Voir les biens de ce lieu repris à l'inventaireReliant la place Rouppe au boulevard du Midi, cette large avenue fut créée à partir de 1869 dans la prolongation de la rue du Midi, sur l’ancien chemin de fer de la ligne Bruxelles-Tubize et sur la station des Bogards (1840). Elle conduisait à l’origine à la nouvelle gare du Midi (1864-1869, architecte A. Payen) construite place de la Constitution. La rue Schavaye, tracée en 1839 parallèlement au chemin de fer et perpendiculairement aux rues de la Fontaine, Sallaert et Frédéric Basse, fut incorporée dans la nouvelle artère. Cet aménagement, contemporain des boulevards centraux, constitue le tronçon final de l’axe de circulation — parallèle à ces boulevards — entre la gare du Nord de l’époque et la gare du Midi. L’artère fut bâtie à partir de 1870. En 1948, l’appellation actuelle succéda à celle d’avenue du Midi.

Cette large avenue était initialement bordée de platanes, enlevés en 1946 et récemment remplacés par des sorbiers. On y construisit dans les années 1870 un bâti homogène d’allure néoclassique destiné principalement à l’habitat, les commerces se concentrant initialement au début et à la fin de la rue ainsi qu’aux angles. Ce bâti est actuellement quasiment intact, mis à part quelques immeubles dotés d’un nouveau rez-de-chaussée commercial ou d’un nouveau parement et six immeubles réaménagés ou reconstruits. Les élévations similaires présentent un décor de stuc varié et un entablement «classique» et sont en général animées par des balcons en pierre bleue à garde-corps ouvragé en fonte; elles sont souvent couronnées par des toits mansardés à lucarnes et œils-de-bœuf. La maison bourgeoise de trois travées avec mise en évidence de l’axe et trois niveaux sur caves hautes est l’un des types les plus courants. Ainsi, les nos 12 (1876), 35 (1882), 95 (1880), 97, 99 et 101 (1876) (voir aussi au n°9). Les nos 15-17, 107-109 et 111 (1872), ainsi que 113-115 (1872) offrent des exemples d’immeubles de commerce dotés d’un entresol ou d’un étage supplémentaires et, originellement, d’une devanture «classique»; type repris en plus vaste aux angles, comme aux nos 5 (1875, architecte E. Boussard; en grande partie démoli), 14-16 (1877), 90-94 (1878) et 117 (1872). Du côté pair se détachent une série de prestigieux hôtels de maître caractérisés par une porte cochère et, entre autres, par l’emploi de pierre blanche. Le côté impair est dominé par la monumentale façade arrière du Palais du Midi (voir boulevard M. Lemonnier, no 132-172). Entre les rues de la Fontaine et Frédéric Basse subsiste un front de façades de l’ancienne rue Schavaye : sobres maisons néoclassiques du deuxième quart du XIXe siècle comptant trois niveaux et trois travées sous bâtière, certaines avec balcon axial ou demi-étage, actuellement pratiquement toutes transformées ; ainsi, les nos 102, 106, 114 et 116 (1847), 118 et 120.

Sources

Archives
AVB/TP 29871 (1869 et années suivantes), 26165 (1839), 6037 (1876), 6012 (1882), 6022 (1880), 6023-6024 (1876), 6026 (1872), 6028 (1872), 1044 (1875), 3022 (1877), 11385 (1878), 16617 (1872), 6071 et 6073 (1847).