Typologie(s)

église/cathédrale/basilique

Intervenant(s)

INCONNU - ONBEKEND1200-1300

Antoon PASTORANAarchitecte, menuisier / charpentier1699

Pierre Victor JAMAERarchitecte1866-1890

Maurice VAN YSENDIJCKarchitecte1930-1938

Guillaume DE GROOTsculpteur1860

INCONNU - ONBEKEND1400-1525

G. DE BRUYNEmenuisier / charpentier1705

Jean-Baptiste CAPRONNIER(maître) verrier, peintre1852

GOYERSmenuisier / charpentier1876-1883

Statut juridique

Classé depuis le 05 mars 1936

Styles

Gothique
Baroque

Inventaire(s)

  • Inventaire du patrimoine monumental de la Belgique. Bruxelles Pentagone (1989-1993)
  • Actualisation permanente de l'inventaire régional du patrimoine architectural (DPC-DCE)

Ce bien présente l’(es) intérêt(s) suivant(s)

  • Artistique
  • Esthétique
  • Historique
  • Urbanistique

Recherches et rédaction

2016

id

Urban : 30933
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Description

Son chevet à peu près orienté donne rue du Saint-Esprit, son flanc Nord rue de la Chapelle, ses façades Ouest et Sud sur la place. Chœur et transept du XIIIe siècle illustrent remarquablement le passage du roman au gothique, nefs et tour du XVe siècle, le gothique flamboyant.

L’église devenue paroissiale en 1210, a succédé à une chapelle fondée en 1134 à l’extérieur de la première enceinte, dans un quartier d’artisans, par le duc Godefroid Ier, qui la donna à l’abbaye bénédictine du Saint-Sépulcre à Cambrai. À l’origine, elle est dirigée par un prévôt désigné par l’abbé de Cambrai et le duc de Brabant. Vouée à la Vierge, elle n’a cessé de drainer la dévotion populaire. Réformée par les Calvinistes en 1579, elle est rendue au culte catholique en 1585, fermée en 1797 et rouverte en 1803.
Rien ne subsiste de la chapelle primitive, qui se trouvait sans doute sous le chœur de l’église actuelle dont la construction débute vers 1210 par un vaisseau à trois nefs de style roman. Suivent, en style de transition, le bras Sud du transept et la chapelle de la Sainte-Croix vers 1215-1225, le bras Nord et ses deux chapelles vers 1250, puis, entre 1250 et 1275, le chœur en style gothique primaire. Une tour surmonte la croiséeBaie à croisée. Baie divisée par des meneau(x) et traverse(s) se croisant à angle droit.. En 1405, un incendie détruit les parties non voûtées, en particulier la nef centrale, qui était couverte d’un plafond plat. Le vaisseau est reconstruit en style gothique brabançon et élargi de chapelles latérales : les travaux commencent, de 1431 à 1434, par la nef centrale, qui conserve les deux piliersSupport vertical de plan carré. Est de la nef romane; les bas-côtés, entrepris en 1436, sont terminés lors de la consécration en 1483 par l’évêque de Cambrai. On arrêtera l’érection de la tour Ouest en 1508. En 1654, la chapelle du Saint-Sacrement ou de Notre-Dame prend la place des deux chapelles greffées sur le bras Nord du transept. À la suite du bombardement de 1695, la flèche de la tour Ouest est remplacée en 1699 par l’actuel campanile baroque de A. Pastorana; la tour de croiséeBaie à croisée. Baie divisée par des meneau(x) et traverse(s) se croisant à angle droit., atteinte à l’étage supérieur, est rasée et dissimulée sous la même bâtièreToit à deux versants. que la nef haute. En 1751, une sacristie est bâtie au Sud du chœur.

