Région de Bruxelles-Capitale
Typologie(s)
entrepôt/dépôt
garage (réparation)
garage (réparation)
Intervenant(s)
François MALFAIT – architecte – 1934-1935
Statut juridique
Inscrit à l’inventaire légal le 19 août 2024
Styles
Art Déco
Inventaire(s)
Ce bien présente l’(es) intérêt(s) suivant(s)
- Artistique La signature d’un bien immeuble (bâtiment) par un architecte de renom ne peut pas être considérée comme un critère absolu. Pour évaluer la place qu’un bien occupe dans l’œuvre d’un architecte, ce critère doit être modulé avec la qualité architecturale (composition et structure interne) du bien, sa mise en œuvre (matériaux, maîtrise technique) et la place qu’il occupe dans l’histoire de l’architecture, ces trois éléments pouvant témoigner d’une phase ou d’un aspect de l’architecture urbaine ou paysagère du passé. Les critères suivants s’appliquent alors pour évaluer l’intérêt artistique : la rareté (typologie, style, utilisation des matériaux, sources), la représentativité (idem), l’authenticité (idem + qualité d’exécution) et l’intégrité (état de conservation, éléments d’origine). Un bien possède également un intérêt artistique s’il intègre des œuvres d’art (sculptures, reliefs conçus pour le bien, etc.) ou des éléments décoratifs originaux ou particulièrement qualitatifs (vitraux signés, sgraffites, claire-voie, etc.).
- Esthétique Historiquement, cet intérêt était utilisé pour désigner des espaces verts de valeur et des zones naturelles ou semi-naturelles de grande valeur. Mais elle peut également s’appliquer à de grands ensembles de bâtiments dans une zone urbaine, avec ou sans éléments naturels, ou à des monuments qui marquent le paysage urbain. Une prise en compte d’autres intérêts s’impose : l’intérêt artistique, l’intérêt paysager (intégration de l’œuvre dans le paysage urbain et/ou naturel, les panoramas) et l’intérêt urbanistique (ensembles urbains spontanés ou organisés). Les critères de sélection suivants lui sont généralement associés : la valeur d’ensemble et la valeur contextuelle.
- Historique Le bien présente un intérêt historique : - s’il témoigne d’une période particulière de l’histoire de la région ou de la commune ; - s’il représente un témoignage d’une période particulière du passé et/ou d’une évolution rare pour une période (par exemple, une cité-jardin représentative d’un mode de construction utilisé lors des grandes campagnes d’urbanisation après la Seconde Guerre mondiale, les noyaux villageois illustrant les premiers bâtiments groupés des communes de la Seconde couronne, la Porte de Hal comme vestige de la deuxième enceinte, etc.) ; - s’il témoigne d’un développement urbain (et/ou paysager) particulier de la ville (par exemple, les immeubles des boulevards centraux ou du quartier Léopold) ; - s’il présente un lien avec un personnage historique important, y compris les maisons personnelles d’architectes et les ateliers d’artistes (par exemple, la maison natale de Constantin Meunier, la maison de Magritte) ; - s’il peut être associé à un événement historique important (par exemple, les maisons datant de la reconstruction de Bruxelles suite au bombardement de 1695, la colonne du Congrès) ; - s’il possède une représentativité typologique caractéristique d’une activité commerciale ou culturelle (par exemple, les églises, les cinémas, l’architecture industrielle, les pharmacies) ; - s’il est représentatif de l’œuvre d’un architecte important dans l’histoire de l’architecture à l’échelle internationale, nationale, régionale ou locale (cela concerne à la fois des architectes connus comme V. Horta, V. Bourgeois, M. Polak mais aussi des architectes secondaires, liés localement à une commune, notamment Fernand Lefever à Koekelberg ou Emile Hoebeke à Berchem-Sainte-Agathe).
- Urbanistique Certains biens architecturaux ont historiquement joué un rôle prépondérant dans l’aménagement de l’espace bâti et urbain. Ils définissent généralement d’autres formes d’urbanisme (plan) de manière à créer une interaction entre l’espace bâti et l’espace non bâti (ou ouvert). Cet aménagement inclut également la cohérence entre les différentes échelles. Un bien immobilier a un intérêt urbanistique lorsqu’il y joue un rôle, par exemple : - les immeubles d'angle, - les places cohérentes et les enfilades d’immeubles (suite de façades formant un ensemble homogène de même style, même époque et/ou même gabarit), - les cités-jardins, - les tours (immeubles de grande hauteur) et la qualité de leur relation avec leur environnement immédiat, qui peut être cohérent mais aussi contrasté, - les vestiges de concepts urbanistiques et la façon dont ils sont ou ont été remplis architecturalement (et typologiquement), comme, par exemple, les palais urbains éclectiques et/ou les hôtels particuliers du quartier Léopold qui sont encore préservés.
