Aménagée au-dessus du chemin de fer de ceinture, légèrement courbe, l'avenue du Suffrage universel relie la chaussée de Haecht à l'avenue Louis Bertrand. Elle est interrompue par l'avenue Ernest Renan.

Par arrêté royal du 10.02.1902 est décrété le déplacement vers l'est de la ligne du chemin de fer de ceinture reliant la gare du quartier Léopold à la gare du Nord et qui passait alors à l'emplacement des avenues Voltaire et Deschanel. Ces travaux s'achèvent au début des années 1910. En séance du Conseil communal du 29.01.1913 est décidée la modification d'une convention du 04.04.1907 passée avec l'État belge au sujet du boulevard de ceinture. Cette modification concerne le voûtement, à charge de la Commune, de la tranchée du chemin de fer située entre la chaussée de Haecht et la rue Laude prolongée (actuelle avenue Ernest Renan), ainsi que l'ouverture d'une rue sur ce voûtement. Il s'agit du premier tronçon de l'avenue du Suffrage universel, dont la création n'est ratifiée par arrêté royal que le 15.09.1919. Quant au second tronçon, rejoignant l'avenue Louis Bertrand, son ouverture est décidée en séance du 01.04.1914. Comme ceux de la seconde portion de l'avenue Renan, les bâtiments à ériger dans cette artère devront comporter une zone de recul de cinq mètres réservée à un jardinet; la construction d'avant-corps et de terrasses sera en outre soumise à restrictions.

Par sa dénomination, l'artère commémore l'instauration du suffrage universel lors de la révision de la Constitution en 1920-1921. Remplaçant le vote censitaire, ce type de scrutin ne fut accessible aux femmes qu'à partir de 1948.

Avenue du Suffrage universel, vue du côté impair depuis l'avenue Ernest Renan (photo 2013).

Résidentielle, l'avenue est majoritairement bâtie en deux phases. La première, de 1923 à 1931, voit s'élever des maisons bourgeoises et de rapport, ainsi que des villas à trois façades, de style ou d'inspiration Beaux-Arts ou Art Déco. De cette période, pointons les nos51 (architecte Frantz Veldeman, 1929), 53 (probablement conçu par l'architecte A. De Bondt-Boelens en 1931) et 57 (architectes J. Van Hove et J. Van Deuren, 1928), l'ensemble formé par les nos69 et 71, conçus en 1929 par l'architecte Gustave Leemans pour l'entrepreneur François Liens, et enfin le no85 (architecte Frantz Veldeman, 1930). Dans la seconde moitié des années 1930, sont ensuite construits trois immeubles modernistes: les nos10, 43 (voir ces numéros) et 47 (1939). Ce dernier est conçu par l'architecte J. Vermeersch, qui dessine plusieurs maisons de l'avenue (voir notamment les nos27 à 31 et 61), certaines pour lui-même. Dans la seconde phase, correspondant aux années 1950, sont bâtis des maisons et immeubles de rapport modernistes.

Avenue du Suffrage universel 71 et 69 (photo 2013).

En 1932, sont inaugurés les bâtiments de l'Athénée Fernand Blum (voir no1-3), qui occupent le premier tronçon côté impair et ouvrent également sur l'avenue Ernest Renan et la chaussée de Haecht. Quant au second tronçon côté pair, il est occupé par le stade du Crossing (no22), qui fait partie de l'ancienne Plaine des Jeux et des Sports créée dans le contexte de l'aménagement du parc Josaphat et inaugurée en 1914. Doté de nouvelles tribunes en 1960, sur les plans de l'architecte Augustin Rogiers, le stade a subi une profonde rénovation en 2010-2011 (bureau A2RC).
Voir les biens de ce lieu repris à l'inventaire

Sources

Archives
ACS/Urb. 22: 250-22-24; 47: 250-47; 51: 250-51; 53: 250-53; 57: 250-57; 69, 71: 250-71; 85: 250-85.
ACS/TP.
ACS/TP Infrastructure 177, 377.
ACS/Bulletin communal de Schaerbeek, 1928, pp. 477-479.

Ouvrages
DEKOSTER, J.-A., Les rues de Schaerbeek, Bruxelles, 1981, p. 108.
HANOSSET, Y., MARCHI, Ch., L'avenue Louis Bertrand et le parc Josaphat, Bruxelles, Ville d'Art et d'Histoire, Solibel Édition, Bruxelles, 1995, p. 29.

Périodiques
ASBL Sport Schaerbeekois, «L'ancien stade du Crossing», Schaerbeek Sport, 6, 2010, pp. 2-5.

Sites internet
Petites histoires des rues de Schaerbeek.