Après sa réouverture au XIXe siècle, l’église connaît d’importants travaux de restauration qui, dans l’optique du temps, prétendent retourner à l’état d’origine du monument en supprimant l’apport des siècles et en rétablissant ses formes primitives sur des bases archéologiques; le programme décoratif, resté inachevé, est complété. Premiers travaux en 1813; construction de l’escalier du portail Ouest en 1831 ; restauration des bas-côté et croisillon Sud en 1851-1860, avec notamment un portail et une fenêtre en style néo-roman. De 1866 à 1890, le chantier est dirigé par l’architecte P.-V. Jamaer : l’intérieur du chœur et son décor peint sont renouvelés en 1866-1869; le portail et la fenêtre du bras Nord du transept sont refaits en style de transition à partir de 1879, sur la base d’éléments retrouvés dans la façade; vers 1886, la grande fenêtre Ouest, bouchée à la fin du XVIIe siècle (?), est rouverte et une balustradeGarde-corps composé de balustres, c’est-à-dire de petits supports en répétition, généralement profilés et de section circulaire. ajoutée au-dessus des fenêtres latérales. Les travaux se sont peut-être poursuivis après 1898 au côté Sud de la nef et à la tour de croiséeBaie à croisée. Baie divisée par des meneau(x) et traverse(s) se croisant à angle droit.. Une deuxième campagne de restauration a lieu de 1930 à 1934, sous la direction de l’architecte M. Van Ysendyck : les gâbles des chapelles latérales Nord et les pinaclesAmortissement élancé de plan carré ou polygonal. sont démontés et reconstruits; des arcs-boutants sont ajoutés au Nord et au Sud du vaisseau. Le clocher est réparé en 1949-1951. Une restauration générale est en cours, depuis le début de 1989, sur les plans datés de 1982 des architectes M. et P. Mignot. Elle prévoit notamment la suppression des ajouts du XIXe siècle, le nettoyage extérieur et intérieur et le réenduisage des voûtes.

Édifice de plan basilical comprenant une nef de six travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade., flanquée de bas-côtés élargis de chapelles, un transept et un chœur d’une travée1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. droite terminée par un chevet à sept pans. Greffées sur les croisillons de deux travées, à droite et à gauche du chœur, les chapelles de la Sainte-Croix ou de la Trinité, au Sud: de plan carré et séparée du chœur par un espace étroit d’où monte un escalier en visEscalier à volée hélicoïdale tournant autour d'un noyau central., du Saint-Sacrement ou de Notre-Dame, au Nord, de trois travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. terminées par un chevet à trois pans. Sacristie de plan rectangulaire au Sud-Est, contre le chœur et la chapelle de la Sainte-Croix.

place de la Chapelle. Église Notre-Dame de la Chapelle, façade ouest (photo 1980).

Façades dressées en grèsTerre cuite de texture serrée, légèrement vitrifiée, glaçurée ou non. Le grès désigne également une famille de pierres composées de silice., restaurations en pierre de Gobertange, notamment ; toitures d’ardoises.

Façade Ouest dominée par la tour axiale, de plan rectangulaire, divisée en trois registresAlignement horizontal de baies sur un pignon. par des cordonsCorps de moulure horizontal, à rôle purement décoratif, situé sur une partie quelconque d’une composition., cantonnée de contreforts sommés d’amortissements piriformes et coiffée d’un campanile baroque.
Au registreAlignement horizontal de baies sur un pignon. inférieur, portail gothique dont l’archivolte profilée prend appui sur des soclesMassif surélevant un support ou une statue. octogonaux, est ornée de feuilles de chou et surmontée de trois statuettes, placées en 1892 dans une niche sous dais et haut fleuronOrnement d'inspiration gothique terminant un pinacle. et figurant Notre-Dame entre l’abbé Parvin de Cambrai et saint Benoît. Au-dessus de la porte bombée, tympanEspace, décoré ou non, circonscrit par un fronton ou un arc de décharge. sculpté à la même date d’une Trinité par C. Meunier. Au deuxième registreAlignement horizontal de baies sur un pignon., fenêtre en arcStructure appareillée de couvrement, cintrée selon un profil donné. brisé à deux lancettes. Troisième registre rythmé par de fausses lancettes, trois à l’Ouest et à l’Est, deux au Nord et au Sud, séparées par des trumeauxPan de mur compris entre deux travées ou entre deux baies d'un même niveau. évidés. Campanile ardoisé comprenant un niveau de plan rectangulaire ajouré d’abat-sons sous une friseBande horizontale, décorée ou non, située au milieu de l’entablement. Par extension, suite d’ornements en bande horizontale. de trilobés, une toiture bombée et une lanterne de plan carré, garnie de cadrans d’horloge et coiffée d’un bulbe piqué d’une croix sur globe. À droite du portail, engagée dans l’angle formé par la tour et le contrefort, une tourellePetite tour engagée dans un bâtiment, généralement sur un de ses angles. d’escalier ajourée d’une porte, de meurtrières et coiffée d’une toiture conique à la naissance du troisième registreAlignement horizontal de baies sur un pignon. de la tour.
À gauche et à droite de la travée1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. axiale, façade de chaque bas-côté épaulée par un contrefort, éclairée par une fenêtre en arcStructure appareillée de couvrement, cintrée selon un profil donné. brisé et couronnée par une balustrade. Au-dessus des contreforts et aux angles, pinaclesAmortissement élancé de plan carré ou polygonal. ornés de statuettes par P. Puyenbroek dans la deuxième moitié du XIXe siècle, représentant des comtes de Brabant et des dignitaires de l’Église.

