Région de Bruxelles-Capitale
Typologie(s)
maison d’habitation
Intervenant(s)
Jules BRUNFAUT – architecte – 1900
Statut juridique
Inscrit à l’inventaire légal le 19 août 2024
Styles
Éclectisme
Néo-égyptien
Inventaire(s)
- Inventaire d'urgence du patrimoine architectural de l'agglomération bruxelloise (Sint-Lukasarchief 1979)
- Actualisation de l'inventaire d'urgence (Sint-Lukasarchief - 1993-1994)
- Actualisation du projet d'inventaire régional du patrimoine architectural (DMS-DML - 1995-1998)
- Le patrimoine monumental de la Belgique. Bruxelles Extension Est (Apeb - 2006-2009)
Ce bien présente l’(es) intérêt(s) suivant(s)
- Artistique La signature d’un bien immeuble (bâtiment) par un architecte de renom ne peut pas être considérée comme un critère absolu. Pour évaluer la place qu’un bien occupe dans l’œuvre d’un architecte, ce critère doit être modulé avec la qualité architecturale (composition et structure interne) du bien, sa mise en œuvre (matériaux, maîtrise technique) et la place qu’il occupe dans l’histoire de l’architecture, ces trois éléments pouvant témoigner d’une phase ou d’un aspect de l’architecture urbaine ou paysagère du passé. Les critères suivants s’appliquent alors pour évaluer l’intérêt artistique : la rareté (typologie, style, utilisation des matériaux, sources), la représentativité (idem), l’authenticité (idem + qualité d’exécution) et l’intégrité (état de conservation, éléments d’origine). Un bien possède également un intérêt artistique s’il intègre des œuvres d’art (sculptures, reliefs conçus pour le bien, etc.) ou des éléments décoratifs originaux ou particulièrement qualitatifs (vitraux signés, sgraffites, claire-voie, etc.).
- Esthétique Historiquement, cet intérêt était utilisé pour désigner des espaces verts de valeur et des zones naturelles ou semi-naturelles de grande valeur. Mais elle peut également s’appliquer à de grands ensembles de bâtiments dans une zone urbaine, avec ou sans éléments naturels, ou à des monuments qui marquent le paysage urbain. Une prise en compte d’autres intérêts s’impose : l’intérêt artistique, l’intérêt paysager (intégration de l’œuvre dans le paysage urbain et/ou naturel, les panoramas) et l’intérêt urbanistique (ensembles urbains spontanés ou organisés). Les critères de sélection suivants lui sont généralement associés : la valeur d’ensemble et la valeur contextuelle.
- Historique Le bien présente un intérêt historique : - s’il témoigne d’une période particulière de l’histoire de la région ou de la commune ; - s’il représente un témoignage d’une période particulière du passé et/ou d’une évolution rare pour une période (par exemple, une cité-jardin représentative d’un mode de construction utilisé lors des grandes campagnes d’urbanisation après la Seconde Guerre mondiale, les noyaux villageois illustrant les premiers bâtiments groupés des communes de la Seconde couronne, la Porte de Hal comme vestige de la deuxième enceinte, etc.) ; - s’il témoigne d’un développement urbain (et/ou paysager) particulier de la ville (par exemple, les immeubles des boulevards centraux ou du quartier Léopold) ; - s’il présente un lien avec un personnage historique important, y compris les maisons personnelles d’architectes et les ateliers d’artistes (par exemple, la maison natale de Constantin Meunier, la maison de Magritte) ; - s’il peut être associé à un événement historique important (par exemple, les maisons datant de la reconstruction de Bruxelles suite au bombardement de 1695, la colonne du Congrès) ; - s’il possède une représentativité typologique caractéristique d’une activité commerciale ou culturelle (par exemple, les églises, les cinémas, l’architecture industrielle, les pharmacies) ; - s’il est représentatif de l’œuvre d’un architecte important dans l’histoire de l’architecture à l’échelle internationale, nationale, régionale ou locale (cela concerne à la fois des architectes connus comme V. Horta, V. Bourgeois, M. Polak mais aussi des architectes secondaires, liés localement à une commune, notamment Fernand Lefever à Koekelberg ou Emile Hoebeke à Berchem-Sainte-Agathe).
