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Située sur le territoire de Bruxelles, cette artère relie la place semi-circulaire clôturant l'avenue Louise devant le bois de La Cambre, à l'avenue Franklin Roosevelt.

Dans son plan de l'agglomération bruxelloise de 1866, l'inspecteur-voyer Victor Besme avait prévu de relier les boulevards Militaires (à hauteur de l'avenue du Congo) à la chaussée de Waterloo, en traçant une avenue passant devant le bois de La Cambre. La Ville de Bruxelles refusa d'exécuter ce plan qui aurait troublé la promenade de l'avenue Louise dans sa dernière section. Cependant, à la préparation de l'Exposition universelle de 1910, la Ville décida quand même d'établir une avenue devant le front du bois jusqu'à la place semi-circulaire.

Cette avenue prenait partiellement place sur un cul-de-sac menant à un dépôt de trams, situé à l'emplacement de l'actuel no 6-7 et conçu à partir de 1869. Cette année-là, une ligne de tramway, la 1re du pays, avait en effet été créée pour relier, par l'avenue Louise, le centre-ville au bois de La Cambre à l'entrée duquel se trouvait le dépôt, avec remises, écuries, ateliers d'entretien et salles d'attente pour voyageurs. Tout naturellement, l'artère ainsi tracée fut d'abord baptisée avenue des Tramways. En séance du Conseil communal de Bruxelles du 07.02.1919, on la renomma en l'honneur de l'homme d'état britannique.

Longeant le bois de La Cambre, l'avenue n'est bâtie que d'un seul côté, précédé de jardinets de 9,5 m. Au no 6-7-8, donc, prenait autrefois place le dépôt de tram. Vers 1973, il est détruit pour faire place à un long bâtiment de bureaux (architecte Hugo Van Kuyck) en 1974, lui-même rhabillé en style post-moderne par L'Atelier d'Art Urbain en 1996-1998.

Outre le dépôt du tramway, le bâti, à l'instar de l'avenue Émile De Mot, se composait à l'origine d'hôtels particuliers et de maisons bourgeoises, construits pour l'essentiel dans les années 1920 et relevant surtout du style Beaux-Arts, sur des parcelles appartenant à la Ville et mises aux enchères en ventes publiques. Une vaste maison Art nouveau, de 1911 par l'architecte Ernest Blerot (AVB/TP 28776), aujourd'hui détruite, préexistait à cet ensemble cohérent. Dans la première partie de la rue, les anciennes maisons ont fait place à des immeubles à appartements ou de bureaux. Parmi les destructions les plus dommageables, citons, au no 11, celle d'un hôtel particulier de style Art Déco de 1924 par l'architecte Victor Danneels. Celui-ci est remplacé en 1964 par un immeuble de bureaux de style moderniste tardif, par l'architecte René Stapels, pour le compte de « Radio-Télé Luxembourg ». Possédant trois studios d'enregistrement à l'origine, l'intérieur est aujourd'hui entièrement rhabillé. Dans la seconde partie de l'artère, vers l'avenue Franklin Roosevelt, le bâti a gardé sa physionomie originale.

L'avenue est soumise au plan particulier d'aménagement (PPA) approuvé par l'arrêté royal du 07.07.1970, portant sur l'avenue Louise et ses rues adjacentes.

Sources

Archives
AVB/TP 6-7 : 22084 (1869), 26949 (1869-1879), 14546 (1874-1889), 14929 (1894-1895) ; 6-7-8 : 75501 (1965) ; 11 : 31751 (1924), 82725 (1964).
AVB/Bulletin communal de Bruxelles, 1919.

Ouvrages
DUQUENNE, X., L'avenue Louise à Bruxelles, Xavier Duquenne éd., Bruxelles, 2007.
EMERY, A., LOZE, P., BIRKIYE, S., Atelier d'Art urbain. Humanism and Architecture, L'Arcaedizioni, s.l., 2002, pp. 102-105.
Livre d'or. Exposition universelle et internationale de Bruxelles 1910, Rossel éditeur, Bruxelles, s.d., pp. 213-215.
Inventaire visuel de l'architecture industrielle à Bruxelles. Bruxelles hors pentagone, AAM éd., Bruxelles, 1980-82, fiche 122.

Périodiques
« Maison avenue Lloyd George 11 à Bruxelles. Façade principale », L'Émulation, 6, 1927, pl. 21.
« Immeuble de bureaux », La Maison, 1, 1969, pp. 37-40.
« Luxembourg à Bruxelles », Présence de Bruxelles, 84, 1968, p. 62.