Façades latérales rythmées par les gâbles de chaque chapelle prolongeant une travée collatérale et couverte avec elle d’une bâtièreToit à deux versants. perpendiculaire. Gâbles à rampants ourlés de crochets, sommés d’un fleuronOrnement d'inspiration gothique terminant un pinacle. et creusés de trois niches vides. Entre chaque gâble, un pinacleAmortissement élancé de plan carré ou polygonal. évidé surmontant une gargouilleStatue fantastique d'ordinaire traversée par un conduit relié à la corniche. La gueule de la statue crache les eaux à distance des murs.. Fenêtres en arcStructure appareillée de couvrement, cintrée selon un profil donné. brisé, à encadrement profilé doublé d’un larmierMouluration horizontale qui présente un canal creusé dans sa partie inférieure, servant à décrocher les gouttes d’eau afin d’éviter leur ruissellement sur la façade. Le larmier isolé possède un chanfrein comme moulure supérieure. Le larmier constitue l'un des éléments de la corniche. se poursuivant en cordon à hauteur d’impostes; remplages graciles, divisant les baiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. en cinq parties, variant de forme de l’une à l’autre. Surplombant les bas-côtés, murs goutterots de la nef ajourés de fenêtres du même type, entre les contreforts qui les épaulent et ont été renforcés d’arcs-boutants par Van Ysendyck pour pallier leur dévers.
Bras du transept couverts d’une bâtièreToit à deux versants. à même hauteur que le chœur, laissant voir les quatre contreforts qui contrebutaient, sur chacune de ses faces, la tour de croiséeBaie à croisée. Baie divisée par des meneau(x) et traverse(s) se croisant à angle droit. quadrangulaire. Façades divisées en deux registresAlignement horizontal de baies sur un pignon. coiffés d’un pignon.

Au Sud, façade romane où chaque registreAlignement horizontal de baies sur un pignon. est articulé en trois travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. par des lésènes à arcatures, refaites sur le modèle original conservé à droite. Au premier niveau, portail axial cintré, néo-romanLe style néo-roman (à partir de 1850 environ) est une tendance architecturale mettant à l’honneur les formes inspirées du moyen-âge roman., dont le tympanEspace, décoré ou non, circonscrit par un fronton ou un arc de décharge. est décoré d’un Couronnement de la Vierge sculpté par G. De Groot en 1860. Au-dessus, grande fenêtre cintrée copiant celles du chœur et flanquée de fausses fenêtres en deux parties, dont le cintre repose sur de fines colonnettes annelées. PignonPartie supérieure d’un mur-pignon, parallèle aux fermes de charpenterie, correspondant à la hauteur du comble. Il possède des rampants de formes variées : droits, chantournés, etc. divisé par des cordonsCorps de moulure horizontal, à rôle purement décoratif, situé sur une partie quelconque d’une composition. en deux registresAlignement horizontal de baies sur un pignon. décorés de fausses fenêtres ajourées d’une meurtrière et dont les archivoltesMouluration disposée sur le front de l’arc. Le corps de moulures qui compose l’archivolte est de faible ampleur, moins complexe que celui de la corniche. retombent sur des impostesUn élément dit en imposte se situe à hauteur du sommet des piédroits. Imposte de menuiserie ou jour d’imposte. Ouverture dans la partie supérieure du dormant d’une menuiserie. en cordonCorps de moulure horizontal, à rôle purement décoratif, situé sur une partie quelconque d’une composition. et de fines colonnettes d’angle à chapiteauCouronnement orné ou mouluré, d’une colonne, d’un pilier ou d’un pilastre. à crochets; un globe surmonté d’une croix au-dessus et à droite, où la croix est cassée.

