Le boulevard du Centenaire est une artère pentue de 800 mètres de long sur 52 de large, qui relie la place Saint-Lambert, à l’extrémité des avenues Jean Sobieski et des Ébéniers, à la place de Belgique, à la jonction des avenues Impératrice Charlotte et de Miramar. Le boulevard est ponctué de deux ronds-points: la place Louis Steens, que traverse l’avenue du Gros Tilleul, et le square de l’Atomium, qui articule les avenues de Bouchout et de l’Atomium.

Épine dorsale du site du Heysel, l’artère a été tracée en vue de l’Exposition universelle et internationale de Bruxelles 1935. Occupant le versant occidental de la vallée de la Senne, le site, d’environ 123 hectares, présente une dénivellation de 35 mètres entre la chaussée Romaine et la place Saint-Lambert. Propriété du roi Léopold II, il fut légué en 1909 à l’État, avant d’être acquis par la Ville en 1926, en prévision de l’événement. Le plan général de l’exposition fut dressé par les ingénieurs P. Gillet et Lefèvre, en collaboration avec Joseph Van Neck, architecte en chef de l’exposition.

Comme les autres artères principales de l’exposition, le boulevard du Centenaire fut aménagé en 1932-1933. Attribuée en séance du Collège de la Ville de Bruxelles du 07.03.1930, sa dénomination renvoie au centenaire de l’Indépendance de la Belgique. L’exposition universelle avait en effet été planifiée pour 1930, afin de commémorer l’événement. Laissant les villes d’Anvers et de Liège organiser chacune une exposition, Bruxelles reporta la sienne à 1935, à l’occasion du cinquantième anniversaire de la création du Congo belge et du centième anniversaire du premier chemin de fer belge. Resté l’axe principal du site lors de l’Expo 58, le boulevard fut divisé en trois sections, respectivement baptisées avenue du Benelux pour la partie basse, avenue du Congo pour la centrale et avenue de Belgique pour la partie haute.

Pour l’exposition de 1935, le boulevard fut aménagé sous la direction de Jules Buyssens, architecte en chef des jardins. Il fut bordé de deux rangées de peupliers ponctuées de pylônes lumineux. Son terre-plein central était agrémenté de parterres fleuris dans les deux tronçons inférieurs, séparés par un bassin circulaire à fontaine place Louis Steens, tandis que dans le supérieur fut aménagé un escalier d’eau. Composé de huit bassins-fontaines échelonnés sur 206 mètres de longueur, celui-ci créait à la nuit tombée des fééries lumineuses. Au bas du boulevard se trouvait l’entrée sud de l’expo, l’entrée Centenaire – avec ses hauts pylônes blancs et ses victoires aux ailes d’or –, qui offrait une perspective ininterrompue vers le Grand Palais.

Pour l’Expo 58, les peupliers furent partiellement maintenus, tandis que l’ensemble des terre-pleins centraux fut aménagé en bassins à cascades, avec pour point final la Fontaine Benelux, encore en place aujourd’hui (voir notice). Baptisée porte Benelux, l’entrée au bas de l’avenue fut conçue par
le Groupe Pyjama (architectes André Pirnay, Robert Jeanne et Guy Martin). Dessinant un boomerang planté d’un pylône, elle était accompagnée côté place Saint-Lambert d’un petit pavillon circulaire, toujours existant (voir notice). Implanté sur le second rond-point, l’Atomium vint interrompre la perspective du boulevard, s’imposant comme point central du site (voir square de l’Atomium). L’artère était parcourue par une double ligne de téléphérique, qui comptait plusieurs stations dont une occupant la place Louis Steens et une autre au sommet de l’avenue, semi-enterrée afin de ne pas rompre les perspectives. Aujourd’hui, le boulevard présente un terre-plein gazonné. Il est entièrement bordé d’arbres, sous forme de zone arborée dans sa partie basse et en rangée dans sa partie haute.

