Cette artère débute avenue des Saisons pour aboutir avenue Adolphe Buyl. Elle est interrompue par la chaussée de Boondael.

Elle fut percée sur les terrains de Maximilien Dugniolle à la suite d'une convention passée avec la Commune d'Ixelles le 28.06.1898 (voir notice de la rue Maximilien). Sa création fut ratifiée par l'arrêté royal du 11.02.1899 fixant le Plan d'alignement de rues à ouvrir entre les avenues du Solbosch et des Saisons approuvé par (séance du Conseil communal du 03.10.1898). L'un des deux tronçons de la rue Élise (entre la chaussée de Boondael et l'avenue des Saisons) et la rue Maximilien furent créés en vertu de ce même arrêté.

Son toponyme rend hommage à Émile Banning (Liège, 1836–Ixelles, 1898), qui habitait rue du Président. Attaché à la bibliothèque royale de 1861 à 1862, il entra ensuite au Ministère des Affaires Étrangères et en devint le directeur général. Sa haute connaissance des questions africaines le fit notamment désigner pour représenter la Belgique à la Conférence de Berlin organisée en 1884-1885 par Bismarck pour décider du partage de l'Afrique Centrale. Banning y défendit la thèse d'un état indépendant du Congo. Membre de l'Académie Royale de Belgique, il publia un grand nombre d'ouvrages traitant de questions diplomatiques et politiques. Il demeure à ce jour l'un des plus éminents théoriciens de la colonisation.

L'essentiel du bâti, plutôt ordinaire, date des environs de 1900 et se compose de maisons comptant trois ou plus généralement deux niveaux comme par exemple au n°101 (1901) par l'architecte J. Dierickx qui signe également les plans du n°50 (voir ce numéro) et du n°112 (1902); citons aussi le n°103 (1900). Ces maisons sont de style éclectique (voir le n°34 ou l'ensemble aux nos37 à 43) ou de style néoclassique tardif (par exemple le n°29 de 1903, architecte Fernand Discailles; le n°33 de 1900, architecte André Doppée; le n°81 de 1901). S'il est généralement assez ordinaire, le bâti de la rue E. Banning se compose de quelques maisons aux façades se distinguant par leur aspect décoratif. On pense ici aux sgraffites à motifs champêtres «naïfs» du n°94 ou à l'habitation sise au n°48, attribuée à l'architecte William Jelley et qui affiche un style Art nouveau que l'on retrouve plus timidement aux nos75, 77 et 79 de l'architecte Léo de Hoe (voir ces numéros).
On signalera enfin que la rue accueillit autrefois l'école provisoire de la Petite Suisse (voir également rue Élise n°100), installée dans quatre petites maisons de rentier aujourd'hui démolies et portant anciennement les nos11 à 17 (1903). La Commune loua ces maisons dès octobre 1903 à l'entrepreneur Honoré Spreutels qui venait de les faire construire.
Voir les biens de ce lieu repris à l'inventaire

Sources

Archives
ACI/TP 109.
ACI/TP Historique des rues (1925).
ACI/Urb. 11 à 17: 1909-11; 29: 109-29; 29: 109-29; 33: 109-33; 81: 109-81; 101: 109-101; 103: 109-103; 112: 109-112.

Ouvrages
HAINAUT, M., BOVY, Ph., Le quartier de la Petite Suisse, Commune d'Ixelles, Bruxelles, 1998 (À la découverte de l'histoire d'Ixelles, 2), p.17.
Ixelles, Ensembles urbanistiques et architecturaux remarquables, ERU, Bruxelles, 1990, p.125.

Périodiques
HAINAUT, M., «Le quartier», Mémoire d'Ixelles, 4, 1981, s.p.
HAINAUT, M., «Une rue d'Ixelles porte leur nom, 1re partie de A à G», Mémoire d'Ixelles, 28, 1987, p.8.
HAINAUT, M., «L'école provisoire de la rue Émile Banning», Mémoire d'Ixelles, 4, 1981, s.p.