Au Nord, même ordonnance de la façade romano-gothique restituée par Jamaer, épaulée par deux contreforts qui s’amortissent en lésènesLes lésènes sont des jambes saillantes en répétition sur un mur, réunies par un arc ou par une frise d’arceaux. Ce couronnement d’arc ou d’arceaux distingue la lésène du pilastre. reliées par une frise d’arcatures trilobées sur culots feuillagés. Portail cintré, dont le tympanEspace, décoré ou non, circonscrit par un fronton ou un arc de décharge. est orné d’un trilobé ; au-dessus, trois lancettes et un pignonPartie supérieure d’un mur-pignon, parallèle aux fermes de charpenterie, correspondant à la hauteur du comble. Il possède des rampants de formes variées : droits, chantournés, etc. semblable à celui du Sud.
Parois du chœur scandées par des contre-forts à retraits sommés de gargouilles à tête de monstre que dessert le chenal qui évide la corniche, décorée de rinceaux entre les modillonsÉléments décoratifs de forme quelconque, répétés sous une corniche. sculptés de figures grimaçantes ; consoles restaurées pour la plupart, dont quelques originaux ont été déposés à la Maison du Roi. Fenêtres à archivoltesMouluration disposée sur le front de l’arc. Le corps de moulures qui compose l’archivolte est de faible ampleur, moins complexe que celui de la corniche. cintrées retombant sur des colonnettes à chapiteau à crochets; remplages dessinant deux lancettes surmontées d’une rose à six lobes; seuilPièce horizontale inférieure de l'encadrement d'une porte. en glacis profond.

Blottie contre le bras Sud du transept et le chœur, chapelle de la Sainte-Croix, d’un seul niveau sous la toiture en appentisToit à un seul versant. qui prolonge la bâtièreToit à deux versants. du croisillon. Murs couronnés d’une double friseBande horizontale, décorée ou non, située au milieu de l’entablement. Par extension, suite d’ornements en bande horizontale. d’arcatures; fenêtre cintrée au Sud. Émergeant de l’appentis, contre la tour de croiséeBaie à croisée. Baie divisée par des meneau(x) et traverse(s) se croisant à angle droit., une tourellePetite tour engagée dans un bâtiment, généralement sur un de ses angles. d’escalier couverte d’une toiture conique.

Sacristie plus basse, de cinq travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. sur trois, ajoutée contre la chapelle et le chœur, éclairée par des fenêtres rectangulaires. Murs de briques; en pierre blanche, les seuilsPièce horizontale inférieure de l'encadrement d'une porte., montants harpés et linteauxÉlément rectiligne d’un seul tenant, en pierre, bois, béton ou métal, couvrant une baie. des baiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. et le cordonCorps de moulure horizontal, à rôle purement décoratif, situé sur une partie quelconque d’une composition. profilé en doucineMoulure de profil en S, composée d’une courbe raccordée à une contre-courbe.. Toiture peu élevée à quatre pentes.

Au Nord, soubassementPartie massive d’un bâtiment construite au sol et constituant l’assise du bâtiment. À Bruxelles, le soubassement est d’ordinaire en pierre bleue. du chœur masqué par une annexe du XIXe siècle aux murs cimentés. Entre le chœur et le croisillon Nord, chapelle de Notre-Dame aux murs de pierre blanche rythmés par des contreforts à glacis entre lesquels s’ouvrent de hautes fenêtres cintrées, aveuglesUn élément est dit aveugle lorsqu’il est dénué d’ouverture. Une baie aveugle est un élément construit sans ouverture, imitant une porte ou une fenêtre. au chevet. Toiture à croupesUne croupe est un versant de toit qui réunit les deux pans principaux d’un toit à leur extrémité. Contrairement à la croupette, la croupe descend aussi bas que les pans principaux. à hauteur de celles du chœur et du transept.

