Région de Bruxelles-Capitale
Typologie(s)
immeuble de bureaux
Intervenant(s)
Jean VERSCHUERE – architecte – 1964-1968
Statut juridique
Inscrit à l’inventaire légal le 19 août 2024
Styles
Brutalisme
Inventaire(s)
Ce bien présente l’(es) intérêt(s) suivant(s)
- Artistique La signature d’un bien immeuble (bâtiment) par un architecte de renom ne peut pas être considérée comme un critère absolu. Pour évaluer la place qu’un bien occupe dans l’œuvre d’un architecte, ce critère doit être modulé avec la qualité architecturale (composition et structure interne) du bien, sa mise en œuvre (matériaux, maîtrise technique) et la place qu’il occupe dans l’histoire de l’architecture, ces trois éléments pouvant témoigner d’une phase ou d’un aspect de l’architecture urbaine ou paysagère du passé. Les critères suivants s’appliquent alors pour évaluer l’intérêt artistique : la rareté (typologie, style, utilisation des matériaux, sources), la représentativité (idem), l’authenticité (idem + qualité d’exécution) et l’intégrité (état de conservation, éléments d’origine). Un bien possède également un intérêt artistique s’il intègre des œuvres d’art (sculptures, reliefs conçus pour le bien, etc.) ou des éléments décoratifs originaux ou particulièrement qualitatifs (vitraux signés, sgraffites, claire-voie, etc.).
- Esthétique Historiquement, cet intérêt était utilisé pour désigner des espaces verts de valeur et des zones naturelles ou semi-naturelles de grande valeur. Mais elle peut également s’appliquer à de grands ensembles de bâtiments dans une zone urbaine, avec ou sans éléments naturels, ou à des monuments qui marquent le paysage urbain. Une prise en compte d’autres intérêts s’impose : l’intérêt artistique, l’intérêt paysager (intégration de l’œuvre dans le paysage urbain et/ou naturel, les panoramas) et l’intérêt urbanistique (ensembles urbains spontanés ou organisés). Les critères de sélection suivants lui sont généralement associés : la valeur d’ensemble et la valeur contextuelle.
- Historique Le bien présente un intérêt historique : - s’il témoigne d’une période particulière de l’histoire de la région ou de la commune ; - s’il représente un témoignage d’une période particulière du passé et/ou d’une évolution rare pour une période (par exemple, une cité-jardin représentative d’un mode de construction utilisé lors des grandes campagnes d’urbanisation après la Seconde Guerre mondiale, les noyaux villageois illustrant les premiers bâtiments groupés des communes de la Seconde couronne, la Porte de Hal comme vestige de la deuxième enceinte, etc.) ; - s’il témoigne d’un développement urbain (et/ou paysager) particulier de la ville (par exemple, les immeubles des boulevards centraux ou du quartier Léopold) ; - s’il présente un lien avec un personnage historique important, y compris les maisons personnelles d’architectes et les ateliers d’artistes (par exemple, la maison natale de Constantin Meunier, la maison de Magritte) ; - s’il peut être associé à un événement historique important (par exemple, les maisons datant de la reconstruction de Bruxelles suite au bombardement de 1695, la colonne du Congrès) ; - s’il possède une représentativité typologique caractéristique d’une activité commerciale ou culturelle (par exemple, les églises, les cinémas, l’architecture industrielle, les pharmacies) ; - s’il est représentatif de l’œuvre d’un architecte important dans l’histoire de l’architecture à l’échelle internationale, nationale, régionale ou locale (cela concerne à la fois des architectes connus comme V. Horta, V. Bourgeois, M. Polak mais aussi des architectes secondaires, liés localement à une commune, notamment Fernand Lefever à Koekelberg ou Emile Hoebeke à Berchem-Sainte-Agathe).
- Urbanistique Certains biens architecturaux ont historiquement joué un rôle prépondérant dans l’aménagement de l’espace bâti et urbain. Ils définissent généralement d’autres formes d’urbanisme (plan) de manière à créer une interaction entre l’espace bâti et l’espace non bâti (ou ouvert). Cet aménagement inclut également la cohérence entre les différentes échelles. Un bien immobilier a un intérêt urbanistique lorsqu’il y joue un rôle, par exemple : - les immeubles d'angle, - les places cohérentes et les enfilades d’immeubles (suite de façades formant un ensemble homogène de même style, même époque et/ou même gabarit), - les cités-jardins, - les tours (immeubles de grande hauteur) et la qualité de leur relation avec leur environnement immédiat, qui peut être cohérent mais aussi contrasté, - les vestiges de concepts urbanistiques et la façon dont ils sont ou ont été remplis architecturalement (et typologiquement), comme, par exemple, les palais urbains éclectiques et/ou les hôtels particuliers du quartier Léopold qui sont encore préservés.
Recherches et rédaction
2016
id
Urban : 38101
Description
Bâti
sur une parcelle continueUn élément est dit continu s’il règne sur toute la largeur de l’élévation ou sur plusieurs travées.. Ensemble de bureaux de style brutalistePériode : ca. 1950 – 1980.
Dérivé du modernisme, ce courant émerge après la Seconde Guerre mondiale et se
développe en Belgique vers 1960. Il s’inspire des œuvres tardives de Le
Corbusier, avec leurs formes expressives et brutes. Il se caractérise par
l’usage de maçonneries apparentes et de béton brut, dans lequel l’empreinte du
coffrage est souvent conservée. Les bâtiments ont un aspect massif et imposant,
avec des formes géométriques répétitives et un caractère sobre, voire austère. L’architecture
est conçue de manière fonctionnelle et privilégie la simplicité ainsi que la
lisibilité structurelle.
