La porte de Hal, bâtie au XIVe s., constitue l'unique vestige de la seconde enceinte de Bruxelles. Entre 1868 et 1870, le bâtiment est remodelé par l'arch. Henri BEYAERT en style néogothique. Le vestige est classé depuis 1990 et, après 1995, ses abords sont aménagés en jardin.

L'avenue qui porte le nom de ce vestige résulte de la création de boulevards à l'emplacement des remparts devenus inutiles. Elle descend de la porte de Hal jusqu'au bd Jamar. Les boulevards, construits sur les plans de l'ingénieur, architecte et urbaniste Jean-Baptiste VIFQUAIN, sont entamés sous le règne de Guillaume Ier en 1819.

L'avenue était autrefois bâtie d'une enfilade de maisons de style néoclassique, édifiées dans les années 1860 et 1870. Cette enfilade est aujourd'hui interrompue par des immeubles à appartements ou de bureaux de grand gabarit.
Les 1ers apparaissent dans l'entre-deux-guerres. Ils s'élèvent sur six ou sept niveaux, soit un maximum de 21 m de hauteur, comme le prescrivait le règlement communal de l'époque. Dans les années 1960, les autorités communales, séduites par la modernité, autorisent la construction de deux immeubles à appartements hors échelle, aux nos 22 et 25, dérogeant tous deux au règlement communal sur les bâtisses par leur hauteur de plus de 35 m. La « beauté de cette architecture » et « l'importance du boulevard » – parfois décrit à l'époque comme une autoroute – justifiait cette autorisation.

L'avenue de la porte de Hal et le boulevard du Midi sont traversés par un viaduc assurant la jonction entre la gare du Nord et la gare du Midi (voir av. Fonsny, nos 47, 48, 49).

Numéros ne figurant pas en notice : 5-8 : vaste immeuble de bureaux de style postmoderne, 1992, arch. H. Lemaire (bureau Suter). L'immeuble act. résulte de la transformation importante d'un immeuble de 1964, signé par l'arch. Michel Barbier, lui-même édifié à l'emplacement de maisons néoclassiques ; 9, 10 : ensemble de deux maisons néoclassiques, exhaussées chacune d'un niveau resp. en 1938 et 1931 ; 16 : immeuble de rapport de style Art Déco, de cinq niveaux de composition asymétrique. Arch. Raoul FASTRé, 1925. R.d.ch. commercial modifié en 1947 ; 19, 20, 21 et r. Fontainas 1 : ensemble de trois immeubles néoclassiques, 1874, les nos 19 et r. Fontainas 1 étant un immeuble d'angle. R.d.ch. commerciaux modifiés à diverses reprises. Les étages des nos 20 et 21 sont ré-enduits ; 22 : immeuble à appartements, 1966, arch. Roland VERREYT ; 25 et r. César Depaepe 9 : vaste immeuble d'angle, à appartements, 1961, arch. Jean MOUILLET, remplaçant des maisons des années 1870. L'immeuble présente une façade concave suivant l'alignement de celle de la Cité Fontainas ; 27 : immeuble postmoderne, bâti à l'angle de la r. d'Angleterre, association momentanée des arch. J. Jourquin, de Borman et Gérard SC, M. Vandenbossche et ARCHI+i SPRL, 1991, remplaçant trois maisons des années 1870 ; 31 : maison néoclassique, 1874, probablement mansardée ultérieurement. R.d.ch. aménagé en devanture de restaurant. Entablement modifié par le percement de baies ; 32 : maison néoclassique, 1874, la façade présentait encore en 1997 de somptueux balcons et un riche décor enduit ; 34, 35 : deux maisons néoclassiques jumelles, 1874, exhaussées en 1945 ; 36-37 : maison néoclassique, 1874, exhaussée d'un niveau en 1936 ; 38, 39 : deux maisons jumelles, 1884, r.d.ch. du no 39 éventré en 1967 ; 40-41, r. de Russie 36 et r. de Mérode 2 : vaste immeuble de bureaux occupant l'entièreté d'un îlot, 2002, arch. J. H. Baudon et le bureau d'arch. A+U, conçu conformément au PPAS « Quartier de l'avenue Fonsny 2 » (voir av. Fonsny). Il est édifié à l'emplacement de maisons néoclassiques conçues entre 1868 et 1874 ; 59 et r. de l'Argonne 34 : immeuble d'angle à r.d.ch. commercial, 1874, act. recouvert de briquettes ; 61, 62 : ensemble de deux maisons néoclassiques jumelles, 1871, exhaussées d'un niveau, l'une en 1928 et l'autre en 1899 ; 63 : immeuble néoclassique, 1870, exhaussé de deux niveaux en 1908, r.d.ch. commercial modifié ; 64 : maison néoclassique, 1870, r.d.ch. transformé en devanture commerciale en 1931, étages act. recouverts de briquettes ; 65 : maison néoclassique avec atelier arrière, 1870. R.d.ch. modifié en 1929 ; 66 : maison néoclassique, r.d.ch. percé d'un commerce en 1926 ; 67 : immeuble de rapport anc. néoclassique, 1865, recouvert de briquettes, r.d.ch. commercial modifié en 1927 ; 68 : immeuble de rapport, 1955, édifié à la place d'une maison de 1884, arch. Édouard PARYS.
Voir les biens de ce lieu repris à l'inventaire

Sources

Ouvrages
AUBERT, R., BRUWIER, M., DE VOS, A., et al., Jean-Baptiste Vifquain ingénieur, architecte, urbaniste (1789-1854) : colloque d'histoire des sciences, UCL, Louvain-la-Neuve, 1983, pp. 82-106.
EGGERICX, L., VAN QUORIE, C., Les boulevards extérieurs, de la place Rogier à la Porte de Hal, Service des Monuments et Sites, Bruxelles, 1998 (Bruxelles, ville d'art et d'histoire, 22), pp. 8-14.
LELARGE, A., Bruxelles, l'émergence de la ville contemporaine, la démolition du rempart et des fortifications aux XVIIIe et XIXe s., CIVA, Bruxelles, 2001, pp. 97-112, 184.
La vie économique à Saint-Gilles, des origines à demain, Syndicat d'initiative, Saint-Gilles, 1993, p. 128.

Archives des numéros ne figurant pas en notice
ACSG/Urb. 5-8 : 1992-16 (1992), – (1964) ; 9 : 210 (1938) ; 10 : 66 (1931) ; 16 : – (1925), 75 (1947) ; 19, 20, 21 : voir r. Fontainas 1 : 2312 (1874) ; 22 : 128 (1966) ; 25 : 28 (1961) ; 27 : – (1991) ; 31 : 2390 (1874) ; 32 : 2559 (1874) ; 34, 35 : 2406 (1874), 94 (1945) ; 36-37 : 2260 (1874), 71 (1936) ; 38, 39 : 464 (1884), 9 (1967) ; 40-41 : 2002-005 (2002) ; 59 : 2614 (1874) ; 61, 62 : 8180 (1871) ; 61 : 309 (1928) ; 62 : 86 (1899) ; 63 : 722 (1870), 116 (1908) ; 64 : 611 (1870), 191 (1931) ; 65 : 784 (1870), 459 (1929) ; 66 : 310 (1926) ; 67 : 4480 (1865), 20 (1927) ; 68 : 622 (1884), 123 (1955).