Recherches et rédaction
2016
id
Urban : 25069
Description
Ancien garage communal pour corbillards de style Art DécoPériode : 1920-1940
Le style Art Déco émerge au lendemain de la Première Guerre mondiale et
s’inscrit dans le prolongement de la tendance géométrique de l’Art nouveau. Il
tire son nom de l’Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels
modernes, tenue à Paris en 1925.
Ses principales caractéristiques se traduisent par la géométrisation des lignes
et des volumes, la sobriété et la symétrie tout en conservant un goût prononcé
pour l’ornementation dont les formes tendent, elles aussi, à une géométrisation.
Les sources d’inspiration de cette ornementation sont puisées dans les
traditions artistiques exotiques ou anciennes (Orient, Afrique, arts
précolombiens, égyptien, antiquité gréco-romaine). L’intégration de motifs
végétaux d’inspiration africaine illustre l’impact stylistique de la période
coloniale sur l’architecture bruxelloise.
L’Art Déco manifeste un grand intérêt pour les matériaux de parement
traditionnels (brique et enduit) disparates qui offrent une diversité de
couleur ou de textures. Il marque une prédilection pour le béton armé dont la
plasticité permet de réaliser des formes sculpturales et des volumes imposants,
caractéristiques de ce style, et de concevoir de vastes espaces intérieurs
dégagés, idéaux pour les halls d’entrée monumentaux et les salles de spectacle.
Le goût pour la couleur s’exprime aussi parfois dans les châssis ou les
éléments métalliques. C’est une architecture qui privilégie également l’usage
de grandes baies vitrées (prenant parfois la forme de bow-windows) et les
toitures plates (comprenant parfois un dôme stylisé).
En plan, les espaces intérieurs des habitations sont davantage différenciés
(séjour, salle à manger, chambres) tandis que l’escalier se déplace parfois au
centre ou l’avant de l’habitation de manière à libérer la façade arrière et le
contact avec le jardin. De nouveaux lieux de confort sont intégrés (salle de
bain, WC, cuisine, dispositif d’entrée fonctionnel). Les matériaux raffinés
comme le marbre, la marbrite, le granito, les mosaïques, les verres colorés
sont prisés.
À Bruxelles comme ailleurs, l’esthétique Art Déco s’adapte parfaitement aux
exigences de décorum et de confort des bâtiments dédiés aux loisirs et au luxe
(hôtels, cinémas, grands magasins, théâtres) ainsi qu’à celles des immeubles à
appartements de haut standing, dont la construction stimulée par la loi de 1924
sur la copropriété s’inspire des modèles parisiens. Si dans un premier temps le
mouvement repose sur l’élitisme, il devient rapidement un succès populaire, au
point de devenir une architecture courante.
Dans les années 1930, l’Art Déco évolue en intégrant
de manière décorative des éléments du modernisme et notamment de l’architecture
navale (mâts de pavillon, hublots, formes aérodynamiques) (voir style paquebot).,
conçu à l’initiative de la Ville de Bruxelles par l’architecte François
Malfait, 1934-1935.
Historique
Situé à quelques mètres du cimetière de Bruxelles (1877) (voir avenue du Cimetière de Bruxelles), cet ancien garage communal pour corbillards fait partie des tout derniers témoins des diverses activités qui s’étaient autrefois installées et développées aux abords de celui-ci, dont des entreprises de taille de pierre et d’art funéraire toutes disparues aujourd’hui (à l’exception de l’atelier L. Latour qui fait face au garage, et menacé à court terme de disparition: voir avenue du Cimetière n°123).
Dans le domaine des pompes funèbres, l’usage d’un véhicule automobile remonte au tout début du XXesiècle (Corbeil, Chicago, le 15.01.1909). La formule rencontre un tel succès qu’elle ne tarde pas à se généraliser bien que le corbillard à chevaux et le corbillard motorisé cohabiteront, à certains endroits, jusqu’aux années 1970 lorsque le cortège hippomobile disparait au profit exclusif du corbillard motorisé.