À Bruxelles, ce style est principalement appliqué aux immeubles de bureaux et
aux immeubles à appartements, souvent sous la forme de grands ensembles, mais
aussi à des églises (dans le contexte du concile Vatican II) et à des bâtiments
publics. Il s’inscrit dans le contexte de l’expansion urbaine de l’après-guerre
en deuxième couronne de la région, marquée par une forte demande en
infrastructures modernes et fonctionnelles. Bien que moins répandu dans le
domaine du logement individuel et des petits immeubles, il a néanmoins
contribué de manière significative au paysage architectural bruxellois de la
seconde moitié du XX? siècle. conçu par
l’architecte Jean Verschuere en 1968.
Histoire
Les deux premières demandes de permis de construire — en 1963 et 1964 — ont été introduites par le même maître d’ouvrage, Realimmo SA, résultat d’une association momentanée entre la SA Serim et l’EDM M. Delens, ce qui a donné lieu à une conception entièrement révisée, mais basée sur un projet du même architecte. En octobre 1963, Realimmo SA introduit une demande pour «démolir 9 immeubles et reconstruire un complexe avec tour de 23 étages» à la rue d’Arlon 53 à 61 et à la rue de Trèves 80 à 88. Il s’agit en réalité de deux bâtiments de trois étages (rue de Trèves) et de sept étages (rue d’Arlon), chacun sur un rez-de-chaussée exhaussé d’un entresolEntresol ou étage entresolé. Demi-niveau qui surmonte généralement un rez-de-chaussée., et reliés par un volume perpendiculaire de trois étages sur lequel est érigée une tour élancée d’environ 77 mètres de haut. Ce projet a toutefois été refusé par le fonctionnaire délégué et le recours du demandeur auprès de la province a été rejeté. En mai 1964, une nouvelle demande a été introduite — toujours par Realimmo SA — pour la construction de deux bâtiments de cinq étages chacun, le long des rues de Trèves et d’Arlon, avec cinq niveaux souterrains (parking) d’une capacité d’environ 500 voitures. Cette demande a été approuvée lors de la séance du 09.07.1964 et confirmée par le fonctionnaire délégué le 20.08.1964. Ce dernier a toutefois fait «remarquer que l’immeuble tour figuré au plan de destination n’était pas admis et ne pourrait être admis ultérieurement».En avril 1965, un troisième et dernier projet est proposé: une variation de celui (partiellement) approuvé en mai 1964. Les deux bâtiments le long des rues d’Arlon et de Trèves comptent cette fois six étages et sont reliés par une tour de 55 mètres de haut. On compte une surface totale d’environ 18000m², ce qui correspond à 180 places de parking. Le reste, les 220 autres places de parking, «sera de nature à dégager les rues avoisinantes et à faciliter le stationnement dans ce quartier très fréquenté». L’implantation de la tour, au centre de l’îlot, considérée comme un atout, est comparée dans ce rapport à l’implantation infructueuse de la tour dans la rue de l’Industrie. Cet immeuble de bureaux dispose d’environ 450 places de parking pour seulement quelque 6600m² de bureaux. La comparaison avec d’autres tours se poursuit avec l’ancienne Britannia House (l’actuel Office européen de lutte antifraude), conçue par les architectes A.J. De Doncker et Fitzroy Robinson & Partners en 1965, rénovée dans un style postmodernistePériode : ca. 1975 – 2000. Le postmodernisme s’oppose à la sobriété moderniste et fonctionnaliste et réhabilite l’ornement comme vecteur de sens. Il cherche à donner à l’architecture fonctionnelle abstraite un visage et un caractère humains, une certaine familiarité, parfois grâce à une référence architecturale historique. Les éléments formels issus du passé (classicisme, Art Déco, Sécession viennoise etc.) sont réinterprétés de manière contemporaine, souvent avec une touche d’ironie ou d’humour (par exemple par l’exagération) : frontons, arcs, colonnes, pilastres, tourelles,… Pour l’architecture de prestige, les matériaux naturels comme la pierre et le marbre sont réintroduits et combinés au verre (miroir) et à l’acier inoxydable. Dans les cas de projets à moindre budget, les matériaux employés sont moins luxueux (blocs de béton, métal coloré). À Bruxelles, on retrouve le postmodernisme tant dans l’architecture d’entreprise (flagship), que dans des bâtiments publics (écoles, crèches, administration) ou des centres commerciaux, … en 1998 par l’Atelier d’Architecture de Genval, bâtie à l’angle de la rue Joseph II et de la rue Marie-Thérèse, de 55 mètres de haut, qui compte «seulement» 110 places de parking pour 13000m² de bureaux — l’implantation de la tour a également été critiquée. Autre référence: la Tour Generali, alors en construction (architectes Jean et André Polak) sur l’avenue Louise, d’une hauteur d’environ 80 mètres, qui abrite 303 places de parking pour environ 29800m² de bureaux. La conclusion de ce rapport (lettre du 08.06.1965 — TP81316), qui sert d’argumentaire pour l’approbation de la construction de la tour, explique ce qui suit: «Il résulte de ces comparaisons que le complexe en cause, mieux implanté que certains autres et comportant une réserve de parkings aussi importante devrait être également admis.» Un permis de construire est donc accordé le 09.11.1965. Des modifications mineures ont encore été apportées en 1968 (escaliers de secours extérieurs).
