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Croisant en son milieu la rue Artan, l'avenue Clays relie le carrefour formé par les rues Gustave Fuss, de la Consolation et Alexandre Markelbach à l'avenue Dailly. Les rues François Bossaerts et Léon Mignon s'embranchent sur son second tronçon.

Située dans le quartier Monrose, dont le plan de voiries est définitivement approuvé par l'arrêté royal du 21.04.1906, l'artère est déjà tracée en vertu d'une convention ratifiée par le Conseil communal du 27.11.1899, accordant sa concession à la veuve Sterckx et à Georges Léonard de Saint Cyr, propriétaires des parcelles qu'elle traverse. Artiste-peintre, ce dernier possédait là un établissement d'horticulture; il se fera construire l'année suivante une maison Art nouveau par l'architecte Gustave Strauven sur le territoire de Bruxelles (voir square Ambiorix no11). Vers 1901, les concessionnaires exécutent à leurs frais les travaux de percement de la nouvelle avenue, large de douze mètres. Une zone de recul de cinq mètres est aménagée devant les futures constructions, destinée à des jardinets d'agrément sur le modèle des squares du quartier Nord-Est tout proche.

L'avenue est baptisée en hommage au peintre de marines et aquarelliste Paul Jean Clays, décédé à Schaerbeek en 1900.


Résidentielle, elle est bâtie de maisons bourgeoises qui forment des enfilades particulièrement cohérentes, comme celle allant du no16 au no24 (voir ces numéros). Plusieurs d'entre elles sont dotées d'un avant-corps, comme les nos50 à 54 (voir ces numéros). De style éclectique – tels les nos19 (1903), 86 (1905), ainsi que 61 et 106-108a rue Artan – ou d'inspiration néoclassique, la grande majorité des habitations est conçue entre 1900 et 1911. On y distingue notamment les enfilades homogènes formées par les nos41 à 57 (voir ces numéros) et les nos23, 25 (1902), 27 (architecte P. Meers, 1902) et 29 (architecte Leclercq, 1903). Certaines maisons sont conçues pour un même commanditaire, tel le menuisier-charpentier Émile Slagmulder, qui n'en bâtit pas moins de quatorze: les nos36 à 40 (1904), 42 à 46 (1903), 66 et 68 (1902) et 70 à 80 (1901). Parmi ces dernières, le no76 est rhabillé en style Art Déco en 1934. Plusieurs constructions sont marquées par le style Art nouveau, tels le no37, doté d'une loggia et destiné à un importateur de tapis d'Orient, le no43, ornée d'élégants sgraffites, ou encore les nos47 et 49, œuvre de l'architecte Gustave Strauven (voir ces numéros). L'éclectisme se teinte parfois de pittoresque, comme aux nos30 (architecte Adolphe Duvilers, 1904) et 67, dotés chacun d'une fermette de bois. Ce dernier immeuble est construit dès 1900 en ensemble avec les nos65 et 69 (voir ces numéros) pour Georges Léonard de Saint Cyr. Étroit et doté d'une porte cochère, il servait d'accès aux serres de ce dernier, qui s'étendaient – jusqu'au percement de la rue Artan – vers la rue de la Consolation, aujourd'hui rue Thomas Vinçotte. Artiste-peintre, de Saint-Cyr avait une maison-atelier dans cette rue (voir no42).

Avenue Clays 30 (photo 2012).

Le début de l'avenue côté pair n'est construit que durant l'entre-deux-guerres. L'angle est occupé par un immeuble à appartements de style Paquebot (voir no2-8), suivi de maisons de style éclectique ou d'inspiration Beaux-Arts. Citons également, au no10, une habitation moderniste conçue en 1954 par l'architecte Édouard F. Gräffe (voir ce numéro).

Sources

Archives
ACS/Urb. 19: 49-19; 25: 49-25; 27: 49-27; 29: 49-35; 30: 49-30; 36 à 40: 49-36-40; 42: 49-42; 44: 49-44; 46: 49-46; 66, 68: 49-66-68; 70 à 76: 49-70-76; 78, 80: 49-90-94; 86: 49-86.
ACS/TP 271.
ACS/TP Infrastructure 175.
ACS/Bulletin communal de Schaerbeek, 1899, pp. 73-74, pp. 702-712; 1901, p. 135; 1902, p. 638.

Sites internet
Clays,Paul Jean