Typologie(s)

maison d’habitation

Intervenant(s)

Léon DENISarchitecte1912

Statut juridique

Inscrit à l’inventaire légal le 19 août 2024

Styles

Art nouveau
Éclectisme

Inventaire(s)

Ce bien présente l’(es) intérêt(s) suivant(s)

Recherches et rédaction

1993-1995

id

Urban : 14660
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Description

Maison construite en style éclectiquePériode : env. 1840-1914. L’éclectisme est un courant architectural caractérisé par la combinaison de styles issus de différentes époques et de différents lieux. Les architectes mêlent les références historiques pour créer de nouvelles compositions. Cette tendance se développe à Bruxelles peu après l’indépendance de la Belgique, dans le cadre des grands programmes d’urbanisation. En effet, durant les années 1840 et 1850, alors que jusque-là la ville a mis à l’honneur le néoclassicisme avec des ensembles urbains symétriques, ordonnés et rationnels, pointe le besoin d’une architecture nationale. Alors que des architectes font le choix de l’unité de style comme le néogothique ou le néo-Renaissance flamande, une tendance à mélanger les grammaires issues du passé va se développer, tout en utilisant les matériaux locaux et des techniques nouvelles (issues notamment de la révolution industrielle). Cet éclectisme permet de répondre plus souplement à une multitude de typologies et d’équipements urbains. En effet, la ville est en pleine expansion : l’éclectisme s’adapte tant aux églises qu’aux grands magasins, aux hôtels, aux gares, aux écoles, aux usines,… mais également à l’architecture résidentielle. C’est pourquoi l’éclectisme est la tendance architecturale dominante dans la première couronne de Bruxelles (les faubourgs de Bruxelles). Dans l’architecture publique, ce mélange n’est pas arbitraire : chaque style est choisi pour transmettre une idée. Par exemple, le néogothique peut évoquer l’histoire médiévale de la ville ou la spiritualité d’un édifice religieux ; le néoclassicisme suggère l’ordre et l’autorité pour un palais de justice ou un bâtiment administratif ; la Renaissance symbolise le prestige civique ou culturel. L’architecture devient ainsi un langage visuel, conçu pour représenter les valeurs d’une institution. Dans l’architecture résidentielle, l’éclectisme est l’apanage de la bourgeoisie et se reconnaît par une façade variée et dynamique où les architectes jouent avec les formes, les matériaux et les couleurs. Brique, pierre, fer forgé, céramique ou sgraffites s’y mêlent pour créer un décor riche et personnalisé. Chaque détail — balcon, corniche, linteau sculpté, lucarne, logette, porte d’entrée — devient une occasion d’exprimer le goût du propriétaire, d’afficher son statut ou ses aspirations culturelles. Ce style s’inscrit dans une période où Bruxelles valorise la modernité tout en célébrant son histoire. L’éclectisme traduit donc un compromis : une architecture contemporaine inspirée du passé, adaptée à la vie bourgeoise, urbaine et moderne. Derrière la façade, les intérieurs sont pensés pour le confort : distribution plus pratique, escalier décoratif, pièces spécialisées (salon, fumoir, salle à manger), et parfois innovations techniques (chauffage amélioré, eau, gaz). La période de l’éclectisme met en place le modèle type de la maison bourgeoise : une façade de composition symétrique (trois travées égales sur trois niveaux) ou asymétrique (deux travées – une étroite et une large – sur trois niveaux) ; un plan reprenant un couloir menant à l’escalier en travée d’entrée et deux ou trois pièces en enfilade, correspondant à la largeur (de la ou) des autres travées. La façade se développe également en trois dimensions par l’ajout de balcons, de logettes ou de bow-windows. Durant la seconde moitié du XIXe siècle et le début du XXe siècle, le développement urbanistique est tel qu’il n’est pas rare de voir des pans de rue entiers sortir de terre en quelques années. Il en résulte des ensembles urbanistiques particulièrement homogènes et cohérents : les enfilades. Cette