Description
Le complexe, qui se compose de trois bâtiments — le bâtiment A (rue d’Arlon), le bâtiment B (rue de Trèves) et le bâtiment C (à l’intérieur de l’îlot) —, doit être considéré comme un ensemble architectural. Malgré cette uniformité architecturale, les trois bâtiments sont indépendants les uns des autres, c’est-à-dire qu’ils ne sont pas reliés en surface — les parkings souterrains, en revanche, sont partagés.
L’uniformité architecturale se traduit par l’utilisation des matériaux, c’est-à-dire des dalles de béton préfabriquées. En outre, les bâtiments A et B, bâtis respectivement sur l’alignement de la rue d’Arlon et de la rue de Trèves, dans le respect de la hauteur des bâtiments, assurent un impact moins abrupt de la tour (bâtiment C) par rapport aux bâtiments de style éclectiquePériode : env. 1840-1914. L’éclectisme est un courant architectural caractérisé par la combinaison de styles issus de différentes époques et de différents lieux. Les architectes mêlent les références historiques pour créer de nouvelles compositions. Cette tendance se développe à Bruxelles peu après l’indépendance de la Belgique, dans le cadre des grands programmes d’urbanisation. En effet, durant les années 1840 et 1850, alors que jusque-là la ville a mis à l’honneur le néoclassicisme avec des ensembles urbains symétriques, ordonnés et rationnels, pointe le besoin d’une architecture nationale. Alors que des architectes font le choix de l’unité de style comme le néogothique ou le néo-Renaissance flamande, une tendance à mélanger les grammaires issues du passé va se développer, tout en utilisant les matériaux locaux et des techniques nouvelles (issues notamment de la révolution industrielle). Cet éclectisme permet de répondre plus souplement à une multitude de typologies et d’équipements urbains. En effet, la ville est en pleine expansion : l’éclectisme s’adapte tant aux églises qu’aux grands magasins, aux hôtels, aux gares, aux écoles, aux usines,… mais également à l’architecture résidentielle. C’est pourquoi l’éclectisme est la tendance architecturale dominante dans la première couronne de Bruxelles (les faubourgs de Bruxelles). Dans l’architecture publique, ce mélange n’est pas arbitraire : chaque style est choisi pour transmettre une idée. Par exemple, le néogothique peut évoquer l’histoire médiévale de la ville ou la spiritualité d’un édifice religieux ; le néoclassicisme suggère l’ordre et l’autorité pour un palais de justice ou un bâtiment administratif ; la Renaissance symbolise le prestige civique ou culturel. L’architecture devient ainsi un langage visuel, conçu pour représenter les valeurs d’une institution. Dans l’architecture résidentielle, l’éclectisme est l’apanage de la bourgeoisie et se reconnaît par une façade variée et dynamique où les architectes jouent avec les formes, les matériaux et les couleurs. Brique, pierre, fer forgé, céramique ou sgraffites s’y mêlent pour créer un décor riche et personnalisé. Chaque détail — balcon, corniche, linteau sculpté, lucarne, logette, porte d’entrée — devient une occasion d’exprimer le goût du propriétaire, d’afficher son statut ou ses aspirations culturelles. Ce style s’inscrit dans une période où Bruxelles valorise la modernité tout en célébrant son histoire. L’éclectisme traduit donc un compromis : une architecture contemporaine inspirée du passé, adaptée à la vie bourgeoise, urbaine et moderne. Derrière la façade, les intérieurs sont pensés pour le confort : distribution plus pratique, escalier décoratif, pièces spécialisées (salon, fumoir, salle à manger), et parfois innovations techniques (chauffage amélioré, eau, gaz). La période de l’éclectisme met en place le modèle type de la maison bourgeoise : une façade de composition symétrique (trois travées égales sur trois niveaux) ou asymétrique (deux travées – une étroite et une large – sur trois niveaux) ; un plan reprenant un couloir menant à l’escalier en travée d’entrée et deux ou trois pièces en enfilade, correspondant à la largeur (de la ou) des autres travées. La façade se développe également en trois dimensions par l’ajout de balcons, de logettes ou de bow-windows. Durant la seconde moitié du XIXe siècle et le début du XXe siècle, le développement urbanistique est tel qu’il n’est pas rare de voir des pans de rue entiers sortir de terre en quelques années. Il en résulte des ensembles urbanistiques particulièrement homogènes et cohérents : les enfilades. Cette cohérence est parfois due au travail d’un architecte dans le cadre d’une petite promotion immobilière. Mais le plus souvent, les maisons sont réalisées par des architectes différents, pour des propriétaires différents : elles sont alors toutes différentes mais forment des enfilades homogènes de bâtiments de même style, mêmes matériaux et/ou de même gabarit. Les éléments représentatifs de l’architecture résidentielle de style éclectique sont : le gabarit (composition asymétrique ou symétrique), la polychromie des matériaux (pierre bleue, pierre blanche, briques de couleurs variées, enduits), l’usage d’éléments en ferronnerie, d’éléments en surplomb (balcons, logettes, bow-windows), de lucarnes et les enfilades urbanistiques. Ces façades sont souvent accentuées d’éléments d’inspirations diverses : néoclassique (enduit, sobriété), néogothique (baies en ogive ou trilobées, croisées en pierre), néo-Renaissance flamande (lucarne-pignon à gradins, ancres), Art nouveau (sgraffites, carreaux de céramique, éléments reprenant la courbe « coup de fouet », vitraux floraux), pittoresque (toiture à croupe ou croupette, tourelle, éléments en bois ou faux bois : garde-corps, colombages, fermes apparentes), etc. Il est communément admis que la période de l’éclectisme s’achève avec la Première Guerre mondiale, néanmoins le modèle type de la maison bourgeoise perdure bien après la guerre. Les communes et quartiers urbanisés plus tardivement, durant l’entre-deux-guerres, sur base de plans d’aménagement tracés au XIXe siècle, reproduisent le modèle de l’éclectisme : des enfilades de maisons de gabarit similaire. Ces maisons sont qualifiées de style éclectique tardif. Elles reprennent toutes les caractéristiques de l’architecture résidentielle éclectique, mais sont le plus souvent accentuées d’éléments d’inspiration Beaux-Arts, Art Déco, Art nouveau, pittoresque ou régionaliste (voir éclectisme tardif). de l’époque: ils constituent pour ainsi dire une sorte d’introduction architecturale et urbanistique à la tour. Cet aspect est renforcé par l’implantation de la tour par rapport aux bâtiments A et C. La silhouette en S de la tour entraîne, le long des bâtiments A et B, la formation de cours en pointe qui servent d’accès aux zones d’entrée du bâtiment C. Par la rue de Trèves, il faut également surmonter une différence de hauteur d’environ 1,5 mètre compensée par un escalier de cinq marches en pierre bleue.
