Cette artère sinueuse descend de l’avenue des Villas, qui longe le parc de Forest, vers l’avenue du Parc. Elle est située sur le territoire de Forest, à l’exception des nos24 et 29 à 39 qui relèvent de celui de Saint-Gilles.

L’avenue s’inscrit dans le cadre du Projet du Parc du Midi et le quartier à Villas élaboré par Victor Besme en 1875 et ratifié par l’arrêté royal du 15.03.1876. Le projet portait sur l’aménagement d’un nouveau quartier comprenant un parc public (celui de Saint-Gilles – Forest) entouré de rues, et d’un axe reliant le quartier à la gare du Midi. La Compagnie Immobilière de Belgique et, dans un second temps, sa filiale la Société Anonyme du parc de Saint-Gilles, est chargée de la viabilisation et de la vente des terrains. L’arrêté royal du 20.05.1912 ratifie la suppression de la partie nord de l’avenue et, en contrepartie, le prolongement de l’avenue du Parc jusqu’à la place de Rochefort. Les parcelles du côté pair de l’avenue ne pouvaient être bâties que de villas, éventuellement jumelées, entourées de jardins clos et ne pouvant pas dépasser une certaine hauteur afin de ne pas entraver la vue sur Bruxelles.

L’avenue est dénommée en l’honneur de la princesse Clémentine de Belgique (1872-1955), la fille cadette du roi Léopold II et de la reine Marie-Henriette (voir cette avenue située au sud-ouest du parc).

Son bâti de style éclectique tardif d’inspiration Art Déco date essentiellement de l’entre-deux-guerres (années 1920). Le no2 de l’architecte Adolphe Pirenne (voir ce numéro) et le no9 de son confrère Joseph Diongre (voir ce numéro) sont de beaux exemples de ces villas à trois ou quatre façades typiques des abords du parc. En 1911, la courbe que décrit l’avenue depuis l’avenue des Villas, fait l’objet d’une opération immobilière à l’initiative du propriétaire foncier Armand Fraiteur. Celui-ci charge l’architecte Ernest Tondeur de concevoir un ensemble de six villas, dont quatre jumelées, de style éclectique d’inspiration cottage. Finalement, seuls le no13 et les nos81, 83 de l’avenue des Villas verront le jour (voir ces numéros). À l’emplacement des villas non exécutées, au no5-7, l’architecte François Thelen réalise en 1924 une villa qu’il agrandira et transformera en maison de rapport en 1934.

Au bout de l’avenue, en amont de l’avenue du Parc, le bâti du côté impair consiste en des maisons mitoyennes de style éclectique. On citera aussi le no17-19, une maison de style néogothique construite en 1912, profondément transformée et agrandie en 1928 et 1947 par les architectes Remy Leysen et Watteyne.
Le rapport d'une commission d'étude du 26.03.1936 révèle que la parcelle triangulaire, à l'angle des av. Clémentine et du Parc, act. occupée par un immeuble de 1936 (voir no24), était destinée, par AR du 20.05.1912, à être occupée uniquement par une construction de type «villa».

Voir les biens de ce lieu repris à l'inventaire

Sources

Archives
ACF/TP 48 (fonds non classé).
ACF/TP dossier 49, AR 15.03.1876.
ACF/Urb. 5-7: 8061 (1924), 12519 (1934); 17-19: 5791 (1912), 10170 (1928), 10605 (1929), 14890 (1947).

Publications et études
CABUY, Y., DEMETER, S., LEUXE, F., Atlas du sous-sol archéologique de la région de Bruxelles, 4, Forest, MRBC – MRAH, Bruxelles, 1993.
EYLENBOSCH, A., HUTCHINSON, A., Un lieu des thèmes, les hommes, édition Les Rencontres Saint-Gilloises, Brussel, 1988, p. 105.
FRANCIS, J., La chanson des rues de Forest, Louis Musin éditeur, Bruxelles, 1976, p.41.
PIRLOT, A.-M., Le quartier de l’Altitude Cent, SPRB, Bruxelles, 2014 (Bruxelles, Ville d’Art et d’Histoire, 53), pp.14-15.
VERNIERS, L., Histoire de Forest-lez-Bruxelles, Bruxelles, 1949, pp.199-200.
VOKAER, J.-P., Par les rues de Forest, étude sur la toponymie locale, Bruxelles, 1954, p.78.