Cette courte artère au tracé courbe relie la chaussée de Bruxelles au rond-point situé au nord du square Lainé.

En 1911, la famille Duden, propriétaire des terrains situés du côté impair, fait don de ces derniers au roi Albert Ier qui, à son tour, les cède à la Commune de Forest.

L’objectif étant de créer une nouvelle jonction entre la chaussée très fréquentée et le parc Duden, l’ouverture de l’avenue Massenet est autorisée dans le cadre du Projet d’aménagement des abords du square Lainé ratifié par l’arrêté royal du 11.08.1926. Son tracé courbe est symétrique à celui que décrit l’avenue Gabriel Fauré aménagée au même moment de l’autre côté du parc Duden. Les auteurs du Projet d’aménagement du quartier des parcs et du quartier Saint-Augustin entériné par l’arrêté du 08.02.1912, avaient déjà prévu une jonction entre la chaussée et le futur square Lainé, mais elle suivait un autre tracé.

Par sa dénomination, l’avenue rend hommage compositeur français Jules Massenet (Montaud, 1842 – Paris, 1912). À l’instar de l’avenue Gabriel Fauré (voir cette avenue), elle renvoie au monde de la musique.

Le bâti résidentiel de l’avenue se situe en retrait d’une zone non aedificandi. Les habitations du côté pair se différencient de celles du côté impair, tant en ce qui concerne leur typologie que leur époque de construction. À l’exception de l’immeuble à appartements sis au no2 (voir ce numéro), elles ont toutes été conçues dans les années 1931-1938 par et pour les architectes Joseph Vanderstraeten et Ferdinand Meert sur un terrain qu’avait acquis Vanderstraeten aux propriétaires fonciers J.B. Haeck et Ch.L. De Rijckel. Il en résulte une enfilade particulièrement cohérente d’immeubles à appartements de gabarit modeste et de maisons bourgeoises de style Art Déco (voir nos2a à 32). Baies rectangulaires, oriels, balcons en briques et ferronneries, ainsi que mise en œuvre de matériaux polychromes sont autant d’éléments caractéristiques de la production architecturale de l’architecte. La maison sise au no12 est la seule dont la menuiserie est encore d’origine (voir ce numéro).

Le bâti du côté impair est quant à lui en grande partie postérieur à la Seconde Guerre mondiale (années 1948-1966) et se compose essentiellement de villas jumelées de style franchement moderniste ou plus tempéré. L’immeuble sis au no17 par exemple a été construit en 1960 d’après les plans des architectes Gui et Yves Rousseau. Le bâtiment no25 situé à l’angle du square Lainé date de 1963 et consiste en un grand immeuble à appartements de style moderniste, signé Michel Boelens. En 1960, cet architecte avait aussi conçu l’immeuble à appartements sis au no2 qui se dresse à l’angle de la chaussée d’Alsemberg et se distingue par son entrée principale d’une grande originalité. Toujours du côté impair, citons également trois maisons datant de l’entre-deux-guerres dont le no9 de style moderniste, conçu en 1935 par l’architecte Paul Aernout, dont les matériaux de construction étaient à l’époque apparents, et le no21, une maison du même style réalisée en 1933 par l’architecte Joseph Vanderstraeten qui est aussi l’auteur des plans de la plupart des maisons situées du côté pair de l’avenue.

Voir les biens de ce lieu repris à l'inventaire

Sources

Archives
ACF/TP dossier 45, arrêté royal du 02.1912.
ACF/TP dossier 40, arrêté royal du 11.08.1926.
ACF/TP 112 (fonds non classé).
ACF/Urb. 2: 17751 (1960); 9: 12848 (1935), 14093 (1940), 23911 (2007); 17: 17811 (1960); 21: 12255 (1933), 20078 (?); 25: 18443 (1963).

Ouvrages
CABUY, Y., DEMETER, S., LEUXE, F., Atlas du sous-sol archéologique de la région de Bruxelles, 4, Forest, Ministère de la Région de Bruxelles-Capitale et Musées royaux d’art et d’histoire, Bruxelles, 1993. 
FRANCIS, J., La chanson des rues de Forest, Louis Musin éditeur, Bruxelles, 1976, p.41.
PIRLOT, A.-M., Le quartier de l’Altitude Cent, SPRB, Bruxelles, 2014 (Bruxelles, Ville d’Art et d’Histoire, 53), pp.14-15.
VOKAER, J.-P., Par les rues de Forest, étude sur la toponymie locale, Bruxelles, 1954, p.80.

Périodiques
«Immeuble à appartements à Forest architecte M. Boelens», Architecture. Immeubles collectifs, 75, 1967, pp.570-572.