La place des Gueux est une place polygonale à laquelle aboutissent, au nord, les rues des Confédérés et de la Besace et, au sud, les rues Franklin et Newton. Elle interrompt la rue des Patriotes aux trois-quarts de sa longueur.

La place est ouverte suivant le plan d'aménagement du quartier Nord-Est, dessiné par l'architecte Gédéon Bordiau et approuvé par l'arrêté royal du 20.12.1875. À l'instar des rues voisines, elle apparaît cependant encore en pointillés sur le plan de Bruxelles réalisé par l'Institut cartographique militaire en 1881.


La place porte un nom historique, tout comme la plupart des artères du quartier, baptisées en lien avec l'histoire du jeune État belge ou celle, plus ancienne, des régions dans lesquelles il se situe. Adoptée par arrêtés du Collège de la Ville de Bruxelles des 14.04 et 15.05.1877, sa dénomination renvoie à la révolte des Nobles, également dénommés Gueux, aux Pays-Bas espagnols, qui éclata sous le règne de Philippe II, à partir de 1566.

La place compte quatorze numéros, répartis sur cinq îlots différents. Sur les étroites parcelles d'angle aux extrémités des rues des Confédérés, des Patriotes et Franklin, prennent place des ensembles de maisons cohérents : aux nos 1 et rue des Patriotes 73 (1898), aux nos 2, 3 et rue Franklin 158 (1902) ainsi qu'aux nos 14, 15 et rue des Patriotes 72, 74 (voir ces nos). Les nos 4 et 5 sont situés dans le prolongement du côté impair de la rue Franklin tandis que les nos 7 à 13 prolongent le côté pair de la rue des Confédérés.

Un sixième îlot, bordé par les rues Newton, des Patriotes et du Noyer, ainsi que par l'avenue de Cortenberg, est bâti, à l'angle de ces deux dernières artères, d'un complexe de bureaux abritant entre autres la police fédérale. Conçu en 1985 (architectes De Smet et Whalley), il remplace un orphelinat de filles, le Home Juliette Herman (voir rue du Noyer). Un petit parc portant le nom du home y est attenant, qui ouvre sur la place.

Conçues entre 1898 et 1909, les maisons qui bordent cette dernière sont de style éclectique ou d'inspiration néoclassique. La plus tardive est déjà marquée par le style Beaux-Arts (voir no 10). À signaler, une maison dessinée par l'architecte Antoine Aulbur en 1903 (voir no 9).
Voir les biens de ce lieu repris à l'inventaire

Sources

Archives
AVB/TP 1 et rue des Patriotes 73 : 18673 (1898) ; 2, 3 et rue Franklin 158 : 12010 (1902).
AVB/Bulletin communal de Bruxelles, 1877, t. I, p. 316.
AVB/PP 956-957 (1879).

Cartes / plans
Bruxelles et ses environs, Institut cartographique militaire, 1881 (Bibliothèque royale de Belgique, Section Cartes et Plans).