Ce n’est qu’au début des années 1930, alors qu’il projette la construction du garage communal avenue du Cimetière, que le Conseil communal décide de substituer, pour les corbillards, la traction mobile à la traction chevaline (en 1937 la Ville ne dispose plus que de deux voitures à traction chevaline, disponibles à la demande). Le Collège procède dans la foulée à la révision du règlement tarifaire des transports funèbres afin de l’adapter à la nouvelle organisation du service (Bulletin communal de la ville de Bruxelles, séance du 25.10.1937, t. II, 1937). Le transport des personnes décédées sur le territoire de la Ville de Bruxelles ou y amenées, après décès dans une autre commune, se fait exclusivement par les soins de l'Administration communale qui exercera ce monopole jusqu’en 1997.
Description.
Garage à façade Art DécoPériode : 1920-1940 Le style Art Déco émerge au lendemain de la Première Guerre mondiale et s’inscrit dans le prolongement de la tendance géométrique de l’Art nouveau. Il tire son nom de l’Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes, tenue à Paris en 1925. Ses principales caractéristiques se traduisent par la géométrisation des lignes et des volumes, la sobriété et la symétrie tout en conservant un goût prononcé pour l’ornementation dont les formes tendent, elles aussi, à une géométrisation. Les sources d’inspiration de cette ornementation sont puisées dans les traditions artistiques exotiques ou anciennes (Orient, Afrique, arts précolombiens, égyptien, antiquité gréco-romaine). L’intégration de motifs végétaux d’inspiration africaine illustre l’impact stylistique de la période coloniale sur l’architecture bruxelloise. L’Art Déco manifeste un grand intérêt pour les matériaux de parement traditionnels (brique et enduit) disparates qui offrent une diversité de couleur ou de textures. Il marque une prédilection pour le béton armé dont la plasticité permet de réaliser des formes sculpturales et des volumes imposants, caractéristiques de ce style, et de concevoir de vastes espaces intérieurs dégagés, idéaux pour les halls d’entrée monumentaux et les salles de spectacle. Le goût pour la couleur s’exprime aussi parfois dans les châssis ou les éléments métalliques. C’est une architecture qui privilégie également l’usage de grandes baies vitrées (prenant parfois la forme de bow-windows) et les toitures plates (comprenant parfois un dôme stylisé). En plan, les espaces intérieurs des habitations sont davantage différenciés (séjour, salle à manger, chambres) tandis que l’escalier se déplace parfois au centre ou l’avant de l’habitation de manière à libérer la façade arrière et le contact avec le jardin. De nouveaux lieux de confort sont intégrés (salle de bain, WC, cuisine, dispositif d’entrée fonctionnel). Les matériaux raffinés comme le marbre, la marbrite, le granito, les mosaïques, les verres colorés sont prisés. À Bruxelles comme ailleurs, l’esthétique Art Déco s’adapte parfaitement aux exigences de décorum et de confort des bâtiments dédiés aux loisirs et au luxe (hôtels, cinémas, grands magasins, théâtres) ainsi qu’à celles des immeubles à appartements de haut standing, dont la construction stimulée par la loi de 1924 sur la copropriété s’inspire des modèles parisiens. Si dans un premier temps le mouvement repose sur l’élitisme, il devient rapidement un succès populaire, au point de devenir une architecture courante. Dans les années 1930, l’Art Déco évolue en intégrant de manière décorative des éléments du modernisme et notamment de l’architecture navale (mâts de pavillon, hublots, formes aérodynamiques) (voir style paquebot). sobre et expressive en briques rouges et éléments de pierre bleue, dont le traitement horizontal est souligné par les séries de fenêtres rectangulaires en bandeauÉlément horizontal, soit en saillie et de section rectangulaire, soit dans le plan de la façade., séparées par des meneauxÉlément vertical de pierre ou de métal divisant une baie. de pierre. ChâssisPartie en menuiserie d'une fenêtre. métalliques d’origine dont la division affine le rythme de la façade. Cette accentuation des horizontales se retrouve dans le tracé des joints de l’appareil en briques ainsi que dans les auventsPetit toit couvrant un espace devant une porte ou une vitrine. protégeant la porte piétonne (de service) à gauche, la porte de garage à droite. Porte piétonne en fer forgéFer façonné à chaud sur l’enclume, utilisé pour réaliser des éléments architecturaux comme des garde-corps, des ancres, des grilles, des épis de faîtage. et grilles des soupiraux d’origine; porte de garage remplacée. À hauteur de l’entablement en pierre du volume de deux niveaux, inscription «ville de Bruxelles service des inhumations».