cohérence est parfois due au travail d’un architecte dans le cadre d’une petite promotion immobilière. Mais le plus souvent, les maisons sont réalisées par des architectes différents, pour des propriétaires différents : elles sont alors toutes différentes mais forment des enfilades homogènes de bâtiments de même style, mêmes matériaux et/ou de même gabarit. Les éléments représentatifs de l’architecture résidentielle de style éclectique sont : le gabarit (composition asymétrique ou symétrique), la polychromie des matériaux (pierre bleue, pierre blanche, briques de couleurs variées, enduits), l’usage d’éléments en ferronnerie, d’éléments en surplomb (balcons, logettes, bow-windows), de lucarnes et les enfilades urbanistiques. Ces façades sont souvent accentuées d’éléments d’inspirations diverses : néoclassique (enduit, sobriété), néogothique (baies en ogive ou trilobées, croisées en pierre), néo-Renaissance flamande (lucarne-pignon à gradins, ancres), Art nouveau (sgraffites, carreaux de céramique, éléments reprenant la courbe « coup de fouet », vitraux floraux), pittoresque (toiture à croupe ou croupette, tourelle, éléments en bois ou faux bois : garde-corps, colombages, fermes apparentes), etc. Il est communément admis que la période de l’éclectisme s’achève avec la Première Guerre mondiale, néanmoins le modèle type de la maison bourgeoise perdure bien après la guerre. Les communes et quartiers urbanisés plus tardivement, durant l’entre-deux-guerres, sur base de plans d’aménagement tracés au XIXe siècle, reproduisent le modèle de l’éclectisme : des enfilades de maisons de gabarit similaire. Ces maisons sont qualifiées de style éclectique tardif. Elles reprennent toutes les caractéristiques de l’architecture résidentielle éclectique, mais sont le plus souvent accentuées d’éléments d’inspiration Beaux-Arts, Art Déco, Art nouveau, pittoresque ou régionaliste (voir éclectisme tardif). teinté d'Art nouveauPériode : 1890 – 1914 L’Art nouveau est un mouvement artistique qui se développe en Europe principalement entre 1890 et 1910, et manifeste une volonté de rupture avec les styles historiques et l’art académique du XIXe siècle. En Belgique, on situe la naissance de l’Art nouveau à Bruxelles en 1893 avec la construction de l’Hôtel Tassel de Victor Horta (1861-1947) et de la maison personnelle de Paul Hankar (1859-1901). Abandonnant la typologie traditionnelle des trois pièces en enfilade, Horta évide le centre de la maison pour y amener la lumière du jour et, à partir de là, éclate l’espace intérieur. Il développe une esthétique librement inspirée de la flore à laquelle Hankar répond par un langage formel géométrique recherchant davantage les effets colorés procurés par les matériaux et le traitement varié des matières. À partir de ces deux exemples se déclineront deux courants : l’un inspiré du monde végétal avec des lignes courbes et organiques ; l’autre d’inspiration géométrique, au vocabulaire formel plus raide et répétitif. L’Art nouveau s’applique à des programmes très variés (maisons bourgeoises et hôtels de maître, établissements scolaires, logement social, commerces). D’abord conçu pour une bourgeoisie aisée progressiste, le style Art nouveau se démocratise rapidement et devient le vocabulaire à la mode d’une nouvelle génération d’architectes qui met moins l’accent sur la complexité intérieure que sur les façades. L’assouplissement de la structure intérieure de la maison conduit à une organisation plus libre de la façade percée de fenêtres de formes variées, rehaussée de bow-windows, de loggias, de balcons et dont l’aspect se voit modifié par l’introduction de nouveaux matériaux : briques émaillées colorées, mosaïques, céramiques décoratives, colonnettes et linteaux métalliques. L’esprit Art nouveau se limite ainsi souvent à s’intégrer à l’éclectisme au travers des détails décoratifs particulièrement soignés (sgraffites, vitraux, ferronneries, dessin de châssis ou d’un arc de baie). suivant demande de permis de 1912 par l'arch. Léon DENIS.