- Urbanistique Certains biens architecturaux ont historiquement joué un rôle prépondérant dans l’aménagement de l’espace bâti et urbain. Ils définissent généralement d’autres formes d’urbanisme (plan) de manière à créer une interaction entre l’espace bâti et l’espace non bâti (ou ouvert). Cet aménagement inclut également la cohérence entre les différentes échelles. Un bien immobilier a un intérêt urbanistique lorsqu’il y joue un rôle, par exemple : - les immeubles d'angle, - les places cohérentes et les enfilades d’immeubles (suite de façades formant un ensemble homogène de même style, même époque et/ou même gabarit), - les cités-jardins, - les tours (immeubles de grande hauteur) et la qualité de leur relation avec leur environnement immédiat, qui peut être cohérent mais aussi contrasté, - les vestiges de concepts urbanistiques et la façon dont ils sont ou ont été remplis architecturalement (et typologiquement), comme, par exemple, les palais urbains éclectiques et/ou les hôtels particuliers du quartier Léopold qui sont encore préservés.
Recherches et rédaction
2006-2008
id
Urban : 18092
Description
Maison de style éclectiquePériode : env.
1840-1914.
L’éclectisme est un courant architectural caractérisé par la combinaison de
styles issus de différentes époques et de différents lieux. Les architectes
mêlent les références historiques pour créer de nouvelles compositions. Cette
tendance se développe à Bruxelles peu après l’indépendance de la Belgique, dans
le cadre des grands programmes d’urbanisation. En effet, durant les années 1840
et 1850, alors que jusque-là la ville a mis à l’honneur le néoclassicisme avec
des ensembles urbains symétriques, ordonnés et rationnels, pointe le besoin
d’une architecture nationale. Alors que des architectes font le choix de
l’unité de style comme le néogothique ou le néo-Renaissance flamande, une
tendance à mélanger les grammaires issues du passé va se développer, tout en
utilisant les matériaux locaux et des techniques nouvelles (issues notamment de
la révolution industrielle). Cet éclectisme permet de répondre plus souplement
à une multitude de typologies et d’équipements urbains. En effet, la ville est
en pleine expansion : l’éclectisme s’adapte tant aux églises qu’aux grands
magasins, aux hôtels, aux gares, aux écoles, aux usines,… mais également à
l’architecture résidentielle. C’est pourquoi l’éclectisme est la tendance architecturale
dominante dans la première couronne de Bruxelles (les faubourgs de Bruxelles).
Dans l’architecture publique, ce mélange n’est pas arbitraire : chaque
style est choisi pour transmettre une idée. Par exemple, le néogothique peut
évoquer l’histoire médiévale de la ville ou la spiritualité d’un édifice
religieux ; le néoclassicisme suggère l’ordre et l’autorité pour un palais
de justice ou un bâtiment administratif ; la Renaissance symbolise le
prestige civique ou culturel. L’architecture devient ainsi un langage visuel,
conçu pour représenter les valeurs d’une institution.
Dans l’architecture résidentielle, l’éclectisme est l’apanage de la bourgeoisie
et se reconnaît par une façade variée et dynamique où les architectes jouent
avec les formes, les matériaux et les couleurs. Brique, pierre, fer forgé,
céramique ou sgraffites s’y mêlent pour créer un décor riche et personnalisé.
