Circonscrit par les avenues de Tervueren, Parmentier et des Orangers, le parc Parmentier s'étend sur un peu plus de treize hectares. Il fut aménagé à l'époque de la création de l'avenue de Tervueren, entre 1897 et 1899, dans le style anglais, sous le contrôle de l'architecte-paysagiste français Émile Laîné, auteur du parc de Woluwe. L'aspect de cette partie de l'avenue ne sera plus guère modifié par la suite que par l'exécution du boulevard du Souverain réalisé par l'entrepreneur Edmond Parmentier de 1900 à 1910. C'est à cet industriel, qui réalisa également une grande partie des travaux de l'avenue de Tervueren, que le parc doit son nom: il s'agissait à l'origine de sa propriété privée.

La majeure partie du parc se trouve surélevée par rapport à l'avenue de Tervueren. Le haut talus à l'angle de l'avenue de Tervueren et de l'avenue Parmentier, qui appartenait à l'État, fut aménagé aux frais de Parmentier, d'après un plan établi d'un commun accord avec l'administration des Ponts et Chaussées et approuvé par l'architecte Laîné.

Parc Parmentier, pavillon norvégien aujourd'hui démoli, ACWSP/SP carte postale inv. 464.

Au centre de la propriété, la vaste villa de l'entrepreneur constituait la construction la plus remarquable du domaine. Ce bâtiment érigé en 1901 (selon Ranieri, L., 1973, p. 98) était nommé «chalet norvégien» parce qu'il était entièrement constitué de bois mis en œuvre selon des techniques de construction importées de Norvège. Cette villa figure sur diverses cartes postales avec ses serres attenantes qui faisaient songer, en plus simples et à échelle réduite, à celles du Palais royal de Laeken. La villa fut légèrement agrandie en 1906. À l'abandon à partir de 1985, elle se dégrada progressivement puis disparut dans un incendie en juillet 2000. Il ne subsiste aujourd'hui que son soubassement.

Edmond Parmentier décède en 1910. Cinq années plus tard, à l'initiative de la Comtesse Jean de Mérode, le site est reconverti en un centre de revalidation et de réinsertion professionnelle pour les soldats mutilés, victimes de la Grande Guerre. L'établissement sera repris par les autorités militaires, avec le rachat du parc par l'État belge à la veuve Parmentier en 1919. Les longs pavillons de bois bâtis en 1917 pour abriter les estropiés disparaissent lors d'un incendie qui signifie la fin de l'hôpital en 1925.

Parc Parmentier, pavillons en bois de l’ancien hôpital militaire (démoli), cachet de la poste de 1920, ACWSP/SP carte postale inv. 484.

Depuis 1933, la majeure partie de la propriété est mise par l'État à la disposition des œuvres de l'Abbé Froidure par bail emphytéotique. Elle sert à l'accueil d'enfants issus de milieux défavorisés. Une petite partie du parc située en contrebas, au niveau de l'avenue de Tervueren, n'est pas mise en location par l'État. Aménagée en parc public, cette partie agrémentée de deux étangs est aujourd'hui gérée par l'Institut bruxellois pour la Gestion de l'Environnement (IBGE).

Le parc est classé comme site depuis le 17.12.1981. Il conserve encore les vestiges des diverses périodes de son histoire. Quelques réalisations de l'entrepreneur Parmentier subsistent encore çà et là: un surprenant jeu de boules couvert de 1909 en style néogothique (B), reconverti en chapelle durant la Première Guerre mondiale, d'anciennes écuries (G), un ancien logis de domestique (C) de 1906 en style cottage anglais (voir notices), diverses plantations remarquables, parmi lesquelles deux séquoias géants dont les troncs font plus de quatre mètres de circonférence, une allée bordée de hêtres pourpres, deux tilleuls et un chêne rouge de près de 3 m de pourtour. La partie basse du site aménagée en parc public comprend deux vastes étangs reliés entre eux par une jolie cascade en faux rochers, enjambée par un pont rustique en rocailles. Les garde-corps en faux bois, réalisés en ferrociment, ont été restaurés par les rocailleurs Françoise Lombears et Gabriel Pirlet en 2001.

Parc Parmentier, cascade en faux rochers et pont rustique en rocailles (photo 2006).

