Typologie(s)

Sous-station électrique

Intervenant(s)

Alphonse BOELENSarchitecte1926

Statut juridique

Inscrit à l’inventaire légal le 19 août 2024

Styles

Éclectisme tardif

Inventaire(s)

Ce bien présente l’(es) intérêt(s) suivant(s)

Recherches et rédaction

2011-2013

id

Urban : 21245
voir plus

Description

Sous-station électrique de style éclectiqueStyle éclectique (de 1850 à 1914 environ). Courant architectural original puisant librement son inspiration dans plusieurs styles. tardif, conçu par l’architecte communal Alphonse Boelens, 1926.

À l’origine, bâtiment isolé présentant des façades en briques jaunes avec des éléments en briques émaillées blanches et noires, sur soubassementPartie massive d’un bâtiment construite au sol et constituant l’assise du bâtiment. À Bruxelles, le soubassement est d’ordinaire en pierre bleue. en pierre bleue. Hautes fenêtres à arcStructure appareillée de couvrement, cintrée selon un profil donné. plein cintreUn élément est dit en plein cintre lorsqu’il est cintré en demi-cercle., disposition caractéristique des bâtiments industriels liés à la production et à la distribution d’électricité, avec châssisPartie en menuiserie d'une fenêtre. en béton et impostesUn élément dit en imposte se situe à hauteur du sommet des piédroits. Imposte de menuiserie ou jour d’imposte. Ouverture dans la partie supérieure du dormant d’une menuiserie. murées (1963), remplaçant les châssisPartie en menuiserie d'une fenêtre. en bois d’origine à fines subdivisions.

Côté place Albert Verhaeren, sept travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. couronnées d’un frontonCouronnement de forme triangulaire ou courbe, à tympan et cadre mouluré formé de corniches. portant l’inscription «SOUS-STATION D’ÉLECTRICITÉ», soulignant la fonction publique du bâtiment.
Côté rue Jean Paquot, deux travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. formant un angle. À l’origine, plusieurs accès s’y trouvaient, dont l’entrée des ouvriers et les installations sanitaires. Aujourd’hui, la travée1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. de droite est murée et l’unique accès se situe à hauteur de la travée1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. de gauche, sous la forme d’une grande porte de garage.
Côté rue Juliette Wytsman, trois travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade., la première, de moindre hauteur, percée de baiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. triples.

Les façades sont couronnées par un entablementCouronnement horizontal qui se compose d’une architrave, d’une frise puis d’une corniche. Les façades sont d’ordinaire coiffées d’un entablement. On peut également trouver un petit entablement au-dessus d’une baie ou d’une lucarne. surmonté d’un attiqueUn élément est dit en attique lorsqu’il est situé au-dessus de l’entablement., sous toiture plate.

Intérieur
À l’origine, le bâtiment était conçu comme une sous-station industriel typique, dont l’organisation interne était structurée autour d’une vaste salle des machines au rez-de-chaussée, s’étendant sur toute la hauteur de l’édifice. Cet espace généreux était destiné à accueillir des installations techniques et permettait l’installation d’un pont roulant nécessaire au déplacement de charges lourdes. L’espace était initialement ouvert et organisé de manière symétrique.

En 1963, le bâtiment a fait l’objet de transformations importantes et a été converti en poste de transformation et station à haute tension. À cette occasion, des cloisons ont été ajoutées et une nouvelle structure en béton a été construite, comprenant notamment un nouveau plancher divisant le volume initial. Par ailleurs, certaines ouvertures de façade ont été murées et certains murs intérieurs démolis. Ces interventions ont fortement modifié la lisibilité de la salle des machinesSitué dans un espace en partie basse ou en partie haute de l’installation, ensemble comprenant le système d’entraînement et les équipements de commande de l’ascenseur. d’origine. Le parcours du pont roulant dans l’espace principal a toutefois été conservé.