Le plan rectangulaire s’articule en deux parties selon les affectations: une partie avant réservée aux bureaux (rez-de-chaussée) et au logement du concierge (étage), et une partie arrière affectée aux véhicules.

Intérieur. Partie avant sous toiture plate dont la volumétrie asymétrique répond elle-même aux diverses fonctions abritées: à gauche, volume de deux niveaux réservé aux bureaux et vestiaires (rez-de-chaussée) et au logement du concierge (étage), ce dernier étant directement accessible de la rue par la porte piétonne; à droite, volume d’un seul niveau percé de la porte de garage et abritant (à droite) le dépôt réservé au stockage des draperies et autres accessoires pour les cérémonies funèbres.
Porte piétonne donnant sur un vestibule, quelques marches puis un couloir longeant les bureaux et au bout duquel un escalier à garde-corpsOuvrage de clôture qui ferme un balcon, une terrasse, une porte-fenêtre, une gaine d'ascenseur... tubulaire de style Art Déco mène à l’étage.
Porte de garage donnant sur l’entrée cochère: à gauche en entrant, bureaux légèrement surélevés par rapport au niveau de la rue, accessibles par un escalier à garde-corpsOuvrage de clôture qui ferme un balcon, une terrasse, une porte-fenêtre, une gaine d'ascenseur... tubulaire. Bureaux largement ouverts de baiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. à châssisPartie en menuiserie d'une fenêtre. en acier (d’origine), similaires à ceux en façade à rue. Ces ouvertures, ainsi que la surélévation des pièces, devaient permettre le contrôle visuel de l’entrée et du hangar situé à l’arrière.

À l’arrière du volume avant, une fois passée l’entrée cochère, hall réservé aux corbillards (parkings, entretien, sanitaires). De plan rectangulaire, il est couvert, sur une profondeur de 28 mètres, d’une structure de type industriel à six arches en béton armé, d’un entraxe de 4 mètres et d’une portée de 24 mètres. En toiture, série de baiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. rectangulaires en pavés de verres et lanterneau procurant un éclairage zénithal. Il existe probablement encore, à Bruxelles, d’autres hangars avec cette typologie structurale mais aucun n’a été à ce jour1. Ouverture vitrée dans une menuiserie ou baie de petite dimension; 2. Vide autour duquel se développent certains escaliers tournants. répertorié.

Hall prolongé à l’arrière d’une petite annexe sous toiture plate abritant le «hall de réparations», flanqué sur la gauche d’un atelier et, sur la droite, des sanitaires dont le sol et les murs sont couverts de carrelages jaunes et ocre.
L’architecture pratique et fonctionnelle n’a pas exclu le souci esthétique comme en témoigne le soin apporté par François Malfait aux jeux de briques, au dessin des ferronneriesÉléments en fer d’une construction, qu’ils soient en fer forgé, en fonte ou dans un autre matériau ferreux., à celui des portes et des châssisPartie en menuiserie d'une fenêtre. en acier (extérieurs et intérieurs), aux choix des revêtements en carrelages à motifs géométriques qui recouvrent les sols et certains murs (dominés par les tons jaune, ocre et noir), au dessin des garde-corpsOuvrage de clôture qui ferme un balcon, une terrasse, une porte-fenêtre, une gaine d'ascenseur... métalliques tubulaires des escaliers intérieurs.
Historique
Situé à quelques mètres du cimetière de Bruxelles (1877) (voir avenue du Cimetière de Bruxelles), cet ancien garage communal pour corbillards fait partie des tout derniers témoins des diverses activités qui s’étaient autrefois installées et développées aux abords de celui-ci, dont des entreprises de taille de pierre et d’art funéraire toutes disparues aujourd’hui (à l’exception de l’atelier L. Latour qui fait face au garage, et menacé à court terme de disparition: voir avenue du Cimetière n°123).