Les bâtiments A et B comportent chacun sept étages (R + 6), le plus haut étant en retrait. Rez-de-chaussée ouvert et vitré scandé de pilastresÉlément vertical plat en ressaut qui évoque un support (un pilier engagé). Il peut être muni d’une base et d’un chapiteau. en béton avec porte de garage et/ou accès au bâtiment; petit commerce dans la rue d’Arlon. Aux étages, façades rationnelles construites à partir de dalles de béton préfabriquées, ouvertures allongées dans un hexagone aux bords coupés et ébrasementsCôtés convergents de l’embrasure d’une baie.. L’aspect grillagé est renforcé par de profonds joints continusUn élément est dit continu s’il règne sur toute la largeur de l’élévation ou sur plusieurs travées. qui accentuent les dalles du sol. Le bâtiment de la rue d’Arlon compte neuf travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. le long de la rue, les quatre dernières étant aveuglesUn élément est dit aveugle lorsqu’il est dénué d’ouverture. Une baie aveugle est un élément construit sans ouverture, imitant une porte ou une fenêtre., et 15 travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. le long de la cour; la façade arrière a la même ordonnance que la façade avant. Le bâtiment de la rue de Trèves compte 20 travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. côté rue, les dernières étant aveuglesUn élément est dit aveugle lorsqu’il est dénué d’ouverture. Une baie aveugle est un élément construit sans ouverture, imitant une porte ou une fenêtre. (ce bâtiment a été construit en deux phases: 9 + 11 travées), et 13 travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. le long de la cour intérieure — seules les trois du centre sont aménagées en travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. de fenêtres, les autres sont aveuglesUn élément est dit aveugle lorsqu’il est dénué d’ouverture. Une baie aveugle est un élément construit sans ouverture, imitant une porte ou une fenêtre.. La façade arrière a la même ordonnance que la façade avant à ceci près que les 11 dernières travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. sont légèrement en retrait (elles correspondent à la deuxième phase de construction du bâtiment B). À droite de ce bâtiment, la parcelle est délimitée par un mur d’enceinte en béton visant à compenser la différence de hauteur par rapport à la rue d’Arlon.
La tour allongée en S constitue le bâtiment central de l’ensemble, le bâtiment C. Elle assure la liaison avec les immeubles à appartements de la rue d’Arlon construits en 1947 et les hôtels de maître du XIXe siècle de la rue de Trèves qui existaient encore à cette époque. La liaison est assurée par des avant-corps de dix et six niveaux respectivement, comportant trois travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. chacun. Au centre, une tour de 13 étages, le plus élevé étant en retrait, les deux premiers entièrement vitrés et scandés de pilastresÉlément vertical plat en ressaut qui évoque un support (un pilier engagé). Il peut être muni d’une base et d’un chapiteau. en béton. Les dix étages restants comportent des façades rationnelles identiques à celles des bâtiments A et B. L’accès au bâtiment C se fait à la fois par la rue d’Arlon et la rue de Trèves, par le côté long de l’immeuble, et donc par la cour.
Les trois bâtiments sont conçus comme des bureaux. L’intérieur a également été conçu de manière rationnelle: des plateaux qui pouvaient être agencés comme des bureaux au moyen de cloisons mobiles.
La remarquable histoire de la conception du bâtiment est la preuve de la polyvalence de l’architecte et de sa capacité artistique à faire évoluer une conception dans la direction souhaitée tout en respectant en grande partie le programme initial. L’impact visuel du bâtiment sur son paysage urbain est important, puisqu’il détermine en grande partie la structure spatiale. Autrement dit, le bâtiment organise, délimite, structure et guideRails verticaux en métal et parfois en bois, fixés sur toute la hauteur de la gaine, le long desquels circule la cabine ou le contrepoids. Des câbles peuvent être utilisés comme guides pour le contrepoids. le regard non seulement de l’îlot sur lequel il est construit, mais aussi des îlots environnants. Sa valeur en matière d’urbanisme et de paysage urbain est liée à cet aspect. Le bâtiment joueLe terme joues désigne les petits côtés d’un balcon, entièrement en pierre ou en maçonnerie. un rôle de premier plan dans l’aménagement (planifié) de l’espace bâti. Cet aménagement comprend aussi l’interaction entre l’espace ouvert et l’espace bâti ainsi que la relation entre les différents niveaux d’échelle.
