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En 1824 fut décidé le prolongement de la r. Royale au-delà de la porte de Schaerbeek, sur le territoire de Saint-Josse-ten-Noode, et jusqu'à la pl. de la Reine à Schaerbeek. Mais ce n'est qu'en 1827 que la Ville acheta la plus grande partie des terrains nécessaires et l'année suivante qu'un AR (31.03.1828) permit l'expropriation des dern. terrains.

La r. Royale extérieure, comme elle s'appela jusqu'en 1851, fut tracée sur les hauteurs séparant les vallées du Maelbeek et de la Senne, sur des terres sablonneuses et peu fertiles appelées autrefois Capelle Driesch - « la lande de la chapelle » - car une chapelle et une léproserie s'y trouvaient encore à la fin du XVIIe s., époque où la chap. fut démolie suite à la construction d'un imposant ouvrage à cornes.

La rue Royale vers l'église Sainte-Marie, cachet de la poste de 1903 (Collection cartes postales Dexia Banque).
La rue Royale vers l'église Sainte-Marie, cachet de la poste de 1903 (Collection cartes postales Dexia Banque).

Porte de Schaerbeek, une grille et un pavillon d'octroi conçu par l'arch. de la Ville N. ROGET en 1826-1827 (reconstruit en 1858 sur les plans de l'arch. J. POELAERT) séparaient la ville des faubourgs.

En 1829 était inauguré le jardin Botanique et, dès les années 1830, étaient bâtis de nombreux hôtels particuliers. Plusieurs étaient dus à l'arch. Tilman-François Suys, dont sa propre maison au coin de la r. Brialmont (voir cette rue) et le pavillon Cazeaux (v. 1835), dont des éléments furent réemployés, après sa démolition en 1870, par l'arch. A. MENNESSIER pour l'hôtel Puccini (Nos 294-296). Inspiré de Palladio et bâti dans un vaste jardin, le pavillon Cazeaux était de plan central, les différents salons et chambres s'organisant à chaque étage autour d'une grande antichambre. La façade principale présentait un porche portique coiffé d'un fronton. On y accédait par un large escalier. Une 2e volée menait directement au 1er étage. Les façades en pierre étaient percées au r.d.ch. de baies cintrées, au 1er de baies rect. précédées de balcons à balustrade et surmontées d'entablements à fronton sur des colonnes. Un attique à balustres couronnait l'édifice.

La rue Royale vers l'église Sainte-Marie, s.d. (Collection cartes postales Dexia Banque).
La rue Royale vers l'église Sainte-Marie, s.d. (Collection cartes postales Dexia Banque).

La plupart des autres édifices bâtis dans les années 1830, maisons bourgeoises ou hôtels de maître, présentaient à l'origine des façades enduites et peintes de style néo-classique, de trois niveaux de hauteur dégressive et de trois ou quatre travées, percées de baies rect. ou cintrées (Nos 193, 249), le r.d.ch. parfois à refends. Au coin de la r. Gillon (Nos 199-201) : le r.d.ch. présentait à l'origine une rangée d'arcades délimitant un portique. L'ensemble était d'une très grande homogénéité que des transformations - altération ou adjonction d'un décor stuqué, de balcons ou d'oriels, exhaussement d'un étage, etc. - ont perturbé dès la 2e moitié du XIXe s. À titre d'exemple, mentionnons le no 242 reconstruit en 1875 par l'arch. C. ALMAIN-DE HASE et les nos 252 et 254, deux maisons identiques de 1870 d'après des plans de l'arch. G. DE MAN.

Plusieurs autres maisons furent complètement reconstruites à la fin du XIXe ou au début du XXe s. À noter, au fond du jardin d'une maison démolie (No 225), un pavillon de style néoclassique dont la façade est couronnée d'un fronton.

En 1932-1935, un projet des arch. J. R. VANHOENACKER - auteur de la Torengebouw à Anvers - et A. DENKELMAN prévoyait d'implanter entre la r. Brialmont et l'av. Galilée à l'emplacement de six maisons de style néoclassique précédées de jardinets, un gratte-ciel résidentiel de 35 étages. Le Botanique Palace se voulait une version miniature de l'Empire State Building. Il ne vit jamais le jour et, en 1948, fut construit sur le même terrain un terminus urbain de la Sabena, bâtiment sans étage à façade toute blanche percée de larges baies vitrées (arch. M. POLAK). Il sera démoli pour faire place en 1954 à l'immeuble PS (Nos 151153). En 1953, un immeuble de bureaux de l'arch. R. W. VALENTIN s'éleva à l'emplacement de deux maisons anc., jouxtant l'égl. du Gesù de A. COURTENS (1939).

Dans les années 1960-1980, de nombreuses autres maisons furent démolies et remplacées par des immeubles de qualité médiocre et hors gabarit (Nos 207, 215). Côté pair, l'entièreté du 2e tronçon, de la r. du Botanique à la r. Godefroid de Bouillon, est occupée par l'immeuble-tour du Royal Crown Hôtel, anc. hôtel Hywatt (No 250), construit en 1972 à l'emplacement d'anc. hôtels de maître. Enfin, des rénovations récentes n'ont souvent conservé des immeubles concernés que la disposition générale des niveaux et des baies (Nos 183, 185, 193, 197, 199, 217, 245).

Sources

Archives
ACJ/Urb./TP 883, 884 (1870), 1767 (1875), 14208 (1948), 14782 (1953), 16324 (1972), 1400 (1974).

Ouvrages
JACQUEMYNS, G., Histoire contemporaine du grand Bruxelles, Bruxelles, 1936, p. 74.
VAN BEMMEL, E., Histoire de Saint-Josse-ten-Noode et de Schaerbeek, Saint-Josse-ten-Noode, 1869, pp. 63, 124.
WAUTERS, A., Histoire des environs de Bruxelles, Culture et Civilisation, Bruxelles, 1973, p. 71.

Presse
«Le nouveau terminus urbain de la Sabena» in L'Avenir belge, Anvers, 24 juillet 1948.