Le rond-point de l'Étoile distribue sept artères: les boulevards Général Jacques et de La Cambre et les avenues de la Folle Chanson, Maurice, Ernestine, des Courses et du Congo.

La plupart de ces artères furent ouvertes par des particuliers soucieux de valoriser leurs terrains. Ainsi, les avenues Maurice, Ernestine, des Courses et Jeanne furent établies par la famille Coché qui signa pour ce faire, en 1891, une convention avec la commune d'Ixelles. Devenues publiques un an plus tard, elles font l'objet d'un nouvel alignement déterminé dans le cadre du Plan des avenues du quartier dit «La Petite Suisse» à incorporer dans la voirie urbaine. Le boulevard de La Cambre est quant à lui établi à l'initiative de la famille Legrand vers 1872 (sans autorisation communale) et son tracé ratifié en 1889. L'avenue du Congo est ouverte en 1887 dans la prolongation du boulevard Général Jacques selon un tracé conçu en 1873 par Victor Besme. Décrétée en 1907 en même temps que l'avenue Émile Duray dans le cadre de l'Exposition universelle de 1910, l'avenue de la Folle Chanson est la dernière artère ouverte (Projet d'aménagement du quartier de l'Abbaye de la Cambre).

[i]Plan des avenues du quartier dit 'La Petite Suisse' à incorporer dans la voirie urbaine[/i], 1891, ACI/TP 117.

À l'origine, le rond-point est dénommé rond-point de la Petite Suisse, une appellation qu'il doit pour certains au site anciennement vallonné du Solbosch, arasé au début du XXe siècle. Pour d'autres, cette première appellation évoque le souvenir de l'ancienne laiterie La Petite Suisse, située à front de l'ancien chemin du Solbosch et détruite au début du XXe siècle (Hainaut, M., 1998, p. 8). Il reçoit son nom actuel à l'occasion de la création de la place de la Petite Suisse (1904), au carrefour formé par la chaussée de Boondael avec les rues Élise et Maximilien.

D'un point de vue architectural, le rond-point présente la particularité de regrouper différentes interprétations de l'immeuble d'angle, du début du XXe siècle (voir boulevard Général Jacques n°1) à la fin des années 1960 (avec le n°°5, de l'architecte Pierre F. Petit, 1956). Parmi eux figurent les plus remarquables immeubles à appartements du quartier: le Palais de la Folle Chanson de l'architecte Antoine Courtens (1928; voir n°2), ainsi que le Palais du Congo (1930; voir n°1 avenue des Courses) et la Résidence Ernestine (1936; voir n°3) de l'architecte et promoteur immobilier Jean-Florian Collin. Le Palais du Congo est l'une des premières réalisations de Collin et, déjà, on y retrouve certains des éléments qui feront la signature de l'architecte comme les étroites fenêtres en bandes verticales et les contreforts. Il le dessine quelques années avant la fondation de sa célèbre société de promotion Etrimo (1935), dont la Résidence Ernestine est l'un des premiers projets.
Voir les biens de ce lieu repris à l'inventaire

Sources

Archives
ACI/TP 121.
ACI/TP Historique des rues (1925).
5: ACI/Urb. 121-5.

Ouvrages
CULOT, M. (dir.), L'immeuble et la parcelle. Les immeubles à appartements comme éléments constitutifs du tissu urbain. Le cas de Bruxelles 1870-1980, AAM, Bruxelles, 1982, pp. 93-95.
HAINAUT, M., BOVY, Ph., Le quartier de la Petite Suisse, Commune d'Ixelles, Bruxelles, 1998 (À la découverte de l'histoire d'Ixelles, 2), pp. 5-9.
Ixelles, Ensembles urbanistiques et architecturaux remarquables, ERU, Bruxelles, 1990, pp.117-119.
VAN DIJK, P., Immeubles à appartements de l'entre-deux-guerres, Ministère de la Région de Bruxelles-Capitale, Bruxelles, 2006 (Bruxelles, Ville d'Art et d'Histoire, 43), pp. 34-35.

Périodiques
HAINAUT, M., «Le quartier», Mémoire d'Ixelles, 4, 1981, s.p.
5: «La Résidence l'Étoile–Projet de Pierre F. Petit», La Maison, 10, 1956, p. 315.