À l’intérieur, contraste saisissant entre l’ample vaisseau de style gothique tardif, généreusement éclairé, et le transept et le chœur romano-gothiques, moins élevés et plus sombres.

Nef, bas-côtés et chapelles latérales presque totalement décapés vers 1872, ne conservant que quelques traces de peintures du XVe siècle et laissant à nu les voûtes d’ogives à nervures et clé historiée de pierre et voûtains de briques.
Sous la tour Ouest, une travée1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. couverte d’une voûte en réseau sur consolesPièce de pierre, de bois ou de métal partiellement engagée dans un mur et portant un élément en surplomb. La console se distingue du corbeau par ses dimensions plus grandes et par le fait qu’elle s’inscrit grosso modo dans un triangle rectangle. La console désigne également des éléments non porteurs, mais apparentés d’un point de vue formel à une console. et piliers de quatre colonnes, au-dessus du jubé baroque en chêne, exécuté en 1705 par G. De Bruyne, et de l’orgue de P. Schyven, placé en 1890 dans un meuble néo-gothique en deux parties des frères Goyers, qui dégage le vitrail de H. Dobbelaere.
Nef centrale sur deux niveaux, divisée en cinq travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. par deux fois quatre colonnes et deux piliersSupport vertical de plan carré. cruciformes à l’Est. Colonnes à fût rond, socle octogonal à deux étages et chapiteauCouronnement orné ou mouluré, d’une colonne, d’un pilier ou d’un pilastre. orné d’une double couronne de feuilles de chou frisé, typiques du gothique brabançon. Tailloir octogonal recevant les arcs en tiers-point qui séparent la nef des bas-côtés, le faisceau de colonnettes engagées dans le mur de la nef qui se prolongent au-delà du clair-étage dans les doubleaux et nervures des voûtes, et, sans intermédiaire, les doubleaux et nervures des voûtes des collatéraux d’un niveau. Clair-étage souligné par la coursière étroite du triforium bordée d’une balustradeGarde-corps composé de balustres, c’est-à-dire de petits supports en répétition, généralement profilés et de section circulaire. de pierre ajourée d’une suite d’arcs en accoladeUn élément est dit en accolade lorsque son tracé se compose de deux courbes en doucine se rejoignant selon une pointe. chevauchant des arcsStructure appareillée de couvrement, cintrée selon un profil donné. en plein cintre. Fenêtres entourées d’archivoltes reposant sur des soclesMassif surélevant un support ou une statue. octogonaux. Suspendues aux colonnes et reposant sur des soclesMassif surélevant un support ou une statue. de pierre frappés aux armes et portant l’épitaphe de leurs donateurs, statues de pierre figurant les apôtres, des évangélistes, la Vierge et saint Joseph et l’Enfant, dont deux sculptées par J. Duquesnoy le Jeune, deux par L. Faidherbe et une par J. Cosyn, entre 1645 et 1657. Croix de consécration peintes sur les fûts.
Bas-côtés séparés des chapelles par les mêmes arcsStructure appareillée de couvrement, cintrée selon un profil donné. brisés retombant, ainsi que les nervures des voûtes et les doubleaux, sur des colonnes du même type, regroupées ici par trois entre chaque travée1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade..
Chapelles de plan rectangulaire, plus profondes au Sud qu’au Nord, dont les murs de séparation font office de contreforts. Autels de style baroque, des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles, et de style néo-gothique, du XIXe siècle, parmi lesquels l’autel de marbre offert par G. de Bie en 1624 et l’autel de pierre de A. Desenfans et E. Collés en 1898.