Côté est, le boulevard longe un premier îlot boisé, qui accueillait jadis la propriété Vanderborght, un domaine remontant au XVIIe siècle, avec ferme et maison de plaisance. Un château y fut bâti en 1885 pour Victor Vanderborght, avant d’être habité par la baronne de Vaughan, dernière compagne du roi, jusqu’au décès de celui-ci. Ses dépendances furent démolies en 1930 et la bâtisse, jouxtant la section du Vieux Bruxelles, servit de bureau de police et de poste de pompiers durant l’exposition de 1935. Elle disparut en 1956. Le deuxième tronçon du même côté est toujours occupé par le parc d’Osseghem (voir notice), un parc forestier aménagé pour l’exposition de 1935 par l’architecte-paysagiste Jules Buyssens.

Quant au troisième tronçon côté est, agrémenté d’un bassin circulaire, il accueille depuis 1975 le Trade Mart (square de l’Atomium no1 – avenue de l’Atomium no13),
un centre d'affaires pour professionnels des secteurs de la mode et de l'aménagement intérieur. Ce vaste immeuble conçu par l’architecte John Portmanabrite également, depuis fin 2015, l’ADAMuseum (place de Belgique no1).

Côté ouest, les trois îlots sont limités par des voies de tram aménagées en tranchée en 1935 pour mener les visiteurs jusqu’au sommet du site de l’exposition. Les deux premiers îlots sont boisés, le troisième accueille un parking dominé par le pavillon et la passerelle d’accès à Bruparck. Créé
en 1988, ce complexe de loisirs remplace le Meli Park, un parc d’attractions établi après l’Expo 58 sur le site de la Belgique Joyeuse. Bruparck regroupait quatre entités: le parc aquatique Océade, le complexe de restaurants The Village (fermé en 2017), le parc Mini-Europe et le complexe de cinémas Kinepolis. À l’exception de ces deux derniers, le complexe est destiné à disparaître, dans le cadre du projet NEO, au profit d’un nouveau quartier baptisé Europea.

Au bas de l’artère, l’arrêt de tram Centenaire remonte à 1935: une gare pour les tramways vicinaux y avait été implantée, dont les voies partaient vers l’est en direction de l’avenue de Meysse. En 1958, celles-ci furent enterrées pour passer sous les pavillons de la section étrangère.
Voir les biens de ce lieu repris à l'inventaire

Sources

Archives
AVB/AR rues, boite 20-24, cote 22, no16 (
07.03.1930); boite 20-24, cote 23, no11 (15.07.1932).
AVB/TP Laeken 3591 (1884), 91748 (1987), 94073 (1987).

Ouvrages
COOMANS, T., Le Heysel et les expositions universelles de 1935 et 1958, coll. Bruxelles, Ville d'Art et d'Histoire, 5, 1994.
Exposition de Bruxelles 1958. L’architecture, les jardins et l’éclairage, Mémorial officiel de l'Exposition universelle et internationale de Bruxelles de 1958, Bruxelles, 1958.
GUILLAUME, A., MEGANCK, M., Atlas du sous-sol archéologique de la région de Bruxelles. 24. Laeken, Direction des Monuments et des Sites – Musées royaux d’Art et d’Histoire, Bruxelles, 2012, pp. 87-88.
Le livre d’or de l’Exposition universelle et internationale Bruxelles 1935, Comité exécutif de l’exposition, Bruxelles.
VAN KRIEKINGE, D., Essai de toponymie laekenoise, Laeken, 1995, s.p.
VAN NIEUWENHUYSEN, P., Toponymie van Laken (thèse de doctorat en Philologie germanique), UCL, Louvain-la-Neuve, 1998, p. 773.

Périodiques
CHARRUADAS, P., MEGANCK, M., «Sur le plateau d’Osseghem. Paysage rural et activités agricoles avant le quartier du Heysel», Exposition universelleLes Cahiers de la Fonderie, 37, 2007, p. 17.
«Laken, vroeger en nu. De Eeuwfeestlaan», Laca Tijdingen, 3, année 13, mars-mai 2002, pp. 19-20.

Sites internet
www.bruciel.brussels.
www.europea.brussels.