Le carrefour formé par l'avenue de Tervueren, l'avenue Parmentier et le boulevard du Souverain est doté d'imposants massifs de faux rochers. Leur histoire et leurs techniques sont précisées dans une publication rédigée par ceux qui les ont restaurés (LOMBEARS, F. et PIRLET, G., 2004)

Grille d'entrée de la propriété Parmentier (A).
Située au bout du chemin de ronde, le chemin surélevé long de quelques dizaines de mètres qui borde l'avenue de Tervueren, cette grille comporte deux piliers de pierre bleue sommés chacun d'un amortissement en pomme de pin. Entre ceux-ci s'articulent deux battants à barreaux, sobrement agrémentés de quelques volutes en fer forgé.

Parc Parmentier, grille d’entrée (photo 2006).

Anciennes douches (D)
Construit à une date indéterminée, ce bâtiment abritait à l'origine des douches. En briques rouges rehaussé de bandeaux de briques blanches, il se composait d'un volume limité au rez-de-chaussée, ainsi que d'une tour munie d'un réservoir d'eau. Le bâtiment est exhaussé d'un étage en 2003 par l'architecte Pascale Guillet du bureau AC2. Une verrière est également adossée à la tour pour aménager une salle d'escalade.

Parc Parmentier, anciennes douches (photo 2006).

Ancienne conciergerie (F).
Petit bâtiment de briques à pignons à gradins, probablement bâti à l'époque de Parmentier. Le bâtiment comporte une partie servant de remise et une autre formant un logis modeste. Il figure sur un plan du site de 1917, le désignant comme conciergerie.

Parc Parmentier, ancienne conciergerie (photo 2006).

Pavillons du Collège Jean XXIII (H)
Le long de l'avenue Parmentier, pavillons de bois bâtis au départ à titre provisoire vers 1957 pour l'ancien collègue Saint-Joseph, devenu aujourd'hui Jean XXIII (voir boulevard de la Woluwe 18-26). Pavillons en matériaux légers, pour la plupart à toiture en bâtière, égayés par des panneaux-sandwichs de couleurs vives.

Parc Parmentier, pavillons du Collège Jean XXIII (photo 2006).

Bâtiment Astrid et classe (I)
Bâtiment administratif bâti vers 1956 pour les œuvres de l'abbé Froidure, accompagné à l'arrière d'un bâtiment de classe probablement contemporain. Les deux constructions présentent un profil typique des années 1950, avec un toit à versant unique et des pilastres inclinés leur conférant une silhouette aérodynamique. La classe se distingue par un revêtement de briques vernissées et une corniche de planchettes, également biaise.

Parc Parmentier, classe appartenant aux œuvres de l’abbé Froidure (photo 2006).

Centre de plein air (J)
Trois pavillons de 1988 sur plan carré et toiture pyramidale reliés par des galeries couvertes, architecte Guilbert Busieau et Pascale Guillet. Selon P. Burniat et al., 2000, p. 243, ces pavillons «ajoutent leur physionomie propre aux nombreuses "fabriques" de tous styles qui parsèment le parc. Grande qualité d'échelle assortie d'une modestie d'expression liée à une recherche d'essentialité constructive d'inspiration classique».

Parc Parmentier, centre de plein air (photo 2006).


Voir les biens de ce lieu repris à l'inventaire

Sources

Archives
Chalet norvégien:
ACWSP/Urb. 394 (1906), CRMS dossier 3.3.
Ancienne conciergerie: ACWSP/Urb. 8 (1917).

Ouvrages
BURNIAT, P., PUTTEMANS, P., VANDENBREEDEN, J., L'architecture moderne à Bruxelles, guide, Éditions de l'Octogone, Bruxelles, 2000, p. 243.
DEMEY, T., Bruxelles en vert, Bruxelles, 2003, pp. 473-475.
LOMBEARS, Françoise et PIRLET, Gabriel, Les rocailles, Carnets d'entretien – Collection l'art dans la rue, Bruxelles, 2004.
RANIERI, L., Léopold II urbaniste, Bruxelles, Hayez, 1973.
TEMMERMAN, C., «Parcs et jardins de Woluwe-Saint-Pierre», Wiluwa, 53, 1996, pp. 7-54.