenêtres à arcStructure appareillée de couvrement, cintrée selon un profil donné. en tiers-point au niveau inférieur et une série de fenêtres à arcStructure appareillée de couvrement, cintrée selon un profil donné. brisé au niveau supérieur (celui de la chapelle). Entre les contreforts, frisesBande horizontale, décorée ou non, située au milieu de l’entablement. Par extension, suite d’ornements en bande horizontale. d'arceaux ornant le parementRevêtement de la face extérieure d’un mur. sous les baiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. de la chapelle. Adossée au chevet plat du chœur, abside à cinq pans surmontée d'une balustradeGarde-corps composé de balustres, c’est-à-dire de petits supports en répétition, généralement profilés et de section circulaire. de pierre à motifs polylobés; contreforts couronnés de pinaclesAmortissement élancé de plan carré ou polygonal. à fleuronsOrnement d'inspiration gothique terminant un pinacle.. La chapelle est accolée d'une sacristie.

Chaussée de Wavre 249, L’Œuvre du Calvaire, chapelle conventuelle, ACI/Urb. 317-249 (1890).

À l'intérieur, la nef unique de la chapelle compte six travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade.. La première travée1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade., séparée de la chapelle par une porte vitrée en bois, est surmontée d'une tribune d'orgue (de style néogothiqueLe style néogothique (à partir de 1860 environ) est une tendance architecturale mettant à l’honneur les formes ogivales et verticales issues du moyen-âge gothique. Le style néo-Tudor s’inspire plus particulièrement du style gothique teinté de Renaissance qui fleurit en Angleterre sous le règne des Tudors. avec motifs trilobés, chapiteauxCouronnement orné ou mouluré, d’une colonne, d’un pilier ou d’un pilastre. à crochets, anges terminant les pilastresÉlément vertical plat en ressaut qui évoque un support (un pilier engagé). Il peut être muni d’une base et d’un chapiteau. centraux de la clôture). La nef est couverte de voûtes d'ogives retombant sur des piliersSupport vertical de plan carré. engagés à noyau carré flanqué de colonnettes à chapiteauCouronnement orné ou mouluré, d’une colonne, d’un pilier ou d’un pilastre. à crochets. Le chœur se situe dans la dernière travée1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. qui se termine par un chevet plat, percé d'une grande baieOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. à arcStructure appareillée de couvrement, cintrée selon un profil donné. trilobé. Adossée au chevet du chœur, abside polygonale abritant la sacristie.
Dans le chœur, autel en pierre blanche dont la tablePetite surface plane décorative, carrée ou rectangulaire. En menuiserie, on utilisera plus volontiers le terme panneau. repose sur des colonnes à chapiteauCouronnement orné ou mouluré, d’une colonne, d’un pilier ou d’un pilastre. à crochets; décoration illustrant des miracles du Christ.
Vitraux signés par Ch. Fontana (1891), à l'exception du grand vitrail du chœur représentant un calvaire, de l'artiste Forest.

Maison à front de la rue Limauge n°14A
Autrefois à usage d'habitation pour l'aumônier, construction en briques rouges dont le corps central compte deux niveaux et trois travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. sur les grands côtés. Elle est couverte par une toiture en bâtièreToit à deux versants. bordée de lambrequinsUne corniche est dite à lambrequin lorsqu'elle est agrémentée d’un bandeau chantourné à la manière d’un lambrequin, une bordure sinueuse d’étoffe servant à décorer une fenêtre ou un baldaquin de lit. et dont la corniche est soulignée par une friseBande horizontale, décorée ou non, située au milieu de l’entablement. Par extension, suite d’ornements en bande horizontale. d'arceaux en briques noires. Ce corps de bâtiment central est flanqué de deux ailes basses d'un niveau, celle de gauche étant percée d'une entrée. Les fenêtres à arc dépriméArc dont le tracé est une droite raccordée à ses extrémités par deux quarts de cercle. L’arc déprimé est relativement haut : le rayon de ses quarts de cercle doit faire au moins un cinquième de la portée de l’arc. qui éclairent le bâtiment sont surlignées d'un cordon-larmier en briques noires; celles du rez-de-chaussée sont protégées par une grille métallique.

Rue de Limauge 14A.

Jardin
Les bâtiments sont implantés dans un parc, notamment composé d'un jardin en pente côté chaussée de Wavre. Assez boisé à front de rue, le jardin est interrompu par des chemins menant aux diverses constructions. La composition du parc est basée sur une alternance de pelouses, de bosquets d'arbustes décoratifs (dont plusieurs particulièrement florifères) et d'arbres remarquables (hêtre pourpre, érables, acacias, etc.).

Mur de clôture vers la rue de Limauge construit en 1903 (briques rouges et petit granit; grille en fer forgéFer façonné à chaud sur l’enclume, utilisé pour réaliser des éléments architecturaux comme des garde-corps, des ancres, des grilles, des épis de faîtage. remplacée); celui vers la chaussée de Wavre reconstruit en 1950.


Inscription sur la liste de sauvegarde 29.04.1999

Sources

Archives
ACI/Urb. 317-249; 204-14A-14B.

Ouvrages
LAVEILLE, E., Un semeur de joie: Adolphe Petit, de la Compagnie de Jésus. 1822-1914, Paris, Desclée de Brouwer, 1954, 4e édition, p. 143.

Périodiques
DEBUYST, F., «L'Institut Albert Ier à Ixelles», L'Art de l'église, 116, 1961, pp. 90-91.
DEMEULDRE-COCHÉ, H., «Christophe Windisch, maître porcelainier auquel la porcelaine de Bruxelles doit son efflorescence au XIXesiècle», Le Folklore Brabançon, 211, 1976, pp.277-331.
«Institut Albert Ier à Ixelles», Architecture, 43, 1961, pp.930-935.
«L'Institut Albert Ier, à Bruxelles, Architecte: Georges Pepermans, Collab.: E. Van Loven, arch.», La Maison, 8, 1961, pp. 254-257.
«L'Institution du Clavaire», Mémoire d'Ixelles, 19, 1985, s.p.
«Unité de soins, G. Pepermans, architecte, E. Van Loven collaborateur, M. Delens, entreprise générale», Habitat, 5/10, 1961, XXIe volume, pp. 34-35.

Cartes / plans
POPP, P. C., Atlas cadastral de Belgique, Plan parcellaire de la commune d'Ixelles avec les mutations, Bruxelles, 1860.
VANDERMAELEN, Ph., Atlas cadastral du Royaume de Belgique–Province du Brabant. Plan parcellaire de la commune d'Ixelles 1836, Bruxelles 1837.

Sites internet
www.saintluc.be/services/medicaux/iae/historique

Arbres remarquables à proximité