Située dans le prolongement de la rue Rubens, la rue Ernest Laude relie la chaussée de Haecht, à hauteur de la place Pogge, à l'avenue Voltaire. Elle est interrompue par les rues Joseph Brand et de Jérusalem.

Située dans le quartier dit Teniers-Josaphat, constitué par l'ancien noyau villageois de Schaerbeek, l'artère est envisagée comme la rue Rubens prolongée, dans le contexte du réaménagement du quartier suivant un plan d'aménagement conçu par l'ingénieur communal des Travaux Octave Houssa et ratifié par l'arrêté royal du 10.02.1902. En 1907-1908, seuls ses deux premiers tronçons, jusqu'à la rue de Jérusalem, sont cependant aménagés. Le troisième ne le sera qu'après la Première Guerre mondiale, suivant un alignement légèrement revu, en vertu des délibérations du Conseil communal des 29.01 et 28.05.1913, ratifiées par l'arrêté royal du 15.09.1919. Cet arrêté fixe en outre l'alignement des deux tronçons de la rue Ernest Renan, situés dans le prolongement de la rue Laude.

Attribuée en séance du Collège communal du 19.01.1906, la dénomination de l'artère rend hommage à Ernest Laude (Bruges, 1829 – Schaerbeek, 1895), qui fut bourgmestre de Schaerbeek de 1891 à 1895.

Principalement résidentielle, l'artère se bâtit en deux phases. La première, de 1906 à 1913, voit s'ériger dans les deux premiers tronçons des bâtiments de style éclectique. Il s'agit de maisons bourgeoises et d'immeubles de rapport d'angle à rez-de-chaussée commercial, tels les nos1 - rue Vogler 1 (architecte Clément Degraeve, 1906), 21 - rue Joseph Brand 31 (par et pour l'architecte R. Bartholeyns, 1913), 35 - rue de Jérusalem 23 (architecte A. Struyven, 1907) ou 26 - rue Joseph Brand 29, ce dernier numéro conçu en 1913 en ensemble avec le no27 rue Brand, pour le maçon-entrepreneur F. Liens. Inspirés par l'Art nouveau, citons les nos20, conçu par Joseph Diongre et orné de sgraffites de Privat Livemont, et 31, par l'architecte Frans Hemelsoet (voir ces numéros). Le troisième tronçon est bâti de 1921 à 1937, de maisons bourgeoises et de rapport de styles éclectique tardif ou Art Déco. De cette période, citons le no47 (architecte E. Henry, 1921). Dans les années 1950, ce tronçon se dote encore de quelques petits immeubles à appartements.
Voir les biens de ce lieu repris à l'inventaire

Sources

Archives
ACS/Urb. 1: 282-1 à 15; 21: 84-21, 155-31; 26: 155-27-29; 35: 84-35; 47: 84-47.
ACS/TP Infrastructure 177.
ACS/TP Dénomination des rues III.

Ouvrages
DEKOSTER, J.-A., Les rues de Schaerbeek, Bruxelles, 1981, p. 73.
FISCHER, F., Notice sur les grands travaux de Schaerbeek (Premier Congrès international et Exposition comparée des Villes), Bruxelles, Imprimerie Ferdinand Denis, 1913, p. 7 in: Bulletin communal de Schaerbeek, 1913, p. 438.

Cartes / plans
HOUSSA, O., Plan des transformations de la commune de Schaerbeek, 1903 (Maison des Arts de Schaerbeek).

Sites internet
Petites histoires des rues de Schaerbeek