Transept entièrement en pierre de grèsTerre cuite de texture serrée, légèrement vitrifiée, glaçurée ou non. Le grès désigne également une famille de pierres composées de silice., décapé, mais laissant voir quelques traces de peinture du XVe siècle ; couvert de voûtes d’ogives à clé historiée, une de plan presque carré à la croiséeBaie à croisée. Baie divisée par des meneau(x) et traverse(s) se croisant à angle droit., deux de plan rectangulaire sur chaque bras, dont l’irrégularité, au Sud, exprime, comme l’évolution du style des chapiteauxCouronnement orné ou mouluré, d’une colonne, d’un pilier ou d’un pilastre. et des façades, que la construction a été menée du Sud vers le Nord.
À la croiséeBaie à croisée. Baie divisée par des meneau(x) et traverse(s) se croisant à angle droit., sous la tour, quatre piliersSupport vertical de plan carré. carrés, renforcés par un pilastre engagé dans chaque face et par une colonne d’angle à chapiteauCouronnement orné ou mouluré, d’une colonne, d’un pilier ou d’un pilastre. roman à feuilles d’eau, à l’Ouest, gothique à crochets, à l’Est ; larges doubleaux plats.
Dans les croisillons, nervures des voûtes retombant sur des colonnes d’angle à chapiteau à crochets et, à l’Ouest, sur des culots de style gothique tardif. Au-dessus du formeret Ouest, vers la chapelle latérale, une fenêtre cintrée bouchée, cantonnée de colonnettes montrant un toreMoulure pleine de profil courbe, en portion de cercle ou d’ovale ou en demi-cœur. annelé au Sud, moins évolué que le chapiteauCouronnement orné ou mouluré, d’une colonne, d’un pilier ou d’un pilastre. à crochets du Nord. Croisillon Nord conservant à l’Est le pilier central et les doubleaux couronnant l’entrée aux deux chapelles contiguës, transformées en 1654 en une chapelle unique. ArcadesBaie aveugle ou non, coiffée d'un arc, souvent en répétition et allant jusqu’au sol. aujourd’hui vitrées et, adossé au pilierSupport vertical de plan carré., monument funéraire de Ch.-A. de Croy, mort en 1624. Au Nord, tambourMur d'une tour circulaire, ovale ou polygonale, sur lequel repose une coupole. de porte néo-gothique des frères Goyers en 1876-1883.

place de la Chapelle. Église Notre-Dame de la Chapelle, vue intérieure (photo 1985).


Chœur profond, couvert d’une voûte sexpartite sur la partie droite, rayonnante au-dessus du chevet. ÉlévationDessin à l'échelle d'une des faces verticales d’un édifice. Par extension, façade d'un bâtiment ou ensemble de ses façades. sur deux niveaux séparés par une cimaise soulignant un retrait dans le mur qui sert de galerie contournant le chœur. Supportant les voûtes, colonnes élancées montant sur les deux niveaux : socle cylindrique élevé, base en double toreMoulure pleine de profil courbe, en portion de cercle ou d’ovale ou en demi-cœur., fût interrompu à hauteur de cimaise par un anneau, orné de feuilles ou de figures dans le chœur; chapiteauxCouronnement orné ou mouluré, d’une colonne, d’un pilier ou d’un pilastre. décorés de feuilles à crochets, reliés au mur, par-dessus la galerie, par un entablementCouronnement horizontal qui se compose d’une architrave, d’une frise puis d’une corniche. Les façades sont d’ordinaire coiffées d’un entablement. On peut également trouver un petit entablement au-dessus d’une baie ou d’une lucarne. appuyé sur une colonne engagée ; colonnes regroupées par trois au seuilPièce horizontale inférieure de l'encadrement d'une porte. de l’abside; sous la voûte sexpartite, colonnes intermédiaires partant de la cimaise, sur un culot. Entre les départs de voûte, neuf fenêtres garnies en 1869 de vitraux dessinés par Charle-Albert, sur le modèle de ceux de Bourges, et exécutés par Van der Poortere. Dans la travée droite, au Sud, au-dessus de deux niches carrées, porte de l’escalier en vis de l’ancienne tour de croiséeBaie à croisée. Baie divisée par des meneau(x) et traverse(s) se croisant à angle droit. débouchant dans la galerie. À l’entrée du chevet polygonal, au Nord, porte dite du Prévôt : archivoltesMouluration disposée sur le front de l’arc. Le corps de moulures qui compose l’archivolte est de faible ampleur, moins complexe que celui de la corniche. cintrées entourant le tympanEspace, décoré ou non, circonscrit par un fronton ou un arc de décharge. orné d’un trilobé; colonnes à chapiteauCouronnement orné ou mouluré, d’une colonne, d’un pilier ou d’un pilastre. à crochets. En face, ancien presbyterium, aujourd’hui entamé pour livrer accès à la sacristie. Décor polychrome des murs et voûtes, très chargé, peint en style néo-romano-gothique, par-dessus des restes de peintures du XVe siècle, par Charle-Albert en 1866-1869. Maître-autel en pierre, néo-romanLe style néo-roman (à partir de 1850 environ) est une tendance architecturale mettant à l’honneur les formes inspirées du moyen-âge roman., exécuté en 1869 par les frères Goyers, d’après un projet dessiné par Jamaer.