Dans le domaine des pompes funèbres, l’usage d’un véhicule automobile remonte au tout début du XXesiècle (Corbeil, Chicago, le 15.01.1909). La formule rencontre un tel succès qu’elle ne tarde pas à se généraliser bien que le corbillard à chevaux et le corbillard motorisé cohabiteront, à certains endroits, jusqu’aux années 1970 lorsque le cortège hippomobile disparait au profit exclusif du corbillard motorisé.
Ce n’est qu’au début des années 1930, alors qu’il projette la construction du garage communal avenue du Cimetière, que le Conseil communal décide de substituer, pour les corbillards, la traction mobile à la traction chevaline (en 1937 la Ville ne dispose plus que de deux voitures à traction chevaline, disponibles à la demande). Le Collège procède dans la foulée à la révision du règlement tarifaire des transports funèbres afin de l’adapter à la nouvelle organisation du service (Bulletin communal de la ville de Bruxelles, séance du 25.10.1937, t. II, 1937). Le transport des personnes décédées sur le territoire de la Ville de Bruxelles ou y amenées, après décès dans une autre commune, se fait exclusivement par les soins de l'Administration communale qui exercera ce monopole jusqu’en 1997.
Description.
Garage à façade Art DécoPériode : 1920-1940 Le style Art Déco émerge au lendemain de la Première Guerre mondiale et s’inscrit dans le prolongement de la tendance géométrique de l’Art nouveau. Il tire son nom de l’Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes, tenue à Paris en 1925. Ses principales caractéristiques se traduisent par la géométrisation des lignes et des volumes, la sobriété et la symétrie tout en conservant un goût prononcé pour l’ornementation dont les formes tendent, elles aussi, à une géométrisation. Les sources d’inspiration de cette ornementation sont puisées dans les traditions artistiques exotiques ou anciennes (Orient, Afrique, arts précolombiens, égyptien, antiquité gréco-romaine). L’intégration de motifs végétaux d’inspiration africaine illustre l’impact stylistique de la période coloniale sur l’architecture bruxelloise. L’Art Déco manifeste un grand intérêt pour les matériaux de parement traditionnels (brique et enduit) disparates qui offrent une diversité de couleur ou de textures. Il marque une prédilection pour le béton armé dont la plasticité permet de réaliser des formes sculpturales et des volumes imposants, caractéristiques de ce style, et de concevoir de vastes espaces intérieurs dégagés, idéaux pour les halls d’entrée monumentaux et les salles de spectacle. Le goût pour la couleur s’exprime aussi parfois dans les châssis ou les éléments métalliques. C’est une architecture qui privilégie également l’usage de grandes baies vitrées (prenant parfois la forme de bow-windows) et les toitures plates (comprenant parfois un dôme stylisé). En plan, les espaces intérieurs des habitations sont davantage différenciés (séjour, salle à manger, chambres) tandis que l’escalier se déplace parfois au centre ou l’avant de l’habitation de manière à libérer la façade arrière et le contact avec le jardin. De nouveaux lieux de confort sont intégrés (salle de bain, WC, cuisine, dispositif d’entrée fonctionnel). Les matériaux raffinés comme le marbre, la marbrite, le granito, les mosaïques, les verres colorés sont prisés. À Bruxelles comme ailleurs, l’esthétique Art Déco s’adapte parfaitement aux exigences de décorum et de confort des bâtiments dédiés aux loisirs et au luxe (hôtels, cinémas, grands magasins, théâtres) ainsi qu’à celles des immeubles à appartements de haut standing, dont la construction stimulée par la loi de 1924 sur la copropriété s’inspire des modèles parisiens. Si dans un premier temps le mouvement repose sur l’élitisme, il devient rapidement un succès populaire, au point de devenir une architecture courante. Dans les années 1930, l’Art Déco évolue en intégrant de manière décorative des éléments du modernisme et notamment de l’architecture navale (mâts de pavillon, hublots, formes aérodynamiques) (voir style paquebot). sobre et expressive en briques rouges et éléments de pierre bleue, dont le traitement horizontal est souligné par les séries de fenêtres rectangulaires en bandeauÉlément horizontal, soit en saillie et de section rectangulaire, soit dans le plan de la façade., séparées par des meneauxÉlément vertical de pierre ou de métal divisant une baie. de pierre. ChâssisPartie en menuiserie d'une fenêtre. métalliques d’origine dont la division affine le rythme de la façade. Cette accentuation des horizontales se retrouve dans le tracé des joints de l’appareil en briques ainsi que dans les auventsPetit toit couvrant un espace devant une porte ou une vitrine. protégeant la porte piétonne (de service) à gauche, la porte de garage à droite. Porte piétonne en fer forgéFer façonné à chaud sur l’enclume, utilisé pour réaliser des éléments architecturaux comme des garde-corps, des ancres, des grilles, des épis de faîtage. et grilles des soupiraux d’origine; porte de garage remplacée. À hauteur de l’entablement en pierre du volume de deux niveaux, inscription «ville de Bruxelles service des inhumations».