Il est reconnaissable à l’expression de sa fonction, de son apparence et de sa conception d’origine: un immeuble de bureaux. Sa représentativitéLa représentativité renvoie au fait que le bien réunit une ou plusieurs caractéristiques significatives en comparaison avec d’autres biens de la même catégorie (comme une typologie par exemple) : il doit s’agir d’un « ?bon exemple ?» qui réunit de nombreuses caractéristiques significatives. La représentativité d’un bien est évaluée en fonction de son contexte géographique (local, régional, national), chronologique (importance dans l’histoire sociale, religieuse, politique, industrielle ou scientifique, esthétique marquée), historique (par exemple, le bien traduit de manière significative une caractéristique d’une certaine époque). Comme pour l’évaluation de la rareté, la représentativité d’un bien demande que l’on puisse le comparer avec d’autres appartenant à la même catégorie. Un bien peut être représentatif d’un style, d’une typologie, d’un concept urbanistique, de l’œuvre de son concepteur, etc. doit être liée à l’évolution sociale du quartier Léopold, passé de quartier résidentiel à quartier de services. Qui plus est, le bâtiment a entraîné sur l’îlot tout un mouvement de construction qui a conduit à une architecture de bureaux à fort potentiel patrimonial. Au fil du temps, il présente une forte cohérence avec les autres immeubles de bureaux et donc une valeur d’ensembleLa valeur d’ensemble d’un bien dépend de la qualité de son interaction avec d’autres biens, formant ainsi un ensemble (ou un groupe) qui se distingue au sein du contexte bâti par sa cohérence architecturale, son homogénéité (gabarit/volumétrie du bâtiment, mode constructif, composition des façades, répétition sérielle d’un même bien ou d’éléments ornementaux ou architecturaux similaires, etc.). Cet ensemble peut avoir un impact visuel important ou déterminant sur l’image de la rue, voire du quartier. Certains ensembles sont planifiés et constituent l’œuvre d’un seul et même concepteur. D’autres sont des créations spontanées, élaborées progressivement par différents concepteurs. Cet ensemble architectural peut également s’avérer significatif en tant que témoin d’un tissu urbain plus vaste (par exemple, une enfilade). qui doit être liée à la valeur contextuelleLa valeur contextuelle d’un bien dépend de la manière dont celui-ci entre en relation avec son environnement d’un point de vue : - urbanistique : le bien marque un angle ou une perspective, ou sert de point de repère dans le paysage qu’il marque par une présence forte (son implantation, sa volumétrie remarquable)?; - paysager : le bien présente des qualités paysagères en raison de la particularité de son emplacement, ou de la manière dont s’articulent ou s’implantent sur un site les différents volumes qui le composent ; - esthétique : le bien se distingue par la qualité de son intégration ou de son insertion dans le paysage urbain ou la trame résidentielle ; il contribue à l’effet d’ensemble visuellement harmonieux du quartier et participe à un cadre de vie de qualité ; - social : un ensemble de logements sociaux, un complexe industriel, etc. ; - historique : un ancien noyau villageois (premier bâti d’une commune), les biens conçus dès l’origine d’un concept urbanistique (par exemple les maisons bourgeoises autour des parcs Elisabeth ou de Forest).: sur le plan du paysage, de l’urbanisme et de l’esthétique, on constate une relation forte avec son environnement direct — et même plus large.
Histoire
Les deux premières demandes de permis de construire — en 1963 et 1964 — ont été introduites par le même maître d’ouvrage, Realimmo SA, résultat d’une association momentanée entre la SA Serim et l’EDM M. Delens, ce qui a donné lieu à une conception entièrement révisée, mais basée sur un projet du même architecte. En octobre 1963, Realimmo SA introduit une demande pour «démolir 9 immeubles et reconstruire un complexe avec tour de 23 étages» à la rue d’Arlon 53 à 61 et à la rue de Trèves 80 à 88. Il s’agit en réalité de deux bâtiments de trois étages (rue de Trèves) et de sept étages (rue d’Arlon), chacun sur un rez-de-chaussée exhaussé d’un entresolEntresol ou étage entresolé. Demi-niveau qui surmonte généralement un rez-de-chaussée., et reliés par un volume perpendiculaire de trois étages sur lequel est érigée une tour élancée d’environ 77 mètres de haut. Ce projet a toutefois été refusé par le fonctionnaire délégué et le recours du demandeur auprès de la province a été rejeté. En mai 1964, une nouvelle demande a été introduite — toujours par Realimmo SA — pour la construction de deux bâtiments de cinq étages chacun, le long des rues de Trèves et d’Arlon, avec cinq niveaux souterrains (parking) d’une capacité d’environ 500 voitures. Cette demande a été approuvée lors de la séance du 09.07.1964 et confirmée par le fonctionnaire délégué le 20.08.1964. Ce dernier a toutefois fait «remarquer que l’immeuble tour figuré au plan de destination n’était pas admis et ne pourrait être admis ultérieurement».En avril 1965, un troisième et dernier projet est proposé: une variation de celui (partiellement) approuvé en mai 1964. Les deux bâtiments le long des rues d’Arlon et de Trèves comptent cette fois six étages et sont reliés par une tour de 55 mètres de haut. On compte une surface totale d’environ 18000m², ce qui correspond à 180 places de parking. Le reste, les 220 autres places de parking, «sera de nature à dégager les rues avoisinantes et à faciliter le stationnement dans ce quartier très fréquenté». L’implantation de la tour, au centre de l’îlot, considérée comme un atout, est comparée dans ce rapport à l’implantation infructueuse de la tour dans la rue de l’Industrie. Cet immeuble de bureaux dispose d’environ 