Chaque détail — balcon, corniche, linteau sculpté, lucarne, logette, porte
d’entrée — devient une occasion d’exprimer le goût du propriétaire, d’afficher
son statut ou ses aspirations culturelles. Ce style s’inscrit dans une période
où Bruxelles valorise la modernité tout en célébrant son histoire. L’éclectisme
traduit donc un compromis : une architecture contemporaine inspirée du
passé, adaptée à la vie bourgeoise, urbaine et moderne. Derrière la façade, les
intérieurs sont pensés pour le confort : distribution plus pratique,
escalier décoratif, pièces spécialisées (salon, fumoir, salle à manger), et
parfois innovations techniques (chauffage amélioré, eau, gaz).
La période de l’éclectisme met en place le modèle type de la maison
bourgeoise : une façade de composition symétrique (trois travées égales
sur trois niveaux) ou asymétrique (deux travées – une étroite et une large –
sur trois niveaux) ; un plan reprenant un couloir menant à l’escalier en
travée d’entrée et deux ou trois pièces en enfilade, correspondant à la largeur
(de la ou) des autres travées. La façade se développe également en trois
dimensions par l’ajout de balcons, de logettes ou de bow-windows.
Durant la seconde moitié du XIXe siècle et le début du XXe
siècle, le développement urbanistique est tel qu’il n’est pas rare de voir des
pans de rue entiers sortir de terre en quelques années. Il en résulte des
ensembles urbanistiques particulièrement homogènes et cohérents : les
enfilades. Cette cohérence est parfois due au travail d’un architecte dans le
cadre d’une petite promotion immobilière. Mais le plus souvent, les maisons
sont réalisées par des architectes différents, pour des propriétaires
différents : elles sont alors toutes différentes mais forment des
enfilades homogènes de bâtiments de même style, mêmes matériaux et/ou de même
gabarit.
Les éléments représentatifs de l’architecture résidentielle de style éclectique
sont : le gabarit (composition asymétrique ou symétrique), la polychromie
des matériaux (pierre bleue, pierre blanche, briques de couleurs variées,
enduits), l’usage d’éléments en ferronnerie, d’éléments en surplomb (balcons,
logettes, bow-windows), de lucarnes et les enfilades urbanistiques. Ces façades
sont souvent accentuées d’éléments d’inspirations diverses : néoclassique
(enduit, sobriété), néogothique (baies en ogive ou trilobées, croisées en
pierre), néo-Renaissance flamande (lucarne-pignon à gradins, ancres), Art
nouveau (sgraffites, carreaux de céramique, éléments reprenant la courbe
« coup de fouet », vitraux floraux), pittoresque (toiture à croupe ou
croupette, tourelle, éléments en bois ou faux bois : garde-corps,
colombages, fermes apparentes), etc.
Il est communément admis que la période de l’éclectisme s’achève avec la
Première Guerre mondiale, néanmoins le modèle type de la maison bourgeoise
perdure bien après la guerre. Les communes et quartiers urbanisés plus
tardivement, durant l’entre-deux-guerres, sur base de plans d’aménagement
tracés au XIXe siècle, reproduisent le modèle de l’éclectisme :
des enfilades de maisons de gabarit similaire. Ces maisons sont qualifiées de
style éclectique tardif. Elles reprennent toutes les caractéristiques de
l’architecture résidentielle éclectique, mais sont le plus souvent accentuées
d’éléments d’inspiration Beaux-Arts, Art Déco, Art nouveau, pittoresque ou
régionaliste (voir éclectisme tardif)., de composition asymétriqueDans l'inventaire, une façade est dite de composition asymétrique lorsqu’elle compte deux travées inégales. À Bruxelles, ce type de façade s’élève souvent sur trois niveaux. La travée principale est d’ordinaire mise en évidence par un ressaut, par un ou plusieurs balcons et par un décor plus élaboré. Les caves, d’ordinaire à demi enterrées, se marquent en façade par un soubassement élevé., architecte Jules Brunfaut, 1900.