Le plan rectangulaire s’articule en deux parties selon les affectations: une partie avant réservée aux bureaux (rez-de-chaussée) et au logement du concierge (étage), et une partie arrière affectée aux véhicules.
Intérieur. Partie avant sous toiture plate dont la volumétrie asymétrique répond elle-même aux diverses fonctions abritées: à gauche, volume de deux niveaux réservé aux bureaux et vestiaires (rez-de-chaussée) et au logement du concierge (étage), ce dernier étant directement accessible de la rue par la porte piétonne; à droite, volume d’un seul niveau percé de la porte de garage et abritant (à droite) le dépôt réservé au stockage des draperies et autres accessoires pour les cérémonies funèbres.
Porte piétonne donnant sur un vestibule, quelques marches puis un couloir longeant les bureaux et au bout duquel un escalier à garde-corpsOuvrage de clôture qui ferme un balcon, une terrasse, une porte-fenêtre, une gaine d'ascenseur... tubulaire de style Art Déco mène à l’étage.
Porte de garage donnant sur l’entrée cochère: à gauche en entrant, bureaux légèrement surélevés par rapport au niveau de la rue, accessibles par un escalier à garde-corpsOuvrage de clôture qui ferme un balcon, une terrasse, une porte-fenêtre, une gaine d'ascenseur... tubulaire. Bureaux largement ouverts de baiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. à châssisPartie en menuiserie d'une fenêtre. en acier (d’origine), similaires à ceux en façade à rue. Ces ouvertures, ainsi que la surélévation des pièces, devaient permettre le contrôle visuel de l’entrée et du hangar situé à l’arrière.
À l’arrière du volume avant, une fois passée l’entrée cochère, hall réservé aux corbillards (parkings, entretien, sanitaires). De plan rectangulaire, il est couvert, sur une profondeur de 28 mètres, d’une structure de type industriel à six arches en béton armé, d’un entraxe de 4 mètres et d’une portée de 24 mètres. En toiture, série de baiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. rectangulaires en pavés de verres et lanterneau procurant un éclairage zénithal. Il existe probablement encore, à Bruxelles, d’autres hangars avec cette typologie structurale mais aucun n’a été à ce jour1. Ouverture vitrée dans une menuiserie ou baie de petite dimension; 2. Vide autour duquel se développent certains escaliers tournants. répertorié.
Hall prolongé à l’arrière d’une petite annexe sous toiture plate abritant le «hall de réparations», flanqué sur la gauche d’un atelier et, sur la droite, des sanitaires dont le sol et les murs sont couverts de carrelages jaunes et ocre.
L’architecture pratique et fonctionnelle n’a pas exclu le souci esthétique comme en témoigne le soin apporté par François Malfait aux jeux de briques, au dessin des ferronneriesÉléments en fer d’une construction, qu’ils soient en fer forgé, en fonte ou dans un autre matériau ferreux., à celui des portes et des châssisPartie en menuiserie d'une fenêtre. en acier (extérieurs et intérieurs), aux choix des revêtements en carrelages à motifs géométriques qui recouvrent les sols et certains murs (dominés par les tons jaune, ocre et noir), au dessin des garde-corpsOuvrage de clôture qui ferme un balcon, une terrasse, une porte-fenêtre, une gaine d'ascenseur... métalliques tubulaires des escaliers intérieurs.
Sources
Archives
AVB/TP 56458 (1934-1935).
ACE/TP 1935.
Ouvrages
La Belgique active, Monographie des
communes belges et biographie des personnalités, Bruxelles, 1931, pp. 1, 2.
Sites internet
http://brussels.be/Colossus/BulletinsCommunaux/Bulletins/Documents/Bxl_1937_Tome_II2_Part_6.pdf
Arbres remarquables à proximité