450 places de parking pour seulement quelque 6600m² de bureaux. La comparaison avec d’autres tours se poursuit avec l’ancienne Britannia House (l’actuel Office européen de lutte antifraude), conçue par les architectes A.J. De Doncker et Fitzroy Robinson & Partners en 1965, rénovée dans un style postmodernistePériode : ca. 1975 – 2000. Le postmodernisme s’oppose à la sobriété moderniste et fonctionnaliste et réhabilite l’ornement comme vecteur de sens. Il cherche à donner à l’architecture fonctionnelle abstraite un visage et un caractère humains, une certaine familiarité, parfois grâce à une référence architecturale historique. Les éléments formels issus du passé (classicisme, Art Déco, Sécession viennoise etc.) sont réinterprétés de manière contemporaine, souvent avec une touche d’ironie ou d’humour (par exemple par l’exagération) : frontons, arcs, colonnes, pilastres, tourelles,… Pour l’architecture de prestige, les matériaux naturels comme la pierre et le marbre sont réintroduits et combinés au verre (miroir) et à l’acier inoxydable. Dans les cas de projets à moindre budget, les matériaux employés sont moins luxueux (blocs de béton, métal coloré). À Bruxelles, on retrouve le postmodernisme tant dans l’architecture d’entreprise (flagship), que dans des bâtiments publics (écoles, crèches, administration) ou des centres commerciaux, … en 1998 par l’Atelier d’Architecture de Genval, bâtie à l’angle de la rue Joseph II et de la rue Marie-Thérèse, de 55 mètres de haut, qui compte «seulement» 110 places de parking pour 13000m² de bureaux — l’implantation de la tour a également été critiquée. Autre référence: la Tour Generali, alors en construction (architectes Jean et André Polak) sur l’avenue Louise, d’une hauteur d’environ 80 mètres, qui abrite 303 places de parking pour environ 29800m² de bureaux. La conclusion de ce rapport (lettre du 08.06.1965 — TP81316), qui sert d’argumentaire pour l’approbation de la construction de la tour, explique ce qui suit: «Il résulte de ces comparaisons que le complexe en cause, mieux implanté que certains autres et comportant une réserve de parkings aussi importante devrait être également admis.» Un permis de construire est donc accordé le 09.11.1965. Des modifications mineures ont encore été apportées en 1968 (escaliers de secours extérieurs).
Description
Le complexe, qui se compose de trois bâtiments — le bâtiment A (rue d’Arlon), le bâtiment B (rue de Trèves) et le bâtiment C (à l’intérieur de l’îlot) —, doit être considéré comme un ensemble architectural. Malgré cette uniformité architecturale, les trois bâtiments sont indépendants les uns des autres, c’est-à-dire qu’ils ne sont pas reliés en surface — les parkings souterrains, en revanche, sont partagés.
L’uniformité architecturale se traduit par l’utilisation des matériaux, c’est-à-dire des dalles de béton préfabriquées. En outre, les bâtiments A et B, bâtis respectivement sur l’alignement de la rue d’Arlon et de la rue de Trèves, dans le respect de la hauteur des bâtiments, assurent un impact moins abrupt de la tour (bâtiment C) par rapport aux bâtiments de style éclectiquePériode : env. 1840-1914. L’éclectisme est un courant architectural caractérisé par la combinaison de styles issus de différentes époques et de différents lieux. Les architectes mêlent les références historiques pour créer de nouvelles compositions. Cette tendance se développe à Bruxelles peu après l’indépendance de la Belgique, dans le cadre des grands programmes d’urbanisation. En effet, durant les années 1840 et 1850, alors que jusque-là la ville a mis à l’honneur le néoclassicisme avec des ensembles urbains symétriques, ordonnés et rationnels, pointe le besoin d’une architecture nationale. Alors que des architectes font le choix de l’unité de style comme le néogothique ou le néo-Renaissance flamande, une tendance à mélanger les grammaires issues du passé va se développer, tout en utilisant les matériaux locaux et des techniques nouvelles (issues notamment de la révolution industrielle). Cet éclectisme permet de répondre plus souplement à une multitude de typologies et d’équipements urbains. En effet, la ville est en pleine expansion : l’éclectisme s’adapte tant aux églises qu’aux grands magasins, aux hôtels, aux gares, aux écoles, aux usines,… mais également à l’architecture résidentielle. C’est pourquoi l’éclectisme est la tendance architecturale dominante dans la première couronne de Bruxelles (les faubourgs de Bruxelles). Dans l’architecture publique, ce mélange n’est pas arbitraire : chaque style est choisi pour transmettre une idée. Par exemple, le néogothique peut évoquer l’histoire médiévale de la ville ou la spiritualité d’un édifice religieux ; le néoclassicisme suggère l’ordre et l’autorité pour un palais de justice ou un bâtiment administratif ; la Renaissance symbolise le prestige civique ou culturel. L’architecture devient ainsi un langage visuel, conçu pour représenter les valeurs d’une institution. Dans l’architecture résidentielle, l’éclectisme est l’apanage de la bourgeoisie et se reconnaît par une façade variée et dynamique où les architectes jouent avec les formes, les matériaux et les couleurs. Brique, pierre, fer forgé, céramique ou sgraffites s’y mêlent pour créer un décor riche et personnalisé. Chaque détail — balcon, corniche, linteau sculpté, lucarne, logette, porte d’entrée — devient une occasion d’exprimer le goût du propriétaire, d’afficher son statut ou ses aspirations culturelles. Ce style s’inscrit dans une période où Bruxelles valorise la modernité tout en célébrant son histoire. L’éclectisme traduit donc un compromis : une architecture contemporaine inspirée du passé, adaptée à la vie bourgeoise, urbaine et moderne. Derrière la façade, les intérieurs sont pensés pour le