Élévation entièrement en pierre blanche, percée de fenêtres sous arcStructure appareillée de couvrement, cintrée selon un profil donné. et archivolteMouluration disposée sur le front de l’arc. Le corps de moulures qui compose l’archivolte est de faible ampleur, moins complexe que celui de la corniche. briséeUn élément est dit brisé, en ogive ou ogival lorsqu’il est composé de deux arcs de cercle se rejoignant en pointe.. TripletsGroupement de trois baies. Les deux latérales, identiques, sont différentes de la baie centrale, d’ordinaire plus vaste. en travée principaleTravée la plus large de l’élévation, marquée par un ressaut et une décoration plus abondante. Les façades de composition asymétrique comportent d'ordinaire une travée principale. aux deux premiers niveaux, la baieOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. axiale à arcStructure appareillée de couvrement, cintrée selon un profil donné. en anse de panierUn élément est dit en anse de panier lorsqu’il est cintré en demi-ovale., les latérales, tout comme celles d'imposteUn élément dit en imposte se situe à hauteur du sommet des piédroits. Imposte de menuiserie ou jour d’imposte. Ouverture dans la partie supérieure du dormant d’une menuiserie. surmontant la porte, sous arcStructure appareillée de couvrement, cintrée selon un profil donné. asymétrique ; fenêtres jumeléesDes éléments sont dits jumeaux, jumelés ou géminés lorsqu’ils sont répétés de manière identique. Ces éléments peuvent être plus nombreux que deux. au troisième, à arcStructure appareillée de couvrement, cintrée selon un profil donné. en plein cintreUn élément est dit en plein cintre lorsqu’il est cintré en demi-cercle., tout comme celles de la travée d'entréeTravée percée de la porte d’entrée.. Barre d'appuiPetit garde-corps de faible hauteur et non saillant, compris dans l’embrasure d’une fenêtre. en fer forgéFer façonné à chaud sur l’enclume, utilisé pour réaliser des éléments architecturaux comme des garde-corps, des ancres, des grilles, des épis de faîtage. au rez-de-chaussée, balcon de plan chantournéUn élément est dit chantourné lorsque sa forme alterne courbe et contre-courbe. sur quatre consolesPièce de pierre, de bois ou de métal partiellement engagée dans un mur et portant un élément en surplomb. La console se distingue du corbeau par ses dimensions plus grandes et par le fait qu’elle s’inscrit grosso modo dans un triangle rectangle. La console désigne également des éléments non porteurs, mais apparentés d’un point de vue formel à une console., à désÉléments de pierre de section sensiblement carrée ou rectangulaire, disposés généralement aux angles d’un balcon. et grille en fer forgéFer façonné à chaud sur l’enclume, utilisé pour réaliser des éléments architecturaux comme des garde-corps, des ancres, des grilles, des épis de faîtage. au premier. Porte sous frontonCouronnement de forme triangulaire ou courbe, à tympan et cadre mouluré formé de corniches. et double baieOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. d'imposteUn élément dit en imposte se situe à hauteur du sommet des piédroits. Imposte de menuiserie ou jour d’imposte. Ouverture dans la partie supérieure du dormant d’une menuiserie. garnie d'un vitrail. Deux lucarnesOuvrage construit sur un toit et permettant d’éclairer le comble par une ou plusieurs fenêtres. inégales, à fermetteLa ferme est un assemblage de pièces généralement en forme de triangle, situé dans un plan perpendiculaire à celui des versants du toit, et constituant l’ossature de la charpente. La fermette est une ferme de petite dimension. aujourd'hui amputée. HuisserieMenuiseries qui s’ouvrent et se ferment, c’est-à-dire les portes et les fenêtres. Par extension, le terme désigne également les fenêtres à châssis dormants. conservée.