Motivation d’inscription à l’inventaire
Intérêt historique

La sous-station est représentative d’une typologie émergente. Elle constitue un témoin du développement de l’infrastructure électrique urbaine à Ixelles au début du XXe siècle. Avec, entre autres, la centrale électrique de la rue Volta et d’autres sous-stations communales, le bâtiment faisait partie du réseau permettant à la commune d’Ixelles d’assurer l’approvisionnement en électricité de son territoire. Il représentatifLa représentativité renvoie au fait que le bien réunit une ou plusieurs caractéristiques significatives en comparaison avec d’autres biens de la même catégorie (comme une typologie par exemple) : il doit s’agir d’un « ?bon exemple ?» qui réunit de nombreuses caractéristiques significatives. La représentativité d’un bien est évaluée en fonction de son contexte géographique (local, régional, national), chronologique (importance dans l’histoire sociale, religieuse, politique, industrielle ou scientifique, esthétique marquée), historique (par exemple, le bien traduit de manière significative une caractéristique d’une certaine époque). Comme pour l’évaluation de la rareté, la représentativité d’un bien demande que l’on puisse le comparer avec d’autres appartenant à la même catégorie. Un bien peut être représentatif d’un style, d’une typologie, d’un concept urbanistique, de l’œuvre de son concepteur, etc. pour l’organisation autonome du service communal de l’électricité jusqu’au milieu du XXe siècle et possède une valeur historique en tant que témoin matériel du développement de l’approvisionnement énergétique urbain.

Intérêt technique
Le bâtiment est représentatif d’une typologie de sous-stations électriques de la première moitié du XXe siècle. L’organisation originelle autour d’une grande salle des machinesSitué dans un espace en partie basse ou en partie haute de l’installation, ensemble comprenant le système d’entraînement et les équipements de commande de l’ascenseur. occupant toute la hauteur de l’édifice — destinée aux installations techniques et à un pont roulant — reflète les exigences techniques propres à ce type d’infrastructure. Malgré des transformations importantes dans les années 1960, la volumétrie générale de la salle reste lisible. Certains éléments d’origine ou historiques sont également conservés (le bien conserve son authenticité).

Intérêt esthétique
Les façades du bâtiment sont structurées par une répétition rythmique d’arcs en plein cintreUn élément est dit en plein cintre lorsqu’il est cintré en demi-cercle. qui ordonnent la composition et confèrent à l’édifice une lisibilité claire. L’architecture sobre favorise son intégration dans le tissu urbain environnant, tout en conservant un caractère monumental en adéquation avec sa fonction publique (valeur contextuelle).

Intérêt artistique
Le bâtiment a été conçu par l’architecte communal Alphonse Boelens, qui réalisa plusieurs édifices publics au début du XXe siècle. Cette sous-station constitue un exemple représentatif de son approche, combinant une fonction technique avec une architecture soignée et éclectiqueStyle éclectique (de 1850 à 1914 environ). Courant architectural original puisant librement son inspiration dans plusieurs styles.. Malgré les transformations ultérieures, la volumétrie et la composition des façades restent clairement lisibles, ce qui confère au bâtiment une valeur artistique au sein de l’œuvre de l’architecte.

Intérêt urbanistique
Le bâtiment est situé à l’angle de la rue Jean Paquot et de la rue Juliette Wytsman, en face de la place Albert Verhaeren, occupant ainsi une position marquante dans le tissu urbain. Conçu à l’origine comme un bâtiment isolé à quatre façades, il présente une volumétrie claire et une composition régulière des façades. Malgré les transformations ultérieures de son environnement, sa situation en angle renforce sa visibilité dans l’espace public et lui confère un rôle structurant dans le paysage urbain (valeur contextuelle).


Sources

Ouvrages
Inventaire visuel de l'architecture industrielle à Bruxelles - Ixelles, AAM, Bruxelles, 1980-1982, fiche 94.