L'avenue Michel-Ange relie le square Ambiorix à l'avenue de Cortenberg, où elle se termine aujourd'hui en cul-de-sac. En son milieu, elle croise la rue Franklin.

L'artère est ouverte suivant le plan d'aménagement du quartier Nord-Est, dessiné par l'architecte Gédéon Bordiau et approuvé par l'arrêté royal du 20.12.1875. Elle apparaît tracée sur le plan de Bruxelles réalisé par l'Institut cartographique militaire en 1881. Celui de 1894 la représente plantée, comme c'est encore le cas aujourd'hui, de deux rangées d'arbres.


À l'instar de bon nombre d'artères de la partie sud-est du quartier, la rue porte le nom d'un grand artiste. Adoptée par arrêtés du Collège de la Ville de Bruxelles des 14.04.1877 et 15.05.1877, sa dénomination rend hommage à l'un des principaux acteurs de la Renaissance italienne.

La plupart des maisons de l'artère sont de style éclectique ; certaines témoignent d'une inspiration néoclassique. Elles sont toutes conçues entre 1890 et 1903, la phase de construction la plus dense se situant entre 1895 et 1897.

Les bâtiments d'angle sont dotés d'un commerce au rez-de-chaussée. Typologie peu courante dans le quartier, une maison ouvrière est édifiée en 1892 au no 4, non loin du square Ambiorix. Elle est aujourd'hui démolie.

Avenue Michel-Ange 4, maison ouvrière conçue en 1892 (détruite), élévation, AVB/TP 16432 (1892).

L'architecte Arthur Verhelle bâtit onze maisons dans l'avenue, qu'il signe pour la plupart en façade : les nos 7, 8 et 10, 22 à 30 (ce dernier numéro étant son habitation personnelle jusqu'en 1900), 29, 38 et 40 (voir ces numéros). Témoins du goût de l'architecte pour la Renaissance flamande, neuf d'entre elles sont dotées d'un pignon. Verhelle réalise par ailleurs une surhausse en 1904 (voir no 16). L'architecte Jules Barth signe pour sa part trois habitations (voir nos 31 à 35).

Avenue Michel-Ange nos 22 à 30. Enfilade de maisons conçues par l’architecte Arthur Verhelle (© V. Brunetta & M. Eberlin, 2009).

Dès 1893, l'artiste Jules Lagae élit domicile dans l'artère, d'abord dans un atelier en fond de parcelle, puis côté rue, au no 10 et enfin au no 8, deux bâtiments de style néo-Renaissance flamande (voir ces numéros). En 1899, l'avenue s'enrichit en outre d'une maison Art nouveau conçue par l'architecte Victor Taelemans (voir no 80).

En 1942, la Ville propose d'exproprier les nos 18 à 24 de l'avenue afin d'y édifier la nouvelle église que la paroisse du Sacré-Cœur de Bruxelles souhaitait bâtir en remplacement de celle, provisoire, conçue en 1907 rue Le Corrège, de l'autre côté de l'îlot (voir no 15a-17 de cette rue). Le projet est cependant abandonné en 1953, devant les protestations des habitants des maisons concernées. Le nouvel édifice, conçu en 1956, prend finalement place sur la parcelle voisine de la première église (voir rue Le Corrège no 17a-19a).

À partir des années 1960, le bâti de la plupart des angles de l'avenue a laissé la place à de vastes immeubles. À l'angle du square du même nom, la résidence Ambiorix (nos 23 square Ambiorix et 2 avenue Michel-Ange) est conçue en 1967 pour les entreprises Englebert, par les architectes F. C. L. De Saeger et E. C. Henry. De l'autre côté, le no 28-30 square Ambiorix, à l'état de terrain vague depuis les années 1970, est aujourd'hui bâti d'un complexe hôtelier (bureau d'étude Peeters, 1992). Il remplace notamment le no 5 de l'avenue Michel-Ange, une maison de style éclectique bâtie en 1900.

À l'angle de la rue Franklin, un immeuble à appartements, aujourd'hui adapté en maison de repos, s'implante en 1978 au no 54 de l'avenue (architecte Guy Daens).

Les angles formés avec l'avenue de Cortenberg n'ont pas échappé aux transformations dont cette dernière a fait l'objet.

Avenue Michel-Ange, vue depuis l’avenue de Cortenberg (photo 2008).

Aux nos 82-86 avenue Michel-Ange et 60-64 avenue de Cortenberg s'élève un immeuble de bureaux et de logements imaginé à partir de 1992 par le bureau d'architecture Samyn et Associés et bâti selon un permis de 2004. C'est suivant ce projet que la voirie a été aménagée en cul-de-sac. Côté Michel-Ange, le complexe a englobé, en les façadisant, trois habitations (voir nos 82 à 86). Sur l'angle, le no 88, démoli, avait été doté, en 1920, d'une élégante devanture Beaux-Arts.

Avenue Michel-Ange, devanture Beaux-Arts aménagée en 1920 au no 88 et avenue Cortenberg 58, aujourd’hui détruite. AVB/TP 27661 (1920).

Côté impair, un projet comprenant logements, bureaux et parkings est conçu en 1990 par le bureau d'architecture Schilling (nos 83-85 et avenue de Cortenberg 52). Le complexe remplace trois maisons, dont le no 85-87, doté d'une devanture moderniste en 1950 (architectes H. et A. Verwacht). Le no 83, façadisé, y est englobé (voir ce numéro).

Avenue Michel-Ange 85-87, devanture commerciale redessinée en 1950, AVB/TP 59216 (1950).


Voir les biens de ce lieu repris à l'inventaire

Sources

Archives
AVB/TP 65502 (1942) ; 2 et square Ambiorix 23 : 78903 (1967) ; 4 : 16432 (1892) ; square Ambiorix 28 : 95302 (1992) ; 5 : 16434 (1900) ; 7 : 16435 (1897) ; 18 : 16484 (1893), 27469 (1921) ; 47, 49, 51 et rue Franklin 39, 41 : 11521 (1895) ; 50 et rue Franklin 46 : 965 (1898) ; 54 et rue Franklin 45 : 93568 (1976) ; 88 et avenue de Cortenberg 58 : 9822 (1896), 27661 (1920) ; 82-86 et avenue de Cortenberg 60-64 : 93303 (1992), 105560 (1993) ; 83-89, rue Stevin 224-226 et avenue de Cortenberg 48-56 : 96654 (1990) ; 85-87 : 16472 (1897), 59216 (1950) ; 89-91 et avenue de Cortenberg 56 : 16473 (1896).
AVB/Bulletin communal de Bruxelles, 1877, t. I, p. 315.
AVB/PP 953 (1875), 956-957 (1879).

Cartes / plans
Bruxelles et ses environs, Institut cartographique militaire, 1881 (Bibliothèque royale de Belgique, Section Cartes et Plans).
Bruxelles et ses environs, Institut cartographique militaire, 1894 (AVB/TP 16767).