À l'origine, deux niveaux sur caves hautesSous-sol à demi enterré, surélevant le rez-de-chaussée. et deux travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade., dont la principale, en ressautSaillie d'une partie de mur par rapport à l’alignement général., était couronnée par un pignonPartie supérieure d’un mur-pignon, parallèle aux fermes de charpenterie, correspondant à la hauteur du comble. Il possède des rampants de formes variées : droits, chantournés, etc. chantournéUn élément est dit chantourné lorsque sa forme alterne courbe et contre-courbe.. Exhaussement d'un niveau et ajout d'une logetteLa logette est un petit ouvrage en surplomb qui s’étend sur un seul étage, contrairement à l’oriel qui en compte plusieurs ou s’allonge sur plusieurs travées. Contrairement au bow-window, logette et oriel sont d’ordinaire de plan rectangulaire ou trapézoïdal et semblent appliqués sur la façade. réalisés en 1930. Façade en briques grises animée de bandeauxÉlément horizontal, soit en saillie et de section rectangulaire, soit dans le plan de la façade. contrastants. Haut soubassementPartie massive d’un bâtiment construite au sol et constituant l’assise du bâtiment. À Bruxelles, le soubassement est d’ordinaire en pierre bleue. en pierre bleue incorporant, dans un ressautSaillie d'une partie de mur par rapport à l’alignement général. sculpté, une large baieOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. chantournéeUn élément est dit chantourné lorsque sa forme alterne courbe et contre-courbe. munie d'une grille Art nouveauPériode : 1890 – 1914 L’Art nouveau est un mouvement artistique qui se développe en Europe principalement entre 1890 et 1910, et manifeste une volonté de rupture avec les styles historiques et l’art académique du XIXe siècle. En Belgique, on situe la naissance de l’Art nouveau à Bruxelles en 1893 avec la construction de l’Hôtel Tassel de Victor Horta (1861-1947) et de la maison personnelle de Paul Hankar (1859-1901). Abandonnant la typologie traditionnelle des trois pièces en enfilade, Horta évide le centre de la maison pour y amener la lumière du jour et, à partir de là, éclate l’espace intérieur. Il développe une esthétique librement inspirée de la flore à laquelle Hankar répond par un langage formel géométrique recherchant davantage les effets colorés procurés par les matériaux et le traitement varié des matières. À partir de ces deux exemples se déclineront deux courants : l’un inspiré du monde végétal avec des lignes courbes et organiques ; l’autre d’inspiration géométrique, au vocabulaire formel plus raide et répétitif. L’Art nouveau s’applique à des programmes très variés (maisons bourgeoises et hôtels de maître, établissements scolaires, logement social, commerces). D’abord conçu pour une bourgeoisie aisée progressiste, le style Art nouveau se démocratise rapidement et devient le vocabulaire à la mode d’une nouvelle génération d’architectes qui met moins l’accent sur la complexité intérieure que sur les façades. L’assouplissement de la structure intérieure de la maison conduit à une organisation plus libre de la façade percée de fenêtres de formes variées, rehaussée de bow-windows, de loggias, de balcons et dont l’aspect se voit modifié par l’introduction de nouveaux matériaux : briques émaillées colorées, mosaïques, céramiques décoratives, colonnettes et linteaux métalliques. L’esprit Art nouveau se limite ainsi souvent à s’intégrer à l’éclectisme au travers des détails décoratifs particulièrement soignés (sgraffites, vitraux, ferronneries, dessin de châssis ou d’un arc de baie)., surmontée au r.d.ch. par une baieOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. surbaisséeUn élément est dit surbaissé lorsqu’il est cintré en arc de cercle inférieur au demi-cercle. à garde-corpsOuvrage de clôture qui ferme un balcon, une terrasse, une porte-fenêtre, une gaine d'ascenseur... similaire. Porte à linteauÉlément rectiligne d’un seul tenant, en pierre, bois, béton ou métal, couvrant une baie. dépriméArc dont le tracé est une droite raccordée à ses extrémités par deux quarts de cercle. L’arc déprimé est relativement haut : le rayon de ses quarts de cercle doit faire au moins un cinquième de la portée de l’arc. sous baieOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. d'imposteUn élément dit en imposte se situe à hauteur du sommet des piédroits. Imposte de menuiserie ou jour d’imposte. Ouverture dans la partie supérieure du dormant d’une menuiserie. en plein cintreUn élément est dit en plein cintre lorsqu’il est cintré en demi-cercle.. Au-dessus de l'entrée, superposition d'une baieOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. surbaisséeUn élément est dit surbaissé lorsqu’il est cintré en arc de cercle inférieur au demi-cercle. et d'une baieOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. en plein cintreUn élément est dit en plein cintre lorsqu’il est cintré en demi-cercle., munies d'appuiAppui de fenêtre. Élément d’ordinaire en pierre, limitant une baie vers le bas. à becPetite bouche par laquelle s’évacuent les eaux pluviales. Le terme désigne également un motif décoratif qui évoque un bec. caractéristique. Au bel étage, logetteLa logette est un petit ouvrage en surplomb qui s’étend sur un seul étage, contrairement à l’oriel qui en compte plusieurs ou s’allonge sur plusieurs travées. Contrairement au bow-window, logette et oriel sont d’ordinaire de plan rectangulaire ou trapézoïdal et semblent appliqués sur la façade. en bois de plan trapézoïdal sous toiture d'ardoises, encadrée de lésènesLes lésènes sont des jambes saillantes en répétition sur un mur, réunies par un arc ou par une frise d’arceaux. Ce couronnement d’arc ou d’arceaux distingue la lésène du pilastre. reliées par un arcStructure appareillée de couvrement, cintrée selon un profil donné. surbaisséUn élément est dit surbaissé lorsqu’il est cintré en arc de cercle inférieur au demi-cercle. interrompu par la baieOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. échancrée à larmierMouluration horizontale qui présente un canal creusé dans sa partie inférieure, servant à décrocher les gouttes d’eau afin d’éviter leur ruissellement sur la façade. Le larmier isolé possède un chanfrein comme moulure supérieure. Le larmier constitue l'un des éléments de la corniche. en mitreUn élément est dit en mitre lorsque son tracé se compose de deux droites se rejoignant en pointe. et garde-corpsOuvrage de clôture qui ferme un balcon, une terrasse, une porte-fenêtre, une gaine d'ascenseur... en ferronnerieÉléments en fer d’une construction, qu’ils soient en fer forgé, en fonte ou dans un autre matériau ferreux. du dern. niveau. CornicheCorniche. Élément de couronnement d’un entablement, d’une élévation ou d’un élément d’élévation comme une baie ou une lucarne. La corniche se compose de moulures en surplomb les unes par rapport aux autres. La cimaise est la moulure supérieure de la corniche, située au-dessus du larmier. saillante. BâtièreToit à deux versants. de tuiles.

Sources

Archives

ACEtt/TP 2208 (1912), 6352 (1930).