Intérieur bien conservé. Hall d'entrée en marbre de Carrare. Sol de la cage d'escalierEspace à l'intérieur duquel se développe un escalier. en mosaïque, rehaussé d'une friseBande horizontale, décorée ou non, située au milieu de l’entablement. Par extension, suite d’ornements en bande horizontale. antiquisante à motif de vagues. LambrisLe lambris est un revêtement de menuiserie, de marbre ou de stuc couvrant la partie inférieure ou l'entièreté des murs d’une pièce. à lignes entrelacées. Départ de l'escalier à voluteOrnement enroulé en spirale que l’on trouve notamment sur les chapiteaux ioniques, les consoles, les ailerons, etc.. Au rez-de-chaussée, trois pièces en enfilade à parquet de chêne. À l'avant, salon d'inspiration néo-Louis XVI. Pièce centrale dotée d'un remarquable plafond néo-égyptienLe style néo-égyptien à Bruxelles fait partie des styles « néo » exotiques qui ont émergé au cours du XIXe siècle dans le cadre du discours orientaliste et éclectique. Tout comme le style d’inspiration mauresque, il témoigne non seulement d'une fascination pour le passé – comme la plupart des styles « néo » – mais aussi pour les cultures étrangères, perçues comme orientales. Contrairement à de nombreux autres styles « néo », celui-ci comporte en outre une dimension mystique et ésotérique prononcée, qui se manifeste entre autres par l'utilisation de symboles égyptiens dans les temples maçonniques. L'intérêt pour l'Égypte ancienne connaît en fait deux renaissances. Une première vague fait suite à l'expédition de Napoléon Bonaparte en Égypte (1798-1801) et à la publication de l'ouvrage colossal Description de l'Égypte (1809-1828). Au départ, cette fascination ne se traduit pas par un style néo-égyptien à part entière, mais par des motifs égyptisants intégrés au style Empire. Il s'agit donc d'une réinterprétation précoce et intégrée plutôt que d'un style « néo » à part entière. Une deuxième renaissance se manifeste à partir du milieu du XIXe siècle, lorsque le bonapartisme – sous Napoléon III – redevient socialement acceptable et que de nouvelles expéditions et campagnes archéologiques élargissent considérablement la connaissance de l'Égypte ancienne. C'est dans ce contexte que se développe le style néo-égyptien proprement dit. En Belgique, et plus particulièrement à Bruxelles, il reste rare et apparaît surtout de manière sporadique et décorative. Le style reste une forme d'expression marginale mais chargée de symbolisme, plus souvent utilisée dans un contexte funéraire, militaire ou représentatif que dans l'architecture à grande échelle. Il se caractérise par des volumes massifs et élévations fermées, des murs légèrement inclinés, des accès flanqués de pylônes, des chapiteaux en forme de lotus, de papyrus et de palmier, des colonnes égyptiennes avec des chapiteaux en forme de calice et des motifs décoratifs tels que des hiéroglyphes, des disques solaires ailés, des scarabées et des cartouches. La symétrie et la monumentalité occupent une place centrale, souvent renforcées par la polychromie ou l'utilisation de tons ocre et sable. À Bruxelles, il s'agit généralement d'intégrations de motifs égyptiens dans des ensembles néoclassiques, Art nouveau ou dans l’architecture funéraire où ils symbolisent l'éternité et la transcendance, en référence à l'Égypte comme berceau du culte des morts. On retrouve également des éléments égyptiens dans l'architecture des théâtres, la décoration intérieure (comme les cafés et les pavillons d'exposition) et dans le contexte maçonnique. Le style néo-égyptien à Bruxelles constitue ainsi une expression spécifique de l'éclectisme orientaliste, où se rejoignent connaissances archéologiques, imagination exotique et projection symbolique. Au XXe siècle, ce langage des formes perdure dans l'Art Déco, où les motifs égyptiens réapparaissent, entre autres dans les cinémas et dans les arts décoratifs de l'entre-deux-guerres. à poutres papyriformes et décor peint. Cheminée en marbre rouge.