Greffée à l’Est du croisillon Sud, petite chapelle de la Sainte-Croix, plus tard de la Trinité, dont les nervures de voûte, en toreMoulure pleine de profil courbe, en portion de cercle ou d’ovale ou en demi-cœur. aminci et annelées, prennent appui sur des colonnettes d’angle à chapiteauCouronnement orné ou mouluré, d’une colonne, d’un pilier ou d’un pilastre. à crochets. Éclairée à l’origine par trois baiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. cintrées : celle de droite modifiée en 1648 et garnie en 1852 d’un vitrail de J.-B. Capronnier représentant le duc Godefroid; les deux du fond murées pour y adosser un autel. Autel actuel en pierre, sculpté d’un Christ au tombeau, par P. Dunion en 1852. Encadrées par les arcsStructure appareillée de couvrement, cintrée selon un profil donné. formerets qui relient les colonnes d’angle, peintures murales de J.-B. Van Eycken en 1851-1852, restaurées en 1955.

À gauche, entre la chapelle et le chœur, espace muré vers le transept, auquel s’adosse un intéressant monument de marbre commandé en 1647 par Ch. d’Hovyne et son épouse pour abriter une relique de la Sainte-Croix, sans doute en remplacement de la niche polygonale très ouvragée qui avait été aménagée à cet effet au XVe siècle, se trouve toujours à l’arrière, contre le départ de l’escalier en vis de la tour de croiséeBaie à croisée. Baie divisée par des meneau(x) et traverse(s) se croisant à angle droit., et sera dégagée dans le cadre de la restauration en cours.

Accessible depuis le croisillon Nord, chapelle de Notre-Dame ou du Saint-Sacrement, en pierre de grèsTerre cuite de texture serrée, légèrement vitrifiée, glaçurée ou non. Le grès désigne également une famille de pierres composées de silice. et briques, décapée. Trois travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. rectangulaires voûtées d’ogives, séparées par de larges doubleaux plats à caissons reposant sur des consoles baroques. Une fenêtre par travée1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade., deux au Sud appartenant au chœur, trois au Nord, cintrées et à encadrement profilé. Sous chaque fenêtre, un tableau peint d’un paysage avec la Sainte-Famille, œuvres du troisième quart du XVIIe siècle dues à F. Coppens, au Sud, à J. d’Artois, L. Achtschellinck et W. Van Schoor, au Nord, prises dans le lambrisLe lambris est un revêtement de menuiserie, de marbre ou de stuc couvrant la partie inférieure ou l'entièreté des murs d’une pièce. en chêne qui tapisse les murs. Sur l’autel baroque de bois datant de 1658, statue habillée de Notre-Dame de Grâce, en bois polychrome, du XVe-XVIe siècle. Dans l’abside, deux monuments funéraires : à gauche, celui de L. Voeller, mort en 1675 et à droite, celui de la famille Spinola, par P.-D. Plumier vers 1716. Adossée au trumeauPan de mur compris entre deux travées ou entre deux baies d'un même niveau. de l’entrée, plaque commémorative de Fr. Anneessens par J. Van Geel en 1834, d’après un dessin de l’architecte T.-F. Suys.

