L’avenue des Magnolias est une artère courbe qui relie l’avenue Houba de Strooper, au carrefour avec l’avenue Impératrice Charlotte, à la chaussée Romaine. Elle croise sur son parcours les rues des Pivoines et des Genévriers puis traverse la place du Lotus, qui dessert les rues du Cresson et de la Ciboulette.

Après en avoir constitué la limite est, l’artère traverse la Cité du Verregat (voir notice), bordée au nord par la chaussée Romaine. Comme les autres artères de la cité, la rue porte le nom d’une plante ou, comme ici, d’un arbrisseau, attribué par arrêté du Collège de la Ville de Bruxelles du 24.04.1925.

L’artère ne se bâtit qu’au début des années 1950. Sur les trois derniers îlots côté pair et les deux derniers côté impair est érigé, de 1951 à 1953, un ensemble de 27 immeubles de logements s’étendant également le long de la chaussée Romaine (nos14 à 30 et 55 à 59 avenue des Magnolias, 621 à 639 chaussée Romaine, 22 rue du Verregat, 1 et 3 place du Lotus et 1 rue des Pivoines). Ils furent conçus en 1949 par l’architecte Jules Ghobert pour la société coopérative Le Home, gestionnaire de la Cité du Verregat. Ces blocs de trois niveaux sous toit en bâtière présentent des façades de briques rouges rehaussées d’encadrements en céramique jaune et de claustras rouges de même matériau.

Dans l’îlot triangulaire compris entre l’avenue Houba de Strooper et la rue des Pivoines est implanté l’Institut Regina Pacis (nos2, 4). Son origine remonte à 1928, quand le cardinal Van Roey charge l’abbé Albert Coessens de créer sur ce terrain de 2,5 hectares cédé par Le Home un centre paroissial pour la Société Notre-Dame de Laeken. En septembre de l’année suivante est érigé au milieu de la parcelle, parallèlement à l’avenue Houba, un bâtiment regroupant le logement de l’abbé, un cloître pour les sœurs des Écoles chrétiennes, l’église et l’école du Divin Enfant Jésus. En 1936-1937, l’architecte Armand Demey érige un presbytère à front de l’avenue Houba, puis une nouvelle église à sa gauche, inaugurée en 1941 (voir nos757, 759-761). En 1946, le même architecte prolonge le bâtiment de 1929 jusqu’à front de l’avenue des Magnolias (no2), à usage de l’école. Rebaptisée Institut Regina Pacis, celle-ci est dotée en 1967, au no4, d’un nouveau bloc de classes moderniste. Conçu par l’architecte Hugo De Sutter, il présente une entrée sous auvent plat et des fenêtres en bandeau ayant conservé leurs châssis d’aluminium. En 1969, le même De Sutter conçoit une maison pour la congrégation côté rue des Pivoines (no4), aujourd’hui convertie en section maternelle. En 2016-2017, le no2 est doté d’un étage supplémentaire et, en 2018, le corps de 1929 est remplacé par un nouveau bâtiment.

Côté impair, la pointe de l’îlot formé avec l’avenue Impératrice Charlotte est occupée par l’ancienne École communale no30, aujourd’hui École primaire et maternelle des Magnolias, conçue par l’architecte J. Opdenberg et inaugurée le 11.10.1978 (nos1, 7 et avenue Impératrice Charlotte 2). Cette école communale occupait auparavant les locaux, aujourd’hui désaffectés, du côté impair de la rue du Verregat (voir cette rue). Plus loin, à l’angle de la rue des Genévriers, s’étend le parc du Verregat, aménagé sur l’ancien héliport de l’Expo 58. On y distingue encore le tracé des pistes circulaires et des bandes asphaltées.
Voir les biens de ce lieu repris à l'inventaire

Sources

Archives
AVB/TP 1-7: 82952 (1969), 87010-87011 (1975); 2-4: 71284 (1929), 67528 (1946), 87574 (1967), 81263 (1969); 14 à 30, 55 à 59: 77517 (1949); rue des Pivoines 4: 81263 (1969).

Ouvrages
VAN KRIEKINGE, D., Essai de toponymie laekenoise, Laeken, 1995, s.p.
VAN NIEUWENHUYSEN, P., Toponymie van Laken (thèse de doctorat en Philologie germanique), UCL, Louvain-la-Neuve, 1998, p. 1415.
VAN ROSSEM, P., WOUTERS, D., Regina Pacisinstituut. Meer dan 80 jaar zusters der christelijke scholen in Verregat, Regina Pacisinstituut, 2011.