Élévation entièrement en pierre blanche, percée de fenêtres sous arcStructure appareillée de couvrement, cintrée selon un profil donné. et archivolteMouluration disposée sur le front de l’arc. Le corps de moulures qui compose l’archivolte est de faible ampleur, moins complexe que celui de la corniche. briséeUn élément est dit brisé, en ogive ou ogival lorsqu’il est composé de deux arcs de cercle se rejoignant en pointe.. TripletsGroupement de trois baies. Les deux latérales, identiques, sont différentes de la baie centrale, d’ordinaire plus vaste. en travée principaleTravée la plus large de l’élévation, marquée par un ressaut et une décoration plus abondante. Les façades de composition asymétrique comportent d'ordinaire une travée principale. aux deux premiers niveaux, la baieOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. axiale à arcStructure appareillée de couvrement, cintrée selon un profil donné. en anse de panierUn élément est dit en anse de panier lorsqu’il est cintré en demi-ovale., les latérales, tout comme celles d'imposteUn élément dit en imposte se situe à hauteur du sommet des piédroits. Imposte de menuiserie ou jour d’imposte. Ouverture dans la partie supérieure du dormant d’une menuiserie. surmontant la porte, sous arcStructure appareillée de couvrement, cintrée selon un profil donné. asymétrique ; fenêtres jumeléesDes éléments sont dits jumeaux, jumelés ou géminés lorsqu’ils sont répétés de manière identique. Ces éléments peuvent être plus nombreux que deux. au troisième, à arcStructure appareillée de couvrement, cintrée selon un profil donné. en plein cintreUn élément est dit en plein cintre lorsqu’il est cintré en demi-cercle., tout comme celles de la travée d'entréeTravée percée de la porte d’entrée.. Barre d'appuiPetit garde-corps de faible hauteur et non saillant, compris dans l’embrasure d’une fenêtre. en fer forgéFer façonné à chaud sur l’enclume, utilisé pour réaliser des éléments architecturaux comme des garde-corps, des ancres, des grilles, des épis de faîtage. au rez-de-chaussée, balcon de plan chantournéUn élément est dit chantourné lorsque sa forme alterne courbe et contre-courbe. sur quatre consolesPièce de pierre, de bois ou de métal partiellement engagée dans un mur et portant un élément en surplomb. La console se distingue du corbeau par ses dimensions plus grandes et par le fait qu’elle s’inscrit grosso modo dans un triangle rectangle. La console désigne également des éléments non porteurs, mais apparentés d’un point de vue formel à une console., à désÉléments de pierre de section sensiblement carrée ou rectangulaire, disposés généralement aux angles d’un balcon. et grille en fer forgéFer façonné à chaud sur l’enclume, utilisé pour réaliser des éléments architecturaux comme des garde-corps, des ancres, des grilles, des épis de faîtage. au premier. Porte sous frontonCouronnement de forme triangulaire ou courbe, à tympan et cadre mouluré formé de corniches. et double baieOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. d'imposteUn élément dit en imposte se situe à hauteur du sommet des piédroits. Imposte de menuiserie ou jour d’imposte. Ouverture dans la partie supérieure du dormant d’une menuiserie. garnie d'un vitrail. Deux lucarnesOuvrage construit sur un toit et permettant d’éclairer le comble par une ou plusieurs fenêtres. inégales, à fermetteLa ferme est un assemblage de pièces généralement en forme de triangle, situé dans un plan perpendiculaire à celui des versants du toit, et constituant l’ossature de la charpente. La fermette est une ferme de petite dimension. aujourd'hui amputée. HuisserieMenuiseries qui s’ouvrent et se ferment, c’est-à-dire les portes et les fenêtres. Par extension, le terme désigne également les fenêtres à châssis dormants. conservée.
