La rue Thomas Vinçotte relie la rue Gustave Fuss à la chaussée de Louvain. Les rues Verbist, de la Cible et Artan y aboutissent, tandis que la rue Léon Mignon y débute.

Située dans le quartier Monrose, l'artère est antérieure au plan de voiries de ce dernier, définitivement approuvé par l'arrêté royal du 21.04.1906. Elle reprend le tracé d'un ancien chemin figurant déjà sur le plan de Jacques de Deventer dressé vers 1550-1565, d'abord dénommé rue de la Procession. Ce chemin reliait l'actuelle place Houwaert, sur Saint-Josse-ten-Noode, à la chaussée de Louvain. En vertu des arrêtés royaux des 03.10 et 28.12.1866, la portion correspondant à l'actuelle rue Thomas Vinçotte est redressée et incorporée à la rue de la Consolation. Ce n'est que vers 1910 que la rue reçoit sa dénomination actuelle, en hommage au sculpteur belge Thomas Vinçotte (Borgerhout, 1850 – Schaerbeek, 1925), qui habita rue de la Consolation.

Essentiellement résidentielle, l'artère, alors encore rue de la Consolation, commence à se bâtir dans les années 1880 et 1890, de maisons d'inspiration néoclassique, parfois de style éclectique, comme la maison-atelier d'inspirations pittoresque et Renaissance flamande du peintre Georges Léonard de Saint Cyr (voir no42). Une phase d'urbanisation plus intensive se déroule ensuite entre 1900 et 1912. Elle se caractérise par des maisons pour la plupart de style éclectique, parmi lesquelles deux ensembles de 1903, aux nos45, 47 et 97 à 101. Certaines sont d'inspiration Art nouveau, comme les nos11 et 15 (voir ces numéros). Les parcelles restées vierges sont, quant à elles, bâties entre 1926 et 1937 de maisons et d'immeubles d'inspirations Art Déco ou moderniste, comme les nos55 et 57 (architecte J. Gérin, 1935 et 1933).

Rue Thomas Vinçotte, ancien hospice Albert de Latour (Collection Dexia Banque-ARB-RBC).

Au no36 se trouve la maison de retraite Albert de Latour, aujourd'hui abritée dans un bâtiment en U de 1992 (architecte Jean-Pierre Reynders). L'hospice était initialement installé, au même endroit, dans une vaste demeure de style néoclassique entourée d'un parc arboré. Construite vers 1882, elle avait été rachetée par les Hospices civils de Schaerbeek en 1894 et agrandie à plusieurs reprises.

La rue compte plusieurs complexes de bâtiments implantés en intérieur d'îlot. Au no18, une ancienne ferme en U conçue en 1884 est aujourd'hui reconvertie en bureaux, après avoir abrité diverses industries. Au no61, c'est une salle des fêtes qui est érigée en 1895 (voir ce numéro). Au no68, une habitation avec passage cocher conçue en 1908 par l'architecte Louis Kuypers pour une coopérative boulangère, la Société anonyme de l'Union économique, donne accès à un vaste terrain en L qui s'étend jusqu'aux nos118 et 120 de la rue Artan. Cette société y fait construire en 1908 un bâtiment de plan en L accompagné de volumes bas à toit en shed, ainsi qu'en 1913 des écuries et une entrée cochère donnant sur la rue Artan. Divers volumes y sont ajoutés au cours du temps.

Notons enfin qu'au no82 (avant 1885) fut fondé et imprimé le journal clandestin La Libre Belgique-Légion blanche par Jean Mistler pendant la Seconde Guerre mondiale, comme le rappelle la plaque commémorative apposée sur la façade.
Voir les biens de ce lieu repris à l'inventaire

Sources

Archives
ACS/Urb. 18: 255-16, 255-18; 36: 255-36; 45, 47: 54-173-175; 55: 255-55; 57: 255-57; 68: 54-202, 255-68; 82: 54-214; 97 à 101: 54-237-239.
ACS/TP Infrastructure 81.


Ouvrages
CULOT, M. [dir.], Schaerbeek. Inventaire visuel de l'architecture industrielle à Bruxelles, AAM, Bruxelles, 1980-1982, fiches 2 et 113.

Cartes / plans
DE DEVENTER, J., Atlas des villes des Pays-Bas, vers 1550-1565 (Bibliothèque royale de Belgique).
POPP, P. C., Atlas du Royaume de Belgique, plan parcellaire de la commune de Schaerbeek, vers 1858.
Carte de Service de Bruxelles et environs, Institut cartographique militaire, 1894 (Bibliothèque royale de Belgique).