confort : distribution plus pratique, escalier décoratif, pièces spécialisées (salon, fumoir, salle à manger), et parfois innovations techniques (chauffage amélioré, eau, gaz). La période de l’éclectisme met en place le modèle type de la maison bourgeoise : une façade de composition symétrique (trois travées égales sur trois niveaux) ou asymétrique (deux travées – une étroite et une large – sur trois niveaux) ; un plan reprenant un couloir menant à l’escalier en travée d’entrée et deux ou trois pièces en enfilade, correspondant à la largeur (de la ou) des autres travées. La façade se développe également en trois dimensions par l’ajout de balcons, de logettes ou de bow-windows. Durant la seconde moitié du XIXe siècle et le début du XXe siècle, le développement urbanistique est tel qu’il n’est pas rare de voir des pans de rue entiers sortir de terre en quelques années. Il en résulte des ensembles urbanistiques particulièrement homogènes et cohérents : les enfilades. Cette cohérence est parfois due au travail d’un architecte dans le cadre d’une petite promotion immobilière. Mais le plus souvent, les maisons sont réalisées par des architectes différents, pour des propriétaires différents : elles sont alors toutes différentes mais forment des enfilades homogènes de bâtiments de même style, mêmes matériaux et/ou de même gabarit. Les éléments représentatifs de l’architecture résidentielle de style éclectique sont : le gabarit (composition asymétrique ou symétrique), la polychromie des matériaux (pierre bleue, pierre blanche, briques de couleurs variées, enduits), l’usage d’éléments en ferronnerie, d’éléments en surplomb (balcons, logettes, bow-windows), de lucarnes et les enfilades urbanistiques. Ces façades sont souvent accentuées d’éléments d’inspirations diverses : néoclassique (enduit, sobriété), néogothique (baies en ogive ou trilobées, croisées en pierre), néo-Renaissance flamande (lucarne-pignon à gradins, ancres), Art nouveau (sgraffites, carreaux de céramique, éléments reprenant la courbe « coup de fouet », vitraux floraux), pittoresque (toiture à croupe ou croupette, tourelle, éléments en bois ou faux bois : garde-corps, colombages, fermes apparentes), etc. Il est communément admis que la période de l’éclectisme s’achève avec la Première Guerre mondiale, néanmoins le modèle type de la maison bourgeoise perdure bien après la guerre. Les communes et quartiers urbanisés plus tardivement, durant l’entre-deux-guerres, sur base de plans d’aménagement tracés au XIXe siècle, reproduisent le modèle de l’éclectisme : des enfilades de maisons de gabarit similaire. Ces maisons sont qualifiées de style éclectique tardif. Elles reprennent toutes les caractéristiques de l’architecture résidentielle éclectique, mais sont le plus souvent accentuées d’éléments d’inspiration Beaux-Arts, Art Déco, Art nouveau, pittoresque ou régionaliste (voir éclectisme tardif). de l’époque: ils constituent pour ainsi dire une sorte d’introduction architecturale et urbanistique à la tour. Cet aspect est renforcé par l’implantation de la tour par rapport aux bâtiments A et C. La silhouette en S de la tour entraîne, le long des bâtiments A et B, la formation de cours en pointe qui servent d’accès aux zones d’entrée du bâtiment C. Par la rue de Trèves, il faut également surmonter une différence de hauteur d’environ 1,5 mètre compensée par un escalier de cinq marches en pierre bleue.
Les bâtiments A et B comportent chacun sept étages (R + 6), le plus haut étant en retrait. Rez-de-chaussée ouvert et vitré scandé de pilastresÉlément vertical plat en ressaut qui évoque un support (un pilier engagé). Il peut être muni d’une base et d’un chapiteau. en béton avec porte de garage et/ou accès au bâtiment; petit commerce dans la rue d’Arlon. Aux étages, façades rationnelles construites à partir de dalles de béton préfabriquées, ouvertures allongées dans un hexagone aux bords coupés et ébrasementsCôtés convergents de l’embrasure d’une baie.. L’aspect grillagé est renforcé par de profonds joints continusUn élément est dit continu s’il règne sur toute la largeur de l’élévation ou sur plusieurs travées. qui accentuent les dalles du sol. Le bâtiment de la rue d’Arlon compte neuf travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. le long de la rue, les quatre dernières étant aveuglesUn élément est dit aveugle lorsqu’il est dénué d’ouverture. Une baie aveugle est un élément construit sans ouverture, imitant une porte ou une fenêtre., et 15 travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. le long de la cour; la façade arrière a la même ordonnance que la façade avant. Le bâtiment de la rue de Trèves compte 20 travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. côté rue, les dernières étant aveuglesUn élément est dit aveugle lorsqu’il est dénué d’ouverture. Une baie aveugle est un élément construit sans ouverture, imitant une porte ou une fenêtre. (ce bâtiment a été construit en deux phases: 9 + 11 travées), et 13 travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. le long de la cour intérieure — seules les trois du centre sont aménagées en travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. de fenêtres, les autres sont aveuglesUn élément est dit aveugle lorsqu’il est dénué d’ouverture. Une baie aveugle est un élément construit sans ouverture, imitant une porte ou une fenêtre.. La façade arrière a la même ordonnance que la façade avant à ceci près que les 11 dernières travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. sont légèrement en retrait (elles correspondent à la deuxième phase de construction du bâtiment B). À droite de ce bâtiment, la parcelle est délimitée par un mur d’enceinte en béton visant à compenser la différence de hauteur par rapport à la rue d’Arlon.
