La rue de la Consolation relie le carrefour formé par les rues des Coteaux, Massaux et Geefs à celui formé par la rue Alexandre Markelbach, l'avenue Clays et la rue Gustave Fuss. Plusieurs artères s'y embranchent: les rues Van Hove, Verboeckhaven et Vonck, puis les rues Monrose et Albert de Latour. En son milieu, la rue de la Consolation croise l'avenue Paul Deschanel et enjambe la ligne de chemin de fer Bruxelles-Luxembourg, qui continue enterrée à partir de ce pont.

Située dans le quartier Monrose, l'artère est antérieure au plan de voiries de ce dernier, définitivement approuvé par l'arrêté royal du 21.04.1906. Elle suit le tracé d'une partie d'un ancien chemin, dit de Beek Vaert, figurant déjà sur le plan de Jacques de Deventer dressé vers 1550-1565 et dénommé par la suite rue de la Consolation. En vertu des arrêtés royaux des 03.10 et 28.12.1866, cette rue fut élargie et prolongée jusqu'à la chaussée de Louvain par l'incorporation d'une partie d'un autre chemin, dénommé rue de la Procession. Elle fut réduite à sa longueur actuelle par la création des rues Gustave Fuss et Thomas Vinçotte. Les travaux d'aménagement de la rue dans sa partie comprise entre la rue des Coteaux et l'actuelle avenue Paul Deschanel furent réalisés en 1884.

La rue de la Consolation, en néerlandais Trooststraat, doit son nom à l'existence dans le fond de la vallée du Maelbeek – devenu la rue des Coteaux – d'un lieu-dit nommé Ter Roost (à la rosière). Cette appellation se contracta en troost et fut traduite de façon littérale en français.

Rue de la Consolation 100 à 106 (photo 2012).

Principalement résidentielle, l'artère est déjà bordée avant 1870 de quelques constructions, dont quelques-unes, néoclassiques, subsistent dans le premier tronçon côté impair. La plupart des habitations, de ce même style, apparaissent toutefois dans les années 1880 et 1890, comme le no91 ou les nos2 et 4 (1889). Nombre d'entre elles ont subi des transformations en façade. Au cours des années 1900 sont ensuite érigées des maisons de style éclectique, tels le no97 (architecte Ed. Courtenay, 1904) et les nos102 à 106, qui constituent une enfilade homogène avec le no100, conçu en style Art nouveau en 1906 par l'architecte Paul Hamesse (voir ces numéros). De ce même style, citons également une réalisation de l'architecte Gustave Strauven (voir no67). Enfin, les parcelles restée vierges se bâtissent dans l'entre-deux-guerres ou après 1945. Pointons ici deux vastes immeubles à appartements, l'un de style Art Déco (voir no73-77), l'autre moderniste d'inspiration Paquebot (voir no46).

Nombre de parcelles présentent des constructions en intérieur d'îlot. Parmi elles, au no70, un vaste bâtiment moderniste abritant des bureaux et un entrepôt, construit pour la Société coopérative des Pharmacies populaires en 1939 (architecte Paul Jean Devos).

Plusieurs artistes élurent domicile dans la rue: le peintre Alfred Verwée, qui fit bâtir sa maison-atelier en 1881 vraisemblablement au no58 (aujourd'hui démoli), ainsi que les statuaires Albert Hambresin et Thomas Vinçotte respectivement aux nos80 et 97. Le poète Charles Van Lerberghe habita, quant à lui, aux nos20 et 29.
Voir les biens de ce lieu repris à l'inventaire

Sources

Archives
ACS/Urb. 2, 4: 54-2; 58: 54-56; 70: 54-70; 91: 54-91; 97: 54-97.
ACS/TP Infrastructure 81.
ACS/Bulletin communal de Schaerbeek, 1884, pp. 128-129.
Maison des Arts de Schaerbeek/fonds local.

Ouvrages
DEBOURSE, X., Schaerbeek. Parcours d'Artistes, Arobase Édition, Bruxelles, 2009, pp.104-105.
STEEN, J., «Charles Van Lerberghe», in: Réveil littéraire et artistique. Schaerbeek 1880-1930 (catalogue d'exposition), 1998, pp. 48-51.

Périodiques
«Propriété de M. Ch. Courtenay, rue de la Consolation, à Schaerbeek», Album de la Maison Moderne, série V, pl. XVIII.

Cartes / plans
DE DEVENTER, J., Atlas des villes des Pays-Bas, vers 1550-1565 (Bibliothèque royale de Belgique).