La rue Charles Ramaekers relie le boulevard Émile Bockstael au square Prince Léopold, croisant sur son parcours la rue Alfred Stevens.

Le premier tronçon de l’artère constituait à l’origine la dernière portion de la rue de Vrière, dont la dénomination, attribuée en 1885, regroupait différentes voies plus anciennes formant un parcours sinueux longeant le Molenbeek, entre la drève Sainte-Anne et la rue Fransman (actuelle rue Alfred Stevens). À hauteur de la future rue Ramaekers, la rivière, qui serpentait depuis Jette en direction de la Petite Senne, via le Domaine royal, coulait en droite ligne en bordure nord de la voirie. Un réaménagement complet de la zone est prévu par l’arrêté royal du 18.02.1899. Un quartier en étoile y est conçu, centré sur le futur square Prince Léopold, qui sera aménagé vers 1905. À cette occasion, la fin de la rue de Vrière, rebaptisée cette année-là rue Charles Ramaekers, est prolongée entre la rue Fransman et le square, tandis que le tronçon existant est redressé et élargi. Entre 1904 et 1907, le Molenbeek fait l’objet de travaux de voûtement et passe désormais sous la rue Ramaekers, avant de déboucher dans un bassin de retenue au milieu du square, qui sera remblayé entre 1927 et 1930. Le nom de l’artère évoque le souvenir de Charles Ramaekers, qui fut secrétaire général au ministère des Chemins de Fer, Postes et Télégraphes. Il fut notamment à l’origine du recouvrement ferroviaire de la place Émile Bockstael, effectué en 1905.

Dans le premier tronçon de la rue côté pair fut implantée, avant 1872, l’Usine à Gaz de Laeken. Gérée par la Compagnie anonyme du Gaz de Saint-Josse-ten-Noode, cette usine fut encore agrandie en 1907, avant de fermer ses portes juste avant ou pendant la Première Guerre mondiale.

La physionomie de la rue est largement marquée par la présence de plusieurs ensembles de logements sociaux conçus à des périodes différentes pour le Foyer Laekenois. Les premiers, conçus en 1921 et 1922 par les architectes Jean-Baptiste Dewin, Joseph Diongre et Adolphe Puissant, s’implantent sur le site de l’ancienne usine à gaz (voir nos4, 14 à 36 et 38a). En 1950 sont érigés trois autres complexes: le premier, occupant le second îlot côté pair (nos40 à 48), est conçu par les architectes François De Bondt, Auguste Peeters et Ferdinand Petit; le deuxième est dû à l’architecte
Égide Dekeuleneer (voir nos3a à 7) et le troisième, à l’angle de la rue Alfred Stevens, aux architectes Art. Paulis et Fr. Thomisse (nos49, 51 et rue Stevens 40).

Outre quelques constructions de 1914, la rue se bâtit essentiellement durant l’entre-deux-guerres, de maisons et immeubles de rapport d’inspirations éclectique, comme les nos8 (architecte M. Vidy, 1922) et 23 (architecte François De Bondt, 1929-1932), Art Déco, tel le no13 (1927), ou encore moderniste, comme le no19 (1934).

Voir les biens de ce lieu repris à l'inventaire

Sources

Archives
AVB/AR rues, boite 38-53, cote 42, no7 (
23.07.1885); boite 54-63, cote 61, no17 (23.08.1905); boite 233-235, cote 235, no92 (25.06.1930).
AVB/PP 3429 (1888).
AVB/TP Laeken 2774 (1872), Laeken 1801 (1907); 8: 27587 (1922); 13: 52911 (1927); 19: 44516 (1934); 23: 40554 (11929-1932); 40 à 48: 62243 (1950); 49, 51: 62245 (1950).

Ouvrages
VAN KRIEKINGE, D.,
Essai de toponymie laekenoise, Laeken, 1995, s.p.
VAN NIEUWENHUYSEN, P., Toponymie van Laken (thèse de doctorat en Philologie germanique), UCL, Louvain-la-Neuve, 1998, p. 679.

Périodiques
Almanachs du Commerce et de l’Industrie
, «de Vrière (rue)», 1888, 1905.
Almanachs du Commerce et de l’Industrie, «Fransman (rue)», 1885, 1887.
VAN DER ELST, W., «Weer een vijver… in de Prins Leopoldsquare te Laken», Laca Tijdingen, année 21, 3, juillet 2010,
pp. 14-37.
VAN DER ELST, W., «Alphonse Wautersstraat in Laken. Emile Wautersstraat in Laken», Laca Tijdingen, 4, octobre 2013,
pp. 20-31.

Sites internet