Intérieur bien conservé. Hall d'entrée en marbre de Carrare. Sol de la cage d'escalierEspace à l'intérieur duquel se développe un escalier. en mosaïque, rehaussé d'une friseBande horizontale, décorée ou non, située au milieu de l’entablement. Par extension, suite d’ornements en bande horizontale. antiquisante à motif de vagues. LambrisLe lambris est un revêtement de menuiserie, de marbre ou de stuc couvrant la partie inférieure ou l'entièreté des murs d’une pièce. à lignes entrelacées. Départ de l'escalier à voluteOrnement enroulé en spirale que l’on trouve notamment sur les chapiteaux ioniques, les consoles, les ailerons, etc.. Au rez-de-chaussée, trois pièces en enfilade à parquet de chêne. À l'avant, salon d'inspiration néo-Louis XVI. Pièce centrale dotée d'un remarquable plafond néo-égyptienLe style néo-égyptien à Bruxelles fait partie des styles « néo » exotiques qui ont émergé au cours du XIXe siècle dans le cadre du discours orientaliste et éclectique. Tout comme le style d’inspiration mauresque, il témoigne non seulement d'une fascination pour le passé – comme la plupart des styles « néo » – mais aussi pour les cultures étrangères, perçues comme orientales. Contrairement à de nombreux autres styles « néo », celui-ci comporte en outre une dimension mystique et ésotérique prononcée, qui se manifeste entre autres par l'utilisation de symboles égyptiens dans les temples maçonniques. L'intérêt pour l'Égypte ancienne connaît en fait deux renaissances. Une première vague fait suite à l'expédition de Napoléon Bonaparte en Égypte (1798-1801) et à la publication de l'ouvrage colossal Description de l'Égypte (1809-1828). Au départ, cette fascination ne se traduit pas par un style néo-égyptien à part entière, mais par des motifs égyptisants intégrés au style Empire. Il s'agit donc d'une réinterprétation précoce et intégrée plutôt que d'un style « néo » à part entière. Une deuxième renaissance se manifeste à partir du milieu du XIXe siècle, lorsque le bonapartisme – sous Napoléon III – redevient socialement acceptable et que de nouvelles expéditions et campagnes archéologiques élargissent considérablement la connaissance de l'Égypte ancienne. C'est dans ce contexte que se développe le style néo-égyptien proprement dit. En Belgique, et plus particulièrement à Bruxelles, il reste rare et apparaît surtout de manière sporadique et décorative. Le style reste une forme d'expression marginale mais chargée de symbolisme, plus souvent utilisée dans un contexte funéraire, militaire ou représentatif que dans l'architecture à grande échelle. Il se caractérise par des volumes massifs et élévations fermées, des murs légèrement inclinés, des accès flanqués de pylônes, des chapiteaux en forme de lotus, de papyrus et de palmier, des colonnes égyptiennes avec des chapiteaux en forme de calice et des motifs décoratifs tels que des hiéroglyphes, des disques solaires ailés, des scarabées et des cartouches. La symétrie et la monumentalité occupent une place centrale, souvent renforcées par la polychromie ou l'utilisation de tons ocre et sable. À Bruxelles, il s'agit généralement d'intégrations de motifs égyptiens dans des ensembles néoclassiques, Art nouveau ou dans l’architecture funéraire où ils symbolisent l'éternité et la transcendance, en référence à l'Égypte comme berceau du culte des morts. On retrouve également des éléments égyptiens dans l'architecture des théâtres, la décoration intérieure (comme les cafés et les pavillons d'exposition) et dans le contexte maçonnique. Le style néo-égyptien à Bruxelles constitue ainsi une expression spécifique de l'éclectisme orientaliste, où se rejoignent connaissances archéologiques, imagination exotique et projection symbolique. Au XXe siècle, ce langage des formes perdure dans l'Art Déco, où les motifs égyptiens réapparaissent, entre autres dans les cinémas et dans les arts décoratifs de l'entre-deux-guerres. à poutres papyriformes et décor peint. Cheminée en marbre rouge.
Sources
Archives
AVB/TP 8574 (1900).
Ouvrages
DE HENS, G., MARTINY, V.-G., Une école d'architecture, des tendances 1766-1991, Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles, Bruxelles, 1992, pp. 97-98.
Périodiques
Architecture et Décoration, 9, 1903, pl. 43 et 44.
Arbres remarquables à proximité
