La tour allongée en S constitue le bâtiment central de l’ensemble, le bâtiment C. Elle assure la liaison avec les immeubles à appartements de la rue d’Arlon construits en 1947 et les hôtels de maître du XIXe siècle de la rue de Trèves qui existaient encore à cette époque. La liaison est assurée par des avant-corps de dix et six niveaux respectivement, comportant trois travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. chacun. Au centre, une tour de 13 étages, le plus élevé étant en retrait, les deux premiers entièrement vitrés et scandés de pilastresÉlément vertical plat en ressaut qui évoque un support (un pilier engagé). Il peut être muni d’une base et d’un chapiteau. en béton. Les dix étages restants comportent des façades rationnelles identiques à celles des bâtiments A et B. L’accès au bâtiment C se fait à la fois par la rue d’Arlon et la rue de Trèves, par le côté long de l’immeuble, et donc par la cour.
Les trois bâtiments sont conçus comme des bureaux. L’intérieur a également été conçu de manière rationnelle: des plateaux qui pouvaient être agencés comme des bureaux au moyen de cloisons mobiles.
La remarquable histoire de la conception du bâtiment est la preuve de la polyvalence de l’architecte et de sa capacité artistique à faire évoluer une conception dans la direction souhaitée tout en respectant en grande partie le programme initial. L’impact visuel du bâtiment sur son paysage urbain est important, puisqu’il détermine en grande partie la structure spatiale. Autrement dit, le bâtiment organise, délimite, structure et guideRails verticaux en métal et parfois en bois, fixés sur toute la hauteur de la gaine, le long desquels circule la cabine ou le contrepoids. Des câbles peuvent être utilisés comme guides pour le contrepoids. le regard non seulement de l’îlot sur lequel il est construit, mais aussi des îlots environnants. Sa valeur en matière d’urbanisme et de paysage urbain est liée à cet aspect. Le bâtiment joueLe terme joues désigne les petits côtés d’un balcon, entièrement en pierre ou en maçonnerie. un rôle de premier plan dans l’aménagement (planifié) de l’espace bâti. Cet aménagement comprend aussi l’interaction entre l’espace ouvert et l’espace bâti ainsi que la relation entre les différents niveaux d’échelle.
Il est reconnaissable à l’expression de sa fonction, de son apparence et de sa conception d’origine: un immeuble de bureaux. Sa représentativitéLa représentativité renvoie au fait que le bien réunit une ou plusieurs caractéristiques significatives en comparaison avec d’autres biens de la même catégorie (comme une typologie par exemple) : il doit s’agir d’un « ?bon exemple ?» qui réunit de nombreuses caractéristiques significatives. La représentativité d’un bien est évaluée en fonction de son contexte géographique (local, régional, national), chronologique (importance dans l’histoire sociale, religieuse, politique, industrielle ou scientifique, esthétique marquée), historique (par exemple, le bien traduit de manière significative une caractéristique d’une certaine époque). Comme pour l’évaluation de la rareté, la représentativité d’un bien demande que l’on puisse le comparer avec d’autres appartenant à la même catégorie. Un bien peut être représentatif d’un style, d’une typologie, d’un concept urbanistique, de l’œuvre de son concepteur, etc. doit être liée à l’évolution sociale du quartier Léopold, passé de quartier résidentiel à quartier de services. Qui plus est, le bâtiment a entraîné sur l’îlot tout un mouvement de construction qui a conduit à une architecture de bureaux à fort potentiel patrimonial. Au fil du temps, il présente une forte cohérence avec les autres immeubles de bureaux et donc une valeur d’ensembleLa valeur d’ensemble d’un bien dépend de la qualité de son interaction avec d’autres biens, formant ainsi un ensemble (ou un groupe) qui se distingue au sein du contexte bâti par sa cohérence architecturale, son homogénéité (gabarit/volumétrie du bâtiment, mode constructif, composition des façades, répétition sérielle d’un même bien ou d’éléments ornementaux ou architecturaux similaires, etc.). Cet ensemble peut avoir un impact visuel important ou déterminant sur l’image de la rue, voire du quartier. Certains ensembles sont planifiés et constituent l’œuvre d’un seul et même concepteur. D’autres sont des créations spontanées, élaborées progressivement par différents concepteurs. Cet ensemble architectural peut également s’avérer significatif en tant que témoin d’un tissu urbain plus vaste (par exemple, une enfilade). qui doit être liée à la valeur contextuelleLa valeur contextuelle d’un bien dépend de la manière dont celui-ci entre en relation avec son environnement d’un point de vue : - urbanistique : le bien marque un angle ou une perspective, ou sert de point de repère dans le paysage qu’il marque par une présence forte (son implantation, sa volumétrie remarquable)?; - paysager : le bien présente des qualités paysagères en raison de la particularité de son emplacement, ou de la manière dont s’articulent ou s’implantent sur un site les différents volumes qui le composent ; - esthétique : le bien se distingue par la qualité de son intégration ou de son insertion dans le paysage urbain ou la trame résidentielle ; il contribue à l’effet d’ensemble visuellement harmonieux du quartier et participe à un cadre de vie de qualité ; - social : un ensemble de logements sociaux, un complexe industriel, etc. ; - historique : un ancien noyau villageois (premier bâti d’une commune), les biens conçus dès l’origine d’un concept urbanistique (par exemple les maisons bourgeoises autour des parcs Elisabeth ou de Forest).: sur le plan du paysage, de l’urbanisme et de l’esthétique, on constate une relation forte avec son environnement direct — et même plus large.
Sources
Archives
AVB/TP 83158 (1963), 81316 (1964), 82023 (1968).
Périodiques
Complexe Arlon-Trèves in environnement, 10, 1971, pp. 372-375.
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