Située dans le prolongement de l'avenue Maréchal Foch, de la rue Royale Sainte-Marie et de la rue Royale, l'avenue Princesse Élisabeth est une longue artère rectiligne reliant les places Eugène Verboekhoven et Princesse Élisabeth. Le boulevard Lambermont la croise et plusieurs artères s'y embranchent: les avenues Albert Giraud et Émile Verhaeren, ainsi que les rues Nicolas Defrêcheux, Georges Garnir, Max Roos, Maurice des Ombiaux et Iwan Gilkin.

Avec l'avenue Maréchal Foch, l'avenue Princesse Élisabeth constituait à l'origine la seconde moitié de la rue Royale Sainte-Marie. La prolongation de cette dernière de la place Lehon à la gare de Schaerbeek est ratifiée par l'arrêté royal du 17.11.1875, confirmé par celui du 18.12.1880. Le prolongement de l'artère coïncide avec la création d'une place publique sur son tracé, la place Verboekhoven, centre d'un nouveau réseau d'artères: les rues Van Oost et Waelhem, ainsi que la rue du Maelbeek Voûté (futures rues Metsys et Portaels). Pour permettre ces travaux, une convention est conclue le 27.11.1874 entre la Commune et Philippe Joseph Allard, directeur de l'Hôtel des Monnaies et propriétaire de nombreux terrains dans cette zone.

Après avoir été dénommée rue Royale Sainte-Marie Nord, l'avenue reçoit son nom actuel en 1900, en l'honneur de la future reine des Belges, Élisabeth de Bavière (Possenhofen, 1876 – Bruxelles, 1965), mariée cette même année au prince Albert, héritier de la Couronne.

Avenue Princesse Élisabeth, vue depuis la place Eugène Verboekhoven (Collection Dexia Banque-ARB-RBC).

L'avenue se compose de maisons bourgeoises et de rapport, certaines à rez-de-chaussée à usage de magasin ou de café, notamment aux angles. Quelques habitations, majoritairement conçues en style néoclassique, y apparaissent dans les deux dernières décennies du XIXe siècle. L'avenue est toutefois bâtie pour sa plus grande part entre 1901 et 1914, de maisons parfois encore néoclassiques, comme le no14 (1905), mais le plus souvent de style éclectique. Pointons les nos19 et 21 (1903), 52 (architecte J. Teughels, 1914), 53 (1902), 79 (architecte Jean Koninckx, 1908), 91, 93 (1900) et 95, 97 (1896), tous les quatre conçus pour et peut-être par l'entrepreneur Chrétien Schampaert, 100 (1909), 118 (architecte Théo Gilmont, 1908) et 150 (1911). L'Art nouveau est également représenté, par les nos58 et 165 (voir ces numéros), ainsi que par le no10-12 (1905). On distingue dans l'avenue plusieurs enfilades particulièrement cohérentes: celles allant des nos1-3 à 17, 16 à 28, 25 à 33, 84 à 92 et 143 à 173 (voir ces numéros). La pointe de l'îlot compris entre l'avenue Princesse Élisabeth et la rue Portaels a été conçue pour des membres de la famille d'entrepreneurs Hannaerts. Il s'agit de douze maisons érigées dos à dos (voir nos5 à 15 avenue Princesse Élisabeth). Plusieurs maisons sont par ailleurs l'œuvre d'un même auteur. L'architecte Frans Hemelsoet n'en conçoit pas moins de douze, dont sa maison personnelle au no22 (voir ce numéro), ainsi que les nos1-3, 11 à 15, 16 et 18, 71 et 73, 86 et 88, 104, 165 (voir ces numéros) et 158 (1911). L'architecte Émile Vande Weghe en dessine neuf, parmi lesquelles le no144 (voir ce numéro), les nos146 et 148 (1912) – le premier pour lui-même –, l'ensemble formé par les nos164-166, 168-170 et 172-174 (1910), ainsi que le no180 (1910). Enfin, signalons, aux nos145 à 163, un vaste ensemble de maisons d'inspiration néoclassique (voir ces numéros).

Côté pair, quelques parcelles restées vierges après la Grande Guerre se construisent entre 1921 et 1933, de maisons de rapport ou de commerce, de tendances éclectique, Beaux-Arts ou Art Déco, comme au no114 (architecte J. Van Den Eng, 1924).
Voir les biens de ce lieu repris à l'inventaire

Sources

Archives
ACS/Urb. 10-12: 219-10-12; 14: 219-14; 19, 21: 219-19; 52: 219-52; 53: 219-53; 79: 219-79; 91, 93: 219-91-93; 95, 97: 219-95-97; 100: 219-100; 114: 219-114; 118: 219-118; 146: 219-146; 148: 219-148; 150: 219-150; 158: 219-158; 164-166, 168-170, 172-174: 219-164-174; 180: 220-44.
ACS/TP Infrastructure 198.
ACS/TP Rues (AR).
ACS/Bulletin communal de Schaerbeek, Rapport sur la situation et l'administration des affaires de la commune pendant l'exercice 1875-1876, p. 79.
ACS/Bulletin communal de Schaerbeek, 1880, p. 248; 1900, p. 557.