Intérieur de la sacristie tapissé en 1751 de lambrisLe lambris est un revêtement de menuiserie, de marbre ou de stuc couvrant la partie inférieure ou l'entièreté des murs d’une pièce. de chêne de style Régence intégrant des armoires, des peintures de J.-B. Sévin et des fenêtres à guillotine. Plafond autrefois peint en trompe-l’œil.
Mobilier fort riche, particulièrement fourni pour le XIXe siècle, parmi lequel on épinglera les pièces suivantes, exposées ou non, outre celles déjà citées. Chaire de vérité en chêne avec groupe d’Elie nourri par un ange, sculptée par P.-D. Plumier en 1721 et provenant du couvent des Carmes. Stalles néo-gothiques en chêne, du troisième quart du XIXe siècle. Lutrin de marbre sculpté en 1772 par A.-F. Abeets, avec aigle en laiton de F. Mauduan en 1842. Fonts baptismaux en pierre bleue, de 1475. Confessionnaux en chêne de la fin du XVIIe siècle. Banc de communion de la chapelle de la Sainte-Croix, en chêne, du XVIIIe siècle. Reliquaire de saint Boniface en sapin laqué noir rehaussé de cuivre doré, par Beukens en 1850, d’après un dessin de l’architecte A. Balat.

Sculptures du XVe au XIXe siècle, dont un groupe de la Sainte-Trinité (XVe siècle), des statues de sainte Marie d’Antioche (vers 1520), Notre-Dame de Miséricorde (XVIe siècle), Notre-Dame de la Solitude (milieu du XVIe siècle, par G. Becerra), sainte Aye (1674), saint Christophore (XVIIe-XVIIIe siècle), Trinité de sainte Anne (XVIIIe siècle), Notre-Dame des Chaudronniers (1731, par R.-I. Baligant), saint Aubert (patron des boulangers, milieu du XIXe siècle).

Nombreuses dalles funéraires scellées dans le dallage et plusieurs monuments funéraires intéressants, tels, au XVIIe siècle, ceux de L. Verreycken († 1621), Van Bemmel († 1633), Ch. d’Hovyne († 1671 ; sculptures en marbre de J. Van Delen), P. Brueghel le Vieux († 1569; élevé en 1676 par D. Teniers III), A.-C. Lens († 1822; par G.-L. Godecharle, d’après les dessins de P.-J.-C. François, daté de 1823).
Belle collection de peintures du XVIe au XIXe siècle, parmi lesquelles une Descente de croix (XVIe siècle, atelier de M. De Vos), plusieurs tableaux de H. De Clerck (dont deux datés de 1599 et 1619), une Apparition du Christ à la Vierge, par G. De Crayer, vers 1624, une œuvre de Th. Van Thulden, du troisième quart du XVIIe siècle. Quelques copies intéressantes. Stations du Chemin de croix peintes par J.-B. Van Eyck en 1844-1846.


Sources

Archives
AVB/NPP C 15.

Ouvrages

Église de Notre-Dame de la Chapelle à Bruxelles. Plans, coupes et détails du chœur édifié au XIIe siècle, restauré en 1867- 1868 et 69 sous la direction de V. Jamaer, s.l., s.d.
DE BRUYN, H., Anciennes et nouvelles peintures de l’église de Notre-Dame de la Chapelle à Bruxelles, dans B.C.R.A.A., 1879, pp. 179-232.
BOECKX, E., Notre-Dame de la Chapelle à Bruxelles. Histoire de la paroisse et de l’église, Bruxelles, 1928. 
THIBAUT de MAISIERES, M., Les églises gothiques de Bruxelles, Bruxelles, 1942. 
LEMAIRE, R.-M., Le transept et le chœur de l’église Notre-Dame de la Chapelle, mémoire de licence dactylographié, Université de Louvain, 1942. 
Une église au fil de l’histoire : Notre-Dame de la Chapelle à Bruxelles. 1134-1984, catalogue d’exposition, Bruxelles, C.G.E.R., 1984.

Sites internet
BALat KIK-IRPA